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Full text of "La pratique de l'asepsie et de l'antisepsie en chirurgie"

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Ed. SCHWARTZ 



LA PRATIQUE 

DE L'ASEPSIE 



ET 



DE L'ANTISEPSIE 



J.B.Bâjllière &Fils 



LIBRAIRIE J.-B. BAILLIERE ET FILS 



Doctorat en médecine 

Premier examen. 
Ânatomie , Dissection. 

Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie, 

par H. Beaunis et A. Bouchard, 5^ édition, \89i, 1 vol. gr. in-S de 
i 072 p., avec 557 flg. , la plupart col. (Tirage en 8 couleurs), cart. 25 fr. 

Précis d'anatomie et de dissection, par Beaums et Bouchard. 1877, 
1 vol . in-i8 de 450 pages 4 fr. 50 

Atlas manuel d'anatomie, par E. Cuyer, prosecteur de M. le pro- 
fesseur Mathias Duval. 1895, 1 atlas gr. in-8 de 27 pi. col., découpées 
et superposées, cart 40 fr. 

Atlas manuel d'anatomie descriptive du corps humain, par 

le ï)' pRODHOME. 1890j 1 vol. in-l8 avec 145 pi 10 fr. 

Deuxième exameyi. 
Histologie, Physiologie, Physique et Chimie biologiques. 

Traité élémentaire d'histologie humaine, par Morel et Villemin. 
3"= édition, 1880, 1 vol. iu-8 de 418 p., avec atlas de 36 pi 16 ïr. 

Précis d'histologie comparée, par le prof. J. Chatin. 1892, 1 vol. 
in-16 de 304 p., avec 140 fig., cart 4 fr. 

Précis de technique microscopique et histologique, par Ma- 
thias Duval. 1878, 1 vol. iu-ltj de 313 p., avec 43 flg., cart... 4 fr. 

Précis de microscopie, par le D"^ Couvreur. 1888, 1 vol. in-16 de 
350 p., avec fig., cart : 4 fr. 

Cours de physiologie, par Mathias Duval, professeur à la Faculté de 
médecine de Paris. 7' édition du Cours de Kuss et Duval. 1892, 1 vol. 
in-8 de 752 p., avec 220 fig 9 fr. 

Nouveaux éléments de physiologie humaine, par H. Beaunis, 
professeur à la Faculté de médecine de Nancy. 3" édition, 1888, 2 vol. 
gr. in-8 de 1484 p., avec 513 fig., cart 25 fr. 

Manipulations de physiologie, par L. Fbedericq. 1892, 1 vol. gr. 
in-8 de 300 p., avec 300 fig., cart 10 fr. 

Traité élémentaire de physique biologique, par A. Imbert, prof. 
à la Faculté de Montpelliei-, 1895, 1 vol. in-8 de 1084 p., avec 
400 fig 16 fr. 

Traité élémentaire de chimie biologique, par R. Engel et Moi- 
tessikr, 1897, 1 vol. in-8 de 600 p., avec loO fig S fr. 

Manipulations de chimie médicale, par J. Ville, professeur à la 
Faculté de Montpellier, 1893, 1 vol. in-18 de 184 p., cart 4 fr. 

La pratique de l'analyse des urines, par le D"" Delefosse. 5° édi- 
tion, 1893, 1 vol. in-18 jésus, 273 p., avec 27 pi., cart 4 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE U.\ MANDAT SflR LA POSTE 



LIBRAIRIE J.-B. BAILLIERE ET FILS 



Troisième examen. 

I. Médecine opératoire' et Anatomie topographique, 

Pathologie externe et Obstétrique. 

Précis d'opérations de chirurgie, par le professeur J. Chacvel, 
Z<' édition. i^9i, 1 vol. iii-18 de lxxv-818 p., avec 356 fig., cart.. 9 fr. 

Précis de médecine opératoire, par le D' Ed. Lebec. 1885, \ vol. 
in-18 de 468 p., avec 410 fig 6 fr. 

Nouveaiix éléroents de médecine opératoire, par le professeur 
H. Chrétien. 1881, 1 vol. ia-18 de 528 p., avec 184 11? 6 fr. 

La pratique des opérations nouvelles en chirurgie, par le 
D"" Gdillemaix. 1895, 1vol. ia-18 Jésus de 350 p., cart 5 fr. 

Précis d'anatomie topographique, par N. Rddinger. Edition fran- 
çaise par P. Delbet. Introduction par le professeur Le Dentd. 1893, 1 vol. 
gr. in-8, 252 p. et 68 fig. noires et col., cart 8 fr. 

Nouveaux éléments d'anatomie chirurgicale, par B. Anger, chi- 
rurgien des hôpitaux. 1 vol. gr. iu-8 de 1056 p., avec 1 069*fig. 20 fr. 

Nouveaux éléments de pathologie et de clinique chirurgi- 
cales, par Fr. Gross, professeur de clinique chirurgicale, J. Rohmer 
et A. Vautrin, professeurs agrégés à la Faculté de médecine de Nancy, 

1892, 3 vol. in-8 de chacun 1000 pages 36 fr. 

Précis de thérapeutique chirurgicale et de petite chirurgie, 

par le D"- Decaye. 5^ édition, 1893, 1 vol. in-18 de 636 p., cart. . . 8 fr. 

La pratique de l'asepsie et de l'antisepsie en chirurgie, par le 

D*^ Ed. ScHWARTZ, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris. 

1893, 1 vol. in-18 Jésus de 380 p., avec 31 fig. cart 6 fr. 

La pratique journalière et la chirurgie antiseptique, par 

E. NicAisE, 1896, 1 vol. in-16 de 300 p. avec fig., cart 4 fr. 

Encyclopédie internationale de chirurgie, par Dcplay, Gosselin, 
Verneuil, professeurs à la Faculté de médecine de Paris ; Booillt, 
P. Segond, Nicaise, Ed. Schwartz, G. Marchant, Picque, chirurgiens des 
hôpitaux de Paris ; Ollier, Poncet, professeurs à la Faculté de méde- 
cine de Lyofi, etc. 1888, 7 vol. gr. in-8, comprenant ensemble 6 680 p., 
à 2 colonnes, avec 2 758 figures j 100 fr. 

Traité pratique des accouchements, par le D^ A. Charpentier, 
professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris. 2" édition. 1889, 
2 vol. gr. in-8 de 1 100 p., avec 752 fig. et 1 pi 30 fr. 

Traité pratique de l'art des accouchements, par Naegelé et 
Grenser. 2" édition, 1880, 1 vol. in-8 de 800 p. avec 207 fig.... 12'fr. 

Guide pratique de l'accoucheur, par les D" Pénard et Abelin. 
8' édition, 1896,1 vol. in-18 de 712 p., avec 207 fig. cart 6 fr. 

Précis de médecine opératoire obstétricale, par la D^ Remy. 

1893, 1 vol. in-16 de 460 pages, avec 185 fig-, cart 6 fr. 

Traité' pratique de gynécologie, par les D''» S. Bonnet et P. Petit. 

1894. 1 vol. in-8 de 804 p., avec 297 fig. dont 90 col 15 fr. 

La pratique des maladies des femmes, par T. Emmet. Préface par 
le prof. Thélat. 1887, 1 vol. gr. in-8 de 860 p. avec 220 fig 15 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 

(3) 



LA PRATIQUE 

DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE 

EN CHIRURGIE 



PRINCIPAUX TRAVAUX DU MÊME AUTEUR 



Recherches anatomiques et cliniques sur les gaines synoviales 
de la face palmaire. T/rese. Paris, 1878. J.-B. Baillière. 

Des ostéo-sarcomes des membres. Thèse d'agrégation. Paris, 1880. 

Des différentes espèces de pieds bots et de leur traitement. 
Thèse d'agrégation. Paris, 1883. J.-B. Baillière. 

Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Articles : 
Tumeurs des os (tome XXV). Parotide (anatomie et physio- 
logie) (tome XXVI). Poplité (tome XXIX). Pubis (tome XXX). 
Synoviales (tome XXXIV). Tendons (tome XXXV). Ténotomie 
(tome XXXV). Utérus (anatomie et médecine opératoire) 
(tome XXXVII). Veines (tome XXXVIIl). 

Des tumeurs du larynx. Paris, 1886. 

Encyclopédie internationale de chirurgie. Maladies chirurgi- 
cales des organes génitaux de l'homme (t. VII, 1888). 

Contribution à l'étude de la hernie diaphragmatique étranglée, en 
collaboration avec le docteur Eug. Rochard, chirurgien des 
hôpitaux [Revue de chirurgie, p. 756, 1892). 

Chloroformisation à petites doses et continue. Les accidents 
[Revue générale de clinique et de thérapeutique p. 437, 472, 
489, 517, 1889.) 

De l'arthrodèse tibio-tarsienne dans le traitement du pied bot 
valgus paralytique, en collaboration avec le docteur H. Rieffel, 
prosecteur de la Faculté de médecine [Revue d'orthopédie^ 
janvier et mars, 1893). 



44J6-93. — CORBKiL. Imprimerie Grété. 



LA PRATIQUE 

DE L'ASEPSIE 



ET 



DE L'ANTISEPSIE 



EN CHIRURGIE^ 



PAR 



Ed. SCHWARTZ 



CHIRURGIEX DE L HOPITAL COCHIN 



Avec 51 figures intercalées dans le texte 




PARIS 

LIBRAIRIE J.-B. BÂILLIÈRE et FILS 

19, rue Hautefeuille, près du boulevard Saint-Germain. 

1894 
Tous droits réservés. 



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A MES GHERS MAITRES 



L. LABBÉ ET P. TILLAUX 



D"- Ed. SCHWARTZ 



PRÉFACE 



Le but de ce livre est tout entier dans le titre que nous 
]ui avons donné. Nous avons cherché à réunir dans ce vo- 
lume, pour le praticien, quel que soit le théâtre sur lequel 
il exerce, tout ce qui peut Tintéresser dans la pratique de 
la chirurgie telle qu'elle doit être faite aujourd'hui, selon 
les règles de l'asepsie et de l'antisepsie. Ces règles, pour 
être strictes et bien définies, n'en sont pas moins suscep- 
tibles de varier dans leur exécution : tout en indiquant 
autant que possible la diversité des manières de faire, nous 
avons tenu à montrer celle que nous préférons pour sa sim- 
plicité et pour l'excellence des résultats qu'elle nous a 
donnés. 

Nous avons fait dans ce livre une large part à l'asepsie; 
nous sommes convaincu de plus en plus que là est l'idéal, 
mais il nous paraît impossible aussi que l'antisepsie perde 
jamais ses droits, au moins pour une grande catégorie de 
lésions et pour certaines désinfections. 

De plus, comme elle est entourée de beaucoup moins de 
difficultés dans la pratique que l'asepsie, qu'elle n'en exige 
ni la minutie ni la diversité des appareils et des manœu- 
vres de stérilisation, et que ses résultats sont excellents, 
elle exposera, dans la pratique, à moins d'incertitudes, à 
moins d'inconvénients, ceux qui n'auront pas l'outillage 
complet que réclame l'asepsie. 

Nous avons eu le plaisir et l'honneur de visiter tout ré- 
cemment le service du professeur sir Joseph Lister, et nous 
avons pu nous convaincre, grâce à l'accueil si courtois et 
si bienveillant del'éminent chirurgien, de la bonté des ré- 
sultats qu'il obtenait sous les pansements à l'oxycyanure 
de zinc et de mercure. 

Si nous n'avons pas fait dans notre livre deux chapitres 
bien distincts sur la pratique de l'asepsie et de l'antisepsie, 
c'est que nous sommes de ceux qui croient que l'asepsie et 
l'antisepsie doivent être combinées pour le mieux des 



Vni PRÉFACE. 

blessés et des opérés, que l'une pourra emporter sur l'autre 
suivant la nature de la lésion, le milieu, la santé générale, 
etc., mais que toujours elles devront être associées autant 
qu'il se pourra. 

Au-dessus de la notion d'asepsie et d'antisepsie doit s'en 
placer une autre : c'est celle d'une propreté stricte et mi- 
nutieuse qui en facilite singulièrement la pratique, La 
propreté c'est le commencement de l'asepsie et c'est elle 
seule qui explique, à une époque où l'asepsie et l'antisep- 
sie n'avaient pas vu le jour, les résultats obtenus par cer- 
tains chirurgiens. 

Cela dit, nous espérons que l'on ne nous fera pas un re- 
proche d'avoir insisté sur tel ou tel point, de nous être répété 
au point de vue de telle ou telle manœuvre, de tel ou tel 
dispositif : nous avons cru bien faire en rappelant cons- 
tamment l'attention sur des faits qui paraissent au pre- 
mier abord de peu d'importance et qui au fond en ont une 
très grande. N'est-ce pas le secret du chirurgien aseptique 
ou antiseptique qui obtient de merveilleux résultats, que 
cette observation de chaque instant, qui devient à force 
d'habitude comme un second instinct? Une fois cette édu- 
cation faite, l'on trouve simple et facile une pratique qui 
tout d'abord nous semblait entourée de toutes sortes de 
difficultés. 

C'est là l'opinion que nous voudrions faire partager à 
nos lecteurs, et si nous y arrivons notre ambition sera satis- 
faite. 

Nous n'avons pas hésité à semer notre texte de nom- 
breuses ligures, tantôt pour la facile compréhension d'une 
description, tantôt pour la remplacer pour ainsi dire et 
faire saisir immédiatement ce que nous désirions expliquer 
brièvement. 

Nous remercions en terminant nos éditeurs du soin 
qu'ils ont mis à l'impression et à la présentation de notre 
ouvrage. 

Ed. Schwartz. 

Paris, 24 juin 1893. 



LA PRATIQUÉ 

DE L'ASEPSIE ET DE rANTISEPSIl 

EN CHIRURGIE 
INTRODUCTION 



I. — Des infections chîrurg-icales. 

Notre immortel Pasteur nous a montré le premier 
le rôle des microorganismes dans les fermentations 
et les décompositions organiques. 

Lister, pensant que les complications des plaies 
étaient dues à l'action de ferments figurés contenus 
dans l'atmosphère et venant les contaminer, établit 
son admirable pansement, et développa la méthode 
dite antiseptique qui reste tout entière après s'être 
débarrassée des erreurs et des superfluités de la pre- 
mière heure. 

Mais plus nous allons, et plus il devient pour nous 
évident que le point de départ, la contamination par 
l'air des plaies accidentelles et chirurgicales, est faux 
dans la très grande généralité des cas. 

Non, ce n'est pas par l'air, par les germes qu'il con- 
tient et dont un très grand nombre sont absolument 
inoffensifs, qu'une plaie s'infecte et devient Torigine 
des complications septiques les plus graves; non, ce 
n'est pas par l'air que sont amenés sur elle les microbes 
qui engendrent les septicémies, l'érysipèle, le tétanos, 
ScHWARTz, Asepsie et Antisepsie. 1 



2 INTRODUCTION. 

la pourriture d'hôpital, etc.; c'est par le contact direct 
avec des objets contaminés eux-mêmes que se fait 
l'infection. 

C'est là une constatation dont l'importance était 
énorme. Démontrer que c'était par les mains du chi- 
rurgien et de ses aides, par les instruments, par les 
objets de pansements que se produisait la contami- 
nation, c'était conseiller et prescrire la rigoureuse 
désinfection de ces facteurs multiples, et presque 
toujours les seuls coupables. 

Du jour où la notion de l'infection par contact est 
entrée dans la chirurgie, la lumière s'est faite là où il 
n'y avait que préjugés et ténèbres, et cependant 
quelles luttes n'a-t-il pas fallu pour l'y faire péné- 
trer! C'est ici que nous devons citer avant tous les 
autres le nom du professeur Le Fort et son remarquable 
travail sur les Maternités et la fièvre puerpuérale, pu- 
blié en 1866. 

Aujourd'hui il n'y a plus aucune résistance; il est 
reconnu que pour les plaies opératoires, c'est par le 
contact des mains, des instruments, des fds à suture 
ou à ligature, des éponges, des compresses ou des 
tampons, enfin des pièces de pansements, que se font 
les inoculations septiques qui s'opposeront à la réunion 
par première intention, puis engendreront les acci- 
dents graves qui étaient autrefois la règle. Pour les 
plaies accidentelles, elles peuvent être infectées d'em- 
blée par les corps vulnérants, par le contact des vête- 
ments, etc., etc. L'infection par l'air est absolument 
secondaire, et le spray de Lister, qui était précisément 
destiné à tuer les germes contenus dans le milieu où 
se trouvait le blessé ou l'opéré, n'est plus usité que 
comme une pratique tout à fait accessoire, et ne sert 
plus, par la vapeur d'eau fournie par le pulvérisateur, 
qu'à abattre les poussières qui peuvent flotter dans la 
salle d'opérations. 

De tous les facteurs d'infection, dans les cas de 



DES liNFECTiONS CHlUUtlGÎCALES. 3 

plaies chirurgicales, il n'en est certes pas de plus 
important que les mains de l'opérateur. De là ce luxe 
de précautions que nous aurons à indiquer, toutes 
destinées à rendre relativement stériles les doigts et 
surtout les ongles et les espaces qu'ils délimitent. 

Malgré le résultat incomplet au point de vue absolu, 
l'on peut dire qu'actuellement l'asepsie chirurgicale, 
sinon bactériologique, des mains est une des garanties 
les plus sérieuses contre l'explosion des accidents 
infectieux, le transport d'un blessé à un autre des 
complications graves des plaies. 

A la lueur de cette notion, nous comprenons au- 
jourd'hui l'effrayante contagion que nous observions 
autrefois, et une chose seule a le droit de nous étonner, 
c'est, si nous ne connaissions la valeur de la question 
de terrain, comment un certain nombre d'opérés ou 
de blessés parvenaient à y échapper. 

L'infection par les instruments d'exploration ou 
d'opération, celle par les pièces de pansements, et 
surtout par l'antique charpie laissée à même dans des 
récipients de propreté douteuse, quand elle ne traî- 
nait pas sur la table à appareils, n'était pas moins 
importante. 

Nous venons de faire allusion à la question du ter- 
rain ; c'est là, en effet, un point essentiel à mettre en 
évidence. Il ne suffit pas qu'un germe* un microorga- 
nisme soit ensemencé, pour qu'il prolifère et se cul- 
tive; il faut encore que la nature du substratum qui 
le reçoit soit favorable à sa pullulation, qu'il y trouve 
les conditions nécessaires à son développement. Les 
milieux albuminoïdes, le contact de l'air lui sont gé- 
néralement nécessaires. Toutefois le bacille du tétanos, 
le vibrion septique de la gangrène gazeuse sont, comme 
on le sait, anaérobies; presque tous n'aiment ni la 
lumière, ni la sécheresse. 

Mais l'économie possède encore d'autres moyens de 
défense. 



4 INTRODUCTION. 

Outre que certains de nos microbes pathogènes se 
nuisent réciproquement par les toxines qu'ils sécrè- 
tent, les leucocytes, les cellules migratrices, les cellu- 
les même du tissu conjonctif leur livrent une lutte 
acharnée. Loin de nous l'idée de développer ici la 
théorie de la phagocytose si bien étudiée et exposée 
dans ces 'derniers temps par Metschnikoff, mais nous 
devions en parler, pour montrer comment les tissus 
résistent au développement des colonies micro- 
biennes. 

Otto Lanz et A. Flach (1) viennent de faire paraître 
dans les Archives de Langenbeck un excellent travail 
contenant un grand nombre de recherches sur la sté- 
rilité des plaies traitées aseptiquement et antiseptique- 
ment, sur les pansements aseptiques et antiseptiques 
de la clinique chirurgicale de Rocher (de Berne). 

De leurs consciencieuses éludes, il résulte que quoi- 
qu'une plaie ne soit jamais absolument stérile, les 
microbes qui y séjournent ne donnent lieu à aucune 
suppuration, soit que la réaction des tissus détruise 
ceux qui sont nuisibles, soit que Ton ait affaire à des 
espèces innocentes ou qui ne donnent lieu à une infec- 
tion que dans des conditions déterminées. 

Malgré tout, beaucoup d'obscurité enveloppe encore 
bien des questions importantes; chaque jour amène 
sa part de lumière et tout fait espérer que les ténèbres 
se dissiperont de plus en plus à la lueur des études 
biologiques et des recherches bactériologiques mo- 
dernes. 

Nous connaissons aujourd'hui, en ne nous plaçant 
que sur le terrain de la chirurgie, les agents patho- 
gènes qui engendrent les grandes complications des 

(1) Dr Otto Lanz und D^" Artliiir Flach, Assistenlea der Chir. 
Klinik iu Bern, Untersuchiingen iiber die Sterilitcit aseptisch und 
anliseptisch bekandeltevWunden unter asepiischen und antisep- 
tischen Verhânden {Ldingenheck's Archiv. fur, klinisc fie Chirurgie, 
Band XLIV. Heft 4). 



DES INFECTIONS CHIRURGICALES. 3 

plaies : ceux de l'érysipèle, de la septicémie gangre- 
neuse, de la septicémie aiguë, du tétanos, de la 
diphtérie des plaies, de la tuberculose chirurgicale, 
de l'actynomycose. 

Le streptocoque de Fehleisen,le vibrion septique de 
Pasteur, les streptocoques et staphylocoques de la 
septicémie, le bacille de Nicolaïer, celui de Lœffler, le 
bacille de Koch, etc., ont été étudiés au point de vue 
expérimental et clinique. 

Il en est de même pour ceux des suppurations ba- 
nales, soit post-opératoires, soit accidentelles, et qui 
sont dues le plus souvent au staphylocoque doré 
{staphtjlococcuspyoge7iesaureus)eiaiU^[veipiocoque^sou- 
vent à Tassociation de plusieurs d'entre eux. Récem- 
ment le pneumocoque, puis le bacterium coli commune 
ont été rendus coupables d'un certain nombre de 
méfaits, le dernier surtout, du côté de l'intestin et du 
péritoine. 

Si nous rapprochons ainsi les suppurations des 
grandes complications des plaies énoncées plus haut, 
c'est que nous devons être convaincus actuellement, 
au point de vue pratique, que toute suppuration dérive 
d'une infection. 

Cette infection, et la suppuration qui en est le ré- 
sultat, peut être produite par des microorganismes 
qui varient non seulement suivant les conditions étio- 
logiques, mais encore suivant la région. C'est ainsi 
que, d'après Achard et Lannelongue (1), la plupart 
des suppurations consécutives à la scarlatine sont 
engendrées par le streptocoque ; les furoncles ont 
pour cause ordinaire les staphylocoques, et en parti- 
culier le pyogenes aureus; les arthrites purulentes 
sont le plus souvent causées par les streptocoques; de 
même les abcès lymphangitiques , les adénophleg- 

(1) Achard et Lannelongue, Abcès de La marge de Vanus (To^i^ 
giiie colibacillaire [Bulletin médical, p. 15, 1893), 



6 INTRODUCTION. 

mons, notamment ceux des régions parotidienne et 
sous-maxillaires, sont fréquemment occasionnés parle 
streptocoque seul ou associé à d'autres microbes. Tan- 
dis que dans la région de l'oreille, les staphylocoques 
se trouvent presque toujours dans le pus des otites 
externes, au contraire les streptocoques et les pneu- 
mocoques se rencontrent dans celui de la caisse ou 
encore de l'apophyse mastoïde. 

11 est naturel que les microorganismes dont l'habi- 
tat ordinaire se trouve dans une certaine région, 
l'infectent plus facilement dès qu'une porte d'entrée 
leur est ouverte. 

Gomme preuve à l'appui, nous trouvons encore les 
abcès de la marge de l'anus produits par le colibacille 
et le contenant à l'état de culture pure, ainsi que Font 
prouvé deux observations dues l'une à notre collègue 
Jalaguier, l'autre au professeur Lannelongue. Mais il 
est bon de savoir que dans les deux pour bien montrer 
l'action du terrain, il s'agissait d'enfants débilités, l'un 
par une fièvre typhoïde, l'autre par une rougeole et 
un érysipèle antérieurs. 

Ces faits sont confirmés parles recherches que nous 
avons déjà citées de 0. Lantz et A. Flach. Elles nous 
montrent que le slaphylococus pyogenes albus n'est 
pas nécessairement et constamment un agent pyogène 
comme Faureus ou le streptocoque. Des plaies pré- 
sentant des cultures de staphylocoques blancs au 
niveau de leur ligne de réunion ou de l'orifice d'un 
drain ne suppurent pas toujours; il leur faut des 
conditions spéciales telles qu'une prédisposition in- 
dividuelle (affaiblissement des forces, anémie, états 
diathésiques), la formation d'un épanchement san- 
guin dans lequel ils puissent pulluler. Peut-être aussi 
leur nombre y est-il pour quelque chose. Mais le fac- 
teur essentiel, c'est la présence d'un corps étranger tel 
qu'un fil non résorbé ou non résorbable qui devient 
pour eux comme un abri lutélaire d'où va rayonner 



DÉFINITION DE L'ANTISEPSIE ET DE L'ASEPSIE. 7 

Finfection. C'est par ce processus que se forment, après 
cette infection par transplantation comme la nomme 
Kocher, les abcès consécutifs à la présence de ligatures 
ou satures perdues, saas que l'asepsie de ces ligatures 
ou sutures doive être mise en cause. 

En résumé, au point de vue pratique, le chirurgien 
doit considérer toute suppuration comme infectieuse, 
quoiqu'il y ait des cas où la bactériologie ne soit pas 
arrivée à découvrir de microbes pathogènes, des cas 
où, comme l'on dit, le pus est stérile. Tant mieux lors- 
que ces faits se produiront, mais comme ils sont cer- 
tainement la très grande exception, il ne faut pas 
compter avec eux, et se conduire tout comme si l'agent 
infectieux existait. 

Le but de l'asepsie et de l'antisepsie est précisément 
d'éviter et de combattre l'infection produite, toutes les 
fois que cela est en notre pouvoir; de l'éviter quand 
il s'agit de plaies sur les tissus sains, de la combattre 
quand il s'agit de parties primitivement ou secondai- 
rement infectées. 



II. — Définition de l'antisepsie 
et de l'asepsie. 

On désigne sous le nom de méthode antiseptique, ou 
plus brièvement d'antisepsie, l'ensemble des procédés 
destinés à empêcher ou à combattre la contamination 
des plaies accidentelles ou chirurgicales, par les ger- 
mes et microbes pathogènes. Elle consiste encore, une 
fois les accidents de la contamination produits, dans 
la lutte contre ces accidents et avant tout contre leur 
cause initiale, microbes ou toxines, sécrétées par 
eux. 

Cette définition montre assez l'étendue des services 
que doit rendre au chirurgien l'antisepsie dans le trai- 



8 INTRODUCTION. 

tement des affections chirurgicales et des plaies 
accidentelles. 

Elle nous montre aussi qu'il peut y avoir deux ma- 
nières de faire bien distinctes. 

L'une consistera à empêcher toute contamination, 
en détruisant tous les germes qui pourraient souiller, 
tout ce qui touche à une plaie opératoire faite exlem- 
poranément par le chirurgien (mains, instruments, 
ligatures, sutures, objets de pansements, champ opé- 
ratoire). L'on s'efforcera par un ensemble de manipu- 
lations, de rendre aseptique, c'est-à-dire exempt de 
tout germe pathogène, tout ce qui pourra et devra se 
trouver en contact avec la plaie produite. Cet ensemble 
constituera la méthode aseptique on encore plus briève- 
ment Vasepsie, qui n'est qu'une manière de l'antisepsie, 
une antisepsie prophylactique, comme dit Vinay, dans 
son excellent traité de VAsepsie par la chaleur (1). 
\j' antisepsie proprement dite consistera non seulement à 
empêcher tout accès, mais encore, si cet accès avait 
eu lieu malgré les précautions prises, ou à défaut de 
ces précautions, à combattre immédiatement et à 
anéantir sur place, grâce aux an/isep/tç-wes^les microbes 
et germes d'infection. 

Il ressort de là que si la méthode aseptique ou 
asepsie ne s'adresse presque toujours qu'à des plaies 
non infectées primitivement (plaies chirurgicales), 
Fanlisepsie s'adresse au contraire à toutes, à celles 
qui sont indemnes, suspectes, ou infectées, primiti- 
vement ou secondairement. Cette dernière sera donc 
toujours d'un emploi beaucoup plus général que la 
première et conviendra de préférence à toutes les 
lésions accidentelles qui échappent à l'action immé- 
diate du chirurgien. 

Deux exemples vont mieux expliquer le fond de notre 
pensée. 

(1) Vinay, Manuel d'asepsi-^. .T,-B. BailUèro et flls, Paris, 1890, 



DÉFINITION DE L ANTISEPSIE ET DE L'ASEPSIE. 9 

Supposons-nous en présence d'une tumeur du sein, 
bénigne, mais qu'il faut enlever. Le but à obtenir est 
la réunion par première intention. 

Celle-ci peut être acquise grâce à la stérilisation de 
tout ce qui doit toucher et recouvrir la plaie une fois 
suturée, sans qu'il soit besoin d'employer, soit pendant 
l'opération, soit pour le pansement, des substances 
chimiques antiseptiques. 

Voici maintenant un homme atteint d'une fracture 
compliquée de jambe. La plaie a été infectée par le 
contact des vêtements du blessé. 

Pour la désinfecter et maintenir cette désinfection, 
nous serons obligés d'employer des substances chi- 
miques dites antiseptiques qui détruisent les germes, 
empêchent leur développement et permettent l'évo- 
lution du processus réparateur sans qu'il éclate d'ac- 
cidents. 

11 est évident, d'après cela, que l'antisepsie propre- 
ment dite offre dans la grande généralité des cas 
beaucoup plus de garanties que l'asepsie. Bien appli- 
quée, elle protège et défend à tout moment l'organisme 
contre toute infection qui peut l'atteindre. 

Si l'asepsie est l'idéal vers lequel le chirurgien doit 
tendre pour toutes les plaies dont il est le maître, et 
toutes les fois que la région sur laquelle il intervient est 
indemne de toute inoculation septique,il n'en est pas 
moins vrai que l'antisepsie devra toujours être de mise 
pour toutes celles qui sont primitivement ou secon- 
dairement infectées ou suspectes. 

Ces principes généraux ont parfaitement été ex- 
posés par un de nos maîtres les plus compétents, 
le professeur Terrier, dans un excellent travail lu au 
Congrès pour l'avancement des sciences à Limoges 
en 1890. 

Comme Granville Baritock à Londres, comme Léon 
Tripier le faisait à Lyon, comme Y. Bergmann le fait 
à Berlin, le professeur Terrier tend actuellement à di- 

1, 



10 INTRODUCTION. 

minuer, autant que se faire se peut, l'emploi des anti- 
septiques généralement toxiques et à ne pratiquer 
que l'asepsie. 

Par contre, notre collègue J. Championnière, l'ar- 
dent défenseur de Lister et de la méthode antiseptique, 
est dans tous les cas pour l'antisepsie, qu'il considère 
comme la sauvegarde la plus sûre contre les infec- 
tions chirurgicales et leurs dangers. 

Les choses ainsi mises au point, notre avis est qu'il 
y a place, et c'est ce que font la plupart d'entre nous, 
pour une pratique mixte. L'asepsie et l'antisepsie 
doivent être combinées, utilisées tour à tour, sui- 
vant les indications spéciales du cas qui se présentera 
à notre intervention. 

On ne doit pas être partisan de l'asepsie ou de 
l'antisepsie, mais bien savoir se servir tantôt des 
antiseptiques chimiques, qui malgré tout ne seront 
pas de sitôt détrônés, quand il s'agira de la stérilisa- 
tion des mains et du champ opératoire, tantôt des 
agents physiques pouvant amener la destruction des 
germes ou de leurs produits de sécrétion; nous vou- 
lons parler de la chaleur sèche ou humide. 

Pour nous, nous sommes convaincu qu'en laissant 
de côté les exagérations primitives de l'antisepsie, 
qu'en supprimant l'usage désordonné des liquides anti- 
septiques et pour la plupart du temps toxiques, la 
chirurgie a tout avantage à ne pas les abandonner et 
à combiner leur action avec celle des agents phy- 
siques, pour arriver dans tous les cas à un même but, 
la suppression des suppurations, lorsque le cas s'y 
prêtera, ou du moins de leurs complications, quand 
le pus se sera produit malgré tout, par suite d'une 
infection primitive ou secondaire. 

Il nous paraît certain que c'est de cette façon que 
le chirurgien, dans la pratique, atteindra les meilleurs 
résultats et verra disparaître de plus en plus avec 
les suppurations graves ces terribles accidents des 



PLAN GÉNÉRAL. 11 

plaies qui faisaient la terreur de nos prédécesseurs et 
paralysaient leurs efforts. 



III. — Plan g-énéral. 

La méthode antiseptique emploie pour la désinfec- 
tion exclusivement des agents chimiques. Grâce à 
ceux-ci, elle cherche à détruire, partout où ils peuvent 
se présenter, les microbes pathogènes, et à obtenir de 
la sorte la marche vers la guérison, sans suppuration 
quand cela est possible. 

La méthode dite aseptique est obligée d'utiliser les 
antiseptiques chimiques pour la stérilisation, la désin- 
fection de tout ce qui n'est pas susceptible d'être sou- 
mis aux agents physiques, parmi lesquels la chaleur 
sèche ou humide joue le rôle le plus considérable. 
Par contre elle cherche à éviter autant que possible 
l'usage des antiseptiques chimiques, qu'elle accuse 
d'irriter les plaies, les lignes de réunion, de causer 
des accidents, parce qu'en même lempsquegermicides, 
presque tous sont plus ou moins toxiques. 

Dans un premier chapitre, nous étudierons les 
agents chimiques de rantisepsie et les accidents qui 
peuvent résulter de leur abus ; dans un second les 
agents de l'asepsie. Dans un troisième nous montre- 
rons comment l'antisepsie et l'asepsie réalisent la 
désinfection^ la stérilisation. Ces trois chapitres con- 
stitueront la PREMIÈRE PARTIE de l'ouvragc. 

La SECONDE PARTIE présentera l'exposé de la marche 
des opérations dites aseptiques^ et celle des opérations 
dites antiseptiques. 

Une TROISIÈME PARTIE Sera consacrée aux indications 
et à la technique des pansements, et ici encore nous 
trouverons la division en pansement aseptique et 
pansement antiseptique. A cette occasion nous étu- 
dierons le traitement antiseptique des grandes com- 



12 INTRODUCTION. 

plications chirurgicales des plaies et en particulier des 
complications dites septiques. 

Enfin, dans une derrière partie nous montrerons 
comment l'asepsie et l'antisepsie doivent être appli- 
quées suivant les milieux (hôpital, ville, campagne), 
suivant l'état de santé du blessé ou de l'opéré, suivan t 
son âge, en temps de paix ou sur le champ de bataille, 



PREMIERE PARTIE 

ASEPSIE ET ANTISEPSIE EN GÉNÉRAL 



CHAPITRE PREMIER 

DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS 

La méthode antiseptique utilise comme agents de 
ésinfection et de protection contre Tinfection, des 
ubstances dites antiseptiques. 

Ces substances antiseptiques doivent jouir de la 
propriété, à un état de concentration plus ou moins 
intense, de tuer les microorganismes avec lesquels 
elles entrent en contact intime. 

Mais nous savons que les microbes pathogènes 
sont en grand nombre et leur étude approfondie nous 
a appris leurs mœurs, leurs transformations, leur état 
sporulé sous lequel leur vulnérabilité est beaucoup 
moins grande. Tel antiseptique qui tue tel microbe, 
tuera-l-il aussi son voisin tout aussi nocif que lui? 
Détruira-t-il les spores, les formes intermédiaires? 

Autrement dit, y a-t-il des antiseptiques adaptés 
plutôt à la destruction de telle famille microbienne 
qu'à celle de telle autre? 

Cette question, qui surgit dès qu'on approfondit 
tant soit peu le domaine de l'antisepsie, n'est rien 
moins que résolue et c'est à peine si nous possédons 
h ce sujet quelques documents sérieux. 



14 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

Il paraît ressortir des recherches bactériologiques 
et cliniques que, par exemple, le streptocoque des 
septicémies, de Térysipèle, est surtout influencé par 
le bichlorure de mercure, tandis que le vibrion septi- 
que de Pasteur a comme antiseptique électif l'acide 
phénique, la bactérie septique de l'urine, le nitrate 
d'argent. 

Ce sont là des faits bons à retenir, des études qui 
méritent d'être poursuivies; ni les uns ni les autres ne 
sont assez bien établis pour que l'électivité micro- 
bienne d'un antiseptique entre pratiquement en ligne 
de compte ; surtout si l'on se rappelle que le plus sou- 
vent, c'est à des associations plutôt qu'à des unités 
qu'est due l'infection à éviter ou à romhatlre. 

Ouoi qu'il en soit, la faculté microbicide est la pro- 
priété fondamentale de tout antiseptique chimique, 
mais elle n'est pas la seule que doive posséder un 
agent à utiliser dans la prati(|iie chirui'gicale où in- 
terviennent un blessé, un opère, un chirurgien et ses 
aides. 

L'antiseptique en même temps qu'il agit sur les 
inicroorganisnies, agit aussi sur les tissus vivants, 
qu'il irrite plus ou moins, qu'il détruit même quand 
il est très concentré; il agit sur les mains qui sont en 
contact plus ou moins prolongé avec lui; absorbé 
par les plaies, il peut pénétrer dans le torrent circu- 
latoire et, s'il est toxique, donner lieu à des accidents 
plus ou moins graves. 

De tout cela résulte que l'antiseptique chirurgical 
type serait celui qui, soluble dans les véhicules ordi- 
naires dont nous disposons (l'eau en particulier), ne 
serait ni irritant, ni toxique, tout en ayant un pouvoir 
germicide très intense. 

Nous pouvons certifier que cet oiseau bleu est en- 
core à trouver, et c'est ce qui nous explique les débor- 
dements de produits à noms plus ou moins bizarres, 
terminés en iuc ou en ol et dont l'énumération rem- 



DE L'AiNTISEPSlK ET DE SES AGENTS. 15 

plirait à elle seule plusieurs pages de ce livre. 

Aussi bien ne fatiguerons-nous pas le lecteur de 
cette nomenclature fastidieuse et inutile, convaincu 
que nous sommes, qu'actuellement encore, comme 
devant, les antiseptiques les meilleurs sont ceux 
connus depuis longtemps et que les nouveaux venus 
n'ont encore pu détrôner (1). 

11 y a à cela plusieurs raisons. 

La première, est que leur efficacité est cliniquement 
incontestable. 

La seconde réside dans ce fait que leur usage, bien 
pondéré, débarrassé des exagérations, de la profusion 
avec laquelle on les prodiguait au début, a beaucoup 
atténué, si ce n'est dissipé les dangers auxquels ils 
exposaient. OrAce à une pratique devenue de plus en 
plus expérimentée, le cliirui'gien s'est rendu compte 
des éléments complexes du problème de l'antisepsie; 
il connaît les points faibles et vulnérables, sait les 
doses qu'une sage prudence conseille de ne pas dé- 
passer, suivant les (lillerentes conditions qui se pré- 
sentent, et par cela même peut éviter les désastres ob- 
servés à la première heure. 

La troisième raison enfin, tient à ce que les cadets 
de la périe si longue déjà des antiseptiques chimiques 
ne tiennent en général pas les promesses énoncées 
par leurs défenseurs. 

Du moment que le chirurgien prescrit un anti- 
septique puissant, efficace, qu'il sait manier, qui ne 
lui donne que des satisfactions à tous égards, pour- 
quoi donc en changer et recommencer sans cesse un 
nouvel apprentissage, souvent aux dépens de la sécu- 
rité de nos blessés et opérés? 

C'est ce qui fait que l'acide phénique, le sublimé, 
riodoforme ne seront pas abandonnés de sitôt et que 

(I) Bocquillon-Limousin, Formulaire de V antisepsie et de la 
désinfection. Paris, 1893. 



16 DE L'ANTISKPSIE ET DE SES AGENTS. 

le chirurgien les maniera longtemps encore malgré 
les quelques inconvénients qu'ils peuvent présenter. 

U les maniera sans dangers, s'il en fait un emploi 
judicieux, se rappelant que dans l'antisepsie l'anti- 
septique n'est pas tout et qu'il y a un facteur bien plus 
important, c'est l'ensemble des règles qu'elle impose 
H son adepte. 

Dans la pratique courante nous nous servons 
constamment : 

De l'acide pliéni(jue; 

Du sublimé ou bichlorure de mercure; 

De l'iodoforme ; 

Du salol; 

De l'acide borique; 

Du chlorure de zinc; 

Du naphtol ; 

Du permanganate de potasse. 

Les trois premiers constituent la catégorie la plus 
importante, les autres ne viennent que loin dei-rière 
eux. 

Toutefois nous devons encore citer un certain 
nombre d'antiseptiques plus ou moins récents, en 
faisant grâce au lecteur de la nomenclature de tout 
ce qui a été inventé et préconisé à ce sujet. Chaque 
jour en voit éclore de nouveaux ; on les vante, on les 
essaye et l'on reconnaît bientôt qu'il faut toujours en 
revenir à la triade déjà signalée ou à quelques autres 
déjà connus. 

Quoi qu'il en soit, nous ne voudrions pas ne pas 
consacrer quelques lignes au biiodure de mercure, à 
l'iodol, au sous-nitrate de bismuth, à l'acide salicy- 
lique, au chloral et au chlorofurme, au nitrate d'ar- 
gent, au zincocyanure de mercure, à la créoline, au 
lysol, à la microcidine, à l'acétate d'alumine, à l'alcool, 
enfin aux antiseptiques complexes, c'est-à-dire 
formés par l'association judicieuse de plusieurs 
d'entre eux. 



ACIDE PHÉNIQUE. 17 

Acide phénique. — C'est en 1860 que l'acide 
phénique a été proposé par Lemaire dans le traite- 
ment des plaies. Il fut ensuite recommandé par 
Déclat, adopté par Maisonneuve, Demarquay, A. Ri- 
chard, etc. Son emploi, qui n'avait été que restreint, 
ne devint pour ainsi dire général qu'après les publi- 
cations de Lister et chez nous de J.-L. Champonnière, 
Aubert, Poinsot, Panas, etc. Quoiqu'il soit bien 
moins employé depuis que le bichlorure d'hydrargyre 
est devenu d'un usage presque constant, il n'en reste 
pas moins très répandu comme antiseptique chimi- 
que. Ce sont surtout ses solutions aqueuses que l'on 
emploie. 

La solution forte, ou à 50 pour iOGO, ou encore 
au 1/20, se fijrmule de la façon suivante : 

Acide phénique 50 grammes. 

Alcool 150 — 

Eau distillée q. s. p, 1 litre. 

On peut remplacer l'alcool par de la glycérine. 

L'alcool ou la glycérine sont destinés à tenir plus 
complètement en dissolution le phénol. 

Il est bon de savoir que la qualité de l'acide phé- 
nique n'est pas indidérente à formuler. 

Il vaut mieux se servir pour faire les dissolutions 
de l'acide phénique dit neigeux que d'acide cristallisé. 
L'acide neigeux se dissout plus facilement et l'on ne 
risque pas de voir flotter au sein de la solution, sur- 
tout vers le fond, des parties incomplètement dissoutes, 
sous forme de globules dont l'action est très caus- 
tique. 

La solution dite faible ou au 1/40, ou encore à 
25 p. 1000, se formule ainsi : 

Acide phénique 25 grammes. 

Alcool 75 — 

Eau distillée. q. s. p, 1 litre, 



18 DE L'ANTlSbil'ilE ET DE bliS AGENTS. 

L'on peut sans inconvénient retrancher l'alcool ou 
la glycérine, on ne conservera cette dernière que 
pour ménager les mains et l'épiderme de l'opéré et de 
l'opérateur. L'acide pliénique étant très soluble dans 
l'alcool et dans la glycérine, on peut se servir de 
soluti(jns concentrées au 1/3, au 1/10, dont on ajoute 
ensuite une fjuanlité déterminée à de l'eau stérilisée 
de façon à l'aire mi lilre contenant 50 grammes, 
:i5 grammes ou moins de la solution, suivant le degré 
(pie l'on veut obtenir. 

L'huile pliéniquée (dissolution d'acide pliénique 
dans l'huile d'olive au 1/10 ou au 1 20) est une pré- 
paration dont on se sert encore assez souvent. 

La vaseline phéniquée au 1/iO doit encore être 
citée. 

L'acide pliénique sert encoïc à imprégner (h* la 
gaze, de l'ouate, do l'éloupe, de la ramie, de la 
tourbe, etc. 

La gaze pliéniquée ou gaze de Lister se fabrique 
avec la tarlatane ordinaire écrue ou blanchie et 
])réalabloment stérilisée. Elle est imprégnée d'un 
mélange, fait à chaud, de résine et de paraffine desti- 
nées à fixer l'acide pliénique en dissolution. Les pro- 
portions de ce mélange sont les suivantes : 

Acide pliéniquo I f.'ramiiio. 

llcsine commune .'> 

ParafHiie 7 - 

L'imprégnation se fait à chaud, à l'étuve ou par la 
presse. Une fois préparée elle se présente sous deux 
aspects dill'érents. L'une est jaune, résistante, quuicjue 
souple ; l'autre est blanche, plus molle, plus facile à 
chilTonner ; elle paraît moins irritante pour les tégu- 
ments que la première. Elles sont conservées après 
avoir étépliées dans des enveloppes imperméables ou 
des boîtes bien fermées d'où on ne les tire que pour 
les pansements. 



ACIDE PIIÉNIQUE. 19 

L'ouate phéniquée se prépare ainsi que l'étoupe, la 
charpie, en faisant agir sur de l'ouate hydrophile des 
solutions phéniquées fortes. Comme la gaze, l'ouale 
est conservée en paquets recouverts d'une enveloppe 
imperméable. 

L'acide phénique n'est un germicide que s'il est 
employé en solution forte et encore faut-il un contact 
assez prolongé des parties à désinfecter. 

De plus c'est un caustique et un toxique énergique, 
d'où des accidents locaux et généraux qu'on peut 
observer. Ces accidents ont été bien étudiés par 
Brun (1). 

Les propriétés caustiques des solutions phéniquées 
sont directement en rapport avec leur degré de con- 
centration et donnent lieu aux accidents locaux mis 
en lumière par Lister lui-même, accidents qui dépen- 
dent encore et de la susceptibilité et de la finesse des 
téguments, et de l'état diatiiésique des individus. 

La peau peut devenir le siège d'érythèmes, les 
uns simples, les autres fébriles, se montrant de pré- 
férence chez les femmes au niveau de la région mam- 
maire, du cou, des plis de flexion des articulations 
des membres, des organes génitaux, etc. 

L'érylhème phénique simple consiste générale- 
ment en une plaque rouge, non saillante, avec sen- 
sation de chaleur, cuisson et démangeaison ayant 
quelquefois toute l'étendue du pansement phénique, 
d'autres fois plus limitée. Elle disparait généralement 
dès que le pansement a été supprimé et se termine 
par une desquamation épidermique très superficielle 
terminée au bout de cinq à six jours. 

L'érythème phénique fébrile se présente avec des 
caractères tout différents, pouvant donner lieu à des 
erreurs de diagnostic et de pronostic. 



(l) F. Brun, De? accidents imputables aux antiseptiques. Thèse 
d'agrégation. Paris, 1886. 



20 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

Les opérés sont pris de malaise, d'anorexie, avec élé- 
vation de température de 1° à l*" 1/2; souvent avec un 
érythème localisé et en plaque, mais aussi avec une 
éruption qui peut envahir tout un membre, voire même 
une grande partie du corps. Sur Térythème apparaît 
souvent une éruption vésiculeuse plus ou moins abon- 
dante, quelquefois buUeuse, voire même phlycténoïde. 
Si la cause est supprimée, tout se termine en trois ou 
quatre jours comme phénomènes généraux. S'il y a eu 
des vésicules, elles se desquament après dessiccation. 
Quelquefois néanmoins elles suppurent et se recou- 
vrent de croûtes qui ne disparaissent que très lente- 
ment. 

A côté des érythèmes, signalons de vraies poussées 
eczémateuses, qui i-eparaissenl dès la moindi'e ap|)li- 
cation de l'antiseptique. 

Ces accidents locaux sont généralement combattus, 
dès que le pansement a été supprimé, par des appli- 
cations de vaseline boriquèe]ou salicylée, et ne laissent 
aucune suite. 

L'application de solutions concentrées mal faites ou 
avec du phénol impur peut donner lieu à de la gan- 
gi'ène des téguments. Il nous est arrivé deux fois déjà 
d'avoir à amputer les doigts que des blessés avaient 
trempés pendant un certain temps dans une solution 
phéniquée, dont nous n'avons pu nous procurer le 
titre qui devait certes dépasser celui des solutions 
usitées en général. Ces lésions doivent être mises sur 
le compte d'un usage maladroit, mais non chirurgical. 

L'acide phénique étant toxique, peut produire, par 
son absorption, des accidents généraux, très étudiés 
d'abord par Langenbeck, puis par Sonnenbourg et 
Kiister. Le premier signe qui éveille l'attention ou doit 
l'éveiller, c'est la coloration vert' olive foncé des uri- 
nes; celles-ci ne prennent cette teinte caractéristique 
que trois ou quatre heures après leur émission; elles 
peuvent aller jusqu'au brun noirâtre; elles devien- 



ACIDE PHÉNIQUE. 21 

tient d'autant plus rares qu'elles sont plus foncées en 
couleur. 

11 faut cesser tout pansement phéniqué chez tout 
malade qui présente en même temps qu'une diminu- 
tion la coloration noirâtre des urines. Car on est sous 
le coup d'une intoxication phéniquée. Celle-ci peut 
être aiguë ou chronique, légère ou intense. 

Les cas légers passent souvent inaperçus; les ma- 
lades se plaignent de lourdeur de tête, de troubles 
gastriques, ont des nausées, parfois même des vomis- 
sements. Ces troubles disparaissent dès que l'action 
de l'acide phéniqué a été supprimée ; on les observe 
assez fréquemment quand on fait des pulvérisations 
phéniquées sur de larges surfaces; on les observait 
quelquefois sur soi-même, quand on se servait du 
spray. 

Les cas d'intoxication aiguè grave se traduisent 
par du collapsus, des troubles cérébraux inquiétants; 
la peau est froide et recouverte d'une sueur visqueuse, 
les extrémités sont froides; la sensibilité est éteinte. 

Le coma peut être précédé d'une courte période 
d'agitation chez les enfants et interrompu quelquefois 
par des convulsions. 

A ces signes s'ajoutent des vomissements bilieux ou 
porracés, de la petitesse du pouls, de l'hypothermie 
avec respiration courte et saccadée. 

Quel que doive être son mode de terminaison, l'in- 
toxicalion phéniquée grave évolue toujours très rapi- 
dement et dure quelques heures, plus souvent quelques 
jours, après des alternatives, et quoique l'acide phé- 
niqué ait été supprimé dès l'apparition des premiers 
accidents. Chez d'autres opérés, c'est à la suite du 
renouvellement du pansement que le collapsus, mo- 
mentanément disparu, a reparu pour occasionner la 
mort en quelques heures. 

Quand la guérison survient, c'est aussi après des 
périodes de mieux et de rechutes qu'elle s'établit, puis 



•22 • DR L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

le retour à la santé se fait lentement et graduellement 
au bout de huit ou dix jours. 

L'enseignement à tirer des faits que nous venons de 
signaler est le suivant : veiller avec grand soin à l'état 
des urines chez les individus soumis à des pansements 
phéniqués ; éviter autant que possible l'usage de 
grandes quantités de l'antiseptique et surtout de so- 
lutions fortement concentrées. 

Au cours des grandes opérations, surtout lorsqu'elles 
portent sur des articulations, des séreuses, des mu- 
queuses absorbant facilement, éviter les lavages. 

Si des irrigations sont indispensables, bien veiller 
à ce que tout le liquide injecté ressorte, et cela faci- 
lement, des plaies cavitaires ou des cavités où il est 
poussé. 

Proscrire chez Tenfant jusque vers six, sept ans tout 
pan-ement phéniqué, le jeune âge étant spécialement 
susceptible au phénol. Le Dentu n'a-t-il pas vu le cas 
d'un enfant de un à deux ans qui rendit des urines 
noires à la suite de l'emploi d'un drain qui avait été 
conservé dans la solution phéniquée forte? (uiyon, 
Lucas Championniére ont cité des cas d'intoxication 
grave chez des enfants pansés avec des solutions 
phéniquées faibles. 

Brun a décrit une seconde forme d'intoxication 
phéniquée, chronicjue. Elle se caractériserait plutôt 
par des phénomènes d'intolérance que par des acci- 
dents d'intoxication proprement dite, et chaque nou- 
veau pansement est le signal d'une aggravation dans 
l'état du malade. 

Chez les enfants, on constate quelquefois, au début 
des accidents cérébraux, agitation, délire léger, som- 
nolence qui pourraient en imposer pour une méningite 
commençante; chez les adultes, il y aurait fréquem- 
ment un état gastrique marqué par du malaise, de la 
céphalalgie, un état nauséeux, voire même des vomis- 
sements rebelles à toute médication. 11 y a toujours 



SUBLIMÉ. 23 

de Télévatioa de température pouvant aller de SS*" à 
39", 5. Dans certains faits on a noté après chaque 
pansement nouveau, un accès fébrile. Tout disparaît 
dès que l'acide phénique est supprimé. 

Cestag, en 1884, a signalé au congrès de Blois un 
accident spécial, la rétention d'urine par paralysie 
vésicale, qu'il n'hésite pas à mettre sur le compte de 
l'intoxication phéniquée. Un fait de Segond, rapporté 
par Brun, semble militer en faveur de cette interpré- 
tation. 

Nous n'insisterons pas davantage, renvoyant le lec- 
teur désireux de connaître à fond la question à 
l'excellent travail de Brun, oi^i il trouvera tous les do- 
cuments nécessaires pour ce qui regarde les intoxica- 
tions par les antiseptiques usuels. 

Quel traitement diriger contre les diverses formes 
de l'intoxication phéniquée? 

1° Suppression, bien entendu, de toute trace d'acide 
phénique dans les pansements ; 

2" Combattre par les moyens ordinaires les acci- 
dents de coUapsus (injections d'éther, de caféine au- 
dessous de la peau). Boissons toniques et stimulantes. 

Combattre l'hypothermie parle réchaulTement arti- 
ficiel, les frictions qui feront en même temps fonc- 
tionner la peau. 

Sonnenbourg a préconisé comme antidote de l'acide 
phénique le sulfate de soude. 

Quoique l'expérimentation ne soit pas absolument 
concluante, Brun est d'avis qu'elle plaide en faveur de 
l'administration du sulfate de soude dès le début des 
accidents. 

Sublimé. — Le sublimé est actuellement un des 
antiseptiques les plus employés, et l'on peut dire qu'il 
a pris en grande partie la place de l'acide phénique. 

C'est qu'il est un antiseptique très puissant ; malheu- 
reusement il est aussi un toxique très énergique. 
Toujours est-il que, manié avec prudence^ c'est un des 



24 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

meilleurs, sinon le meilleur des antiseptiques que nous 
possédions. 

On l'emploie en solution; il sert à imprégner des 
matériaux de pansements; il sert encore à la prépa- 
ration des fils à suture, à ligature, etc., etc. 

La solution ordinairement employée est la liqueur 
de van Swieten, ainsi composée : 

Bichlorure de mercure 1 gramme. 

Alcool 100 — 

Eau distillée 900 — 

Cette solution est relativement coiUeuse à cause de 
l'alcool qu'elle contient et (|u'on peut réduire à 
40 grammes pour un litre, cette dernière quantité 
étant largement suffisante pour maintenir le sublimé 
en dissolution. 

On peut le maintenir en dissolution tout aussi bien en 
substituant i\ Talcool 1 gramme de chlorure de sodium 
ou de chlorhydrate d'ammoniaque, ainsi que l'indique 
Barette (1) dans son Traité d'antisepsie ckirurg'icale. 
Quoi qu'il en soit, la liqueur de van Swieten est sur- 
tout employée, soit pure, soit mélangée à une, deux, 
trois, quatre parties d'eau filtrée et bouillie pour 
constituer des solutions aux titres de 1/2000, i/3000, 
1/1000, 1/5000. 

Ces dernières sont largement suffisantes pour les 
lavages, les irrigations dansla pratique gynécologique. 

Il est d'usage dans nos services de chirurgie de co- 
lorer légèrement en bleu la solution de sublimé à 
1/ 1000, avec une très petite quantité de bleu de Prusse, 
afin de la reconnaître facilement. 

f^n Allemagne on emploie beaucoup pour préparer 
extemporanément une solulion de sublimé titrée des 
pastilles faites à l'avance et composées de parties 
égales de chlorure de sodium et de bichlorure d'hy- 

(I) Barette, Traité d'antisepsie chirurgicale. Paris, 1890. 



SUBLIMÉ. 2o 

drargyre (1 gramme de chaque). Il suffit d'en faire 
fondre une dans un litre d'eau distillée ou plutôt 
bouillie pour avoir une solution au 1/1000. 

Leur usage n'a pas prévalu chez nous. 

Plus récemment Balme a fabriqué un papier buvard 
spécial, imprégné de 0,50 centigrammes de sublimé 
par petite feuille, portant en lettres de couleur bleue la 
dose contenue et permettant, comme avec une pastille, 
de faire très rapidement une solution titrée et colorée. 
Ces feuilles, préparées par Yigier, nous ont paru don- 
ner de bons résultats, sans qu'il nous soit possible de 
dire comment elles se comporteront avec le temps. 

Quand l'on doit se servir pendant un certain temps 
désolations de sublimé à préparer extemporanément, 
nous formulons en général une solution alcoolique 
concentrée de telle sorte qu'une cuillerée à soupe du 
liquide contienne 0*'''',2o de sublimé. On en met une, 
deux ou quatre dans un litre, suivant qu'on veut obte- 
nir les solutions au i/4000, 1 2000, 1/1000. 

On a accusé les solutions de sublimé de s'altérer 
rapidement au contact des substances organiques et 
de former avec elles des albuminates insolubles. Pour 
éviter cet inconvénient, Laplace (1) a conseillé d'asso- 
cier à la solution un acide comme l'acide tartrique, 
qui empêche la formation des albuminates, et il a pro- 
posé la formule suivante : 

Bichlorure d'iiydrargyre 1 gramme. 

Acide tartrique 6 — 

Eau distillée 1000 — 

Toutefois, si les solutions de sublimé sont bonnes 
et efficaces, comme nous le verrons, pour le lavage 
du champ opératoire, celui des mains de l'opéra- 
teur et des aides, pour la préparation et la conserva- 

(l) Laplace, Satire sublimât Lôsung als desinficirendesMittel und 
Ihre Verwendung in Verbandstoffen, Deutsche medicinische Wo- 
chen.schrifi, 1887, n» 40, p. 866. 

ScHWARTz, Asepsie et Autiscpsie. 2 



26 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

tioii de tampons et bourdonnets, etc., etc., elles ont le 
grand inconvénient d'attaquer les métaux et d'altérer 
les instruments même nikelés qui sont un certain 
temps en contact avec elles. Il est impossible de ne 
les manier que dans des récipients et bassins en por- 
celaine, en verre, en faïence, en gutta-percha. Il est 
un métal cependant qu'elles n'attaqueraient pas, c'est 
celui de Bourbouze. Nous aurons à y revenir à propos 
de la construction des instruments. 

On a imprégné de sublimé de la gaze, de l'ouate, 
de la tourbe, de la sciure de bois, du sable, du verre 
pilé, etc. 

L'industrie nous livre tout préparés la plupart de 
ces matériaux de pansements auxquels on a fait le 
reproche de perdre assez facilement leur pouvoir anti- 
septique, à cause de la décomposition lente que subit 
le sublimé au contact des substances organiques. 

Pour noti'e part, nous ne les employons pas, et ne 
faisons guère usage que des solutions. 

Quand on manie les solutions et qu'on les emploie 
pour les lavages, irrigations et pansements des plaies, 
d'une façon hal)ituelle et à un degré de concentra- 
tion élevé, on peut observer un certain nombre d'acci- 
dents locaux et généraux résultant de l'usage pro- 
longé de l'antiseptique. 

La peau et les muqueuses exposées longtemps au 
contact de la solution au i/lOOO, subissent une sorte 
d'irritation qui se traduit par de l'épaississement de 
la couche épidermique qui se dessèche, se racornit et 
enfin se desquame. Dès que le sublimé a été supprimé, 
la peau et la muqueuse reprennent leur aspect et leur 
souplesse normale. Plus rarement se produisent des 
érythèmes plus ou moins étendus qui s'atténuent ra- 
pidement et ne laissent après eux que de la desqua- 
mation. 

Tout à fait exceptionnellement, ainsi que l'a fait 
observer Max Scbede, on voit se produire une érup- 



SUBLIMÉ. 27 

tioii eczémateuse accompagnée le plus souvent de dé- 
mangeaisons très violentes ; les vésicules se dessè- 
chent, puis déchirées et grattées par les malades, se 
recouvrent de croûtes foliacées qui tombent à leur 
tour, tandis que la cicatrice se fait par dessous. Enfin, 
on a observé quelquefois de véritables exanthèmes 
généralisés avec fièvre, rappelant la scarlatine et 
pouvant donner le change; nous avons nous-même 
assisté à une éruption de cette nature qui n'a pas été 
sans nous intriguer au point de vue du diagnostic 
précis. 

En somme, ces accidents locaux sont rares et ne 
sont signalés que chez des individus à téguments sen- 
sibles, dans des régions à peau délicate, en employant 
des solutions fortes ou en prolongeant longtemps 
l'usage de solutions plus faibles. 

Plus fréquents, malheureusement, sont les accidents 
généraux imputables au sublimé : c'est leur gravité 
dans certains cas qui a jeté dans ces dernières an- 
nées un certain discrédit sur cet antiseptique si puis- 
sant. 

L'intoxication par le sublimé peut se manifester 
par des phénomènes de peu de gravité ou des acci- 
dents graves. On a rangé dans les formes légères ces 
cas où les opérés sont pris de stomatite et chez les- 
quels tout disparaît, une fois le toxique supprimé, par 
un traitement approprié. La diarrhée glaireuse est 
un signe autrement important et grave. Dès que chez 
un opéré pansé ou lavé avec une solution de sublimé 
surviendra cette diarrhée toute spéciale qui précède 
généralement tout autre symptôme, qui est doulou- 
reuse et glaireuse, il faudra suspendre immédiate- 
ment l'usage de l'antiseptique, si l'on ne veut pas 
s'exposer à voir éclater rapidement des accidents plus 
sérieux. Un des caractères de cette diarrhée toxique, 
c'est d'être très tenace; malgré la suppression de 
l'antiseptique, elle résiste habituellement à tous les 



28 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

moyens employés pour la combattre; elle ne cède, 
comme l'a montré Brun, que plusieurs jours après 
qu'on a cessé de s'en servir. Si l'absorption du poi- 
son continue, rien ne peut en général s'en rendre 
maître. 

Au début, selles aqueuses, puis glaireuses, verdâ- 
très, souvent infectes; au bout d'un jour ou deux, on 
y trouve des stries de sang; elles s'accompagnent de 
coliques, de brûlures rectales, de ténesme. Dans les 
cas tout à fait graves, la diarrhée peut devenir coUi- 
quative, les malades succombent dans Tadynamie et 
le coUapsus, à cette entérite généralement localisée 
au gros intestin avec inflammation et nécrose de la 
muqueuse surtout au niveau des C(Mons. 

La diarrhée peut être accompagnée de vomisse- 
ments, de hoquet, qui présentent une certaine impor- 
tance par la difficulté de l'alimentation ; elle est, 
quand elle dure quelque temps, généralement suivie 
par la stomatite qui éclate après elle. La stomatite 
peut revêtir toutes les formes depuis les plus légères 
jusqu'aux plus graves avec gangrène étendue de la 
muqueuse de la bouche. 

Alors qu'il n'y a pas de stomatite, il n'en existe pas 
moins le plus souvent une sécheresse de la bouche et 
de la gorge qui provoque une soif ardente chez 
l'opéré, 

A côté des phénomènes qui se passent du côté du 
tube digestif, se placent ceux tout aussi graves qui 
se passent du côté des reins et qui tiennent à une vé- 
ritable néphrite toxique. Celle-ci donne lieu à l'émis- 
sion d'urine albumineuse contenant des cylindres 
hyalins et granuleux. Dans quelques cas on a noté 
de l'anurie se terminant rapidement par la mort et 
on a constaté à l'autopsie une dégénérescence grais- 
seuse aiguë des reins. Presque toujours alors la tem- 
pérature est normale ou au-dessous de la normale. 
La marche des accidents est variable. Dans les cas 



SUBLIMÉ. 29 

heureux, i] ne s'agit que d'une stomatite, d'une diar- 
rhée qui ne persistent que pendant deux ou trois 
jours; d'autres fois, les phénomènes d'intoxication ne 
disparaissent que lentement au bout de quinze jours, 
trois semaines; tantôt enfin, la mort survient plus 
ou moins rapidement soit par diarrhée colliquative 
(forme gastro-intestinale), soit par urémie (forme ré- 
nale ou néphrétique). C'est généralement en obsté- 
trique et en gynécologie que Ton a eu le plus fréquem- 
ment l'occasion d'observer ces graves complications. 
Pour notre part, jamais nous n'avons eu d'accidents 
sérieux avec le sublimé, dont nous nous servons cons- 
tamment, mais avec prudence, et nous pensons avec la 
plupart des auteurs que l'intoxication par l'usage 
externe de cet antiseptique, bien qu'indéniable, n'a 
souvent joué qu'un rôle secondaire dans la produc- 
tion d'une terminaison mortelle. On n'a pour s'en 
convaincre qu'à lire les observations publiées. Dans 
quelques cas où la forme rénale a été observée, elle 
n'est devenue fatale qu'en raison de lésions rénales 
précédentes. 

Pour éviter tout accident, nous conseillons de ne 
jamais se servir pour les lavages, que nous proscri- 
vons d'ailleurs en général, et les irrigations des 
plaies cavitaires ou des grandes plaies que de solutions 
faibles à 1/4000 au plus; de faire en sorte que tou- 
jours les liquides s'écoulent au fur et à mesure de 
leur pénétration. Il faudra cesser l'emploi de l'anti- 
septique au moindre signe suspect (diarrhée, saliva- 
tion). Toutes les fois que l'on aura lieu de soupçonner 
l'intégrité du filtre rénal et à plus forte raison quand 
son altération sera démontrée, l'on devra s'abstenir 
formellement de l'usage du bichlorure de mercure 
comme pansement. Si l'intoxication est déclarée, on 
devra faire tous ses efforts pour favoriser l'élimination 
du poison par les reins, l'intestin, la peau. Les phéno- 
mènes généraux seront combattus par les médications 

2. 



30 DE L ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

habituelles. La diarrhée, constituant une des portes 
de sortie du mercure, ne devra être arrêtée que si 
elle tend à prendre la forme coUiquative. 

A propos du sublimé, nous ne ferons que citer le 
séro-sublimé et le sel Alembroth auxquels Lister a eu 
recours pendant quelque temps comme agents anti- 
septiques. Il les a abandonnés pour le zincocyanure 
de mercure. 

lodoforme. — L'iodoforme est peut-être de tous 
les antiseptiques pulvérulents celui qui est le plus 
répandu dans la pratique journalière de la clii- 
rurgie. 

Découvert par Serullaz (de Metz), en 1822, il fut 
d'abord étudié au point de vue thérapeutique par 
Bouchardat, employé pour les pansements par llig- 
ghini dès 1853. Eastlake et (jreenlialgh en 18G0, 
s'en servirent à cause de ses propriétés analgésiques 
contre le cancer utérin ; leur exemple fut suivi par 
Demarquay qui le conseillait dès 1807, trouvant, 
disait-il, que l'iodoforme est un agent précieux, à la 
fois anesthésique local, modificateur des sécrétions et 
désinfectant. 

Presque en même temps l'iodoforme commençait à 
jouer un rôle important dans la thérapeutique des 
lésions vénériennes ; il était employé contre les plaies 
atones, ulcéreuses, à cicatrisation difticile, par Lailler 
et Besnier, par Féréol dans les cas de chancres mous, 
de syphilides ulcéreuses. Toutefois, ce n'est que de 1880 
que date son entrée dans la thérapeutique chirurgi- 
cale active. C'est à ce moment que Mosetig-Moorhof 
publia ses importants travaux sur la question et pro- 
clama sa supériorité sur tous les agents antiseptiques 
connus jusqu'alors. Son usage fut vulgarisé à l'é- 
tranger par Mikulicz, Merkel, Billroth, Giissenbauer, 
Kœnig, chez nous par Marc Sée, Trélat, Terrillon, 
Berger, etc. 

L'abus vraiment immodéré qu'on en fit en AUema- 



lODOFORME. 31 

gne amena rapidement la production d'accidents 
graves, d'autant plus qu'il n'était employé qu'en pou- 
dre et à des doses souvent excessives. 

Depuis que la gaze iodoformée a partout et pres- 
que toujours remplacé la poudre porphyrisée pour 
le pansement des plaies, l'orage s'est dissipé et l'on 
peut dire qu'aujourd'hui tout le monde est d'accord 
pour proclamer l'excellence des résultats obtenus 
par les pansements iodoformés. 

Ceux-ci seraient encore davantage employés, n'é- 
tait l'odeur si pénétrante de la substance. A ce pro- 
pos nous allons indiquer sommairement les princi- 
paux procédés de désodorisation. 

Le plus usité pour un certain temps a consisté à 
ajouter à l'iodoforme de petites quantités d'essences 
volatiles, telles que celles de fenouil, d'amandes amè- 
res, de menthe, de bergamote. En poudre on l'a 
mélangé au tannin et au cïïmphre, à la poudre de 
fève tonka. Ofïler a recommandé l'adjonction d'un 
tiers en poids de café torréfié et de quelques gouttes 
d'éther, tandis que Parck emploie l'huile d'eucalyp- 
tus, Lucas Championnière la poudre de benjoin, et 
Bouchardat la coumarine. Disons-le franchement, ces 
procédés de désodorisation sont inefficaces, et pour 
notre compte nous y avons renoncé dans presque tous 
les cas. La poudre de benjoin et l'essence de berga- 
mote nous ont paru donner les moins mauvais résul- 
tats, et c'est à ces agents que nous nous adresserions, le 
cas échéant. 

L'iodoforme s'emploie en poudre. C'était pour 
ainsi dire la seule forme sous laquelle on l'a em- 
ployé au début. La poudre doit constamment être 
porphyrisée, si l'on veut éviter certains accidents 
locaux. 

On la mélange dans certains cas, pour ne pas s'en 
servir pure, soit à du tannin à parties égales, soit à 
de la poudre de benjoin et de quinquina et de car- 



32 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

bonale de magnésie à parties égaies. C'est là le 
mélange préconisé par Lucas Cliampionnière et qui, 
aromatisé par de l'essence d'eucalyptus, constitue 
un désinfectant de premier ordre. 

La gaze iodoformée, qui est actuellement le plus en 
usage, nous est livrée par l'industrie; elle doit conte- 
nir une quantité donnée d'iodoforme et elle est géné- 
ralement titrée à 30 et 50 p. 100. Dire qu'il faut se 
méfier des falsifications et faire analyser de temps à 
autre les gazes dont on se sert, me parait superflu. 
Elles sont généralement préparées en trempant dans 
une solution d'iodoforme dans l'éther des morceaux 
de gaze stérilisés qui se recouvrent d'iodoforme par 
évaporation de l'éther. On peut les préparer soi-même 
de cette façon ; ou encore en plongeant dans de la 
glycérine iodoformée titrée de la gaze aseptique 
que l'on pile avec elle et que l'on fait sécher en- 
suite. 

On imprègne de la même façon de l'ouate hydro- 
phile et l'on obtient ainsi de l'ouate iodoformée, 
généralement au titre de 10 à 20 p. 100. 

L'iodoforme est employé en solution dans l'éther; 
soit à o, soit à 10 p. 100. Il est aussi mis en suspen- 
sion dans la glycérine et constitue un glycérolé très 
fréquemment employé. La glycérine iodoformée con- 
tient 5,10 ou 20 p. 100 de poudre d'iodoforme fine- 
ment porphyrisé en suspension. 

Les vaselines iodoformées sont faciles à préparer. 
Nous employons souvent, comme nous le dirons 
plus tard, celles à 3 pour 20 de vaseline ou de la- 
noline. 

L'iodoforme est encore incorporé, pour faire des 
crayons solides pouvant être introduits dans des 
trajets normaux ou pathologiques, à des substances 
qui se solidifient pour fondre ensuite au contact des 
liquides. Les crayons iodoformésse préparent d'après 
les formules suivantes : 



lODOFORME. . 33 

Crayons durs : 

lodoforme 8 grammes. 

Gomme arabique 1,50 — 

Gomme adragante 1,50 — 

Beurre de cacao 1 — 

Crayons mous : 

lodoforme 1 gramme. 

Gélatine ou beurre de cacao. ... 2 — 

OU encore : 

lodoforme 8 grammes. 

Gélatine ... 2 — 

Barette conseille encore la composition suivante 
qui donne des crayons commodes par leur résistance 
très uniforme et les fortes proportions d'iodoforme 
qu'ils contiennent : 

lodoforme 20 grammes. 

Gomme arabique 2 — 

Glycérine 2 — 

Amidon 2 — 

Le collodion iodoformé est une dissolution d'iodo- 
forme dans du collodion à la dose de 1 gramme d'io- 
doforme pour 10 grammes de collodion. Il est géné- 
ralement plus adhésif que le collodion ordinaire et 
est très antiseptique. 

Au point de vue pratique, nous devons encore 
signaler l'amadou iodoformé. L'amadou se trouve 
partout. On l'imprègne de solution éthérée d'iodo- 
forme* à 10 p. 100 et l'on a de la sorte une substance 
très hémostatique, absorbante et antiseptique. 

La puissance antiseptique de l'iodoforme a été 
violemment discutée dans ces dernières années par 
un grand nombre d'auteurs et ce médicament a résisté 
à toutes les attaques. S'il est exact que dans les ex- 
périences de laboratoire il ne possède qu'un pouvoir 



34 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

germicide limité, il n'est pas moins vrai qu'au point 
de vue clinique et thérapeutique il donne des résultats 
excellents et incontestables. 

Behring a démontré (\ue les ptomaïnes produites 
par la suppuration étaient transformées au contact 
de riodoforme en produits absolument inoffensifs. 
D'après les recherches de cet auteur la cadavérine 
pure est pyogène; si Ton y ajoute de riodoforme il 
ne se produit pas de pus. Neisser est arrivé aux 
mêmes conclusions, et il semble prouvé que s'il ne 
tue pas les bactéries, il a au moins sur leur évolution 
une action très défavorable. 

Récemment,OttoLanz et Flach ont soutenu les mêmes 
opinions et constaté que toujours, sauf dans un seul 
fait, les cultures de produits sécrétés par des plaies 
traitées par l'iodoforme restaientstériles, contrairement 
à ce qui arrivait pour les plaies traitées parle sublimé. 

Il reste donc acquis que cet agent est l'un des meil- 
leurs antiseptiques clii iniques que nous possédions. 

Mais il doit être employé avec modération, sans 
quoi l'on s'expose à des accidents locaux et généraux 
sur lesquels il nous faut maintenant insister. Ceux-ci 
ont été très étudiés et discutés dans la thèse de 
Brun que nous aurons l'occasion de signaler dès qu'il 
s'agira de complications dues à l'usage^des antisep- 
tiques chimiques. 

Les accidents locaux imputables à l'iodoforme sont 
relativement peu importants : ils consistent en des 
érythèmes, des éruptions vésiculeuses, une sensation 
de vive démangeaison et de brûlure. Ces éruptions 
présentent, d'après Neisser deBreslau, qui les a surtout 
bien étudiées, ces caractères nettement accentués 
d'être provoquées par une dose minime de médica- 
ment et de s'étendre rapidement loin de leur point 
d'apparition initiale. 

Nous avons pu observer nous-même un certain 
nombre de ces éruptions qui ont toujours cédé très 



lODOFORME. 35 

rapidement à la suppression du pansement et à son 
remplacement par tout autre topique. 

Lorsque l'iodoforme est employé en poudre non 
porphyrisée, mais en cristaux, ces derniers peuvent, 
ainsi que l'a soutenu Kiister, jouer le rôle de véri- 
tables corps étrangers et devenir le point de départ 
d'inflammations plus ou moins violentes, véritables 
phlegmons iodoformiques. Énoncer la cause de ces 
accidents, c'est dire en même temps combien il est 
facile dans la pratique de les éviter. 

L'absorption plus ou moins prolongée de l'iodo- 
forme par des plaies cavitaires ou étendues peut donner 
lieu à des phénomènes d'intoxication proprement dite 
que nous devons passer en revue. 

En général leur apparition suit de près l'absorption 
de la substance toxique, sans qu'il y ait d'ailleurs de 
règle fixe. C'est ainsi que sur 71 cas où Brun a pu 
noter le temps écoulé entre le premier emploi de 
l'iodoforme et le début des accidents, il s'est écoulé 
29 fois de un à cinq jours, 22 fois de cinq à dix jours, 
il fois de dix à vingt jours, 9 fois au delà de vingt 
jours. 

On a décrit trois formes principales d'intoxication 
iodoformée, l'une légère, la seconde grave, la troi- 
sième mortelle avec tous les mtermédiaires. 

La première est caractérisée en général par de 
simples troubles gastriques consistant dans une 
anorexie de plus en plus prononcée, avec mauvais 
goût dans la bouche, goût d'iodoforme. 11 ne serait 
pas rare dans ces cas de constater un état saburral de 
la langue blanche et empâtée, quelquefois des nausées 
et même des vomissements. 

Les malades accusent de plus, ainsi que l'a fait 
observer un des premiers notre collègue et ami le 
professeur Ponce t (de Lyon), une saveur alliacée 
toute spéciale quand ils se servent d'ustensiles, four- 
chettes et cuillers en argent. L'odeur et la saveur sont 



36 DE L'ANTÏSEPSIE ET DE SES AGENTS. 

les mêmes que celles que l'on provoque quand on 
manie l'iodoforme et qu'on touche à de l'argent. 
Il suffit de s'en être servi même très peu pour que 
ce phénomène se produise. D'après Gazeneuve (de 
Lyon), l'odeur et la saveur en question seraient dues à 
la production d'iodure d'argent avec formation d'acé- 
tylène. Poucet s'est servi de cette propriété de l'iodo- 
forme au contact de l'argent pour déceler dans la sa- 
live chez les individus pansés à l'iodoforme la moindre 
trace de l'antiseptique absorbé. Le moyen consiste 
à placer une pièce d'argent sur la langue, le métal 
dégagera aussitôt l'odeur bizarre alliacée bien con- 
nue : c'est ce qu'il appelle le signe de l'argent que 
nous avons eu l'occasion de constater quelquefois chez 
certains de nos opérés. Il est bon, pour ne pas aug- 
menter chez eux le dégoût et l'anorexie, de leur con- 
seiller de se servir pour les repas de fourchettes et 
cuillers en tout autre métal. 

Quand l'intoxication quoique légère s'accentue, les 
troubles gastriques s'accompagnent généralement 
d'insomnie, puis de délire nocturne que rien ne peut 
expliquer; ce délire est bruyant, c'est un délire d'ac- 
tion qui cesse complètement pendant le jour oti le 
malade retrouve toute sa raison. 

D'autrefois à l'excitation nocturne succède un état 
mental tout particulier. Le patient devient lypéma- 
niaque; il se préoccupe outre mesure de son état, se 
lamente pour des riens, se plaint à tout propos, 
désespère de revenir à la santé. Du côté de la tempé- 
rature on constate assez souvent une légère hyper- 
thermie, 38°, 38°, 5, tandis que d'autres fois elle reste 
tout à fait normale; par contre le pouls présente tou- 
jours une fréquence plus grande en même temps qu'il 
est plus faible. 

Il n'est pas rare d'observer en même temps des 
éruptions scarlatiniformes ou rubéoliformes généra- 
lisées à tout le corps et qu'il faut assimiler aux exan- 



lODOFORMË. 37 

thèmes si capricieux dans leurs manifestations qu'on 
voit suivre l'administration du copahu, du sulfate 
de quinine. 

Tel est le tableau de la forme légère de l'intoxica- 
tion qui, une fois sa cause reconnue et supprimée, 
peut néanmoins tourmenter le patient encore quelque 
temps. S'il est habituel que tout soit fini en quelques 
jours, il est cependant d'autres cas où les troubles ont 
persiï.té pendant des semaines et même plus d'un mois, 
et cette lenteur de l'évolution semble bien en rapport 
avec ce que nous savons sur la lenteur de l'élimina- 
tion de l'iodoforme par les urines et la salive. 

La forme grave de l'intoxication iodoformée se 
manifeste d'une façon plus intense; elle peut suivre 
la forme légère ou éclater d'emblée après une période 
de malaise non caractéristique. 

Ce sont généralement des troubles nerveux qui 
dominent la scène. Pendant la nuii, le patient est pris 
de délire maniaque avec violence en actes et en 
paroles, idées de persécution, souvent de suicide. 
Après la phase dexcitation arrive généralement une 
phase de dépression, abattement, tristesse profonde, ou 
bien encore aphasie et perte de la mémoire. Ces phéno- 
mènes nerveux, qui peuvent en imposer, comme dans 
un cas que nous avons pu observer, pour de la ménin- 
gite, s'accompagnent de troubles gastriques, avec nau- 
sées, vomissements, dégoût profond de toute alimen- 
tation. Le pouls est accéléré bien plus que dans la 
forme légère et la température peut atteindre d'après 
Frischman jusqu'à 40° le soir. La marche et la durée 
de l'intoxication grave varient dans des limites très 
étendues, et dépendent et de son intensité et de la 
suppression rapide de l'agent antiseptique. 

Si le patient doit guérir, on note d'abord que l'in- 
telligence revient pendant le jour, et que l'excitation 
nocture diminue elle-même de plus en plus, se laissant 
d'ailleurs modifier par la morphine et l'opium, ce qui 
ScHWARTZ, Asepsie et Antisepsie. 3 



38 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

n'est pas pendaat la période d'état. La mémoire ne 
revient en général que progressivement, de même que 
le caractère de triste et morose ne redevient que len- 
. tement gai et normal. Quelquefois Tamélioration est 
plus rapide et tout a disparu en Tespace de deux à 
trois jours. 

Quand la mort doit survenir, le pouls faiblit de plus 
en plus et devient de plus en plus fréquent; à l'exci- 
tation succède un collapsus de plus en plus profond 
et l'issue fatale arrive au milieu des signes d'un 
affaiblissement de l'action cardiaque et respiratoire. 

Kônig a décrit chez l'enfant deux formes spéciales 
de l'intoxication peu connues chez l'adulte : la forme 
méningitique et la forme comateuse, nous n'y insis- 
terons pas, en faisant remarquer seulement que 
Brun, après l'étude des observations, se demande s'il 
ne s'est pas agi d'erreurs de diagnostic. 

Quoi qu'il en soit, il faut que nous sachions qu'ac- 
tuellement, en nous servant de gaze iodoformée,il est 
presque impossible d'amener une intoxication par 
l'iodoforme, qu'il est bon par conséquent de ne se servir 
que d'elle pour les pansements, et de laisser tout à 
fait de côté l'iodoforme en poudre, si employé autre- 
fois. 

L'on se tiendra sur ses gardes toutes les fois qu'il 
s'agira de malades atteints de lésions du filtre rénal 
ne permettant pas une élimination facile et rapide 
du poison ; il faut être sobre d'iodoforme chez les 
vieillards et les décrépis. Par contre les enfants le 
tolèrent très bien. 

11 est à peine besoin de recommander, dès que les 
accidents apparaissent et qu'on croit à l'action du 
poison, de supprimer immédiatement tout pansement 
et même d'enlever jusqu'à la dernière parcelle du 
médicament pouvant adhérer à la plaie. 

Brun et Behring ont conseillé l'administration de 
solutions alcalines; le dernier dit s'être très bien trouvé 



SALOL. 39 

dans quelques cas graves de l'emploi d'une solution 
aqueuse à 5 ou 10 pour JOO de bicarbonate de potasse. 
Il sera bon d'essayer de ces moyens, d'autant plus que 
nous sommes à peu près désarmes contre les formes 
très graves. 

Salol. — C'est en 1883 que Nenki (de Berne), dé- 
couvrit le salol. C'est en 1886 qu'il a été introduit dans 
la thérapeutique par Sahli (de Berne). 

Le salol est formé par la combinaison de l'acide 
phénique et de l'acide salicylique ; 100 parties de 
salol renfermant 60 parties d'acide salicylique et 
40 parties d'acide phénique. 

En présence de liquides alcalins il se décompose en 
ses deux composants qui sont mis en liberté. Papuli, 
au cours de ses recherches physiologiques sur le 
salol, avait vu que le pus provenant d'un abcès chaud 
le décomposait. En les poursuivant, il constata que 
certains microorganismes décomposent rapidement 
le salol et perdent ensuite leur activité, que certains 
autres le décomposent moins activement et ont leur 
action seulement affaiblie, que d'autres enfin ne le 
décomposent pas du tout et restent intacts. C'est de 
ces faits qu'il tira la conclusion : 

1° Que le salol présente des propriétés antiseptiques 
contre certains microorganismes. 

2° Que ces propriétés dépendent de sa décompo- 
sition. 

3*^ S'il exerce une action efficace sur la suppuration, 
c'est que les microbes pyogènes le décomposant, 
mettent en liberté acide phénique et salicylique qui 
agissent alors sur eux. 

Sahli, le premier, a proposé d'employer d'une façon 
courante le salol dans le pansement des plaies pour 
remplacer l'iodoforme désagréable par son odeur, et 
toxique. 

En France, c'est au docteur Périer que nous devons 
les principaux et premiers essais de ce nouvel anti^ 



40 \)\L L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

septique actuellement si répandu. Il s'emploie en 
poudre, en gaze imprégnée de salol, on prépare aussi 
de l'ouate salolée. 

La poudre blanche, neigeuse, d'une odeur aroma- 
tique agréable, est employée pure, ou bien on en fait 
avec de la gaze bouillie, des sachets, que l'on applique 
directement sur les plaies opératoires ou autres. 

Le salol est insoluble dans l'eau, mais il l'est dans 
l'alcool, moins dans l'éther. 

La gaze salolée est actuellement d'un usage très 
fréquent, et c'est d'elle dont nous nous servons au- 
jourd'hui presque toujours, quand l'iodoforme peut 
être désagréable et q.ue l'asepsie est faite dans de 
bonnes conditions. 

L'ouate salolée se prépare en dissolvant le salol 
dans son poids d'éther ; on y trempe des feuilles d'ouate 
hydrophile. L'éther, en s'évaporant, y laisse le salol 
sous forme de poussière très divisée. 

Terrier se sert d'un collodion au salol dont son 
élève le docteur Marcel Baudouin vante les bons effets 
et qu'il préfère au collodion iodoformé. Voici sa 
formule : 

Élher à 56° 225 grammes. 

Alcool à 90O 25 — 

Coton-poudre 10 — 

Salol 15 — 

Une autre formule donnée par Egasse (Ij est la 
suivante : 

Salol 4 grammes. 

Éther 4 — 

Collodion.,.. 30 

La vaseline salolée ou lanoline salolée contient 
o grammes de salol pour 30 grammes. 

(Ij Egasse, Bull, f/éti. de thérapeutique, juin 1891. 



SALOL. 41 

Le salol a le grand avantage d'être très peu 
toxique ; toutefois comme il se décompose dans l'éco- 
nomie en acide phénique et salicylique, il était à 
prévoir que son emploi exagéré et dans certaines 
conditions d'intolérance du filtre rénal pourrait créer 
des dangers. 

Morel-Lavallée relate qu'à la suite d'applications de 
salol en poudre dans le conduit autitif externe, il vit 
survenir une angine œdémateuse aiguë grave, accom- 
pagnée d'une poussée érythémateuse du pavillon 
de l'oreille chez une malade atteinte de syphilis cu- 
tanée intense et qui ne tolérait pas les mercuriaux. 
Les phénomènes généraux simulaient en même temps 
une méningite spécifique. Tout disparut par la sup- 
pression du salol. Jusqu'à quel point ces accidents 
sont-ils à mettre sur le compte du salol, c'est ce que 
nous ne nous arrêterons pas à discuter, en insistant 
encore une fois sur la sécurité que donne son usage. 

Marette, interne en pharmacie de l'Hôtel-Dieu, a 
combiné le salol au camphre et a préparé le salol 
camphré en mélangeant et en chauffant lentement 
parties égales de salol et de camphre. Le liquide si- 
ropeux incolore, d'odeur forte et camphrée qui résulte 
de cette réaction serait moins irritant que le naphtol 
camphré, ne serait pas douloureux dans son applica- 
tion comme ce dernier et tout aussi antiseptique. Il 
a été expérimenté avec avantage dans les affections 
suppurées de l'oreille moyenne par Cuvilier et Pégou. 
Ce dernier, après avoir bien nettoyé le conduit auditif 
et la caisse au moyen de lavages boriques, applique sur 
les parties maladesunbourdonnet d'ouate imbibé de sa- 
lol camphré. Le pansement est renouvelé aussi souvent 
que cela est nécessaire d'après l'abondance de la sup- 
puration. Associé à un traitement général, il modi- 
fierait très rapidement les otites purulentes. De nou- 
velles recherches sont nécessaires pour confirmer les 
données déjà obtenues. 



vz 



DE L'AiNTlSEPSIE ET DE SES AGENTS. 



Acide borique. — C'est an antiseptique peu éner- 
gique et qui par cela même ne doit être employé que 
dans les cas où l'asepsie peut largement entrer en 
ligne de compte, ou encore lorsqu'il s'agit d'infections 
très atténuées, enfin lorsqu'il y a des contre-indications 
générales ou locales à l'usage d'antiseptiques plus 
énergiques, mais aussi plus irritants et plus toxiques. 
L'acide borique est employé en solutions aqueuses, 
en pommades; il sert à imprégner nombre de maté- 
riaux de pansements auxquels il communique une 
force antiseptique plutôt imaginaire que réelle. C'est 
son innocuité qui est surtout la cause de sa grande 
vogue parmi nous. Les solutions le plus souvent em- 
ployées sont celles à 25, 30 et 41) pour 1000. 

Toute solution à 40 et au-dessus doit être faite à 
chaud, l'eau ne dissolvant que 1/30 de son poids 
d'acide borique. Schollz a fait remarquer que cette 
solubilité était beaucoup augmentée en y ajoutant une 
certaine proportion de magnésie; c'est ainsi que pour 
dissoudre 50 grammes d'acide borique dans un litre 
d'eau il suffit d'y ajouter i6%25 de magnésie ; pour 
dissoudre 60 grammes, il faut l'additionner de 2'?^50. 
Les vaselines boriquées employées le plus souvent 
maintenant se formulent à 4 ou 6 grammes d'acide 
borique pour 30 grammes de vaseline ou de lanoline. 
Avec l'acide borique on imprègne de la gaze, de 
l'ouate, qui contiennent généralement 10 pour 100 de 
l'antiseptique. 

Le lint boracique très employé en Angleterre est 
une étofi'e de coton spongieuse et douce qui contient 
son poids d'acide borique et il suffit de l'immerger 
dans l'eau bouillie pour en faire une compresse anti- 
septique excellente dans les cas simples. 

L'acide borique est absolument exempt d'inconvé- 
nients comme topique, si ne n'est que lorsqu'on em- 
ploie des solutions saturées, elles laissent déposer par 
le refroidissement l'acide sur les parties avec les- 



CHLORURE DE ZINC. 43 

quelles elles sont en contact sous forme d'une poudre 
blanche. 

L'acide borique a été accusé par Molodenkow (de 
Moscou) d'avoir produit des accidents d'intoxication. 
Mais ses observations sont loin d'être probantes et ne 
constitueraient après tout que de très rares exceptions. 
Lemoine (de Lille) (1) est revenu sur la question et a 
montré qu'il peut devenir toxique quand on l'emploie 
en trop grande abondance. Il peut provoquer alors 
l'apparition d'érythèmes, des vomissements, des ver- 
tiges, des hallucinations. 

Nussbaum a vu se développer en employant le 
lint borique des éruptions cutanées qui envahirent 
tout le corps. Ces affections sont surtout à craindre 
quand l'acide borique contient de l'acide chlorhydri- 
que et c'est à ce dernier qu'il faut les attribuer; sans 
être graves, elles tourmentent les malades pendant 
six à dix jours. 

En résumé, l'acide borique est un antiseptique très 
•faiblo, à employer sur les téguments délicats, chez les 
enfants, en chirurgie urinaire, oculaire, etc., etc. 

Chlorure de zinc. — Le chlorure de zinc a une 
action puissante au point de vue de l'antisepsie ; c'est 
un désinfectant de premier ordre, mais qui demande 
à cause de sa causticité à être manié avec une grande 
prudence. 

A^u sa grande déliquescence, il est impossible de 
s'en servir autrement qu'en solutions plus ou moins 
concentrées, les unes modificatrices, les autres caus- 
tiques d'une façon proprement dite. 

La solution au 1/100 est bonne pour les lavages des 
grandes séreuses, et comme pansement humide dans 
certains cas. 

Les solutions concentrées au 1/20, au 1/12 et 
au 1/10 sont de plus en plus caustiques suivant leur 

(1) Lemoine, De la toxicité de l'acide borique, Gaz. méd. de 
Paris, 1890, no« 18, 19, p, 205, 222, 



44 DE LANTISRPSIE ET DE SES AGENTS. 

titre et oq ne doit en user qu'avec de grands ména- 
gements. 

Nous nous servons très souvent de ces solutions, 
surtout des solutions au 1/20 et au 1/12 pour laver 
ou plutôt toucher les surfaces des plaies infectées ou 
encore des foyers de tuberculose locale. Exception- 
nellement nous nous servons de la solution au 1/20 
comme topique pour des plaies septiques dont nous 
voulons détruire la couche superficielle. 

La solution au 1/12 et au 1/10 est caustique. 11 
faut se garder de la maintenir trop longtemps en 
contact avec des parois vasculaires minces comme 
celles des veines ; sinon l'on risque de voir se produire 
des eschares assez profondes pour amener lors de 
leur élimination, l'ouverture d'un vaisseau important. 
Cet accident a été observé entre autres par Poulet, 
par Gester, une fois au cou, une autre fois à l'aine, à 
la suite d'extirpation de masses ganglionnaires. Dans 
le premier cas la carotide interne, dans le second, la 
veine fémorale furent ouvertes, et il y eut une hémor- 
rhagie mortelle. 

Socin vante beaucoup les excellents résultats qu'il 
a obtenus d'une pâte à l'oxyde et au chlorure de zinc, 
pâte antiseptique qu'on applique directement sur les 
surfaces traumatiques réunies par la suture. 

Elle est ainsi formulée : 

Oxyde de zinc 50 grammes. 

Chlorure de zinc 5 — 

Eau 60 — 

Cette pâte se dessèche et constitue pour la ligne 
de suture une véritable cuirasse antiseptique et non 
irritante. 

Naphtol. — Les naphtols, dont l'action antisepti- 
que a été si bien étudiée par le professeur Bouchard, 
sont employés en thérapeutique chirurgicale pour la 
désinfection du tube digestif avant les opérations que 



NAPHTOL. 4H 

Ton doit pratiquer sur une de ses parties (intestin, 
rectum). Dans ces cas on administre à l'intérieur le 
naphtol jS ou actuellement plutôt le bétol ou le 
benzonaphtol. Ce dernier présente le grand avantage 
d'être tout à fait dépourvu de saveur. 

Pour les pansements proprement dits on a renoncé 
au naphtol depuis qu'A. Reverdin a montré que 
les plaies se comportaient mal en sa présence et on 
l'a réservé pour l'utiliser en solution aqueuse comme 
antiseptique. 

La solution aqueuse à la température ordinaire ne 
contient que 30 centigrammes par litre de naplhol [:'>. 
On s'en sert pour les lavages de l'intestin et en par- 
ticulier du rectum avant ou pendant les opérations 
pratiquées sur lui. Nous nous en sommes aussi serv 
pour laver la cavité pleurale dans quelques cas de 
pleurésie purulente. 

Gomme la solution boriquée, la solution aqueuse 
naphtolée est inoffensive et par cela même peu efficace 
au point de vue d'une antisepsie réelle. 

Le napthol peut être employé en solutions plus 
fortes en y ajoutant de l'alcool qui le dissout facile- 
ment. 

C'est ainsi qu'en ajoutant 10 grammes d'alcool par 
litre d'eau distillée, on arrive à dissoudre facilement 
50 centigrammes de naphtol p au lieu de 30 centi- 
grades. 

Nous avons vu le professeur Le Dentu utiliser 
cette solution pour y plonger les instruments stéri- 
lisés par l'étuve, dans les cas où il avait affaire à des 
parties non septiques. Cette solution n'irrite nulle- 
ment les mains et n'altère en rien les instruments. 

A l'étude du naphtol vient se rattacher celle du 
naphtol camphré qui a été introduit dans la pratique 
chirurgicale par le D"" Périer et son élève Reboul (1). 

(l) Reboul, Contribution à l'étude du traitement de la tubercu- 



46 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

Le naphtol camphré est un composé formé par l'action 
du naphtol p et du camphre mélangés dans les pro- 
portions de 2 de camphre pour 1 de naphtol jS. On 
chauffe doucement jusqu'à fusion complète pour 
activer la réaction ; on filtre au papier à l'abri de 
l'air et on conserve le liquide obtenu dans des flacons 
en verre jaune hermétiquement bouchés. 

Le naphtol camphré est un liquide onctueux au 
toucher, incolore quand il est absolument pur, mais 
se colorant rapidement en brun jaune à la lumière. 
Il ne se dissout pas dans l'eau, mais il est soluble 
dans les huiles fixes et volatiles, l'alcool, l'éther, le 
chloroforme. 

Le naphtol camphré est un bon antiseptique, mais 
il est surtout employé pour le traitement des tuber- 
culoses locales soit en applications, soit en injections 
interstititielles. 

Périer s'en est servi pour y conserver en état de 
stérilisation les instruments métalliques d'un usage 
courant; en particulier les bistouris, les aiguilles de 
Reverdin, dont il n'émousse pas les tranchants et les 
pointes. 

Permanganate de potasse. — Le permanganate 
de potasse, quoique étant un antiseptique très éner- 
gique par son action oxydante très marquée, n'est 
pas entré franchement dans la pratique chirurgicale 
courante. Employé beaucoup autrefois par Demar- 
quay chez lequel nous l'avons vu, avant la période de 
l'antisepsie, donner d'excellents résultats dans les cas 
de plaies ichoreuses ou gangreneuses, il a été laissé 
de côté à cause de son maniement difficile. Il colore 
d'une façon très intense les téguments et est en 
même temps passablement irritant. 

Il m'est arrivé de l'employer néanmoins dans plu- 

lûse des os, des articulations et des si/îioviales tendineuses. De 
remploi des antiseptiques et en partiadier du naphtol c^imphré. 
Th. Paris, 1890. 



BIIODURE DE MERCURE. 47 

sieurs circonstances où la prolongation de l'action 
d'autres antiseptiques comme le sublimé ou l'acide 
phénique pouvait présenter des dangers. Les solu- 
tions habituellement mises en usage, soit pour 
lavages, soit pour injections, sont généralement au 
1/2000. On a aussi recommandé une solution plus 
forte au d/500 ou au 1/250. Cette dernière est déjà 
caustique. 

En obstétrique, le professeur Tarnier se déclarait 
très satisfait de la solution à 50 centigrammes 
pour 1000 dans tous les cas où l'on redoute une 
infection utérine sérieuse. 

Biiodure de mercure. — A côté du sublimé se 
place naturellement le biiodure de mercure quia pris 
place plus récemment dans l'arsenal de la thérapeu- 
tique chirurgicale. Employé d'abord par Pinard en 
obstétrique à la dose de 1/20000, il a été appliqué en 
chirurgie oculaire par le professeur Panas à la dose 
de 1/10000. En 1887 le regretté Trélat le mit en 
usage à la clinique chirurgicale de la Charité ainsi 
que nous l'a appris Barette. La puissance parasiticide 
du biiodure de mercure est trente-quatre fois plus forte 
que celle du sublimé; il suffît par conséquent de 
solutions très faibles et qui par cela même n ont au- 
cune propriété irritante. Barette a employé la solu- 
tion à 1/10000 ainsi formulée : 

Biiodure de mercure 10 centigr. 

Alcool 20 grammes. 

Eau 1000 — 

Elle présenterait les avantages suivants : 
Pénétration facile des antractuosités des plaies, 
elle ne coagule pas le sang, ne blanchit pas les tissus 
comme la solution phéniquée; elle n'altère ni les 
mains de l'opérateur, ni les instruments comme les 
solutions de sublimé. 

Malgré tout le biiodure n'est pas largement entré 



48 DE l'antisepsie ET DE SES AGENTS. 

dans la pratique chirurgicale. Nous n'en avons pour 
notre compte aucune expérience, rien ne nous ayant 
poussé à délaisser le sublimé. 

lodol. — L'iodol est une substance que Ton obtient 
en traitant le pyrrol par Tiodure de potassium iodé. 
C'est une poudre brune, sans grande odeur, inalté- 
rable à 100°, soluble dans cinq mille fois son poids 
d'eau et trois fois son poids d'alcool; il se dissout 
très peu dans la glycérine. 

On l'a recommandé comme devant remplacer 
riodoforme dont il aurait toutes les propriétés 
antiseptiques sans avoir l'inconvénient de son odeur 
pénétrante et de sa toxicité. Nous avons fait un cer- 
tain nombre d'expériences avec l'iodol et toutes nous 
ont démontré qu'il ne valait pas l'iodoforme; aussi 
i'avons-nous abandonné sans hésitation. 

On fait usage de sa poudre pour saupoudrer les 
plaies et les ligues de réunion. La solution d'iodol 
peut être formulée de la façon suivante : 

lodol 1 gramme . 

Alcool 60 — 

Glycérine 34 — 

Elle sert à imprégner des compresses ou des 
tampons. 

La gaze et l'ouate à l'iodol sont préparées au 
moyen de ces substances que l'on imprègne de la 
préparation suivante : 

lodol 1 gramme . 

Résine 1 — 

Glycérine 1 — 

Alcool 10 — 

Trousseau se sert pour les yeux d'une vaseline à 
l'iodol contenant 2 à 4 grammes d'iodol pour 10 gram- 
mes de vaseline ; comme injection dans les voies lacry- 
males, il préconise la vaseline liquide à l'iodol con- 



ACIDE SALIGYLIQUE. 49 

tenant 1 gramme d'iodol dans 30 grammes de vaseline 
liquide. 

Sous-nitrate de bismuth. — Le sous-nitrate de 
bismuth a été employé comme antiseptique parKocher 
de Berne, et prôné chez nous par M. Marc Sée, qui en 
a beaucoup usé dans son service. 

On s'en sert en poudres sur les plaies fraîches et 
sur les lignes de réunion; on l'emploie encore en solu- 
tion à 1/100 dans l'eau ou en émulsion à 10/100. Ro- 
cher, de Berne, se sert pour recouvrir les lignes de 
réunion, après Tablalion du drain et du premier pan- 
sement d'un coUodion au sous-nitrate de bismuth dont 
son assistant Lanz nous a dit grand bien. 

Nous n'avons eu l'occasion de l'employer que très 
peu. Cependant il nous a donné de très bons résultats 
dans un cas de brûlure assez étendue et profonde du 
cou. Quoique dun emploi assez restreint, cet agent 
semble avoir donné lieu à quelques accidents d'intoxi- 
cation, comme sembleraient le prouver certains faits 
cités dans la thèse de Brun, de la pratique de Kocher 
et de Petersen. 

Il s'agit de néphrites et de stomatites à caractère 
spécial. Le bismuth déterminerait une coloration tout 
à fait spécifique du bord des gencives qui montrent un 
liséré noir, surtout au niveau du rebord alvéolo den- 
taire. Ce liséré s'efface peu à peu, mais très lentement. 

Certains auteurs ne veulent voir dans ces accidents 
que la suite de l'absorption non pas du sous-nitrate 
de bismuth qui serait dépourvu de toute toxicité, mais 
de l'arsenic qui lui est souvent mélangé 

Dans aucun cas d'ailleurs, la vie n'a été menacée. 

Acide salicylique. — Il est contenu dans les 
fleurs et les racines de la Spirœa ulmaria. C'est un 
désinfectant beaucoup moins actif que le phénol, mais 
aussi moins dangereux. Il a été surtout introduit dans 
la pratique chirurgicale par Thiersch. On ne s'en sert 
pas en solution, puisqu'il ne se dissout que dans 



oO DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

300 parties d'eau, mais pour imprégner des pièces de 
pansement telles que gaze, ouate, tourbe, etc., etc. 

Ces pansements ont le grand inconvénient, outre 
leur antisepsie peu marquée, d'être désagréables pour 
celui qui les manie à cause de l'irritation produite sur 
la muqueuse nasale par la poudre ténue d'acide sali- 
cylique qui s'en détache. 

Nous n'y insisterons pas plus longtemps. 

Acide thymique ou thymol. — C'est le principe 
constituant de l'huile de thym. Vanté beaucoup par 
Ranke dans le service de Volkmann où il a été expé- 
rimenté, le thymol n'est que peu employé en 
chirurgie. 

Pour notre compte, nous n'en avons jamais fait 
usage . 

Hydrate de chloralet chloroforme. — Lechlo- 
ral ou plutôt l'hydrate de chlorala été surtout étudié 
par Liebreich en 1869. 

Ses propriétés fermenticides ont été bien' mises en 
lumière par Dujardin-Beaumetz et Martineau, qui ont 
montré que la solution au 1/100 dans l'eau empêchait 
toute fermentation. 

De là à l'idée de l'appliquer au traitement des sup- 
purations, il n'y avait pas loin. 

Aussi a-t-il été mis en usage depuis longtemps et 
est-il considéré encore actuellement comme un anti- 
septique sinon puissant, du moins suffisant et en tout 
cas inoffensif. C'est surtout dans les cas de lésions 
cavitaires, de plaies buccale, pharyngée, rectale, que 
les irrigations et lavages avec ]a solution d'hydrate 
de chloral au 1/100 sont préconisées. 

Ces lavages et irrigations peuvent être faits lar- 
gement sans qu'il y ait à craindre d'intoxication. 

De même lorsqu'il s'agit de plaies très étendues pour 
lesquelles l'usage de l'acide phénique ou du sublimé 
ou de tout autre antiseptique fort soit dangereux ou 
contre-indiqué, on a préconisé comme pansement le 



ALCOOL. 51 

pansement humide avec des compresses trempées 
dans une solution aqueuse au 1/100 d'hydrate de 
chloral. 

Le pansement au chloral aie grand avantage d'être 
sédatif et de ne pas provoquer ces cuissons, ces pico- 
tements auxquels donnent lieu les pansements plus 
usités à l'acide phéniqueou ses dérivés, ou au sublimé, 
etc., etc. 

Nous les préconisons donc de toute façon dans les 
limites que nous venons d'indiquer, sans en attendre 
beaucoup au point de vue de l'antisepsie proprement 
dite quand les solutions sont étendues. Concentrées, 
elles sont caustiques et doivent être rejetées. 

Le chloroforme est entré dans la pratique de l'an- 
tisepsie depuis quelques années. 

Nous nous en sommes servi pour conserver les bis- 
touris et aiguilles, une fois qu'ils ont été stérilisés à 
l'étuve, suivant en cela la pratique de notre collègue 
J. Championnière. 

Salkowski (1) a fait un mémoire pour démontrer 
l'action antiseptique non seulement du chloroforme 
pur, mais même de l'eau chloroformée. 

Alcool. — L'alcool à 90° est un désinfectant et un 
antiseptique employé depuis longtemps déjà, et notre 
maître le regretté professeur Gosselin s'en servait 
presque constamment dans les dernières années de 
sa pratique. Maurice Perrin a été un de ses plus 
ardents défenseurs, avant l'ère listérienne. 

L'alcool a le grand inconvénient de s'évaporer très 
rapidement et dêtre très coûteux. 

Son action sur les plaies et en particulier sur les 
bourgeons charnus est bien connue ; il les raccornit, 
les ratatine, et les rend absolument impropres à toute 
résorption. 

On l'emploie pur ou encore associé au camphre 

(1) Salkowski, Ueber die antiseptische Wirkung dos Chloroforni- 
wassers, Deutsche. Med. Wochenschnft., 188B, p. 3098, n» 16. 



52 DE L'ANTISEPSIE ET DE SES AGENTS. 

SOUS forme d'alcool camphré, qui a joué un si grand 
rôle dans l'histoire des pansements et est encore em- 
ployé actuellement sur une grande échelle. 

Nous verrons plus tard quel usage ou fait de l'alcool 
pour la désinfection des mains, des ongles, du champ 
opératoire, la conservation de certains matériaux de 
suture ou de ligature. 

Actuellement l'alcool pur ne sert pour ainsi dire 
plus comme agent de pansement proprement dit, et 
l'alcool camphré quoique ayant eu une grande vogue 
ne sert pas dans la chirurgie antiseptique. 

Nitrate d'argent. — Le nitrate d'argent est un 
antiseptique puissant. Mais il a le grand inconvénient 
d'altérer tout instrument métallique non en argent 
ou non argenté, de plus il se décompose avec une 
grande rapidité sous l'influence de la lumière et pro- 
duit la coloration que tout le monde connaît. 

Malgré tout, nous le signalons comme antiseptique 
spécialement employé par le professeur Guyon pour 
l'antisepsie urinaire. 

Le docteur Halle, chef des travaux anatomo-pa- 
thologiques de la clinique de l'hôpital Necker, a bien 
voulu nouscommurîiquer à cet égard quelques rensei- 
gnements intéressants. Le nitrate d'argent en solution 
à d/lOOO est employé pour l'antisepsie opératoire de 
l'urèthre et de la vessie (uréthrotomie, lithotritie). Celte 
manière de faire a nécessité l'argenture de tous les 
instruments, explorateurs, évacuateurs, aspirateurs et 
la fabrication de la seringue spéciale dite de Guyon 
construite par Collin, destinée à faire les lavages avec 
la solution argentique. 

Les résultats obtenus sont excellents. 

Zincocyanure de mercure, — Peu satisfait du 
sublimé et du sel alembroth, sir Joseph Lister (1) re- 



(l) Société de médecine de Londres, 4 novembre 1889, Sein, 
médicale, 1890, p. 418. 



CRÉOLINE. 03 

chercha parmi les sels de mercure un nouvel antisep- 
tique qu'il a pensé trouver dans le zincocyanure de 
mercure ou cyanure double de mercure et de zinc 
insoluble dans l'eau, mais soluble dans 150 parties de 
glycérine et 3000 parties de sérum. 

Le zincocyanure de mercure dissous dans le sang 
de bœuf défibriné dans la proportion de 1 pour 1200 
empêche tout développement de microbes. Les pan- 
sements faits avec la gaze au zincocyanure donnent 
des résultats satisfaisants; mais on voit assez souvent 
se former des pustules sur la peau, et il a pu en ré- 
sulter des suppurations qui retardent la cicatrisation 
des plaies. L'adjonction d'amidon au zincocyanure 
permet de préparer un produit assez stable qui n'irrite 
plus les téguments. La poudre obtenue par la réaction 
du zincocyanure sur une solution d'amidon à laquelle 
on ajoute ensuite du sulfate de potasse, est séchée, 
porphyrisée, mélangée à une certaine quantité d'eau 
dans laquelle on trempe les pièces de gaze. 

Celle ci une fois sèche, il faut, lorsqu'on veut s'en 
servir, la tremper dans une solution de sublimé 
à 1/4000. 

Le zincocyanure peut servir à faire des pansements 
improvisés en en mettant une pincée dans un morceau 
de gaze ou de linge trempé dans l'eau. 

Au congrès de Berlin de 1890, J. Lister, dans une 
communication sur l'état actuel de la chirurgie anti- 
septique, se déclare très satisfait des résultats obtenus. 

Le zincocyanure de mercure, malgré tout, n'a guère 
été employé eu France, à ce que nous sachions, et il 
est probable que la complication de la préparation 
est pour beaucoup dans cette abstention. 

Gréoline. — La créoline est un désinfectant tiré 
des huiles lourdes du goudron et qui aurait, d'après 
ses partisans, les avantages d'être plus germicide que 
le phénol et beaucoup moins toxique. A l'inverse du 
sublimé, elle n'altère par les instruments. 



54 DE l'antisepsie ET DE SES AGENTS. 

Elle se rapproche comme odeur de celle de la 
créosote. 

Elle est soluble dans l'eau. Les solutions employées 
contiennent de 1/2 à 2 p. 100 de créoline, et se sont 
montrées efficaces entre les mains de Rausche (1) qui 
s'en déclare satisfait, de Max Kôrlum, de Spath. Ces 
derniers en ont fait usage en obstétrique et en gyné- 
cologie. 

Nous ne l'avons utilisée que pour les lavages des 
fosses nasales et du pharynx et nos malades qui 
n'employaient que des solutions relativement faibles 
1/2 p. 100 accusaient une sensation très désagréable 
de cuisson et de brûlure. 

Les solutions plus fortes n'ont aucune action nuisible 
sur les instruments. 

Les expériences bactériologiques qui ont été entre- 
prises par Esmarch (2) ont montré que sa puissance 
germicideest supérieure à celle de l'acide phénique et 
qu'il est pour ainsi dire inoffensif. 

Malgré tout, la créoline n'est pas entrée chez nous 
dans la pratique chirurgicale et il semble que l'incon- 
stance du produit au point de vue de sa composition 
et de ses effets par conséquent, y soit pour beaucoup. 
LysoL — Dans ces derniers temps, on a cherché 
et trouvé de nouveaux antiseptiques, toujours avec 
l'espoir de faire mieux qu'avec ceux que nous possé- 
dons déjà. Le lysol est de ce nombre. 

Le lysol est tiré des huiles de goudron et obtenu 
par la saponification de celles-ci. H est riche en créo- 
sote. Il est soluble dans l'eau, antiseptique et non 
toxique ; il possède une odeur forte, assez agréable et 
voisine de celle de la créosote. 

Simmond et Schottelius ont recherché sa puissance 

(1) Rausche, Ueber Creolin, Centralblatt fur Chirurgie, I8S8 
p. 377, 11° 21. . , 

(2) Esmarch das Creolin, Centralblatt fur Bactériologïp, Bd U 
n"* 10, 11, 1887, p. -^QS. 



LYSOL. oa 

bactéricide qui serait supérieure à celle de l'acide phé- 
nique et de la créoline. 

C'est ainsi que les cultures du Staphylococcus pyo- 
genes aureus sont tuées par: 

Lysol en solution 1 1/3 p. 100 

Créoline 3 — 

Phénol 10 — 

Le lysol n'aurait aucune action locale, aucune ac- 
tion toxique et reviendrait à un prix bien moindre 
que la créoline et le phénol. 

D'après ses partisans, les solutions à 3 p. 100, à 
1 p 100, à 1/2 p. 100 seraient suffisantes pour la 
désinfection des instruments, des mains et du champ 
opératoire, pour les lavages et injections. 

Pour désinfecter le catgut et la soie, il faudrait des 
solutions à 5 p, 100 dans lesquelles on les plongerait 
pendant deux à trois heures, puis on les laverait dans 
une solution à 2 p. 100. 

Nous avons essayé dans notre service le lysol pour 
la gynécologie. Il ne nous a semblé en rien supé- 
rieur aux antiseptiques que nous possédions déjà. Il a 
les inconvénients suivants : 

Il rend les intruments métalliques glissants, parce 
que la solution est onctueuse. 

Il brûle et donne des fourmillements dans les doigts 
quand on le manie pendant quelque temps même di- 
lué à 1/4 p. 100. 

Il est irritant pour les muqueuses génitales, même 
à 1/2 p. 100, et certaines femmes se plaignaient de 
brûlures pendant les lavages vaginaux faits avec cette 
solution. 

Nous l'avons appliqué en pansements humides, 
sur des plaies infectées, en employant la solution à 
1 p. 100. Les résultats ont été relativement satisfai- 
sants et se rapprochent de ceux obtenus à l'aide de 
compresses phéniquées. Il n'y a eu malgré l'emploi 



o6 DE L'ANTISEPSIE ET EE SES AGENTS. 

assez prolongé aucune action locale sur les tégu- 
ments, aucune action non plus sur le filtre rénal. 

Nous n'hésiterions donc pas à le recommander dans 
des cas de plaies très étendues, infectées, comme celles 
qui résultent, par exemple, d'incisions multiples faites 
pour traiter un phlegmon diffus, de vastes ulcérations 
cancéreuses, d'ulcères variqueux étendus, etc., etc.. 
si nous trouvions une contre-indication à l'emploi 
du phénol ou du sublimé même maniés avec pru- 
dence. 

Microcidine . — La microcidine est une toute 
dernière venue parmi les antiseptiques chimiques, 
et dans une thèse toute récente, David (1) a exposé 
quelques résultats de son emploi en chirurgie et en 
obstétrique. 

La microcidine posséderait ces qualités essentielles 
d'un antiseptique chimique parfait, que nous avons 
déjà signalées; elle serait, en même temps que très 
soluble, très antiseptique, non toxique et non causti- 
que. C'est au Dr Berlioz, de Grenoble, que revient le 
mérite de sa découverte ; il la prépara en ajoutant à 
du naphtol p porté à la température de fusion, la moi- 
tié de son poids de soude caustique. On obtient par 
le refroidissement une poudre blanche formée de 
15 p. 100 de naphtolate de sodium et de 25 p. 100 de 
composés naphtoliques et phénoliques encore ma- 
définis. Cette poudre mobile et sèche se répand facile- 
ment dans l'air, quand on ouvre les flacons qui la 
contiennent, irrite la pituitaire et provoque l'éter- 
nument. Elle se dissout dans trois fois son poids 
d'eau. Ses solutions concentrées prennent une cou- 
leur brune ; ses solutions faibles à 3 p. 100, par exem- 
ple, présentent une teinte légèrement opaline avec 
des reflets fluorescents. La réaction de la microcidine 
est franchement alcaline, à l'encontre de la plupart 

(I) David. Thèse, Paris. 189?. 



MlCROCIDliNE. b7 

des autres antiseptiques, qui sont acides ou neutres. 
Elle est soluble dans l'alcool, moins dans Tétlier. 

Berlioz a fait de nombreuses expériences sur sa 
puissance antiseptique ; elles ont été rapportées et 
commentées par le D'' Polaillon 1), dans un rapport 
à l'Académie de médecine. D'après ces expérimenta- 
tions exposées tout au long dans la thèse de David, 
le pouvoir germicide de la microcidine serait infé- 
rieur à celui du sublimé et du naphtol A, mais supé- 
rieur à celui de l'acide phénique; elle est environ 
dix fois plus antiseptique que l'acide phénique et 
vingt fois plus que l'acide borique. 

Les solutions de microcidine à 5 et à 3 p. 1000 
n'irritent nullement les plaies. Cependant les mala- 
des qui s'en servent pour faire des injections vagi- 
nales, uréthrales, accusent une sensation de brûlure 
assez forte. 

La microcidine serait deux fois moins toxique que 
l'acide phénique; tandis qu'il faut 4s'',20 de phénol, 
par exemple, pour tuer un homme pesant 60 kilo- 
grammes, il faudrait 9S'',84 de microcidine. Elle s'éli- 
miqe, comme la plupart des antiseptiques, par l'urine 
qu'elle rendrait imputrescible. 

Elle a été expérimentée dans le service de notre 
collègue le docteur Polaillon, comme pansement pour 
des plaies septiques et aseptiques en solution à 
3 p. 1000, à 4 et 5 p. 1000. 

La lecture des observations nous montre que les 
plaies évoluent sans accidents vers la guérison tout 
comme avec les autres antiseptiques ordinairement 
mis en usage par nous. 

C'est à la réaction alcaline de la substance que 
David attribue l'absence complète d'irritation des 
bords de la plaie et des téguments. 

La microcidine n'a aucune action sur les instru- 

(1) Polaillon, Bull. Acad. de médecine, '28 avril 1891. 



o8 IJE L'AiNTlSEPSlE ET DE SES AGENTS, 

ments, an bistouri et une aiguille à suture laissés 
pendant trois jours dans une solution à 5 p. 1000 gar- 
dent leur tranchant. 

N'ayant aucune expérience personnelle de la mi- 
crocidine, nous ne pouvons qu'exposer les faits; il 
nous semble néanmoins qu'elle mérite grande atten- 
tion de noire part. 

Acétate d'alumine. — L'acétate d'alumine forme 
la base d'un liquide antiseptique dont on se sert 
beaucoup en Allemagne et en Belgique, le liquide de 
Burow. 

Yoici sa formule telle que la donne Troisfontai- 
nes (1): 

Alun cru 5 grammes. 

Acétate de plomb cristallise. ... 25 — 
Eau distillée .')00 

Troisfontaines vanle beaucoup cette solution pour 
le traitement des plaies infectées; aucune, d'après lui, 
ne donne, à si peu de Irais, de meilleurs résultats. Le 
liquide de Burow n'a aucun inconvénient et son 
usage est singulièrement économique dans les hô- 
pitaux. 

Quoique nous ne l'ayons pas employé nous-méme, 
nous en avons vu l'heureuse application dans un 
certain nombre de cliniques allemandes et nous ne 
pouvons que corroborer à cet égard les appréciations 
de Troisfontaines. 

Antiseptiques complexes. — Comme il est re- 
connu que certains antiseptiques sont plus actifs vis- 
à-vis de certaines variétés microbiennes que d'autres, 
certains chirurgiens ont pensé composer des prépa- 
rations avec plusieurs antiseptiques associés de façon 
à agir sur des séries microbiennes différentes, tout 
en possédant le moindre pouvoir toxique possible. 

'^l) Troisfontaines, Manuel d'antisepsie chirurgicale, Steinheil^ 
Paris, 1888. 



ANTISEPTIQUES COMPLEXES. 59 

Lépine (de Lyon) avait déjà proposé en 1887 un 
antiseptique coiuplexe, dont Barette nous transmet la 
formule, mais qui n'a pas été expérimenté, que nous 
sachions, en chirurgie. 

Voici cette formule : 

Sublimé 1 centigr. 

Acide pliénique 1 gramme. 

Acide salicylique 1 — 

Acide benzoïque î»0 centigr. 

Chlorure de chaux .^0 — 

Brome ... 10 — 

Bromhydrate de quinine 2 grammes. 

Chloroforme 2 — 

Eau distillée 1000 — 

Cette idée, qu'avait déjà exprimée Championnière 
dès ^880, en disant qu'une combinaison judicieuse 
des antiseptiques pourrait permettre de tuer des sé- 
ries différentes de microbes, fut reprise parRotter (1). 
Comme il est impossible de se passer des antisepti- 
ques pour le pansement des plaies infectées et leurs 
complications, comme Tacide phénique et le sublimé 
employés seuls et largement peuvent amener des ac- 
cidents graves, il a composé le liquide suivant : 

Sublimé 5 centigr. 

Chlorure de sodium 25 — 

Acide phénique 2 grammes. 

Chlorure de zinc ) ^ , 

Sulfocarbonate de zinc i 

Acide borique 3 — 

Acide salicylique 60 centigr. 

Thymol 10 — 

Acide citrique 10 — 

Eau 1000 grammes. 

L'action de cette solution a été étudiée expérimen- 
talement et cliniquement et Rotter s'en déclare très 
satisfait. Elle aurait, outre qu'elle est très antisep- 

(1) Rotter^ Antiseptik. Centralblatt fur Chirurgie^ 1888, p. 729, 
no 404 



60 DE L'ASEPSIE. — SES AGENTS. 

tique et non toxique, le grand avantage de pouvoir 
être préparée avec la première eau venue et de ne 
pas détériorer les instruments en contact avec elle. 
Malgré les efforts faits dans ce sens, ce sont les 
antiseptiques simples et par cela même faciles à se 
procurer partout qui tiennent toujours la tête et la 
tiendront certes encore longtemps. 



CHAPITRE H 

DE L'ASEPSIE - SES AGENTS 

L'histoire de l'application de la chaleur à la destruc- 
tion des microorganismes est fort bien exposée dans 
l'excellent ouvrage de Vinay (1). Nous n'y insisterons 
ici que pour les grandes lignes du problème. 

Tout d'abord nous devons être prévenus que cer- 
taines conditions peuvent modifier l'influence des- 
tructive des températures élevées et qu'il y a une 
différence très grande suivant l'état morphologique 
du protoplasma : tantôt le microbe est à l'état adulte, 
tantôt à l'état sporulé. Les formes les plus résistantes 
sont les spores, qui contiennent moins d'eau dans leur 
protoplasma. 

L'action destructive de la chaleur se produit beau- 
coup plus rapidement et plus énergiquement lorsqu'il 
y a une certaine teneur en eau dans le corps cellulaire. 
C'est pour une raison analogue que dans Fair chaud 
et sec les mêmes cellules résistent à une température 
plus élevée que dans la vapeur humide ou dans l'eau, 
sans qu'on puisse encore en fournir une raison bien 
plausible. 

D'une façon générale l'on peut affirmer que la plu- 
part des germes pathogènes à l'état adulte meurent 

[{)\m3i},Mouuo/. d'asepsie. stéréUsation et désinfection par la 
chaleur, 1890. 



DE L'ASEPSIE. — SES AGENTS. 61 

quand ils subissent pendant dix minutes une tempé- 
rature humide de 62 à 64 degrés ; seuls certains bacilles 
comme ceux du charbon et de la tuberculose, résis- 
tent plus longtemps ; quand la chaleur est sèche il 
faut une température autrement élevée (de ISO*" 140°) 
et plus prolongée. 

Quant aux spores, leur résistance est beaucoup 
plus grande, et ce sont des températures humides au 
delà de 100° et des températures sèches de 140° 
à 160° qu'il faudra pour annihiler absolument leurs 
cultures. 

Une notion essentielle à connaître est celle de la 
durée de l'application de la chaleur sèche ou humide, 
toujours plus longue à température égale pour la 
première que pour la seconde. De plus la durée de 
l*aclion du calorique a une très grande importance. 
Il est certain qu'on y mettant le temps, on peut tuer 
toute espèce de spores avec la température de l'é- 
bullition ; mais quand il s'agit de spores ténues il 
faudrait alors un temps tellement long que la pra- 
tique en subirait de grands inconvénients. C'est pré- 
cisément la rapidité d'action des températures don- 
nées par la vapeur sous pression qui lui assure une 
supériorité si marquée sur les autres modes d'emploi 
de la chaleur humide. 

L'influence destructive de la chaleur ne se mani- 
feste pas seulement par son action directe sur les 
germes; elle peut encore agir indirectement sur eux 
en augmentant le pouvoir désinfectant des antisep- 
tiques faibles. Des solutions inoffensives à froid devien- 
nent, quand on élève leur température, capables de 
tuer des microorganismes quelles laissaient d'abord 
intacts. C'est là un fait important à retenir pour 
l'emploi des antiseptiques. 

Gela bien établi, l'asepsie a donc surtout recours 
à la chaleur sous ses formes sèche et humide, avec 
ou sans pression, pour stériliser tout ce qui n'est pas 

ScHWARTz, Asepsie et Antisepsie. 4 



62 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

altérable aulremeut par suite de son application. 
Nous décrirons au fur et a mesure les diflerents 
procédés et appareils quela chirurgie metaujourd'hui 
en usage pour la d^'sinfection de l'arsenal instru- 
mental, des accessoires de l'opération, des pièces de 
pansements. 



CHAPITRE III 

TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE 
L'ANTISEPSIE EN GÉNÉRAL 

Ce chapitre présentera Texposé de la désinfection 
de l'appareil instrumental, de tout ce qui doit toucher 
directement ou indirectement à une plaie opératoire 
ou accidentelle pendant une intervention, une explo- 
ration ou un pansement, du matériel de pansement. 

§ I. — Du matériel instrumental adapté à l'antisepsie. 

Depuis quelques années, la transformation de notre 
matériel instrumental est complète et tout dans la 
construction doit être sacrifié au facile nettoyage et 
à la stérilisation de l'instrument. 
Ses qualilés essentielles seront les suivantes : 
1" Être autant que possible entièrement métallique 
et sans soudure pouvant s'altérer à une tempéra- 
ture inférieure à 200°. Quand l'instrument ne pourra 
être constitué d'une seule pièce, on devra employer la 
soudure forte qui peut supporter les hautes tempéra- 
tures produites par les étuves et le flambage. La 
soudure à Tétain devra être rigoureusement proscrite ; 
car quoiqu'elle ne fonde qu'à 200°, l'expérience a 
prouvé que cette température était souvent dépassée, 
malgré toute l'attention que l'on porte au fonction- 
nement des étuves ou au flambage; 



DU MATÉRIEL INSTRUMENTAL. 63 

2° Être dans sa conformation aussi simple que pos- 
sible, lisse et poli, sans rainures, ni anfractuosités 
pouvant devenir des nids à poussière et à germes; 

3° Offrir des articulations facilement démontables, 
accessibles au nettoyage; 

4*^ Le nickelage devra être pratiqué sur tous les 
instruments, parce que le nickel empêche l'oxydation 
et n'est pas altéré aussi rapidement que le fer et 
l'acier. Les tranchants lui échappent ainsi que les 
pointes. 

En somme, simplicité et construction entièrement 
métallique, fixité et absence de toute enjolivure, tels 
sont les caractères actuels de tout instrument devant 
servir à la chirurgie antiseptique et aseptique. Sous 
ces rapports, nos divers fabricants d'instruments chi- 
rurgicaux sont arrivés à d'excellents résultats, et l'on 
n'a qu'à parcourir leurs riches catalogues pour se 
rendre compte des progrès accomplis. 

Couteaux et bistouris sont constitués autant que 
possible d'une pièce métallique dont le manche lisse 
est nickelé tandis que la lame ne l'est pas (fîg. 1). 

Les bistouris de trousse à lame cachée, sont formés 
de deux valves tournant l'une sur l'autre, faciles à 
séparer et à nettoyer (fig. 2). 

Les pinces à forcipressure, les ciseaux, les da- 
viers, etc. (f]g. 3, 4, 5, 6) sont formés de deux pièces 
pouvant se démonter facilement; les différents sys- 
tèmes qui les unissent sont variables suivant les 
fabricants; les articulations de Collin, d'Aubry, de 
Mariaud, permettent un nettoyage facile des parties 
constituantes, mais offrent, lorsqu'elles s'usent, cer- 
tains inconvénients par suite du jeu de l'une des 
branches sur l'autre. 

Mathieu est resté fidèle à l'articulation à tenon 
fixe, plus difficile à nettoyer, mais présentant plus de 
garanties de solidité et aussi facile à stériliser par 
l'ébullition, le flambage ou l'étuvage. 



64 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 
Nous n'insisterons pas longuement, carie lecteur se 





! I 




fr r,- 



r 






p 



Fig. I . — Couteaux à amputation avec manches métalliques. 

rendra plus facilement compte des perfectionnements 
apportés à notre instrumentation pour son adapta- 



DES BOITES A INSTRUMENTS. 69 

Actuellement, toute boîte à instrument doit être 
métallique. On les construit généralement en nickel 
ou en métal nickelé. L'intérieur de la boîte elle-même 
est divisé en loges destinées à recevoir et à maintenir 
immobiles les instruments qui ne doivent pas frotter 
contre les parois, sous peine de subir des détériora- 
tions. On possède ainsi des boîtes à amputation, à 
résection, à trépanation, etc., etc. 

Elles sont disposées généralement de telle façon 
que les instruments supportés par des plateaux peu- 
vent en être retirés très facilement. 

Elles peuvent passer à l'étuve avec tout leur con- 
tenu et de plus les deux parties qui les constituent 
étant absolument indépendantes, le fond aussi bien que 
le couvercle peuvent servir de récipient pour rece- 
voir les instruments et les faire tremper, si on le 
désire, dans une solution plus ou moins antisep- 
tique. 

Deux à trois boîtes de dimensions variées suffisent 
à l'exigence de tous les transports et de toutes les opé- 
rations, en ayant soin de caler les instruments avec 
de l'ouate. 

Nous donnons ci-dessous quelques-uns des modèles 
les plus usités (fig. 7, 8 et 9). 

Aubry a eu l'idée de munir la boîte en métal de 
pieds qui peuvent se replier sur elle ou se relever à 
volonté, de façon à la transformer en une bouilloire. 
Elle contient dans son intérieur un panier en fîl de 
fer destiné à plonger dans l'eau bouillante avec les 
instruments qu'il contient, plus un récipient plus petit 
destiné à recevoir l'alcool pour chaulïer et faire bouil- 
lir l'eau. Ce récipient nickelé peut lui-même servir de 
plateau une fois la stérilisation obtenue. 

Des trousses. — Nous dirons des trousses ce que 
nous avons dit des boîtes. 

Le chirurgien doit actuellement rejeter ces magni- 
fiques étuis en maroquin, garnis de soie et de velours, 

4 his. 



\ 




Fier. 8. __ Boîtes en métal nickelé pouvant servir à faire hom 




Fig. 0. — Boîtes en métal nickelé pouvant servir à faire bouillir 
les instruments et en même temps servir de plateau. 




instruments et en môme temps servir de plateau (Mathieu). 



72 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

et dont les différents compartiments étaient divisés en 
logettes destinées à recevoir les instruments les plus 
usuels et les plus urgents, tels que ciseaux, pinces à 
disséquer et à griffes, sondes cannelées, pinces à forci- 
pressure, bistouris, etc. 

Actuellement la trousse en métal l'emporte. 

C'est une petite boîte en nickel, plate, de façon à 
être aussi peu encombrante que possible et facilement 
portative. Elle contiendra une aiguille à suture, deux 
ou trois pinces à forcipressure, un bistouri, une sonde 




Fig. 10. — Trousse antiseptique de Mathieu, 



cannelée, un stylet, une paire de ciseaux droits^ enfin 
les pinces à disséquer et à griffes (fig. 10). Elle pourra 
être stérilisée facilement toutes les fois que l'on se 
sera servi des instruments, soit en la plongeant" dans 
l'eau bouillante, soit en flambant celui ou ceux dont 



on aura fait usage. 



Nous avons pour notre compte deux petites trousses: 
l'une qui ne sert qu'aux pansements aseptiques, l'autre 
qui sert exclusivement aux pansements de plaies in- 
fectées. Cela n'est pas nécessaire si l'on veille chaque 
fois à une désinfection rigoureuse après nettoyage. 



DU MATÉKIEL INSTRUMENTAL. 



(55 




pig_ 2. — Bistouris démontables de Mathieii. 




F|a 3. _ Bistouris démontables de Mathieu. — Manœuvre. 



66 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE, 
lion à la chirurgie aseptique et antiseptique, en jetant 




Fig. 4. — Pince clamp à Fig. 5. — Pinces hémostatiques avec 

longs mors avec articula- articulation de Gollin permettant 

tion de Colliu permettant un nettoyage facile pour l'asep- 

un nettoyage facile pour sie. 
l'asepsie. 

un coup d'œil sur les vitrines actuelles, que par 
toutes nos descriptions. 



DU MATÉRIEL INSTRUMEiNTAL. 67 

Celles-ci d'ailleurs resteraient forcément incom- 
plètes, vu le nombre et la variété des appareils et 
instruments qui ont vu le jour dans ces dernières 
années. 









WA 








Fij'. G. — 



Ciseaux et davier avec articulation de CoUiii permettant 
un nettoyage facile pour l'asepsie 



Puisque nous en sommes à ce point, nous nous 
permettrons de faire remarquer qu'il y a peut-être 
quelque exagération dans cet essor de l'instrumenta- 
tion; c'est à qui y fera telle ou telle modification sou- 
vent insignifiante, plus souvent en compliquant la 
fonction. Nous avons un peu trop de tendance à vour 



Ô8 TECHNIQUE DE L ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

loir transformer l'acte chirurgical en une manœuvre 
pour ainsi dire automatique où Ihabileté personnelle 
du chirurgien n'intervient autant dire plus. Nous 
pensons que plus une instrumentation est simple, peu 
compliquée et peu encombrante, mieux cela vaut à 
tous les points de vue et en particulier quand il s'agit 
d'asepsie ou d'antisepsie. 

Des vitrines à instruments. — Nous en dirons 
quelques mots, ce livre étant aussi bien destiné au 
praticien qu'au chirurgien d'hôpital. 

Point n'est besoin qu'elles soient luxueuses. Leur 
mérite essentiel doit être le facile nettoyage et surtout 
le facile contrôle de leur propreté. 

Nous avons fait construire dans ce but une petite 
armoire en chêne à portes vitrées, fermant herméti= 
quement et supportant des tablettes de verre sur 
lesquelles sont rangés les instruments. La moindre 
poussière s'}^ découvre immédiatement. Les instru- 
ments catégorisés par espèces ou opérations, ne sont 
plus contenus dans ces boîtes en bois garnies de drap 
ou de velours, véritables nids à malpropretés et à 
poussières; ils sont rangés à même sur la tablette de 
Verre. 

Nous avons vu dans certaines cliniques les instru- 
tnents rangés dans des tiroirs garnis de verre ou de 
métal et étiquetés pour chaque espèce d'opération. 
Nous ne voyons pas à cette manière de faire un grand 
avantage, mais plutôt des inconvénients, par suite de 
la surveillance et du contrôle rendus plus difficiles. 

Des boîtes à instruments. — Les boîtes à ins- 
truments, telles que nous les connaissions autrefois, 
ont à peu près complètement disparu. Nous nous rap- 
pelons encore ces énormes caisses en bois dans les- 
quelles chacun avait sa place marquée comme dans 
un moule et dont le drap ouïe velours recelaient pous- 
sières et germes en quantité. Les instruments à peine 
essuyés y étaient replacés sans autre forme de procès. 



stÉRILISÀTION ET DÉSINFECTION DES INSTRUMENTS. 73 

^ II. ~ De la stérilisation et de la désinfection 
des instruments. 

Au point de vue pratique, nous avons deux cas à 
considérer : tous les instruments sont en entier mé- 
talliques et construits d'après les nouveaux types ac- 
tuels, ou au contraire le praticien a à sa disposition 
un arsenal chirurgical plus ancien où le manche en 
bois est allié au métal. 

Instruments métalliques. — Nous avons à notre dis- 
position pour en assurer la désinfection : 

La vapeur surchauffée à '110°-120° sous pression; 

La vapeur à 100° ou plutôt Feau bouillante, ou des 
liquides dont le point d'ébuUition est plus élevé ; 

La chaleur sèche, etc.; 

Le flambage ; 

Les solutions antiseptiques. 

Mais avant cette désinfection, les instruments^ quels 
qu'ils soient, doivent subir un nettoyage préliminaire 
sur lequel il nous faut insister. 

Les instruments lisses, sans rainures ni aspérités, 
seront brossés avec de Teau chaude et du savon, puis 
rincés et nettoyés une seconde fois avec de l'alcool 
à 90°. 

Quand ils seront à rainures ou à aspérités, comme 
les pinces à forcipressure, les pinces à grifTes, les 
sondes cannelées, etc., il faudra les brosser avec une 
brosse en fils de fer, de façon à nettoyer minutieuse- 
ment tous les creux de l'instrument, après cela les 
passer au savon et enfin à l'alcool. 

Ce nettoyage sommaire est d'une parfaite insuffi- 
sance quand il est employé isolément. Redard(l) a pu 
constater que des instruments ayant servi à des opé- 

(1) Redard, De la désinfection des objets de pansement et des 
instruments de chirurgie {Revue de chirurgie, 188S, p. 360, 494). 

ScHWARTz, Asepsie et Antisepsie. 5 



74 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

rations simples, comme des ouvertures d'abcès, lavés 
et brossés pendant dix à quinze minutes, puis trans- 
portés dans des bouillons stérilisés, donnent encore 
des cultures très riches en microbes et en bacté- 
ries. 

Cette manœuvre ne doit être que préliminaire à 
une désinfection plus radicale, obtenue par l'un des 
procédés que nous allons maintenant passer en revue, 

La meilleure stérilisation est, sans conteste, celle 
obtenue par la chaleur. 

A cet égard on doit distinguer la chaleur sèche et la 
chaleur humide. 

Nous faisons pour notre compte depuis trois à qua- 
tre ans constamment usage de la chaleur sèche, et 
nous nous en sommes bien trouvé jusqu'à présent. 

Stérilisation par la chaleur sèche. — Elle peut être 
obtenue par le flambage et par l'emploi d'étuves sè- 
ches. 

Du flambage. — Moyen très simple, excellent et 
par conséquent très pratique, mais ne pouvant être 
utilisé que pour un petit nombre d'instruments, et 
métaUiques en entier. 

11 peut se faire à l'aide d'une lampe à alcool au- 
dessus de laquelle on promène pendant une ou deux 
minutes les instruments à stériliser tenus à l'aide d'une 
pince ou encore comme le montre la ligure 11. 

Si l'instrument est délicat, en acier trempé, il se 
détrempe rapidement, et il faut avoir la précaution 
de le plonger immédiatement après dans de l'eau sté- 
rilisée froide. Pour les aiguilles, les trois-quarts, les 
pinces, le flambage peut très bien être employé, tout 
en se rappelant que lorsqu'il est fréquemment répété 
il peut en résulter des altérations de métal qui le ren- 
dent cassant. 

Certains chirurgiens préconisent une autre manière : 
plus en grand. Elle consiste, les instruments disposés 
dans un plateau en porcelaine, à verser par-dessus de 



ÉTUVES SÈCHES. 7o 

l'alcool et à y mettre le feu. C'est là ce que plusieurs 
appellent, d'une expression pittoresque, le punch aux 
instruments. Il suffît de très peu de temps pour assu- 
rer une désinfection complète, et la flamme éteinte, 
l'on répand sur eux une solution antiseptique faible 
ou même simplement de l'eau bouillie. Les inconvé- 
nients sont les mêmes que ceux indiqués plus haut, 
et peut-être la désinfection est-elle moins complète 



\\ V ^ ■■h/ \A 




Fig. 11. — Flambage d'une pince. 

pour peu que le liquide qui brûle ne les baigne pas 
tous ou du moins toutes leurs parties. 

Étuves sèches. — La désinfection a lieu à l'aide 
de l'étude sèche construite par Wiessnegg, sur les in- 
dications du docteur Poupinel (fig. 12). C'est une caisse 
en tôle ou cuivre rouge, divisée en deux étages à dou- 
ble paroi ainsi que la porte. Les produits de la com- 
bustion circulent entre les deux parois pour s'échap- 
per par de nombreux trous dont est percée la paroi 
supérieure. 

La chaleur est produite par une lampe à gaz, à 
flammes multiples, disposées en hélice au-dessous de 
la paroi inférieure. A l'étuve sont adaptés un thermo- 
mètre, et un régulateur à raercure de d'Arsonval, qui 
modère et règle l'intensité du brûleur une fois que la 
température que l'on doit et veut obtenir est atteinte. 
Celle-ci ne doit pas dépasser iSO°, et 160° suffisent en 
général toujours. Il est bon, pour empêcher les ins- 
truments de s'altérer^ de laisser l'étuve ouverte pen- 



76 TECHNIOUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ÂNTJSEPSIE. 

dant quelques minutes après avoir allumé le gaz, 
de façon que la vapeur d'eau s'échappe en totalité 
de l'appareil et ne puisse attaquer les parties métal- 
liques attaquables. Nous plaçons les instruments mé- 
talliques non tranchants dans une boîte en cuivre, 




Fig. l'>. — Stérilisateur du D' Poupinel. 



dont le couvercle est disposé dansl'étage inférieur, tan- 
dis que la boîte elle-même est mise dans le supérieur. 
Les instruments tranchants (bistouris, couteaux), ou 
pointus (aiguilles, trois-quarts), sont placés sépa- 
rément dans des tubes en verre réfractaire bouchés 
par del'ouateet disposés aussi dansl'étuve. On laferme 
et on laisse la chaleur, une fois que la température 



ÉTUVES SÈCHES. 77 

de 180° est obtenue, agir pendant une demi-heure à 
trois quarts d'heure; on laisse refroidir après avoir 
mis une certaine couche d'ouate par-dessus les instru- 
ments, de façon que l'air qui viendra se mettre en 
contact avec eux soit obligé de filtrer à travers l'ouate. 
La boîte et les tubes ne sont ouverts qu'au moment 
où Ton doit se servir des divers instruments qui y 
sont contenus et que l'on dépose dans des plateaux 
renfermant une solution antiseptique ou simplement 
de l'eau bouillie chaude, ou mieux encore de l'eau 
stérilisée. 

L'étuve sèche a l'inconvénient, pour peu que la 
température dépasse 180° et monte à 200°, de dé- 
tremper les instruments, de détériorer les tranchants. 
11 faut donc veiller à ce que le régulateur fonctionne 
toujours convenablement. Aussi quelques-uns ont-ils 
renoncé à l'étuve sèche pour la stérilisation des cou- 
teaux et des bistouris, que Ton peut conserver dans 
du chloroforme pur, après leur avoir fait subir un 
nettoyage complet au savon et à l'alcool. 

11 y a plusieurs modèles d'étuves de Poupinel 
comme grandeurs, et quand on est muni de deux 
boîtes, il est aisé de procéder facilement à la stérili- 
sation de toute l'instrumentation nécessaire pour une 
ou plusieurs opérations importantes. Les instruments 
ne doivent être retirés que pour être plongés dans de 
l'eau bouillie chaude quand l'opération peut être 
aseptique ou dans une solution antiseptique quand, 
au contraire, l'on doit opérer sur des tissus infectés. 

On a fait aux étuves sèches en général et en parti- 
culier à l'étuve de Poupinel un reproche grave : celui 
de ne pas avoir une température uniforme dans tous 
les points, certaines parties du récipient pouvant 
même rester à des températures bien inférieures à 
celles nécessaires à la stérilisation. C'est ainsi que 
Sorel a montré qu'une capsule pleine d'eau suspen- 
due dans une étuve sèche dont la température dé- 



78 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

passe 130° n'arrive pas toujours à l'ébuUition : ce re- 
proche peut être justifié théoriquement, mais les 
résultats obtenus dans la pratique sont là pour nous 




Fig 13. — Étuve sèche de Sorel à régulateur au xylène (Adnet). 

montrer qu'il ne faut rien exagérer. D'ailleurs le 
reproche tombe quand la température s'élève à 180". 
C'est pour y remédier que Sorel a fait construire une 
nouvelle étuve sèche (fig. 13) dont le principe est le même 



ÉTUVES SÈCHES. 79 

que celui de l'étuve de Poupinel, mais dont le régu- 
lateur est mieux disposé et qui est installée de façon 
à ne pas présenter ces espaces où la température 
reste inférieure à celle indiquée par le thermomètre. 
Nous en avons trouvé une figure dans l'excellent article 
de Marcel Baudouin (1) êur l'asepsie en chirurgie. Elle 
n'aurait qu'un inconvénient, c'est que la température 
maxima qu'indique le thermomètre régulateur est à 
140°; mais c'est la une température bien suffisante 
du moment qu'elle est partout uniforme. 

Plus récemment encore, Adnet vient de faire un 
appareil à air chaud dans lequel la température est 
uniforme. C'est toujours à peu près le modèle de 
Poupinel. L'uniformité de température est obtenue 
au moyen des tubes E placés tout autour du double 
fond H, du double dessus D, de la double porte C. Les 
gaz traversant le double fond au point L, repassent 
par les tubes E au travers de la porte C et viennent 
ressortir au centre du dessus D où ils sont utilisés 
pour le chauffage d'une boite recevant des liquides 
pour stériliser par l'ébullition. L'intérieur peut rece- 
voir deuxboîtes, l'une placée enKet l'autre enF(fig, 14). 

Cette étuve ne possède pas de régulateur, elle peut 
être chauffée avec des lampes à alcool ou le gaz. Ce 
dernier arrive par le robinet A muni d'un cadran 
divisé B, indiquant les températures suivant les diffé- 
rentes pressions du gaz. Les écarts avec les chiffres 
marqués peuvent être de 5 degrés environ, en contrô- 
lant la température à l'aide du thermomètre T. Il est 
facile de remédier à ce petit inconvénient en déplaçant 
légèrement l'aiguille du trait indiqué sur le cadran. 

Dans notre service, c'est l'appareil de Poupinel qui 
nous sert; en stérilisant à 180°, on est sûr d'avoir 
partout une température d'au moins 140°, et en lais- 



(I) Marcel Baudouin, De l'asepsie en chirurgie {Gazette des hôpi- 
taux, 1891, p. 928). 



80 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

sant les instruments trois quarts d'heure, la stérilisa- 
tion obtenue est certaine. 




«s 



-a 



3 



Stérilisation par la chaleur humide. — Nous venons 
de voir qu'il faut, quand la chaleur est sèche, des 
températures très élevées (180°) pour arriver à obte- 
nir une bonne stérilisation avec une durée de séjour 
variable entre une demi-heure et trois quarts d'heure 
suivant les objets. 



STÉRILISATION PAR L'EAU BOUILLANTE, 81 

Des températures beaucoup moins hautes sont né- 
cessaires quand la chaleur est humide et surtout 
quand, avec cela, il y a élévation de la pression. 

La chaleur humide est employée sous des formes 
diverses et à des degrés variés : 1° à 100° par l'ébulU- 
tion de Teau ordinaire ; 2° au-dessus de 100° par la 
vapeur d'eau sous pression ou encore à l'aide de bains 
liquides dont le point d'ébullition est supérieur à 100°. 

Stérilisation par l'eau bouillante. — C'est là 
certainement un des moyens les plus simples et les 
plus pratiques, un de ceux que nous recommandons 
tout spécialement au praticien, parce qu'il peut être 
mis en usage partout et donne des résultats suf- 
fisamment bons dans la grande majorité des cas, sur- 
tout là où l'élément microbien est relativement moins 
à craindre, dans la pratique des campagnes ou des 
villes. 

On fait bouillir de l'eau dans une poissonnière ou 
tout autre récipient commode pour recevoir les ins- 
truments. Ils doivent y être plongées quand l'eau est 
en pleine ébullition, et y être laissés pendant quinze 
minutes au moins, surtout ceux qui possèdent des rai- 
nures, des anfractuosités. On les retire ensuite avec 
une longue pince déjà stérilisée et on les fait tremper 
dans une solution antiseptique qui maintienne et ren- 
force leur asepsie. C'est là une manière de faire que 
nous avons très longtemps employée avant d'avoir à 
notre disposition les étuves actuelles et dont nous 
nous sommes bien trouvé. 

Kummer, de Genève (1), dans un excellent article, 
est très satisfait de ce procédé de stérilisation qu'il 
applique aussi bien aux instruments qu'aux tam- 
pons, soies, etc., employés pendant l'opération. 

11 est certain que la stérilisation par l'eau bouillante 

(1) Kummer, Sur la méthode la meilleure et la plus pratique 
d'asepsie opératoire [Revue médicale de la Suisse romande, 50 oc- 
tobre 1890). 

5. 



82 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

ne donne pas, ainsi que l'a dit Yinay(l), la perfection, 
mais une désinfection relative, satisfaisante dans la 
très grande majorité des cas. Les inconvénients peu- 
vent venir des conditions que voici : Avec une eau un 
peu calcaire, les instruments sont rapidement mis 
hors d'usage par suite de la précipitation des sels à 
leur surface; toute la couche de liquide n'est pas 
uniformément à la température de 100° ; certaines 
spores enfin résistent à la température de l'ébullition 
même prolongée. Tel est, par exemple le fait d'un 
des plus redoutables microbes, le vibrion septique, 
ainsi que l'ont montré les recherches de Courboulés. 
Celui-ci a vu dans ses expériences que si l'eau à 100° 
détruisait ce vibrion à l'état frais, au bout de quinze 
minutes de contact, il fallait un temps beaucoup plus 
long pour le tuer, quand il est desséché. 

La désinfection est beaucoup plus rapidement et 
plus complètement acquise par des températures 
humides plus élevées, obtenues par la vapeur sous 
pression ou des mélanges à point d'ébullition élevé. 

Désinfection par la vapeur sous pression. — 
On distingue différentes espèces de vapeur sous pres- 
sion ; 1° la vapeur sous pression au repos ; 2° la vapeur 
sous pression courante ; 3° la vapeur sous pression à 
intermittences. C'est la vapeur sous pression courante 
qui a la plus grande puissance désinfectante et c'est 
actuellement le meilleur procédé de stérilisation 
connu. La vapeur sous pression arrive dans un réci- 
pient où sont disposés les instruments, puis s'échappe 
au dehors; elle enveloppe le tout pendant un temps 
déterminé. Nous avons vu fonctionner une étuve de 
cette espèce dans le service du professeur Bircher, à 
Aarau. 

Si ce procédé de stérilisation est le meilleur, il ne 
peut guère être appliqué que dans les établissements 

(1) Vinay, Manuel cVasepsie. 



DÉSINFECTION PAR LÀ VAPEUR SOUS PRESSION. 83 

hospitaliers où existent pour d'autres usages des mo- 
teurs à vapeur. 

La vapeur sous pression au repos est utilisée dans 
la grande majorité des étuves dites autoclaves {ûg. 15) 




Fig. 15. — Autoclave de M. Redard, pour la stérilisation des ins- 
truments de chirurgie et des objets de pansement. 

et a été spécialement recommandée par Redard 
{loco citato). Redard s'est basé sur ce fait, que les 
microorganismes les plus résistants soumis à la va- 
peur d'eau sous pression à 110", pendant une demi- 
heure, sont complètement détruits. Il s'est servi d'un 
appareil construit par Wiesnegg, et dont voici la des- 



84 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Coupe verticale 




Fig. 16. — Appareil à stériliser les instruments de chirurgie et les 
objets de pansement, type disposé pour le chauffage à l'alcool 
(Geneste et Herscher). 



DÉSINFECTION PAR LA VAPEUR SOUS PRESSION. 85 



Elévation 



73 p 3 de surets 




Fig. 17. — Même appareil (face externe). 



86 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

cription sommaire. Il se compose : d'un cylindre en 
cuivre épais fermé hermétiquement à l'aide d'écrous 
et de vis par un fort couvercle muni lui-même d'un 
manomètre en communication avec le cylindre, d'une 
soupape de sûreté, et d'un robinet permettant l'éva- 
cuation de l'air, sa rentrée ou l'issue de la vapeur 
surchauffée. Ce cylindre reçoit un panier métallique 
qui doit contenir les objets à stériliser, tandis que de 
l'eau remplit sa partie inférieure. 

Des lampes à alcool ou à gaz servent à chauffer 
l'eau et à la vaporiser. L'appareil est facilement ma- 
niable et transportable. 

Geneste et Herscher ont construit sur un type à peu 
près analogue une étuve chauffable à l'alcool (fîg. 16 
et 17) ou au gaz (flg. 18), et dont un modèle a été 
installé dans le service de notre ami le professeur 
J^oncet, de Lyon. La coupe ci-jointe en explique faci- 
lement le fonctionnement. 

Pour les instruments, la vapeur sous pression a le 
grand inconvénient de les rouiller quand l'auloclave 
refroidit. Les taches apparaissent même lorsqu'ils 
sont nickelés, dans les points où le nickelage n'est pas 
parfait, et à plus forte raison sur les lames tranchan- 
tes où il n'y pas de nickel. Cet inconvénient ne peut 
être évité, même en faisant sécher immédiatement les 
instruments dans l'étuve à air sec et chaud. C'est ce 
qui fait que ce procédé a été peu à peu abandonné 
par le plus grand nombre des chirurgiens, malgré la 
confiance qu'il doit inspirer au point de vue delà stéri- 
lisation, et réservé comme nous le verrons, aux objets 
de pansement. Nous y reviendrons à propos de ceux-ci 
et décrirons alors la nouvelle étuve stérilisante et 
dessiccante construite sur les indications de Sorel. 

Désinfection par des liquides à point d'ébul- 
lition élevé. — L'emploi de liquides à point d'ébul- 
lition élevé donnerait, d'après Yinay, d'excellents 
résultats dans les cliniques chirurgicales de Lyon. 



APPAREIL A STERILISER LES [NSTRUMEMTb DE CHIRURG 
IT LES OBJETS DE -FAMSEMEMT 



ùrandsur de)tecu!io.- 



COUFi VERTICALE 




Fig. 18. — Autoclave fonctionnant avec le gaz (Geneste et Herscher 



88 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

L'étuve à huile de Tripier se compose d'une caisse 
en laiton de 40 centimètres de longueur sur 27 de 
hauteur et 20 de largeur. Elle reçoit de l'huile que 
l'on porte à une haute température et qui baigne les 
instruments. Sous le bain, un ou plusieurs brûleurs à 
gaz ou à alcool; quand c'est le gaz, il passe d'abord 
•dans un régulateur de d'Arsonval qui sert à main- 
tenir la température à un degré constant indiqué 
par un thermomètre qui plonge lui-même dans le 
liquide. 

La caisse est divisée en plusieurs compartiments 
variables de grandeur, suivant les instruments qui 
y seront placés. Ils communiquent entre eux à l'aide 
d'un double fond percé de trous à sa paroi supérieure 
pour que la température puisse s'égaliser dans tout 
le bain huileux. Deux petits paniers en fi!s de fer 
tressés sont destinés à recevoir les petits instruments 
et en particulier les pinces hémostatiques. Le tout est 
maintenu pendant dix minutes à une température de 
130° et l'opération totale dure trois quarts d'heure. 
A la sortie du bain les instruments sont portés dans 
une solution phéniquée forte à 80° pour éviter la dé- 
trempe. 

Bien entendu, les instruments doivent en entier 
être métalliques pour supporter pareil traitement. 

A. Poucet, de Lyon, stérilise les instruments en les 
plongeant dans un bain de glycérine. Ce bain est con- 
tenu dans une marmite garnie d'un panier qui contien- 
dra les instruments à stériliser. Elle est placée sur le 
premier réchaud venu. Elle est munie d'un thermo- 
mètre. La glycérine est portée à la température de 120° 
à 130° pendant vingt minutes environ. Les instru- 
ments sont placés aussitôt après dans une solution 
phéniquée forte. Dans ces derniers temps, Poucet a 
remplacé la glycérine qui donne souvent de mauvaises 
odeurs, par la vaseline. L'étuve de xMally à la glycé- 
rine que nous décrirons plus tard ne présente pas 



DÉSINFKGT. DES LIQUIDES A POINT D'ÉBULL. ÉLEVÉ. 89 

cet inconvénient (Voy. Asepsie et Antisepsie à lliô- 
pital). 

Yon Bergmann (1), puis son assistant Schimmel- 
busch (2) ont décrit un procédé de stérilisation des 
instruments basé sur les mêmes principes. Ceux-ci 
sont soumis à l'ébullition pendant cinq minutes dans 
une solution de carbonate de soude à 1 p. 100 qui 
bout à 104*'. Ils \^ séjournent ensuite jusqu'au moment 
où ils vont servir. On les sèche alors avec des com- 
presses de mousseline stérilisée. 

Si, pendant Topération, il est nécessaire de 
les nettoyer, on les replonge pendant quelques 
instants dans la solution bouillante de carbonate 
de soude. Cette manière de faire n'enlèverait rien 
au tranchant des instruments et ne les oxyderait 
pas, et par conséquent n'obligerait pas à les nic- 
keler comme il faut le faire quand on emploie 
la stérilisation à Tétuve sèche ou humide sous 
pression. 

Cet appareil, dont la description se trouve tout au 
long dans le Traité d'asepsie de Schimmelbusch, donne 
d'excellents résultats. 

Schimmelbusch a fait un grand nombre d'expé- 
riences qui montrent que des fils de soie, des tampons 
d'ouate imprégnés de pus ou de cultures pures de 
Staphylococcus aureus, de bacilles pyocyaniques, de 
spores du charbon, sont rapidement stérilisés par 
Tébullition dans la solution sodique ; il faut quelques 
secondes pour tuer les microbes du pus, deux à trois 
minutes au plus pour détruire les spores du charbon, 
qui résistent pendant douze minutes à la vapeur d'eau 
à 100°. 

Nous n'avons, pour notre compte^ aucune expé- 
rience de ce procédé de désinfection, que nous n'hési- 

(1) Von Bergmann, Congrès international de Berlin, 1890. 

(2) Scbiinmelbasch, Aseptische Wundhehandlung . Berlin, 
}892, 



90 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

terions pas à employer, n'étaient les bons résultats 
que nous donne celui de Tétuve sèche. 

Désinfection par les solutions antiseptiques. 
— Ce procédé, qui était au début de l'ère antiseptique 
le seul mis en usage, est actuellement abandonné par 
la plupart des chirurgiens, excepté lorsque l'instru- 
mentation qu'ils possèdent n'est pas entièrement mé- 
tallique. 

Les instruments étaient plongés dans une solution 
phéniquée forte, et retirés de là pour servir à l'opé- 
ration projetée. 

La solution phéniquée forte a certes l'avantage 
d'être un désinfectant suffisant dans un grand nombre 
de cas ; mais qui ne sait combien elle abime par ses 
propriétés irritantes et caustiques les mains de 
l'opérateur en contact avec elle? Tous, nous con- 
naissons, pour les avoir éprouvés, ces fourmillements 
très désagréables dans la main et les doigts, puis ces 
desquamations épidermiques qui durent plusieurs 
jours et donnent l'illusion de téguments malpropres. 

Nous avons dit que la solution phéniquée au 1 20 
était un désinfectant suffisant, mais elle est loin 
d'amener une stérilisation rapide complète comme 
l'ont bien montré les expériences de tous les auteurs 
qui se sont occupés de cette question. L'acide phé- 
nique en solution de 50 p. 1000 ne tue les spores du 
charbon et du bacille du foin qu'au bout de plusieurs 
jours, et même il est incapable de tuer des microor- 
ganismes moins résistants commue le gonococcus, le 
bacille de la tuberculose. 

Non seulement , dit Miquel qui s'est beaucoup 
occupé de cette question, les solutions phéniquées au 
i 20 et au 1/40 ne parviennent pas à tuer des microor- 
ganismes de vitalité faible, mais elles contiennent 
elles-mêmes fréquemment des germes vivants. Redard 
est arrivé aux mêmes conclusions, qui sont d'ail- 
leurs encore confirmées par les travaux récents de 



DÉSINFECTION PAR LES SOLUTIONS ANTISEPTIQUES. 91 

Frânkel (1), de Geppert (2), de Behring (3), de Schim- 
melbusch (4). 

Quand les microbes sont entourés d'une couche 
d albumine, de mucus, de graisse, Faclion des anti- 
septiques chimiques et en particulier de l'acide phé- 
nique est telle, qu'elle leur constitue une sorte d'en- 
veloppe protectrice qui empêche le reste du liquide 
d'agir efficacement. 

Toutefois, si les solutions phéniquées fortes et à plus 
forte raison faibles, ne méritent pas une confiance 
illimitée, il n'est pas moins vrai que, dans la pratique, 
leur emploi donne de bons résultats quand on a sou- 
mis par avance les instruments à un nettoyage com- 
plet par la brosse, le savon et l'alcool. 

Nous sommes d'avis qu'il faut s'en servir non pas 
pour des opérations sur des tissus non infectés, mais 
toutes les fois qu'on opérera sur des régions infectées, 
alors qu'il faudra pouvoir réaliser une antisepsie 
constante pendant toute l'intervention. 

On aura soin de les faire préparer avec de l'eau 
filtrée et bouillie et l'on veillera à leur conservation 
ainsi que nous l'avons indiqué déjà. 

La solution de sublimé à 1/1000 ou liqueur de Yan 
Swieten ne peut absolument pas nous servir pour les 
instruments, même quand ils sont nickelés: le bichlo- 
rure d'hydragyre ne ménage ni le poli ni le tranchant 
des couteaux et bistouris, il les noircit et les met ra- 
pidement hors d'usage. 

Nous ne parlerons pas des solutions boriquées, 
même saturées, qui n'ont aucun pouvoir antiseptique. 



(1) Frânkel, Die desinficirenden Eigenschaftea der Kresole 
{Zeitschrift fur Hygiène. Band VI, 1889, p. 521; . 

(2) Geppert, Zur Lekre von den Anlisepticis {Berliiier klinische 
Wochenschrift, no 36, 1889, p. 789). 

(3) Behring, Ueber Desinfectio?i, Desinfectionsmitteln und Desin- 
fectionsmf'thoden [Zeilschrift fur Hygiène. Band TX, 1890, p. 395}. 

(4) Schimmelbusch. loco citato. 



92 TECHiNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Récemment l'on a vanté plusieurs nouveaux anti- 
septiques n'altérant pas les instruments, même en 
solutions concentrées, et n'agissant nullement sur les 
mains de l'opérateur, de plus non toxiques. 

Nous avons expérimenté le lysol en solution à 
3 p. 100. Nous lui avons trouvé les mêmes incon- 
vénients qu'au phénol, et la plupart de nos aides se 
plaignaient de fourmillements et d'une sensation 
de cautérisation des téguments. Nous-même ne les 
avons pas ressentis, pas plus que nous ne ressentons 
quoique ce soit au contact des solutions phéniquées, 
à moins de pratiquer une longue intervention. 

Berlioz a tout récemment beaucoup vanté la micro- 
cidine composée de : 

Naplitolate de soude 75 p. 100. 

Dérivés divers 35 — 

qui est très soluble dans l'eau, dix fois plus antisep- 
tique que le phénol, moins toxique que le naphtol et 
n'aurait aucune action sur les instruments. 

De même l'oxycyanure de mercure a été récemment 
aussi préconisé par le docteur Chibret (1), pour l'an- 
tisepsie des instruments si délicats servant en ophtal- 
mologie. La solution d'oxj^cyanure de mercure au 
1 p. 100 est microbicide comme la solution de sublimé 
au 1 p. 1000 et ne détériore nullement les instruments 
qu'on y plonge. 

Yalude, qui l'a expérimentée, est absolument du 
même avis. Il y a cependant un aléa: c'est que l'oxy- 
cyanure est difficile à se procurer en parfait état 
de pureté et cela rend le procédé infidèle dans ses 
applications. Aussi Yalude est-il d'avis pour la sté- 
rilisation des instruments servant aux opérations 
sur les yeux de recourir aux solutions de cyanure de 

(I) Chibret, De roxycyanure de mercure. Action chimique anti- 
septique [Bulletin et Mémoires de la Société de chirurgie, 23 avril, 
p. 301, 1890). 



DÉSINFECTION DE CERTAINS INSTRUMENTS. 93 

mercure beaucoup plus faciles à se procurer pur. La 
solution doit être de 1 p. 100; les instruments doivent 
y séjourner de dix minutes à un quart d'heure. 

Pour notre compte, résumant à grands traits cet 
exposé de la désinfection du matériel instrumental 
métallique pour la chirurgie générale, nous dirons 
que jusqu'à nouvel ordre notre préférence est pour 
l'étuve sèche en particulier et la chaleur sous ses di- 
verses formes comme agent de désinfection. Dans la 
pratique nous ne saurions assez recommander à 
ceux qui n'ont pas l'étuve à leur disposition, Ja 
stérilisation à Teau houillante. 

Les solutions antiseptiques ne doivent servir que 
pour continuer la désinfection déjà obtenue, et cela 
particulièrement dans les cas oi^i nous interviendrons 
sur des tissus infectés. La solution phéniquée au 1/40 
nous parai l suffisante dans la grande généralité des cas. 

Désinfection de certaines catégories d'instruments non 
complètement métalliques. — Nous aurons surtout en 
vue la désinfection des sondes, cathéters et seringues 
à injections ou à lavages. 

Les sondes et cathéters, par leur forme et la na- 
ture des produits qui entrent dans leur fabrication, 
donnentlieu, au point de vue de la désinfection, à un 
manuel opératoire différent de celui que nous avons 
indiqué pour les autres instruments métalliques. 

Leur stérilisation est d'autant plus importante qu'il 
est actuellement reconnu qu'un grand nombre des 
maladies inflammatoires de l'appareil urinaire sont 
dues à une infection apportée par un instrument mal- 
propre. 

Le danger est surtout grand chez les individus 
dont l'arbre urinaire est un locus minoris resistentiœ 
par suite-des altérations chroniques qu'il a subies. 

L'instrumentation pour les maladies des voies uri- 
naires se compose d'instruments métalliques, d'ins- 
truments en caoutchouc, d'instruments en gomme. 



94 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

La stérilisatioQ et la conservation aseptique va- 
rient suivant chaque catégorie. 

Pour les premiers, rien à ajouter à ce que nous sa- 
vons déjà. A la clinique du professeur Guyon, ainsi 
que nous l'a appris une note du docteur Halle, on em- 
ploie à cet usage l'étuve sèche à 150° (modèle Adnet). 

Pour les sondes en caoutchouc rouge, la désinfec- 
tion est obtenue de diverses façons. 

On peut les stériliser dans des étuves, les faire 
bouillir ou encore les plonger pendant quelques heu- 
res dans une solution de sublimé à 1/1000 sans al- 
cool, ou dans une solution phéniquée à 50 p. 1000. 

C'est dans ces derniers liquides qu'on peut les con- 
server parfaitement aseptiques. Mais il faut avoir soin 
en les en retirant de les laver auparavant, soit avec 
de l'eau bouillie récemment, soit encore avec une so- 
lution d'acide borique à 30 p. 1000, de façon à enlever 
sublimé ou acide phénique, irritants pour le canal de 
l'urèthre. Il est bon, quand on a désinfecté plusieurs 
fois la même sonde en caoutchouc rouge, de l'exa- 
miner de temps en temps au point de vue de sa 
résistance, pour ne pas risquer de la voir se rompre 
pendant le retrait. 

Pour les instruments en gomme, sondes et bou- 
gies, la désinfection est plus difficile. La chaleur 
humide les détériore et les ramollit ou les raccornit; 
les solutions antiseptiques les altèrent et ne permet- 
tent pas, ainsi que l'a démontré Delagenière (1), la 
stérilisation complète de la lumière de la sonde, sur- 
tout au niveau de son ou de ses œillets, par suite de 
la présence de bulles d'air qui empêchent l'action du 
liquide antiseptique. 

Les expériences de Curtillet (2), élève de notre col- 

(1) DelaLgemère, Stérilisation des sondes en gomme. Cathétérisme 
aseptique [Progrès médicales octolare 1889, p. 295). 

(2) Curtillet, Désinfection et asepsie des so?ides employées pour 
le cathétérisme vésical {Bulletin médical^ 9 mars 1890, p. 230). 



DÉSINFECTION DE CERTAINS INSTRUMENTS. 9o 

lègue le professeur Poucet, de Lyon, ont montré que 
la chaleur sèche à 140° peut agir pendant plusieurs 
jours sur des sondes en gomme sans amener aucune 
détérioration appréciable et en les rendant parfaite- 
ment aseptiques. D'après le même observateur, un 
séjour de trente minutes dans l'étuve suffît. 

D'après Albarran (1), il est fréquent de voir les son- 
des et bougies ainsi chauffées à plusieurs reprises, se 
fendiller et se perdre. On peut l'éviter en grande par- 
tie, en les renfermant pour les stériliser dans des tubes 
en verre bouchés avec de l'ouate, d'où on ne les tire 
que pour s'en servir. Cependant, il a fait modifier la 
construction des sondes et bougies, en ce sens que la 
trame est en soie et que celle-ci est recouverte d'une 
couche de gutta-percha ou de caoutchouc. Ces ins- 
truments construits par Yergne résistent parfaite- 
ment à la chaleur de 150° à l'étuve sèche; on peut 
les faire bouillir sans inconvénients, et plongés dans 
une solution de sublimé pendant huit jours, ils con- 
servent toutes leurs qualités de résistance et de sou- 
plesse. Il est bon aussi que les constructeurs rendent 
plein l'espace mort contenu entre l'œillet et le bout 
de la sonde. C'est là certainement une modification 
importante et que nous avons vu récemment exécu- 
ter par Bénas. 

Yoici comment se pratique la stérilisation des son- 
des et bougies en gomme, caoutchouc, etc., à la cli- 
nique de l'hôpital Necker : 

Quand les sondes ont servi, elles sont d'abord la- 
vées à l'intérieur et à l'extérieur avec du sublimé à 
1/1000; ensuite elles séjournent pendant trois heures 
dans l'étuve à acide sulfureux. L'étuve se compose 
d'une caisse rectangulaire au fond de laquelle existe 
un récipient dans lequel on met du bisulfite de soude; 



(l) Albarran, Asepsie dans le cUlictérisme [Annales des mala- 
dies des organes géni'o-uri'naires, 1890, p. 33). 



96 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

au-dessus de ce récipient se trouve un grillage en 
bois sur lequel sont placées les sondes ou bougies à 
stériliser. Puis tout est clos par un couvercle bien 




Fig. 19. — Étuve du professeur Guyon à acide sulfureux. 



adapté. Le récipient à bisulfite de soude communi- 
que avec le dehors à l'aide d'un tube qui longe l'étuve 
et est terminé à hauteur du couvercle en forme d'en- 



DÉSINFECTION DE CERTAINS INSTRUMENTS. 



91 



lonnoir. C'est parla qu'on verse l'acide chlorhydrique 
qui, agissant sur le bisulfite de sonde, va produire un 
dégagement abondant d'acide sulfureux. 




Fig, 20. — Coupe de Tétuve à acide sulfureux. 



Ce procédé désinfecte les sondes les plus infectées 
et présente le grand avantage de pouvoir être em- 
ployé un très grand nombre de fois sans que les ins- 

ScHWARTz, Asepsie et Anlipepsio. 6 



98 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

truments en gomme, en gutta-percha ou en caout- 
chouc éprouvent une altération quelconque. Depuis 
trois ans et demi qu'il est en usage à l'hôpital Necker 
l'on n'a eu qu'à s'en louer. 

Les sondes et bougies qui servent pendant le ser- 
vice trempent dans une solution de biiodure de mer- 
cure à J/oOOO. 

Vinay a décrit la manière de procéder de Poncet : 

Les sondes au sortir de l'étuve sont placées dans de 
la poudre de talc préalablement soumise à une tem- 
pérature de 140°. Cette poudre très fine et nullement 
hygrométrique est parfaitement propre à conserver le 
poli de l'instrument et ne peut offrir aux germes un 
terrain de culture favorable. Les grains de la poudre 
jouent le rôle du tampon de coton qui arrête les mi- 
croorganismes au passage. Les sondes sont retirées de 
la poudre au moment même où l'on veut s'en servir, 
par la main préalablement désinfectée; on l'essuie 
avec un tampon de ouate ou de gaze aseptique et on 
s'en sert immédiatement pour le cathétérisme. 

Tous ces procédés sont bons à employer dans une 
clinique, mais difficilement à la portée du praticien 
qui ne possède pas toujours une étuve ou un auto- 
clave. Aussi a-l-on cherché des moyens plus simples. 

Albarran a essayé l'eau bouillante, la stérilisation 
par l'alcool et le sublimé, celle par l'alcool, le sublimé 
et l'eau bouillante. 

Quand on fait bouillir les sondes ou bougies pen- 
dant une demi-heure, on obtient parfois leur stéri- 
lisation; mais ce procédé est infidèle, surtout avec 
les sondes de petit calibre. Malgré tout, cette manière 
de faire est à recommander à cause de sa simplicité; 
elle sera appliquée facilement à la campagne, et dans 
les cas urgents. 

Le second procédé consiste à laver l'intérieur de la 
sonde en y injectant de l'alcool à 70°, puis on y injecte 
du sublimé à 1 p. 1000 et l'instrument est laissé peu- 



DÉSINFECTION DE CERTAINS INSTRUMENTS. 99 

dant une heure dans le bain antiseptique. Il faut 
avoir soin de ne pas additionner le liquide d'alcool. 
Grâce à ces manœuvres, on obtient des sondes sté- 
riles, mais peu à peu elles perdent leur brillant et 
leur poli et il faut les remplacer assez souvent. 

Le troisième procédé consiste à laver la sonde comme 
ci-dessus, puis on la fait bouillir pendant vingt minutes. 

Les sondes une fois stérilisées, quel est le moyen le 
plus pratique pour les conserver telles jusqu'au mo- 
ment où l'on doit s'en servir? Le mieux, à notre avis, 
est d'avoir un étui en cuir contenant deux longs 
tubes de verre bouchés à Témeri : l'un renferme une 
solution de sublimé sans alcool à 1/1000 et les son- 
des ; l'autre sert à recueillir celles qui ont déjà servi, 
et qui devront être restérilisées. On peut encore se 
servir d'une boîte assez longue nickelée, où les sondes 
stérilisées sont logées entre deux couches d'ouate 
aseptique. 

Nous avons encore à notre disposition les tubes 
porte-sondes préconisés par Tuffier et Albarran. Ces 
tubes exclusivement en verre dont nous nous ser- 
vons dans notre service, permettent non seulement 
de conserver des sondes en caoutchouc rouge dans 
le sublimé au 1/1000, mais encore elles peuvent y être 
portées et maintenues à une température de 100° 
dans la vaseline liquide. Chaque malade ou opéré 
ayant besoin d'un cathétérisme est muni d'un de ses 
tubes qui reste à demeure et est en évidence au pied 
du lit, sur la tablette. 

Chaque fois que l'on s'en est servi, elle est nettoyée, 
puis replacée dans le sublimé. Si l'on voulait au lieu 
de sublimé se servir de nitrate d'argent à 1/1000, qui 
est un excellent antiseptique d'après le professeur 
Guyon, il suffirait d'avoir des tubes colorés en jaune, 
pour empêcher la décomposition du sel argentin par 
la lumière. Le nitrate d'argent au 1/1000 stérilise les 
bougies et sondes au bout d'une demi-heure. 



tOO TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 



La question des lavages joue en chirurgie des voies 
urinaires un très grand rôle. Aussi croyons-nous de- 
^^ voir parler à cette place des serin- 

gues, de leur construction la plus 
propice à l'asepsie et à l'antisepsie, 
et de leur désinfection. 

Nous savons tous par expérience 
combien ilestdilfîciled'assurermême 
la simple propreté d'une seringue en 
métal ou en gutta-percha. 11 suffit 
d'en dévisser une pour se rendre 
compte de l'état de saleté non seu- 
lement du corps de la seringue, mais 
encore du piston. 

Actuellement nous nous servons 
presque exclusivement pour nos la- 
vages de la seringue du professeur 
Guyon, construite par Gollin (fig. 21). 
Elle se compose d'un corps en verre 
avec deux capuchons métalliques et 
argentés pouvant résister aux solu- 
tions argentiques employées fré- 
quemment dans les maladies des 
voies urinaires ; le piston est cons- 
titué comme toujours par du cuir, 
mais celui-ci ne va pas jusqu'au fond 
de la seringue ; il existe toujours 
entre lui, même à la limite de sa 
course et le fond, une chambre des- 
tinée à contenir du liquide antisep- 
tique qui stérilisera le piston. Il suf- 
Fig. 21. - Seringue f^,. ^y laisser du nitrate d'argent au 
aseptique du pro- 



fesseur Guyon. 



1/1000 pendant une demi-heure. Ces 
seringues sont beaucoup plus faciles 
à tenir propres, la moindre impureté se voyant im- 
médiatement sur le corps de pompe ; le piston peut 
être stériligé par son séjour daus l'huile phéniqué^ 



DÉSIMFEGTION DE CERTAINS INSTRUMENTS. 101 

à 6 p. 100, et graissé avec de l'huile phéniquée à 1/10. 

Desnos (1), qui s'est occupé de la question d'asepsie 
pour les seringues, a fait apporter à la construction 
des seringues ordinaires la modification suivante : à 
l'union de la tige motrice du piston et du piston lui- 
même existe un pas de vis qui permet un démontage 
facile ; à chaque instrument correspondent deux pis- 
tons : un qui fonctionne dans le corps de pompe; 
l'autre, mis en réserve, plonge constamment dans un 
bain d'huile phéniquée à 6 p. 100. 

Toutes les fois qu'on veut se servir de la seringue, 
le piston est retiré et dévissé ; les parties métalliques 
sont soigneusement et antiseptiquement nettoyées et 
de plus, si c'est possible, placées dans une étuve ou 
dans de l'eau bouillante. 

On retire alors du bain d'huile phéniquée le pis- 
ton qui y est depuis vingt-quatre heures, et c'est lui que 
l'on visse sur la tige et qu'on introduit dans le corps 
de l'instrument. L'autre piston est immédiatement 
nettoyé et plongé à son tour dans l'huile phéniquée à 
6 p. 100. Cette dernière doit être renouvelée souvent 
ou portée à une haute température. 

Les seringues à injections sous- cutanées et intersti- 
tielles sont aujourd'hui employées sur une large 
échelle parle chirurgien. Les aiguilles en platine iri- 
dié sont impunément stérilisées par le flambage. Les 
seringues elles-mêmes (seringue de Pravaz, seringue 
de Straus, seringue de Dubois), seront construites de 
façon à pouvoir être facilement démontées, nettoyées 
et stérilisées. Ici encore, le piston est à ce point de vue 
la partie essentielle. Malgré ses imperfections comme 
antisepsie, c'est presque toujours encore le cuir que 
l'on emploie. Dans la seringue de Straus, le piston ou 
plutôt le tampon est en moelle de sureau que l'on 
change quand on le veut. 

(1) Desnos. Annales des maladies dfs organes gênito-urinaires, 
1890, p. 47. 

6. 



102 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Tout récemment notre collègue Félizet (i) a pré- 
senté à la Société de chirurgie et dans le but spécial 
de la pratique des injections de chlorure de zinc contre 




Fig. 22. — Seringue aseptique de Félizet (petit modèle et grand 

modèle). 



les tuberculoses locales, une petite seringue construite 
par Gudendag, dont le tampon est en caoutchouc 
pouvant se gonfler ou se dégonfler à volonté par une 



(1) Félizet, Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie, 
1892, p. 53. 



DÉShNFECTION ET STÉRILISATION DES CUVETTES, ETC. 103 

combinaison analogue à celle qui est employée pour 
la construction de certains bouchons pour eaux 
gazeuses. Le piston en caoutchouc est facilement dé- 
sinfecté par l'ébullition et la seringue très facilement 
démontable et aisée à nettoyer et à stériliser (fig. 22). 

TufBer (1) déjà auparavant avait fait connaître un 
modèle de seringue à instillations ou à lavages bacté- 
riologiquement et chirurgicalement aseptique. Elle est 
basée sur le principe de la seringue aseptique de 
Roux. 

Elle se compose d'un corps en verre, d'une arma- 
ture et d'un ajutage en nickel vissé directement sur 
le corps en verre et du piston qui glisse à frottement 
doux sansTinterposilion d'aucun corps gras. Ce piston 
est fait de moelle de sureau comprimée, supportant 
sans s'altérer une température de 120° et l'eau phé- 
niquée forte bouillante. 

Il suffît après avoir stérilisé la seringue de la mettre 
dans un tube de verre stérilisé et bouché avec du 
coton, pour être certain d'avoir un instrument inca- 
pable d'infecter la vessie et le canal de Turèthre. 

§ III. — De la stérilisation et de la désinfection 
du matériel accessoire. 

Désinfection et stérilisation des cuvettes, 
vases, bocaux, etc. — Les cuvettes dont nous nous 
servons habituellement pour y mettre les tampons, 
les compresses stérilisées, les solutions aseptiques et 
antiseptiques, peuvent être en verre, en porcelaine, 
en métal. Il est bon de ne pas user d'ustensiles en 
caoutchouc durci, en celluloïd, pouvant se détériorer 
et plus difficiles à contrôler comme propreté. 

Le verre blanc est ce qu'il y a de mieux. 



(1) Tuffier, Annales des maladies des organes génUo-urinaires , 
1890, p. 161. 



104 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Pour les stériliser, les désinfecter, on les passe à 
l'eau très chaude, puis on les nettoie avec une solu- 
tion antiseptique forte, phéniquée ou sublimée, et on 
les garnit avant de s'en servir pour les tampons ou 
compresses, par exemple, d'une compresse préalable- 
ment stérilisée. 

L'on ferait encore mieux de les tenir plongées dans 
un bain antiseptique de sublimé au 1/2000, d'où elles 
ne sortiraient que pour être mises en service. 

Actuellement que l'on est arrivé à fabriquer du 
verre réfractaire aux hautes températures, l'on pour- 
rait stériliser les récipients construits avec cette 
substance à l'étuve sèche ou à vapeur sous pression; 
toutefois, il faudrait pour cela des appareils de grandes 
dimensions, et peut-être trop encombrants. 

Quoiqu'il en soit, la désinfection telle que nous la 
mettons actuellement en usage, soit en ville soit à 
1 hôpital, est largement sufhsanle, quand on prend les 
précautions que nous avons indiquées. 

Désinfection et stérilisation des compresses 
et tampons. — Nous nous servons couramment 
pendant les opérations de compresses de toile ou de 
tarlatane, destinées à protéger les abords du champ 
opératoire, ou encore à recouvrira un moment donné 
des organes ou des parties à ménager. 

Ces compresses sont désinfectées de la façon sui- 
vante : 

On prend de la toile assez forte pour qu'elle résiste 
aux diverses manipulations que l'on doit lui faire 
subir, ou de la tarlatane qu'on a eu soin de désem- 
peser. 

Les compresses doivent autant que possible être 
grossièrement ourlées, afin de ne pas s'effilocher. 

On les fait bouillir pendant un quart d'heure dans 
une solution phéniquée à 50/1000, sublimée à 1/1000 
ou même dans de l'eau filtrée, pendant une heure. 

De là elles sont placées dans des bocaux en verre 



DÉSINFECTION DES COMPRESSES ET TAMPONS. 105 

pouvant être fermés hermétiquement et remplis de 
solutions de sublimé à 1/2000, d'acide phénique à 
25/1000 ou encore d'acide borique à 40/1000 qui doi- 
vent les conserver et d'où on les tire au fur et à 
mesure des besoins du service. 

Les compresses de toile ou de tarlatane ainsi pré- 
parées servent très souvent aux pansements hu- 
mides. 

Voici comment Pozzi (1) décrit la préparation des 
compresses-éponges dont il se sert presque exclusive- 
ment pour toutes ses opérations: 

« On plie en plusieurs doubles un morceau de gaze 
de manière à former des carrés de 30 centimètres de 
côté, et composés de huit épaisseurs. On ourle exac- 
tement ces compresses sur tous leurs bords. Puis elles 
sont bouillies pendant deux heures au moins, soit 
dans la solution phéniquée à 50 p. 1000, soit dans la 
liqueur de Yan Swieten. On les conserve dans une 
solution fraîche au même titre, qu'on doit renouveler 
toutes les semaines. Au moment de s'en servir, on les 
lave soigneusement dans de l'eau chaude stérilisée 
par Je filtre et par l'ébuUition. Elles constituent alors 
un agent absorbant très puissant et très commode, 
auquel on peut donner toutes les formes et toutes 
les dimensions, dont on peut coiffer le doigt pour 
pénétrer dans les cavités et les interstices, qu'on étale 
sur les intestins. Pendant une opération, la même 
compresse peut être lavée et resservir. On ne laisse de 
côté que celles qui sont souillées de liquides septiques. 
Après chaque opération, toutes sont détruites. » 

Ces compresses éponges sont en effet excellentes; 
mais jamais elles n'auront cette souplesse et cette 
élasticité des éponges qui en font les meilleurs tam- 
pons qui existent. A défaut d'elles, les compresses- 
éponges sont on ne peut plus recommandables, et il 

f 1) Pozzi, Traité de gynécologie clinique et opératoire^ 189Q, p. 2i . 



100 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

est certain qu'elles constituent au point de vue bud- 
gétaire une très grande économie vu le prix élevé des 
fines éponges réservées à la chirurgie. 

Les tampons sont ou bien des bourdonnets plus ou 
moins volumineux d'ouate hydrophile ou encore de 
la ouate hydrophile renfermée dans une sorte de 
bourse faite de tarlatane, afin de ne pas permettre 
aux brins d'ouate de s'attacher aux parties à essuyer. 

Les tampons ordinaires sans tarlatane sont simple- 
ment trempés dans une solution antiseptique (sublimé, 
acide phénique, acide borique), puis conservés dans 
des bocaux comme les compresses. On peut aussi les 
préparer extemporanément au moment même où l'on 
en a besoin. 

Les tampons enveloppés de gaze sont bouillis pen- 
dant quinze à vingt minutes, comme les compresses, 
puis plongés dans une solution antiseptique au choix 
et selon les indications à remplir. 

Pour la pratique courante, les petits tampons 
d'ouate suffisent largement, et nous ont toujours 
donné de très bons résultats. Si l'on avait quelques 
doutes sur la provenance et la propreté de l'ouate, il 
suffirait de les faire bouillir pendant une vingtaine de 
minutes pour s'en servir ensuite. 

Si l'on possédait une étuve à vapeur sous pression, 
rien ne serait plus facile que d'obtenir une stérilisa- 
tion sinon mathématique du moins bien suffisante à 
l'aide de cet appareil et se préparer ainsi des maté- 
riaux aseptiques. 

C'est ainsi que procède le professeur Terrier qui sté- 
rilise compresses de toile et de coton, tampons-épon- 
ges à l'aide de Tautoclavé de Wiessnegg. 

Les compresses et tampons avant d'être introduits 
dans les boîtes en nickel dont nous donnerons plus 
loin la description sont plongés, pendant un quart 
d'heure environ, dans de l'eau stérilisée en ébullition, 
c'est alors qu'on les déplie et qu'on les entasse. Pour 



DÉSINFECTION DES COMPRESSES ET TAMPONS. 107 

être sûr que la température obtenue dépasse 120°, on 
introduit dans le centre un tube contenant de l'acide 
benzoïque ou de l'acide phtalique qui fond à 120°. L'ai- 
guille du manomèlre doit marquer 3 atmosphères, 
c'est-à-dire 134 degrés. On l'y maintient par le réglage 
du gaz, pendant une heure environ. On a eu bien soin 
au début de l'opération de purger d'air toute l'étuve. 

Si l'étuve est à double efï'et stérilisante et dessé- 
chante, comme celles de Lauterschlager ou de Sorel, 
l'on pourra préparer comme nous l'avons vu faire 
et comme nous le faisons actuellement dans notre 
service des compresses stérilisées .sèches destinées à 
servir de protection pour le champ opératoire, servir 
de tampons pour essuyer, de pansement pour recou- 
vrir les plaies aseptiques. 

L'on peut en préparer de différentes dimensions, en 
repliant sur elle-même de la tarlatane souple de façon 
que jamais les côtés effilochés ne passent en dehors; 
Pozzi en a de deux tailles différentes, des grandes qui 
servent surtout à protéger le champ opératoire, des 
petites qui serviront de tampons-éponges. 

Une fois coupées et repliées, elles sont entassées 
dans une boîte en métal plus ou moins grande sui- 
vant la grandeur même de l'étuve que l'on possède ; 
cette boîte doit être percée de trous qui permettent 
l'arrivée facile de la vapeur au milieu des compresses 
qui y sont tassés plus ou moins mollement de façon 
qu'aucun point n'échappe h l'action de la stérilisation. 
La boîte est munie d'un couvercle fermant par le sys- 
tème à baïonnette, facile à placer et à enlever. Elle est 
enfermée dans l'étuve et soumise pendant trois quarts 
d'heure à une température de 120° environ, ou à trois 
atmosphères. Quand l'opération est terminée, on pro- 
cède au séchage des compresses en admettant que 
l'étuve soit à double effet stérilisante, puis dessiccante. 
Quand les compresses sont sèches, on s'en sert en les 
retirant au fur et à mesure de la boîte qui les contient 



i08 TECHNIQUE DE L'ASEPSÎE ET DE L ANTISEPSIE. 

OU bien en enveloppant ce qu'il en faut dans une ser- 
viette stérilisée elle-même. Pour le transport en ville, 
il suffi d'avoir des boites plus petites qu'on ouvre au 
moment de s'en servir. 

Notre collègue et ami le docteur Quenu (1) nous 
a récemment montré les causes d'erreur qui inter- 
viennent dans l'appréciation de la température et 
de la pression à laquelle les objets sont stérilisés 
dans les étuves à vapeur sous pression. La princi- 
pale pour les autoclaves, qu'il s'agisse de celui de 
Redard ou de celui de Sorel, consiste dans l'expulsion 
imparfaite de lair. S'il reste de l'air et si le robinet 
d'échappement est fermé trop tut, il arrive que, doué 
de plus de force expansive que la vapeur, à tempé- 
rature égale, l'air fait monter le manomètre à une 
pression à laquelle est censée répondre une tempé- 
rature donnée. En d'autres termes, nous connaissons 
la température d'un autoclave, non par une mesure 
thermométrique directe, mais par la pression du ma- 
nomètre; or les indications données par les tables ne 
sont exactes que si la vapeur est purgée d'air. 

On pourrait se servir, pour remédier à cet inconvé- 
nient, de thermomètres à maxima gradués de 60** à 
d30°, pour la stérilisation sous vapeur, mais c'est là 
un moyen très coûteux et peu pratique. 

De plus il faut avoir soia quand on commence à 
chauffer Tautoclave de laisser ouvert le robinet d'é- 
chappement de la vapeur d'eau. Ce dernier n'est fermé 
que lorsque le jet de vapeur est continu, c'est-à-dire 
quand il n'y a plus d'air à l'intérieur de l'appareil. 

Quenu a eu l'idée, de concert avec son interne 
Lamotte, d'utiliser, pour être certain de la tempéra- 
ture obtenue, un alliage qui fond toujours à la même 
température. Après avoir employé d'abord le soufre, 
puis l'acide benzoïque, voici le dispositif mis en usage: 

(1) Quenu, Bullelins de la Soc. de chirurgie^ 1S92. p. 3G0. 



PRÉPARATION ET STÉRILISATION DES ÉPONGES. 109 

On a un alliage d'étain et de bismuth renfermé dans 
une sorte de sablier en verre,. de façon que, fonda, 
le métal paisse coaler d'une ampoule dans l'autre. 

Un de ces alliages fond à 143°, c'est pour introdaire 
dans le cylindre auxinstraments;un autre fonda 120°, 
c'est celui qae l'on introduit dans le cylindre aux 
compresses et aux soies; l'on est certain, quand on a 
constaté à l'ouvertare de l'étuve que le métal fondu 
s'est déplacé, que la température de 143° ou de 120° a 
été atteinte, et cela dans le centre du cylindre où se 
trouvent soit les instruments, soit les compresses, les 
tampons, les soies, etc. 

Un artifice analogue pourra servir pour les étuves 
sèches où la température doit atteindre de 160° à 
180°, car si la cause d'erreur précédente n'existe pas 
pour elles, il y a en a d'autres, ainsi que nous l'avons 
déjà dit. 

L'on pourrait donc composer un alliage fusible à 
180°, par exemple, et suspendre le tube qui le contient 
au centre de l'étuve pour contrôler les indications 
du thermomètre toujours annexé à l'étuve sèche. 

Préparation, stérilisation et désinfection des 
éponges. — Quoique les éponges soient actuelle- 
ment bien moins employées qu'il y a quelques années , 
il n'en est pas moins vrai qu'elles restent pour les 
opérations sur l'abdomen et le bassin, de même que 
dans les extirpations de grosses tumeurs, ce qu'il y a 
de meilleur pour tamponner et essuyer. Aussi donne- 
rons-nous leur mode de préparation et de stérilisation 
d'après le procédé dit de la Salpétrière que nous de- 
vons au professeur Terrier et à son interne Vercamer'. 
On choisit des éponges fines que l'on trie, suivant 
leur volume, en petites, moyennes et grosses. Les 
petites ne doivent pas dépasser le volume d'une petite 
orange; les moyennes sont trois à quatre fois plus 
grosses; les plus grandes atteignent les dimensions 
d'une assiette à dessert. 

ScHWARTz, Asepsie et Antisepsie. 7 



110 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Elles subissent d'abord un pilage au maillet de 
bois pour leur enlev^er les parties calcaires et sili- 
ceuses qu'elles peuvent contenir dans leurs pores ; 
elles sont ensuite lavées à grande eau filtrée et 
bouillie pour les débarrasser des débris qui auraient 
pu y séjourner. Elles sont alors immergées dans de 
Tacide chlorhydrique à 2 p. 100 afin de dissoudre ce 
qui reste des parties sableuses et ramollir les éponges 
trop dures. Après cela lavage à grande eau, puis 
traitement par la solution de permanganate de po- 
tasse à 5 p. 100 où elles séjournent pendant un quart 
d'heure seulement, lavage à grande eau filtrée et 
bouillie ; traitement par une solution de bisulfite de 
soude à 2 p. 100 dans laquelle on ajoute de l'acide 
chlorhydrique. Les éponges y sont immergées et sou- 
mises à l'action de l'acide sulfureux qui se dégage et 
les blanchit. Lavage à grande eau filtrée et bouillie. 

Pour les conserver on les met dans des bocaux en 
verre hermétiquement fermés et contenant une solu- 
tion phéniquée à 50 p. 1000. Elles doivent y séjourner 
pendant quinze jours au moins. Si, ce temps écoulé, 
on doit s'en servir pour une opération, on les retire 
huit jours auparavant des bocaux, on les lave dans 
une solution étendue de sublimé et on les place défini- 
tivement dans une solution du même sel au i/2000. 

Quand on utilise beaucoup les éponges, il est bon 
d'avoir un certain nombre de bocaux préparés les 
uns après les autres et dont on se sert au fur et à 
mesure des besoins. 

Pour notre compte, nous employons constamment 
les éponges préparées par un de nos distingués phar- 
maciens, Leclerc. Elles ont le grand avantage d'être 
très bien préparées, d'être parfaitement aseptiques, 
d'être renfermées dans des bocaux en verre stérili- 
sés, d'où elles ne sont retirées qu'au moment de s'en 
servir, enfin elles ne trempent pas dans une solution 
antiseptique. 



PRÉPARATION ET STÉRILISATION DES ÉPONGES. 111 

Nous n'usons en général pendant une opération asep- 
tique que d'un très petit nombre d'épongés, trois à 
quatre au plus. Quand elles ont étanché le sang, elles 
sont lavées dans une cuvette remplie d'eau filtrée 
bouillie, puis passées dans une solution de sublimé 
à 1 p. 2000. Un aide est spécialement chargé de les 
nettoyer et de les repasser au moment voulu. 

Par contre, si une éponge a été souillée par des 
produits septiques, il faut la mettre de côté et ne plus 
s'en servir avant qu'elle n'ait subi une préparation 
et une désinfection complète. 

Le procédé de préparation et de stérilisation de 
Leclerc se rapproche beaucoup de celui que nous 
avons décrit plus haut; il ne s'en écarte que pour la 
conservation et la présentation : chaque bocal hermé- 
tiquement clos est fermé par une bande de papier 
gommé qui ne doit être enlevée que par le chirurgien 
ou son aide au moment de l'ouverture et de la mise 
en service du contenant. 

Vu la cherté des bonnes éponges, il est bon de 
savoir que pour permettre leur facile désinfection, 
quand elles ont servi, il faut, immédiatement après 
l'opération, les laver à grande eau pour enlever le 
sang dont elles sont imbibées, et les exprimer aussi 
bien que possible. 

Rœser(l) a récemment publié un nouveau procédé 
de désinfection et de blanchiment des éponges qui 
s'écarte de celui que nous avons décrit. Il consiste à 
les traiter par l'eau bromée qui est un désinfectant 
et un décolorant très énergiques, puis à les conserver 
dans une solution de sublimé additionnée d'acide 
chlorhydrique. 

Ce procédé aurait donné de très bons résultats et 
aurait le mérite d'une simplicité plus grande. 



(1) Rœser, Archives de médecine et de pharmacie inilitaireSj 
1891, p. 143. 



112 TECHNIQUE DE L'ASËPSlE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Stérilisation de l'eau. — C'est là une question 
de la plus haute importance et à laquelle on ne 
saurait attacher un trop grand intérêt. 

L'eau est en effet le véhicule de toutes les solutions 
antiseptiques que nous employons; elle doit servir 
comme liquide aseptique pour les nettoyages^ les 
lavages divers que nous étudierons plus loin. Elle 
doit autant que possible être débarrassée, non seule- 
ment de ses grossières impuretés, mais encore des 
microbes pathogènes qu'elle peut contenir en quantité 
plus ou moins considérable. 

Il est de toute nécessité que l'eau dont l'on se sert 
pour faire les solutions de sublimé, d'acide phéni- 
que, d'acide borique, etc., etc., soit de l'eau filtrée 
par le filtre Ghamberland, qt débarrassée de la sorte 
des matières organiques qui la souillent et englobent 
nombre de germes pathogènes que l'antiseptique 
n'arriverait pas à toucher et à détruire. Pour faire 
mieux encore, elle devrait être stérilisée par l'un 
des procédés que nous indiquerons plus loin, car il 
est démontré que la filtration par la bougie Gham- 
berland n'arrête que très imparfaitement les microbes, 
et à un moment donné, si elle n'est pas nettoyée et 
flambée assez fréquemment, il se fait à travers les 
porosités des cultures qui rendent absolument illu- 
soire la purification du liquide. 

Il faut mettre en garde contre l'opinion que 
l'on pourrait avoir que l'eau distillée est une eau 
chimiquement pure; il n'en est rien, attendu que la 
vapeur commence à se dégager à des températures 
bien inférieures à 100° et que même à 100° sous la 
pression atmosphérique ordinaire, l'eau bouillie peut 
n'être pas complètement stérilisée. 

Depuis que la chirurgie tend de plus en plus vers 
l'asepsie, la stérilisation de l'eau a pris une impor- 
tance de plus en plus grande. Certes les ébullitions 
successives détruisent les microorganismes et leurs 



STÉRILISATION DE L'EAU. 113 

spores; il n'en est pas moins vrai que "plusieurs peu- 
vent résister et que ce n'est qu'à 120° que Ton a une 
sécurité absolue. 

Yoici comment Tripier, de Lyon (1), a conseillé de 
procéder : Un ballon de verre est muni de deux tubes 
en verre très courts traversant le bouchon ; un de ces 
tubes présente un renflement rempli de coton pour 
que l'air qui pénétrera par là dans le ballon soit 
filtré. L'autre tube est destiné à recevoir un tube de 
caoutchouc sur lequel on placera une pince. Le 
ballon rempli d'eau de façon que les tubes n'y 
plongent pas sera chauffé à 120° dans l'autoclave. 
Le ballon retiré on adapte le tube de caoutchouc à 
celui de verre non muni de coton et il suffit d'incliner 
l'appareil pour régler l'écoulement. 

Pozzi ^2) a proposé le moyen suivant : On prend un 
ballon à long col effilé, incomplètement rempli ; on 
y fait bouillir l'eau, et dès que tout l'air a été chassé, 
on effile le goulot et on le ferme à la lampe à alcool 
ou au chalumeau. On peut alors placer ce ballon 
dans une éluve ordinaire et l'y soumettre à une 
température de 120° sans crainte de voir l'eau s'é- 
chapper en vapeur. Quand on veut s'en servir on 
casse le goulot et on y met un tampon de coton 
comme bouchon. Plusieurs ballons peuvent ainsi 
être préparés d'avance. 

Ces procédés ne sont pas pratiques et ne peuvent 
guère être employés que dans des cliniques hospita- 
lières ou privées, oîi l'on soit muni du matériel et du 
personnel nécessaires. 

Adnet vient de construire sous l'inspiration de 
Sorel (3) un appareil pour stériliser l'eau, applicable 
dans ces conditions et ne réclamant pas les manipu- 

(1) Tripier, De la stérilisation de l'eau destinée au pansement 
des plaies [Progrès médical, 14 juillet 1888, p. 18). 

(2) Pozzi, Traité de gynécologie, 1890, p. 26. 

(3) Sorel, Bulletins de la Soc. de chirurgie, p. 117, 1891. 



114 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

lations délicates que nous venons d'exposer. Son 
appareil se compose d'un alambic, chauffé par un 
réchaud à gaz, où l'on distille l'eau ; la vapeur d'eau 




passe dans des tubes (fîg. 23) on elle est surchauffée 
par une série de becs de gaz placés au-dessous d'eux, 
puis elle se condense en traversant un serpentin plongé 
dans un appareil réfrigérant. Ce serpentin l'amène 
directement dans deux réservoirs en cuivre herméti- 



STÉRILISATION DE L'EAU. 115 

quement clos communiquant en bas par un tube 
muni d'un robinet qui permet de faire passer l'eau 
de l'un dans l'autre par le système des vases commu- 
nicants. Chacun porte à l'extérieur un niveau d'eau. 
Le premier récipient contient de l'eau stérilisée 
froide; le second contient de l'eau stérilisée que l'on 
chauffe au moyen d'un bec de gaz, muni d'un régu- 
lateur. De chacun des récipients part un tube qui 
conduit l'eau stérilisée dans la salle d'opération où 
il y a deux robinets en verre ou en métal nickelé 
avec la suscription « eau stérilisée froide » et « eau 
stérilisée chaude ». 

Nous avons pu voir par nous -même le fonctionne- 
ment du modèle de la clinique de la rue d'Assasi. On 
y a reconnu de graves inconvénients produits surtout 
par le dépôt des sels calcaires et l'on a été obligé d'y 
remédier. Actuellement l'appareil fonctionne à peu 
près convenablement et donne de l'eau stérilisée à 
une température de 70 à 80 degrés. 

L'appareil installé au dispensaire Isaac Péreire 
et dont nous donnons la figure ci-contre, l'est aussi 
dans la salle d'opérations des Frères de Saint-Jean- 
de-Dieu, et y fonctionne très régulièrement, tout 
en donnant un débit relativement peu considérable 
(flg. 24). 

Nous citerons encore l'appareil de Herscher, Ge- 
neste et Rouart (1) qui stérilise l'eau par la chaleur 
sous pression de façon à lui enlever le moins possible 
de ses gaz et de ses sels. L'eau est stérilisée en vase 
clos à 120° ou 130°, sans production sensible de vapeur, 
qui permet de ne pas modifier sensiblement sa com- 
position. L'appareil, très économique, mais un peu 
compliqué comme installation, fournit de l'eau ab- 
solument stérile, quand le chauffage à 120° aété main- 



(1) Rouart, Geneste et Herscher, Soc. de méd.publ. et d'hygiène, 
novembre 1890, etPouchet, Annales d'hygiène^ 1891, t. XXV, p. 305, 



lir. TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

tenu pendant quinze minutes ou quand on a chauffé 

pendant dix minutes à 130°. 

- Pour nous résumer, il est certain que l'insLallalion 



-'i'^ Giianiii 




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de ces derniers appareils serait un grand avantage 
pour tous les services de chirurgie, pour les hôpitaux 
ou maisons de santé, et il est à désirer qu'elle ait lieu 
dans un bref délai. 
■ Toutefois rappelons-nous au point de vue de la 



STÉRILlSATIOiN DE L'EAU. 117 

pratique journalière que l'eau bouillie et rebouillie 
dans un récipient propre est suffisamment stérile 
pour nous donner toute garantie au point de vue 
chirurgical et en particulier au point de vue de 
l'asepsie. 

Nous n'avons pas besoin d'indiquer comment elle 
nous est fournie dans la pratique courante. Il suffit 
défaire bouillir l'eau en quantité demandée dans un 
récipient bien propre pendant trente minutes puis de 
la recevoir dans des vases passés à une solution de 
sublimé à l/lOOO et bien bouchés. 

On aura soin d'avoir de l'eau chaude et de l'eau 
froide. 

Avant d'avoir une installation qui nous permît 
d'obtenir l'eau bouillie en grande quantité, nous avions 
fait construire une chaudière en nickel munie d'un 
robinet, de la contenance de vingt litres environ et 
chauffée par un réchaud à gaz. Cette eau bouillie nous 
servait pour les lavages, les irrigations, la prépara- 
tion des compresses et tampons aseptiques, réchauf- 
fement et la dilution des solutions antiseptiques, etc. 

Le nouvel appareil qui fonctionnera dans notre 
salle d'opérations et nous fournira en abondance eau 
bouillie chaude et froide est installé comme celui de 
la maison des Frères Saint- Jean-de-Dieu et des Sœurs 
de la rue Bizet. 

Il se compose d'une grande caisse en cuivre de la 
contenance de 100 à 150 litres environ chauffée par 
une série de becs de Bunsen, et qui reçoit de l'eau 
filtrée par des bougies Chamberland. L'eau portée à 
l'ébuUition est reçue dans un récipient où elle se 
refroidit ; des deux caisses partent des tuyaux abou- 
tissant à un robinet installé de façon que suivant la 
position qu'on lui donne, on peut à volonté obtenir 
de l'eau bouillie très chaude, de l'eau froide, ou un 
mélange à une température bonne pour le lavage des 
mains. 

7. 



118 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

On se sert beaucoup aujourd'hui en lieu et place 
d'eau stérilisée, dans la chirurgie aseptique, de la 
solution dite physiologique de clilorure de sodium. 

Le professeur Heymans, de Gand (1), a récemment 
imaginé plusieurs procédés pour la préparer rapide- 
ment avec toutes les garanties d'asepsie. Pour l'obte- 
nir pure de germes, il ajoute au liquide de Bergmann 
(solution aqueuse et bouillante de carbonate de 
soude) de l'acide chlorhydrique; l'acide carbonique se 
dégage, et il reste du chlorure de sodium dissous. 
L'ébullition peut se faire dans tout vase en métal 
émaillé ou nickelé; on ajoute l'acide lentement, jus- 
qu'à ce que la solution présente une réaction neutre 
d'alcaline qu'elle était auparavant. Si la réaction était 
devenue acide, on ajouterait de nouveau un peu de 
carbonate de soude pour la ramener à l'état neutre. 
C'est avec le papier de tournesol qu'on se renseigne 
sur la réaction. 



Préparation et stérilisation des drains. 

Des drains. — Les drains dont nous nous servons 
habituellement, et qui nous ont satisfait dans toutes 
circonstances, sont en caoutchouc rouge vulcanisé. 
Assez souvent, nous usons aussi du drainage avec des 
crins de Florence associés en faisceau, du catgut, de 
la gaze chargée d'un produit antiseptique. Nous 
n'avons jamais employé les drains rigides en os, en 
aluminium, en verre, ou encore en os décalcifié. 

Les drains en caoutchouc rouge doivent présenter les 
qualités suivantes : pas trop de mollesse, malgré une 
paroi relativement mince ; un calibre suffisant pour 
le facile écoulement des liquides; tout en étant sou- 
ples ils ne doivent pas s'aplatir sous une faible pres- 

(1) H. Bocquiilon-Limousin, Formulav^e de V antisepsie et de la 
désinfection^ p. 241, J.-B. Baillière et fils. Paris, 1893. 



DES DRAINS. 



119 



sion. Les trous dontils sont percés latéralement doivent 
être suffisamment rapprocliés et taillés de façon à ne 
pas trop diminuer à ce niveau la résistance du drain, 

Il faut en avoir de différents calibres, depuis celui 
de6à 7 millimètres jusqu'à 3 à 4. Au-dessous de ce dia- 
mètre, leur lumière devient insuffisante, et nous leur 
préférons de beaucoup les tresses de crins 
de Florence ou de catgut. 

Avant de s'en servir, il faut les désin- 
fecter et les maintenir indemnes de tout 
germe. Pour arriver à ce résultat, on 
pourra s'y prendre de façons différentes. 
Quand on a à sa disposition une étuve 
sèche ou à vapeur, on pourra les introduire 
dans des éprouvettes ou des bocaux, et 
les stériliser à une température de 160° 
ou de 1:20° pendant une demi-heure. Le 
caoutchouc rouge n'est pas altéré. On 
verse ensuite sur eux, pour les conserver, 
soit une solution phéniquée à 50 p. 1000, 
soit mieux encore une solution de sublimé 
à 1 p. 1000. On les relire au fur et à mesure 
des besoins. Quand on n'a pas d'étuve, on 
désinfectera les drains en les faisant 
bouillir pendant une demi-heure dans de 
la solution de sublimé à 1 p. 2000, et on 
les conservera comme précédemment. 

Il sera bon de tenir toujours le réci-^j,. „. ^, 

•^ rig.2o. — Fla- 

pient qui les contient (bocal ou éprou- con avec ses 
vettes fermées) plein de la solution anti- drains, 
septique, qu'on renouvellera tous les 
quelques jours si on y puise souvent. Nos fabricants 
d'instruments de chirurgie construisent, depuis quel- 
que temps, des éprouvettes fermées par un bouchon 
à vis garni de caoutchouc, qui peuvent contenir un 
certain nombre de drains de plusieurs calibres con- 
servés dans la solution antiseptique (fîg. 25). 



420 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Comme drains, dans de petites opérations, quand le 
drainage nous paraît indiqué, nous employons sou- 
vent des faisceaux de crins de Florence, les mêmes 
que ceux qui nous servent pour les sutures. Nous as- 
socions plusieurs crins et les relions par deux autres à 
chaque extrémité. Le catgut e.-t peut-être moins pra- 
tique, d'ai)ord parce qu'il est plus difficile à désin- 
fecter, ensuite parce qu'il gonfle dans les tissus et 
bouche quelquefois l'orifice de sortie avant sa 
résorption. 

Les mèches de gaze antiseptique, iodoformée ou 
salolée peuvent aussi servir de drains le cas échéant; 
mais nous leur préférons de beaucoup, en général, les 
tubes en caoutchouc. Pour les opérations sur le petit 
bassin et l'abdomen, le drain-tampon de Miivulicz est 
excellent. On attache avec un fil de soie le milieu d'un 
carré de gaze iodoformée, qu'on dispose sous forme 
de sac dont le fond est appliqué sur la région à tam- 
ponner et à drainer, le lil constituant l'axe centrai 
du sac. Le goulot de la poche et le fil qui en forme 
le centre ressortent par l'orifice laissé à la paroi abdo- 
minale et on la bourre ensuite de lanières de gaze 
iodoformée. On constitue de la sorte un tampon-drain 
antiseptique que l'on retire lorsqu'il le faut, en exer- 
çant des tractions sur le fil qui se fixe au fond de la 
poche. 

Les drains rigides et les drains résorbables ne nous 
occuperont que peu ; si leur emploi n'est pas devenu 
plus général, c'est qu'ils ne présentent pas les avan- 
tages des autres modes de drainage que nous avons 
passés en revue. 

Les drains en caoutchouc durci ont été employés 
et préconisés par Lucas Championnière. Ils peuvent 
être utiles dans les régions qui s'aplatissent facile- 
ment sous le pansement. Ils peuvent être facilement 
nettoyés et aseptisés, mais ont le grand inconvénient, 
comme tous les tubes rigides, d'appuyer par leur 



DES DRAINS. i21 

extrémité sur les parties molles, et d'être souvent dif- 
ficilement tolérés. Le même reproche est applicable 
aux tubes de verre préconisés par Burckard en 1876, à 
ceux en aluminium, en celluloïd, qui offrent, en 
oulre, prise à l'action d'un certain nombre de sub- 
stances antiseptiques. Kocher, à Berne, se sert toute- 
fois des drains en verre d'une façon constante. Il leur 
reconnaît le grand avantage d'être très facilement 
rendus aseptiques par la mise à Tétuve ou le séjour 
dans des solutions antiseptiques, d'être facilement 
nettoyés et parfaitement tolérés par les tissus, sans 
jamais se courber ou s'aplatir. Tout cela est possible, 
mais n'empêche pas que le verre est rigide, cassable, 
et que nous ne reconnaissons nullement sa supério- 
rité sur le bon caoutchouc, qui n'est pas encore près 
d'être détrôné. 

Le désir d'appliquer un pansement permanent a 
poussé les chirurgiens à employer des drains faits en 
substances résorbables. Ceux en os décalcifié se pré- 
parent en plongeant des cylindres taillés dans des os 
de bœuf ou de cheval, pendant dix heures, dans une 
solution d'acide chlorhydrique à 50 p. 400. On les con- 
serve ensuite dans une solution phéniquée à 10 p. 100. 
La décalcification a lieu de telle façon que la résorp- 
tion spontanée soit effectuée entre le septième et le 
neuvième jour. Trendelenbourg, Macewen, ont décal- 
cifié des os de poulets, de canards (fémur, tibia), 
puis les ont rendus aseptiques en les plongeant dans 
des solutions antiseptiques, et en particulier dans 
la glycérine phéniquée ou sublimée à 10 p. 100 ou à 
1 p. 100. 

Cette grosse question de la préparation des drains, 
du choix du meilleur des drains résorbables, a beau- 
coup diminué d'intérêt depuis que le drainage a été 
largement abandonné dans le traitement d'un grand 
nombre de plaies opératoires. Malgré tout, elle mé- 
rite encore une place importante, comme nous le 



122 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

verrons encore mieux en nous occupant du drainage 
en général . 

Préparation, désinfection ou stérilisation des fis 
à ligatures et à sutures. 

Tout fil, pourvu qu'il soit désinfecté, peut servir le cas 
échéant à une ligature ou à une suture. En général 
nous nous servons dans ce but de catgut, de soie, de 
crin de Florence, plus rarement de fils métalliques. 

Comme ligatures et sutures profondes ou perdues 
nous conseillons le catgut et la soie. 

Du catgut. — Le catgut serait certainement la 
ligature de choix et le fîl de suture perdue par ex- 
cellence , si l'on arrivait à le désinfecter suffisam- 
ment. C'est en effet le seul qui soit résorbable en tota- 
lité et ne constitue pas un corps étranger plus ou 
moins bien toléré par les tissus qui l'entourent. 

Aussi, s'est-on évertué dans ces dernières années à 
chercher des préparations nouvelles du catgut, sans 
d'ailleurs être encore arrivé à la perfection. 

Lister conseillait la préparation suivante : On fait un 
choix de cordes à boyaux, on prend de préférence la 
corde non blanchie et on laisse plonger ces cordes 
pendant cinq à six mois dans le mélange suivant : 

Acide phénique 20 grammes. 

Eau 2 — 

Huile d'olives 100 — 

Dans ce liquide, la corde à boyau se ramollit et 
prend une transparence nouvelle. Plus le catgut était 
vieux, meilleur il était au point de vue de la sou- 
plesse et de la résorbabilité. Malheureusement sa 
résistance en souffrait et c'est pour cela que Lister a 
recommandé une nouvelle manipulation que voici : 
pour lui donner la résistance voulue et achever sa 
désinfection on le plonge pendant quarante-huit 
heures dans le mélange suivant : 



DU CATGUT. 123 

Acide chromique 1 gramme . 

Acide phénique 200 — 

Eau 4000 — 

Pour 200 grammes de catgut. 

Cela fait on le roule sur des bobines de verre que 
l'on conserve ensuite dans une solution d'huile phé- 
niquée au 1/JO. Actuellement encore, notre collègue 
Just Championnière se sert toujours de catgut préparé 
d'après la formule primitive et s'en trouve très bien. 

Nous nous sommes tous servis de ce catgut, et nous 
nous rappelons ses inconvénients, à côté de sa pré- 
paration longue et difficile. 

Toutes les fois que nous nous en servions, nous 
avions d'abord grand soin de le dégraisser superfi- 
ciellement en le frottant dans une compresse phé- 
niquée au 1/20, puis de le plonger quelque temps 
avant l'opération dans une solution phéniquée forte 
de façon à rendre au fil de la souplesse qu'il avait 
souvent perdue. 

Depuis ce premier catgut de Lister, nombre de 
formules ont été préconisées pour stériliser et con- 
server le catgut. Nous n'en retiendrons que celles 
qui nous paraissent les meilleures sinon les plus 
commodes. 

Yoici comment Kiimmel, qui dit en avoir obtenu d'ex- 
cellents résultats, prépare son catgut iodoformé : sté- 
rilisation à la chaleur sèche à 80° pendant trois quarts 
d'heure une première fois et à 130° pendant une heure 
une seconde fois. Ce catgut stérilisé par la chaleur 
est ensuite laissé à demeure dans de l'alcool saturé 
d'iodoforme. 

A. Reverdin, de Genève (1), recommande le procédé 
que voici : Il faut avant tout avoir des cordes non 
graissées^ les faire fabriquer spécialement et dégraisser 
par des lessives répétées. 

(1) A. Reverdin, Hevueméd. de la Suis se romande^ 1888, pages 348, 
444, 558. 



124 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Les cordes ainsi obtenues sont soumises aux ma- 
nœuvres suivantes : d'abord stérilisation par la cha- 
leur à Tétuve sèche pendant quatre heures à 140°. 

Au bout de ce temps elles sont retirées de l'étuve, 
puis plongées dans un flacon rempli d'huile de 
genièvre où elles séjournent pendant vingt-quatre 
heures. De la elles passent dans de l'alcool absolu où 
elles sont conservées. Au moment de s'en servir on 
les plonge dans la solution phéniquée à5p. 100. A. Re- 
verdin a eu la bonté de m'écrire tout récemment qu'il 
continuait à être très satisfait de son mode de prépa- 
ration et surtout des excellents résultats qu'il en 
obtenait. 

Nous nous sommes servi nous-même de ce catgut 
préparé par notre ami le docteur Reverdin et les 
résultats obtenus ont été de tous points excellents. 

Pas une seule fois nous n'avons vu, après des liga- 
tures ou sutures perdues, se former un phlegmon ou 
un abcès. Il est certain que ce produit est excellent à 
tous égards, comme résistance, souplesse et surtout 
stérilité. 

Rrunner (1), qui s'est beaucoup occupé de la désin- 
fection du catgut et l'a ardemment défendu contre 
les attaques violentes dont il a été et est encore l'objet, 
conseille la préparation suivante : 

Le catgut brut brossé vigoureusement est enroulé 
sur des bobines de verre, puis placé dans l'éther, pour 
le débarrasser de la graisse qui d'après lui est un 
obstacle à la désinfection complète, pendant vingt- 
quatre à quarante-huit heures suivant son épaisseur. 
Pour s'assurer qu'il n'}- a plus de graisse à dissoudre, 
on évapore de temps à autre un peu du liquide dans 
un verre de montre et on change l'éther jusqu'à ce 
qu'il n'y ait plus aucun résidu ; une fois bien dégraissé, 



(l) Bvanner, Ueôer CaLgutinfection {Beltrdge zur klinische C/ii" 
rurgie. Baud VI, S. 98, 1890, et Band VII, S. 447, 1891). 



DU CATGUT. 125 

on le fait séjourner pendant vingt-quatre heures dans 
une solution de sublimé au 1/1000, puis on le conserve 
dans de l'alcool absolu. 

Dans une deuxième manière de faire, après avoir 
été dégraissé le catgut est placé dans des doubles de 
papier buvard et porté pendant quatre heures dans 
une étuve sèche à 140°, enfin conservé dans l'alcool 
à 95°. 

Curtillet (1) donne un mode de préparation beau- 
coup plus simple qui consisterait à stériliser le catgut 
dans un vase de verre non fermé à une température 
de 140*^ à 150°, puis à le tremper dans de l'alcool 
absolu pour l'y conserver, 

Larochette (2) remplace l'alcool absolu par une 
solution huileuse au 1/10 d'acide phénique. 

Braatz (3), après une étude critique et bactériolo- 
gique de la préparation du catgut, a adopté la manière 
de faire que voici : le dégraisser dans Téther de vingt- 
quatre à quarante-huit heures; le placer ensuite pen- 
dant vingt-quatre heures dans la liqueur de Van Swie- 
ten, enfin le conserver dans l'alcool absolu. 

Pour notre part nous nous sommes servi et nous ser- 
vons encore habituellement de ce catgut préparé par 
le dégraissage dans l'éther, non stérilisé par la chaleur, 
qui l'altère presque toujours quand il n'a pas été spé- 
cialement et complètement dégraissé, puis antiseptisé 
par le sublimé au l/IOOO, enfin conservé dans une so- 
lution aqueuse et alcoolique de naphtol p au 1/100 ou 
encore dans une solution de sublimé dans neuf parties 
d'eau pour une partie d'alcool. 

Quand le catgut est retiré du flacon qui le contient, 

(1) Curtillet, Stérilisalion du catgut {Province médicale, n» 20, 
p. 234, 1890). 

(2) Larochette, Stérilisation du catgut 'par la chaleur [Lyon 
médical, l^juin 1890, p. 150). 

(3) Braatz, Z^^y' Cagutfrage. (Petersburger med. Wochenschrift, 
no 10, p. 79, 1889). — Beitroge zur klin'sche Chirurqie., 
Bapd VllI, S. 463. 1892, 



126 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

il est plongé dans une solution phéniquée au 1/20 où 
il séjourne au moins pendant une vingtaine de mi- 
nutes avant d"étre employé. 

Cette manière de le préparer nous a presque tou- 
jours satisfait au triple point de vue de l'asepsie, de 
la solidité et de la souplesse. 

Notre ami le docteur Poucet, de Lyon, nous envoie 
sur le mode de préparation employé dans sa clinique 
les renseignements suivants : 

Les fds sont immergés pendant au moins huit jours 
dans une solution éthérée de sublimé corrosif à 1/1000. 
Ils sont ensuite stérilisés à la chaleur sèche à 115° 
pendant trente minutes et placés dans des flacons 
contenant en quantité suffisante pour imprégner les 
cordes, un mélange à portions égales de : 

Essence de genièvre à point d'ébullition élevé; 

Acide thymique ; 

Pétrovaseline. 

Le flacon n'est ouvert qu'au moment de l'opé- 
ration. 

Pour la conservation des fils restants, Poncet em- 
ploie l'alcool absolu dans lequel ils sont complètement 
immergés. 

Il est certain que nous avons omis nombre de pro- 
cédés pour faire du catgut; notre intention n'a pas été 
de fournir une énumération complète, mais bien plus 
les indications qui nous ont paru les plus utiles. 

Pour notre compte, nous serions assez disposé à 
employer la manière de faire de notre ami le profes- 
seur Reverdin; c'est là certainement un des procédés 
les plus simples, mais à condition d'avoir sous la main 
un fabricant qui dégraisse suffisamment le catgut brut 
qu'il doit livrer. 

Parmi les autres procédés qui emploient la chaleur 
puis un antiseptique, ou bien les antiseptiques seuls 
pour arriver à la désinfection, celui de Braatz, celui 
de Leclerc, qui prépare le catgut dont nous usons dans 



DU CATGUT. 127 

notre service, me paraissent les plus simples et les 
meilleurs. 

En fait, comme nous l'avons dit au début, le catgut 
aseptique est le fil à ligature ou à sutures perdues 
idéal. Mais précisément le nombre des procédés indi- 
qués pour sa préparation et dont forcément Ténumé- 
ralion a été incomplète, démontre la difficulté qu'il y 
a de l'obtenir stérile et par conséquent inofîensif pour 
les tissus qui le renferment. De là les polémiques sans 
nombre suscitées; les uns confiants dans leur mode 
de préparation et les résultats obtenus, le défendent 
à outrance; les autres, comme Kocher, de Berne, n'en 
veulent, pour ainsi dire, plus entendre parler, et lan- 
cent contre luil'anathème : Fort mit dem Catgut! <XU' 
trem.ent dit : Mettons de côté le catgut. 

Sans aller jusqu'à insister sur un cas de transmis- 
sion du charbon par le catgut, il faut bien reconnaî- 
tre que dans un certain nombre de circonstances il 
doit être accusé d'accidents inflammatoires, de suppu- 
rations qui sont dues à n'en pas douter à sa stérilisa- 
tion imparfaite, et aussi, nous en sommes de plus en 
plus fermement convaincu, à certaines conditions sur 
lesquelles nous allons insister. 

Yoici comment les choses se passent la plupart du 
temps. Supposons une plaie réunie par première 
intention, une plaie de laparotomie. On a fait la su- 
ture en étages, du péritoine^ des muscles et des aponé- 
vroses au catgut en surjet, celle de la peau au crin de 
Florence. Les premiers jours tout va bien. Vers le hui- 
tième ou dixième jour, il se manifeste une légère élé- 
vation de température, un peu de rougeur au niveau 
des points de sutures superficiels ; puis l'on constate 
l'apparition d'une collection purulente qui se forme 
au-dessous de la ligne des sutures cutanées. Leur 
désunion donne issue au pus et tout rentre dans l'or- 
dre; mais la guérison est retardée, et très souvent on 
constate l'élimination de fragments du catgut ser- 



128 TECHNIQUE DE L'àSEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

vant aux sutures profondes. Fait à remarquer, dans 
presque tous les cas où nous avons pu observer cet en- 
nui qui s'est produit trois fois Tannée dernière dans nos 
opérations de laparotomie qui se chiffrent par soixante- 
dix, il nous a semblé que la suppuration avait été pré- 
cédée d'un épanchement sanguin entre les divers plans 
suturés et non solidaires, que le catgut baignant cet épan- 
chement l'a infecté secondairement sans se résorber. 

Nous nous sommes demandé si le catgut en con- 
tact avec une collection sanguine, formée dans un 
espace mort, c'est-à-dire un espace dont les parois ne 
sont pas facilement accolées, ne donne pas lieu et cela 
avec un minimum d'infection, à des accidents. Il est 
certain qu'entouré de sang il ne peut bénéficier de la 
phagocytose, qui est un des principaux éléments de 
lutte de l'organisme contre les microbes ; le sang four- 
nit au contraire à ceux qui peuvent avoir résisté à la 
stérilisation un milieu de culture favorable oi^i ils 
pullulent, produisant ensuite de la suppuration. La 
résorption du fil dans ce cas n'a pu être assez rapide, 
par cela même qu'il n'est pas entouré partout de tis- 
sus susceptibles de le résorber. 

Il est donc certain pour nous qu'une des conditions 
essentielles de l'emploi du catgut est le parfait con- 
tact du fil avec les tissus qui l'entourent, qui doivent 
le résorber et lutter en même temps, par la phagocy- 
tose, contre les quelques éléments microbiens patho- 
gènes qu'il pourrait encore contenir; de plus, il faut 
une hémostase parfaite, empêchant la production 
d'hématomes, d'épanchementsséro-sanguins, milieux 
tout préparés pour une culture microbienne, et en 
particulier pour les microbes de la suppuration. 

Nous nous sommes attachés à réaliser la disparition 
de ces desiderata, et dans tous les cas où nous nous 
sommes servi dans ces derniers temps du catgut de 
Reverdin stérilisé par la chaleur ou de celui de 
Leclerc, nous n'avons vu se produire aucun accident. 



DU CATGUT. 129 

En somme, dans les opérations de cure radicale de 
hernies, d'ablation de tumeurs, de masses ganglion- 
naires non suppurées, où de préférence il a été em- 
ployé, la réunion immédiate a été parfaite et s'est 
maintenue. 

Notre opinion est donc plutôt favorable que défa- 
vorable à l'usage du catgut, sans que nous soyons 
d'ailleurs exclusif à cet égard ; car nous employons 
la soie plus souvent que lui, pour les raisons que nous 
indiquerons plus loin. En effet, outre la stérilité qui est 
la condition essentielle de son existence, il faut encore 
que le fil ne se résorbe pas trop rapidement quand il 
s'agit de sutures destinées à tenir un certain temps 
ou de ligatures perdues de gros vaisseaux. 

Le mécanisme de cette résorption est aujourd'hui 
parfaitement connu. 

Il consiste essentiellement dans un envahissement 
du fil par des cellules embryonnaires et les globules 
blancs qui prolifèrent, tandis que le fil disparaît. Sui- 
vant sa grosseur, il faut en général de huit à quinze et 
vingt jours et même davantage pour observer la ré- 
sorption complète et la disparition. 

Les catguts sont numérotés depuis le 00 jusqu'au 
n" 5. Le 00 est le plus hn, le n° 5 est le plus gros. 

Les catguts très fins servent très rarement; on n'a 
guère l'occasion de les utiliser que pour les sutures 
intestinales, viscérales, etc. 

Les catguts n° 5 servent surtout pour la ligature 
des pédicules. 

Les numéros les plus courants sont les n°' 1, 2 et 3, 
pour les ligatures et sutures usuelles. 

Le catgut nous est actuellement présenté enroulé 
sur des bobines de verre, dans de petits flacons rem- 
plis de solutions antiseptiques diverses dans lesquelles 
il baigne, et hermétiquement fermés. Le mieux est de 
ne les ouvrir qu'au moment de s'en servir et de le 
faire tremper pendant dix à quinze minutes avant 



130 TECHNIQUE DE l'âSEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

l'usage dans une solution antiseptique forte, telle que 
Teau phéniquéeaul;20, ou la liqueur de Yan Swieten. 
Celui qui n'aura pas servi sera replacé dans les fla- 
cons et ne sera employé que dans des cas de plaies 
exposées ou d'opérations sur des tissus infectés, où 
la réunion immédiate est contre-indiquée. 11 sera bon 




Fig. 2G. — Boîte à fiis pour sutures et ligatures. 

de faire faire un essai bactériologique de tout pro- 
duit non préparé selon des indications données et il 
vaut mieux fabriquer soi-même son catgut si l'on veut 
avoir plus de sécurité. 

Les fabricants d'instruments de chirurgie ont cons- 
truit de petits appareils destinés aussi bien à recevoir 
lescatguts,les soiesetautresfilsà sutures etquiunefois 
garnis peuvent fonctionner pendant un certain temps. 

Telle est la petite boîte de Matbieu représentée ci- 
dessus (fig. 26). 



DES FILS DE SOIE. 131 

Pour notre compte nous préférons à ces appareils 
ingénieux et à coup sûr très coquets à l'œil, le vulgaire 
flacon en verre, à large goulot, bien fermé par un bou- 
chon en caoutchouc, facilement stérilisable et facile 
à trouver et à remplacer. 

Des fils de soie. — La soie est certes aujourd'hui 
un des matériaux les plus employés pour les ligatures 
et sutures, et cette vogue elle la doit surtout à sa fa- 
cile stérilisation, à sa préparation simple et accessible 
à chacun de nous. 

La soie est, comme on le sait, le produit du ver à 
soie. Elle est livrée pour les usages chirurgicaux sous 
forme de soie ronde ou de soie plate. Cette dernière a 
le grand avantage d'être plus solide et de former des 
nœuds qui se défont moins facilement. Nous possé- 
dons des numéros variés depuis le 00 jusqu'au n° 5; 
mais les plus usuels sont les n°^ 1,2, 3^ et 5 pour les 
gros pédicules ou les sutures de certaines parties très 
résistantes ou difficiles à maintenir affrontées. 

La soie du commerce est livrée sous forme d'éche- 
veaux, que l'on prépare de la façon suivante : Le fil, 
enroulé d'abord sur des bobines en verre, est bouilli 
pendant un quart d'heure à vingt minutes dans une 
capsule en porcelaine contenant soit de l'eau phéni- 
quéeào p. 100, soit de la liqueur de Van Swieten (su- 
blimé au i/1000). Delà elle est placée dans des bocaux 
en verre bouchés à l'émeri ou au caoutchouc, préala- 
blement désinfectés par le flambage ou une solution 
antiseptique forte, et conservée, soit dans de l'eau 
phéniquée à 5 p. 100, soit dans du sublimé à 1/1000, 
soit encore dans une solution hydro-alcoolique de na- 
pbtol au 1/100. 

Pour plus de garantie on peut, comme le conseille 
M. Baudouin, faire bouillir la soie à plusieurs jours 
d'intervalle, afin de tuer les spores devenues adultes à 
leur tour; mais ces ébullitions successives ont l'incon- 
vénient de rendre le fil cassant. 



132 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L-ANTISEPSIE. 

Pour notre compte, nous nous servons de la soie 
préparée par Leclerc, et nous avons soin de la faire 
bouillir immédiatement avant l'opération dans une 
solution de sublimé au 1/1000. 

De cette façon on obtient un produit tout à fait asep- 
tique, comme le démontrent les essais de culture qui 
restent constamment négatifs. On peut encore la sté- 
riliser à l'étuve à vapeur sous pression, puis la con- 
server comme cela est indiqué plus haut. 

La soie présentant ces grands avantages, pourquoi 
la voyons-nous systématiquement repoussée par nom- 
bre de chirurgiens ? C'est qu'elle n'est pas résorbable. 
Elle constitue toujours au sein des tissus où elle se 
trouve logée un corps étranger qui quelquefois n'est 
pas toléré, et peut à un moment donné devenir le 
centre du développement de cultures microbiennes 
amenées par la voie circulatoire ou existant dans ces 
points. 

D'après certains chirurgiens, et Cari Brunner cite 
à cet égard l'autorité de Socin, de Baie, la ligature 
ou suture de soie peut être éliminée après forma- 
tion d'un abcès sans qu'il y ait nécessairement des 
microorganismes. 

Eiselsberg, l'assistant deBillroth, a remarqué après 
des laparotomies, la formation d'abcès sans microbes 
et quoique les soies fussent bouillies auparavant. 

Pour notre compte nous n'avons que rarement ob- 
servé semblable accident. Mais , il nous est arrivé nom- 
bre de fois de retrouver dans les opérations pour 
récidives de tumeurs, à un ou deux ans d'intervalle, 
des fils de soie enkystés dans les tissus et absolu- 
ment intacts. 

Notre collègue et ami le professeur Poncet, de Lyon, 
est par contre l'ennemi déclaré de la soie. Il a vu 
plusieurs fois des ligatures perdues provoquer au hui- 
tième ou dixième jour les accidents les plus graves. 
Il les attribue à une infection autochtone par le sujet 



1)ËS FILS DÉ SOIE. 133 

lui-méiïie par ses voies circulatoire et respiratoire. 

D'après lui, des germes se localisant au niveau 
de la région opérée, y trouvent des fils poreux qui 
jouent le rôle d'une véritable éponge, ils les pénè- 
trent, s'y installent et provoquent les accidents. 

La soie, qui forme à demeure un véritable corps 
étranger, ne resterait pas longtemps aseptique et anti- 
septique et cela surtout dans certains tissus, comme 
la graisse de certaines femmes, les muscles de cer- 
tains sujets. 

Aussi nous, qui tenons beaucoup pour la soie, 
parce qu'elle nous a toujours donné, comme à bien 
d'autres, et nous citerons en particulier Terrier, 
Quénu, etc., comme ligaturesetsutures perdues d'exce- 
lents résultats, recommanderons-nous de désinfecter 
soigneusement le point même où la sature ou ligature 
est appliquée. De plus nous sommes d'avis qu'il faut 
être ménager des sutures ou ligatures, et n'employer 
que strictement les fils qu'il faut et la grosseur de fil 
nécessaire, se rappelant toujours qu'il s'agit non pas 
d'un fil résorbable, mais d'un corps étranger qui sera 
d'autant mieux toléré qu'il se dissimulera davantage. 
Enfin toutes les fois qu'il existera un foyer trauma- 
tique en communication avec l'extérieur, il faudra 
s'attendre à voir le fil de soie devenir le point de 
départ de suppuration jusqu'à sa complète élimi- 
nation. 

A côté de ses grandes qualités, la soie a un autre 
inconvénient comme suture, c'est de couper assez 
rapidement les tissus, surtout certains d'enlre eux; il 
est bon d'être prévenu et de ne la laisser que le temps 
voulu pour la formation des adhérences cicatricielles. 
En somme il ne faut pas être exclusif à l'égard de 
tel ou tel matériel de suture ou de ligature. Le 
catgut serait sans contestation le roi des fils, si nous 
possédions un produit constamment stérile et facile 
à stériliser. Gomme cela n'est pas en général, la soie 
Sghwartz, Asepsie et Antisepsie. 8 



134 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISÉPStE. 

restera longtemps encore entre nos mains; si elle a 
l'inconvénient de constituer un corps étranger, elle a 
par contre le mérite incontestable de se prêter à une 
stérilisation facile, efficace et absolue et de se trouver 
dans ces conditions à la portée de tous les prati- 
ciens. 

Quant au chanvre, au lin que l'on a voulu utiliser 
systématiquement comme matériel de ligature et de 
suture, nous n'y insisterons pas ; ces substances pré- 
sentent tous les inconvénients de la soie et aucun de 
ses avantages, et l'on ne doit s'en servir que lors- 
qu'on n'a pas de soie à sa disposition. 

Crins de Florence. — Les crins de Florence ne 
sont autre chose que la glande sétigère du ver à 
soie étirée, nettoyée avec soin et desséchée. Cette 
substance constitue un excellent fil à suture ; il est 
lisse, ne coupe pas les tissus sur lesquels on l'appli- 
que, même quand on le laisse longtemps en place 
sous un pansement rare; il se retire très facilement 
sans faire nullement souffrir Fopéré ou le blessé, 
comme le font certains autres fils, ceux en métal par 
exemple. Sa stérilisation est relativement simple. 
Après avoir trié les crins et les avoir divisés en gros, 
moyens et fins, on les traite comme la soie, les fai- 
sant bouillir dans une solution de sublimé au 1/1000 
ou d'acide phénique au 1/20, puis on les conserve 
pour maintenir leur désinfection dans des tubes de 
verre, où ils demeurent repliés en anse et faciles à 
retirer. Ces tubes sont remplis soit de liqueur de Van 
Swieten, soit de solution phéniquée forte. 

Pour la pratique courante, il suffit de plonger les 
crins bien nettoyés dans les solutions antiseptiques 
que nous venons d'indiquer sans même les avoir fait 
bouillir, pourvu qu'ils y séjournent un temps suffisant 
(24 heures). De la sorte le fil perd de la rigidité qu'il 
présente avant sa préparation, il devient souple et 
maniable presque comme un catgut. Aussi certains 



FILS MÉTALLIQUES. 13b 

chirurgiens n'ont-ils pas hésité à le préconiser comme 
ligature. 

Il présente cependant à ce point de vue certains 
inconvénients. 

Le nœud coupé trop au ras peut se défaire ; si 
on laisse dépasser les bouts, ils constituent deux 
petites pointes rigides et douloureuses. 

Le crin de Florence est, à notre avis, la meilleure 
des sutures superficielles, et nous ne saurions trop le 
recommander dans la très grande majorité des cas. 

Nous ne ferons que citer au passage les iîls de ten- 
dons de kanguroo que l'on a beaucoup vantés comme 
sutures et ligatures résorbables. Ce sont là des engins 
sur l'emploi desquels nous n'avons aucune notion, 
parce qu'on ne se les procure que très difficilement. 

Fils métalliques. — Ce sont des fils en argent 
presque toujours, quelquefois en fer recuit. 

Le fil d'argent a été et sera toujours un excellent 
fil à suture. 

11 présente en effet le grand avantage de pouvoir 
être employé aussi fin qu'on le voudra et de pouvoir 
être stérilisé très facilement soit à l'étuve sèche, soit 
au-dessus d'une flamme de gaz ou d'alcool. Une fois 
stérilisé, on le conservera dans des tubes en verre 
eux-mêmes stérilisés et bouchés avec un tampon 
d'ouate, ou bien encore on le restérilisera séance 
tenante. 

Les mêmes préparations sont appliquées efficace- 
ment au fil de fer recuit. 

Nous ne nous servons plus que très rarement de fils 
d'argent, depuis que nous avons à notre disposition 
les crins de Florence. Tout en reconnaissant tous les 
avantages du fil métallique que l'on peut employer 
aussi fin que l'on veut, qui malgré tout est résistant 
et est avec cela facilement stérilisable, il n'en est pas 
moins avéré qu'il ne possède pas la souplesse du crin 
de Florence et qu'il sectionne plus facilement les 



136 TECHiNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

tissus que ce dernier. Hien n'est plus démonstratif à 
cet égard que la suture de la paroi abdominale après 
une laparotomie. 

Quelle différence entre l'ablation des sutures aux 
crins de Florence et celle des fils d'argent que nous 
employions autrefois ! 

Toutefois le fil d'argent restera toujours le meil- 
leur agent de suture pour les fistules vésico-vaginales, 
les opérations anaplastiques sur la verge, où rien ne 
peut le remplacer. 

Matériaux pour sutures osseuses. — A côté 
des fils d'argent dont nous nous servons assez cou- 
ramment pour suturer deux fragments osseux, se pla- 
cent aujourd'hui les chevilles, soit de métal, soit d'i- 
voire, soit d'os frais empruntés à divers animaux. 

Les chevilles de métal, véritable clous en acier, 
sont facilement stérilisées parla chaleur (flambage ou 
étuve sèche) et nous n'aurons rien à en dire, si ce 
n'est qu'elles constituent des corps étrangers sus- 
ceptibles de produire à un moment donné des acci- 
dents graves, malgré leur asepsie primitive. 

Les chevilles d'ivoire stérilisables par l'ébullition et 
la conservation dans les solutions antiseptiques 
usuelles ont cédé le pas dans ces dernières années aux 
chevilles d'os de poulets, de lapins, de veau. Ces 
dernières sont taillées dans le tissu compact des os 
longs, polies et pointées; elles sont bouillies, puis 
placées dans la solution de sublimé au 1/1000 où on 
les conserve. Elles ont le grand avantage d'être résor- 
bées à la longue et remplacées par du tissu osseux 
vivant. 

§ IV. — Désinfection et stérilisation des objets 
de pansement. 

Les matériaux de pansement que nous livre l'in- 
dustrie sont de deux ordres. Les uns, gaze, ouate, 



DÉSINFECTION DES OBJETS DE PANSEMENT. 137 

coton h3^drophile, charpie de bois, tourbe, ouate de 
tourbe, etc., etc., ne contiennent aucune substance 
antiseptique ; d'autres sont préparées de telle façon 
qu'elles contiennent dans des proportions déterminées 
et indiquées une certaine quantité d'un antiseptique 
donné, telles les ouates antiseptiques au sublimé, à 
l'acide phénique, à l'acide borique, à Tiodoforme, les 
gazes phéniquées, iodoformées, salolées, boriquées, 
sublimées, etc. 

Il est parfaitement reconnu qu'aucun de ces objets 
de pansement préparés par l'industrie n'est aseptique, 
c'est-à-dire privé de germes et par conséquent in- 
capable de contaminer une plaie non infectée et 
aseptique elle-même. Nous savons aujourd'hui que 
les antiseptiques chimiques ont besoin d'une action 
souvent prolongée pour tuer les microbes pathogènes 
et leurs spores, surtout quand ceux-ci sont enveloppés 
et protégés par des corps gras ou des matières albu- 
minoïdes. La gaze, l'ouate, la tourbe, etc., impré- 
gnée de substances antiseptiques, est manipulée et a 
perdu peu à peu, après avoir été pressée, séchée, 
coupée, emballée, une grande partie de celles qu'elle 
contenait. Il est donc de toute nécessité, toutes les 
fois qu'il s'agit de plaies de cette catégorie, d'opéra- 
tions sur des tissus normaux, que tous les objets de 
pansement, même les gazes et ouates antiseptiques, 
soient primitivement stérilisés avant d'être mis en con- 
tact avec les lignes de suture ou une surface cruentée. 

Les expériences qu'a entreprises Arloing dans le 
service du regretté Tripier, à Lyon, ont bien montré le 
bien fondé de ces appréciations. Il put constater que 
non seulement les objets prétendus antiseptiques ne 
mettaient pas obstacle au développement des germes, 
mais étaient eux-mêmes infectés. Après avoir ense- 
mencé vingt-cinq ballons avec du coton pris au centre 
d'un paquet, il arriva que vingt-quatre d'entre eux 
présentèrent les cultures microbiennes. 

8. 



138 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'AiNTISEPSIE. 

Il est démontré aujourd'hui que pour les prépa- 
rations au sublimé, il faut se méfier beaucoup du 
degré de leur pouvoir germicide;, et il est avéré qu'au 
bout d'un certain temps l'on recherche en vain le bi- 
chlorure dans les matériaux de pansement qui en 
avaient été imprégnés. L'acide phénique, l'iodoforme, 
sont plus facilement fixés et conservés. Quoi qu'il en 
soit, pour être sûr de posséder des substances asepti- 
ques et antiseptiques, il faut les stériliser avant de s'en 
servir. La chaleur sèche est défectueuse en ce que la 
température nécessaire pour amener l'état stérile dété- 
riore les ouates, gazes, etc. , et altère même certaines sub- 
stances antiseptiques, comme l'iodoforme par exemple. 

On s'est donc rabattu sur la chaleur humide et en 
particulier sur les autoclaves et les éluves à vapeur. 
Les ouates, gazes dites aseptiques ou antiseptiques, 
sont placées dans des boîtes de métal de divers modè- 
les, percées de trous au niveau du couvercle et des 
parois pour permettre à la vapeur d'eau de pénétrer et 
de s'échapper par le séchage. 

Ces boîtes sont placées dans l'autoclave que l'on 
fait chauffer ensuite trois quarts d'heure environ à 
120°, 130° au maximum. Elles sont retirées quand l'ap- 
pareil est suffisamment refroidi, et il faut alors procé- 
der au séchage. 

Pour nous qui ne possédions qu'un autoclave de 
Redard, nous séchions les matériaux stérilisés dans le 
chauffe-linge, en ayant soin de recouvrir préalable- 
ment les pièces à pansement d'une couche de ouate 
à travers laquelle l'air extérieur est obligé de filtrer, et 
qui ne sert pas. 

On s'est ingénié bien entendu à réunir dans le même 
appareil l'autoclave stériUsateur et leséchoir. M. Four- 
nier, de Lyon, y est arrivé facilement en donnant à la 
caisse de l'autoclave Ghamberland un double fond, si 
bien que la vapeur peut à volonté pénétrer soit dans 
le double fond, soit dans l'intérieur de l'appareil. Celte 



DESINFECTION DES OBJETS DE PANSEMENT. d39 

disposition permet de stériliser d'abord les objets de 
pansement, puis de les sécher en faisant passer la 






Fig, 27. — Boîtes pour la stérilisation des objets de pansement 

(boîte simple). 





Fig. 28. — Boîte pour la stérilisation des objets de pansement 
(boîte à compartiment). 

vapeur dans le double fond; on vaporise ainsi l'eau 
condensée et on sèche rapidement. 



140 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Yinay, dans son intéressant ouvrage (1) sur V Asepsie 
par la chaleur , nous donne un certain nombre de 
dessins que nous reproduirons ci-contre et qui repré- 
sentent des types de boites employées pour recevoir les 
objets à stériliser et à sécher (fig. 27 et 28). 

Ces boîtes ne seront ouvertes qu'au moment même 
du pansement à faire. 

Plus récemment, Sorel (2) a fait construire par 
Adnet une étuve à stériliser les pansements; dans un 
premier temps, l'ouate, la gaze introduites sont stéri- 
lisés à 130°, sous une pression de 1 kilogramme et demi 
dans la vapeur d'eau saturée ; dans un deuxième temps 
les substances imprégnées de vapeur d'eau sont rapi- 
dement desséchés. 

« L'étuve se compose d'une sorte d'autoclave dans 
lequel on introduit un cylindre en laiton dont le fond 
à jour est seulement muni d'un grillage métallique ; 
en haut le cylindre porte une collerette qui fait joint 
sur deux caoutchoucs, de sorte que la vapeur ne peut 
s'échapper que par l'intérieur du cylindre à travers 
les substances à stériliser. Dans le fond de l'autoclave 
existe une rigole circulaire qui reçoit de l'eau. Les 
parois de l'autoclave sont creuses et reçoivent de la 
glycérine ; elles sont chauffées par le gaz et la tempé- 
rature du bain est maintenue constante, grâce à un 
régulateur de d'Arsonval. 

((La rigole de l'autoclave étant remplie d'eau et l'ap- 
pareil chauffé, on introduit le cylindre rempli des 
objets à pansement, puis on ajoute le couvercle de 
bronze de l'appareil en laissant ouvert le robinet d'en 
haut jusqu'à ce que la vapeur s'échappe bruyamment ; 
l'air est ainsi expulsé, ce qui constitue une condition 
essentielle pour la stérilisation. 

«Le robinet est alors fermé; la distillation continue 
parce que le couvercle rayonne et l'eau condensée 

(1) Vinay, Manuel d'asepsie. 

(2) Sore], Bullet. Soc. de chirurgie, 7 mai 1890, p. 353. 



DÉSINFECTION DES OBJETS DE PANSEMENT. 141 

retombe par un orifice circulaire ménagé dans la col- 
lerette du cylindre. Il y a ainsi mouvement continu 
de la vapeur qui porte tous les points du cylindre à 
une température uniforme. 

« La pression s'élève rapidement et se fixe à 1 kilo- 
gramme deux tiers (correspondant à 130"*), chiffre au- 
quel le régulateur a été fixé une fois pour toutes. » 

Au bout de dix minutes, l'opération peut être arrêtée ; 
la stérilisation est complète. Le deuxième acte consiste 
dans la dessiccation. Pour cela on ouvre un robinet 
qui fait communiquer l'autoclave avec un tuyau vertical 
d'assez fort calibre, situé en dehors de l'appareil et 
dans lequel on fait couler de l'eau froide; cette eau 
aspire et condense la vapeur dégagée par les tissus 
mouillés ; ceux-ci étant maintenus chauds par le 
rayonnement de l'enveloppe, laissent rapidement 
évaporer l'eau et lorsque le manomètre accuse le vide 
les tissus sont séchés. Il ne reste plus qu'à laisser 
rentrer l'air pour pouvoir ouvrir l'appareil. Comme 
garantie, on le fait rentrer à travers un tube de platine 
enroulé en spirale et porté au rouge grâce à un petit 
bec de gaz. L'appareil une fois mis en train, il suffît 
de dix minutes chaque fois pour stériliser un cylindre 
rempli. Nous décrirons plus loin un nouveau modèle 
d'étuve construit par Anet et qui est d'un manie- 
ment beaucoup plus simple. (Voy. Asepsie et antisepsie 
à r hôpital.) 

Le D"" Régnier (de Nancy) a appliqué la stérilisation 
aux grands approvisionnements de charpie que pos- 
sède l'armée; la préparation s'exécute dans l'étuve à 
désinfection ordinaire, la charpie étant divisée en pa- 
quets de 5 kilogrammes. L'opération achevée, les pa- 
quets sont enfermés dans un flacon bien bouché et 
stérilisé. Les résultats présentés au Congrès de chi- 
rurgie (Paris, 1889) sont très encourageants. 

Schimmelbusch insiste aussi sur l'asepsie des ma- 
tériaux de pansement par l'étuve à vapeur, 



142 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Il a fait construire par Lautenschlâger une petite 
étuve à laquelle est annexée une bouilloire contenant 
la solution sodique pour la stérilisation des instru- 
ments. Le même foyer de chaleur stérilise d'un côlé 
ceux-ci, et produit de la vapeur qui imprègne et tra- 
verse les pièces de pansement placées dans un réci- 
pient supérieur. Celui-ci est disposé de façon que le 
séchage puisse avoir lieu sans difficulté. Cet appareil 
portatif ne peut servir que dans la pratique ordinaire. 

Dans le service de von Bergmann, on utilise pour 
la stérilisation des pansements une grande étuve à 
vapeur construite par Lautenschlâger que nous avons 
vue fonctionner lors de notre visite dans le service du 
professeur de Berlin. Cette étuve, à laquelle la vapeur 
est amenée quand existe une machine à vapeur, rem- 
plit les quatre conditions suivantes : 

1° Chauffage préalable des objets à stériliser, pour 
empêcher la condensation de la vapeur sur un corps 
froid ; 

S'' Pénétration de la vapeur par la partie supérieure 
de l'appareil et non pas par en bas ; 

3° Production de vapeur sous pression ; 

4° Dessiccation des objets mouillés par la vapeur, 
une fois la désinfection terminée. 

Schimmelbusch décrit un certain nombre de boites 
analogues à celles déjà signalées plus haut, et dans 
lesquelles sont placées les pièces de pansement, gaze, 
ouates, bandes, etc., et qui ne seront ouvertes qu'au 
fur et à mesure des besoins. 

L'étuve que nous avons vue fonctionner dans le ser- 
vice de von Bergmann sert aussi à stériliser les 
blouses, tabhers, etc., dont on se sert journellement. 

§ V. — Asepsie et antisepsie préopératoires. 

Elles comprennent les mesures de désinfection que 
doivent prendre le chirurgien et ses aides ayant de 



DÉSINFECTION DES MAINS. 143 

toucher à une plaie ou d'entreprendre une interven- 
tion, celles qu'on doit exécuter au niveau du champ 
opératoire ou de larégion blessée à explorer ou à panser. 

Asepsie et antisepsie du chirurgien et de ses aides. 

Le chirurgien et ses aides, non seulement quand il 
s'agit d'intervention, mais encore quand il n'y aura à 
faire qu'une exploration, un pansement, devront se 
rappeler que l'infection par contact est de beaucoup 
la plus fréquente, et par conséquent observer avec 
une minutieuse attention les règles que nous allons 
tracer. Une propreté rigoureuse, telle doit être la 
devise fondamentale de tout praticien actuel ; nous 
n'avons pas à y insister davantage, mais nous tenons 
néanmoins à dire qu'il devra surtout veillera la tenue 
des ongles, qui seront toujours coupés courts, sans 
excès bien entendu. 

Il sera bon surtout à l'hôpital^ et même en ville 
pour peu qu'il y ait lieu de pratiquer une opération 
sérieuse, de revêtir un vêtement approprié, blouse à 
manches courtes et sarrau, fraîchement lavés, ou 
mieux encore passés immédiatement avant l'opération 
à l'étuve à vapeur, s'il en existe une. 

Pas n'est besoin de revêtir des costumes bizarres 
caoutchoutés, pourvu que l'opérateur soit à l'aise et 
d'une propreté, sinon d'une asepsie irréprochable, 
voilà le point essentiel. 

Ce n'est que lorsqu'il sera dans ces conditions qu'il 
procédera à la désinfection des mains. 

De la désinfection des mains. — C'est là cer- 
tainementunedes questions les plus importantes quand 
il s'agit d'asepsie etd'antisepsie. S'il est facile relative- 
ment de désinfecter des matériaux de pansement, 
des instruments, etc., etc., il n'en est plus de même 
quand il s'agit des mains des aides et de l'opérateur 
ou des panseurs. Et cependant il faut savoir que c'est 



144 TECHNIQUE DE L'ASËPSÎË ET DE L'ANTISEPBÎË. 

de là surtout que vient le danger du transport d'élé- 
ments infectieux, d'agents pathogènes. Les mains avec 
leurs sillons innombrables, leurs orifices pileux et 
glandulaires, les doigts, et surtout les ongles, sont 
loin de se prêter à une désinfection facile et efficace, 
ainsi que l'ont montré les recherches de Kummel(l), 
de Fôrster (2), de Furbringer (3), en Allemagne, de 
J. Roux et Reynès(4), chez nous. Toutes les fois qu'on 
doit faire un pansement pour une plaie en voie de se 
réunir par première intention, toutes les fois qu'on 
doit opérer sur des tissus non infectés, voici la ma- 
nière de faire que nous conseillons, et qui est d'ail- 
leurs celle qui a été presque universellement adoptée 
avec de légères variantes à la suite des expériences 
des auteurs cités plus haut, et surtout de celles de 
Furbringer (5) qui a intercalé le lavage à l'alcool. Le 
chirurgien et ses aides auront les avant-bras nus jus- 
qu'au coude; la désinfection proprement dite, com- 
prend plusieurs temps : 1° nettoyage des ongles à sec; 
2'' lavage et brossage des mains à l'eau chaude et 
au savon; 3° brossage des ongles et lavage à l'alcool 
à 90°; 4° lavage dans une solution tiède de sublimé à 
J p. 1000, ou d'acide phénique à 5 p. 100. 

1° Nettoyage des ongles. C'est une des parties que 
le chirurgien doit soigner le plus. Les ongles et leurs 
sertissures sont de véritables nids à microbes, dont 
tout récemment encore Preindelsberger (6) nous a dé- 

(l)Kûmmel, Wie soll der Arzt seine Hànde desinficireji? {Cen- 
iralbl. f. Chirurgie, p. 289, 1886.) 

(2) Fôrster, Centralblatt fUr klinische Medizin, n° 18, 1885. 

(3) Vwchv'v[\gQ.Y,llntersuchungen ûher die Desinfection der Hândc 
des Arztes {Deutsche mcdiz. Wochenschrift, no 48, p. 985, 1888). 

(4) J. Roux etReynèSjSï/r une nouvelle méthode de désinfection 
des mains du chirurgien [Comptes rendus de l'Académie des 
sciences^ 26 novembre 1888). 

(5) Furbringer, IJntersuchungen ûher die Desinfectioyi der 
Ilânde [Ctbl. f. Chirurgie, p. 83, 1888). 

(6) Preindelsberger, Zur Keninniss der Bactérien des Unteimâ" 
gelraums und der Desinfection der Hânde. Wien, 1891é 



DÉSINFECTION DES MAINS. 145 

crit les nombreuses variétés. Aussi ne devra-t-on ja- 
mais les porter troplongs, elles tailler fréquemment. 
Il est bon cependant pour certaines manœuvres 
(décollement d'adhérences, etc.), d'avoir ceux des 
index un peu plus développés que les autres. Le net- 
to^^age se fera avec un cure-ongles bien affilé et à sec; 
2" Lavage et brossage des mains et des avant-bras 
pendant trois minutes avec de l'eau bouillie chaude et 
du savon noir ou autre, ou encore un savon antisepti- 
que. Il faudra renouveler l'eau deux à trois fois, sur- 
tout si l'on a été dans le cas peu de temps avant de 
touchera des plaies infectées ; 

3° Sans s'essuyer, se brosser le bout des doigts et les 
ongles avec de l'alcool à 90° pour enlever toutes les 
substances grasses, puis se frotter mains et avant-bras 
encore avec de l'alcool, et dans le même but; 

4° Enfin, les plonger dans une solution de sublimé 
au 1/1000 pendant deux minutes en ayant soin de se 
les frotter l'une contre l'autre ainsi que les avant-bras. 
Afin de ne pas se méprendre sur la durée des manœu- 
vres à pratiquer, il est bon d'avoir à sa disposition de 
petits sabliers marquant le temps nécessaire, pour 
leur accomplissement. 

Les mains, une fois désinfectées, ne devront plus 
toucher quoique ce soit, sous quelque prétexte que 
ce soit. Si elles sèchent, elles seront replongées d<e 
emps en temps dans la solution de van Swieten. 

Une excellente recommandation et sur laquelle on 
ne saurait trop insister, est celle de toucher le moinf. 
possible aux suppurations et aux lésions septiques ; il 
est beaucoup plus facile, comme le dit Baudouin (1) 
dans son excellent travail de maintenir propre ce qu^i 
l'est déjà que de rendre propre ce qui ne l'est pas. 
Pour notre part, toutes les fois qu'il s'agit d'une opc- 

{{) M. Baudouin, L asepsie et l'antisepsie à V hôpital Bichat.. 
Paris 1890. 

SciiWARTZ, Asepsie et Aatisepsie. 9 



146 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

ration où nous recherchons la réunion, nous nous 
abstenons de toucher à aucun malade, aucun autre 
opéré ou blessé infecté, et la même recommandation 
est faite à nos aides directs pendant l'acte opératoire. 
Nous reviendrons d'ailleurs sur cette question à 
propos de l'asepsie et de l'antisepsie à l'hôpital. Nous 
sommes tellement convaincus que la plupart des in- 
fections chirurgicales sont le fait du transport parles 
mains, que nous hésiterions à faire une opération à 
moins d'urgence, si nous venions d'ouvrir un phlegmon 
septiqueou de toucher à une plaie gravement infectée. 
Les recherches de Kiimmel, Fôrster, Fûrbringeront 
montré en effet que la désinfection est obtenue à 
l'aide des manœuvresindiquées plus haut, à condition 
qu'il n'y ait pas eu contact direct avec des matières 
infectieuses, immédiatement avant. 

Quand, pendant le cours d'une intervention, les 
doigts et les mains sont en contact avec du pus ou des 
produits suspects, ou quel'on a été obligé de toucher 
quelque objet suspect au point de vue de l'asepsie, il 
sera absolument urgent de refaire un lavage des mains 
complet, ou du moins de les nettoyer énergiquement 
dans une solution de sublimé qui sera changée aussitôt. 
Le savon à la potasse est pour le lavage des mains 
préférable à celui à base de soude. Quant aux brosses, 
voici comment nous les stérilisons et faisons stériliser 
dans notre pratique journalière. Nous nous servons de 
brosses à mains très bon marché, qui puissent être 
sacrifiées sans arrière-pensée. Ces brosses sont d'abord 
bien n'eltoyées à l'eau et au savon noir, puis bouillies 
pendant vingt minutes et conservées dans une so- 
lution de sublimé à 1/2000, qui est renouvelée assez 
fréquemment. C'est de là qu'elles sont tirées pour ser- 
vir à la toiletle des mains ou du champ opératoire. 
Schimmelbusch (1), assistant de von Bergmann, qui 

(I) Schimmelbuscli, Asepsie in der Klhiik dps Prof essor s von 
Bergmann. Archiv.f. klinische Chirurgie. T,XLII, Hft. L S. 123, 1891. 



DÉSINFECTION DES MAINS. . ai 

s'est spécialement occupé delà désinfection des brosses 
à mains, nous a montré par ses expériences le soin qu'il 
fallait en avoir à moins de risquer des infections graves. 
Il est impossible de les stériliser par l'air chaud. 
Par contre il vante beaucoup Teau bouillante, et sur- 
tout une solution bouillante de soude dans laquelle 
elles doivent séjourner pendant vingt à trente minu- 
tes. Il a montré que le séjour dans la liqueur de van 
Swieten ne suffit pas, à moins qu'il ne soit très pro- 
longé. Dans la clinique de von Bergmann, on combine 
Tusage de Teau sodée bouillante avec l'immersion 
dans la solution de bichlorurede mercure à 1/2000. 

Toutes les fois que les brosses auront servi, elles 
seront traitées comme nous l'avons indiqué plus haut, 
et cela tant que leur état ne les mettra pas hors d'usage. 
Il est bon quand on entreprend une opération où la 
moindre infection peut avoir de graves conséquences, 
de ne se servir que de brosses neuves stérilisées. Leur 
prix modique les met facilement à la portée de tous. 
Telles sont les règles à suivre pour la désinfection 
des mains. Nous ne saurions assez insister sur l'im- 
portance de cette manœuvre en chirurgie aseptique, 
et tout en n'imitant pas les minuties de certains chi- 
rurgiens, nous sommes d'avis que c'est un des temps 
essentiels dans la préparation ou la confection d'un 
pansement aseptique. 

Quand on a été obligé de touchera des matières très 
septiques (septicémie gazeuse, gangrènes, abcès ster- 
coraux, etc.), il est bon, après avoir lavé et brossé les 
mains et surtout soigné le nettoyage des ongles comme 
nous l'avons indiqué, de les passer d'abord au per- 
manganate de potasse en solution à I/oOO, puis dans 
une solution saturée de bisulfite de soude, ou encore 
dans une solution de chlorure de chaux. 

Après cela seulement on passera au lavage et bros- 
sage à l'alcool et enfin au sublimé à 1/1000. 

Nous avons montré en étudiant les antiseptiques 
usuels en chirurgie que certaines personnes ne pour- 



148 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

raient supporter, sans en être incommodées sérieuse- 
ment, le contact de solutions plus ou moins concen- 
trées de certains d'entre eux. 

Les uns sont pris d'érythème, d'eczémas, dès qu'ils 
manient une solution phéniquée un peu forte. D'autres 
accusent des fourmillements qui troublent absolu- 
ment les sensations tactiles. 

De plus, pendant une intervention, il peut arriver 
que le chirurgien ait à pratiquer une manœuvre (tou- 
cher rectal par exemple) qui infecte le doigt parfaite- 
ment lavé auparavant et l'oblige à recommencer le 
lavage d'un bout à l'autre, tel que nous l'avons indiqué. 

C'est pour obvier à ces inconvénients que l'on a 
imaginé de recouvrir la main tout entière, ou le 
doigt seul qui doit être contaminé, de gants ou de 
doigtiers en caoutchouc souple très mince. 

Ces gants en caoutchouc, ces doigtiers, sont facile- 
ment désinfectés en les faisant bouillir, puis en les 
conservant dans des solutions antiseptiques telles 
que le sublimé à 1/2000 par exemple. 

L'usage des gants a beaucoup perdu depuis que 
l'acide phénique a lui-même perdu du terrain comme 
antiseptique usuel, mais il sera bon d'avoir toujours 
quelques doigtiers à sa disposition pour parer aux 
éventualités que nous avons signalées. 

Asepsie et antisepsie du champ opératoire. 

Désinfection du champ opératoire. — La 

désinfection du champ opératoire est une des mesures 
les plus fondamentales, quand il s'agit d'opérations 
aseptiques ou antiseptiques. 

Elle varie considérablement suivant les régions sur 
lesquelles on opère, suivant les conditions où se trou- 
vent les tissus sur lesquels on intervient. 

Nous suivrons la division donnée dans l'excellent 
travail de M. Baudouin {loco citato) et considérerons 
successivement la désinfection des téguments, quand 



PEAU NON INFECTÉE. 149 

il s'agit d'interventions sur les membres, le tronc, le 
cou, la face ou le crâne, puis celle des cavités de la 
face (bouche, fosses nasales, oreilles, yeux), celle du 
rectum, du vagin et de l'utérus, des voies urinaires. 

Asepsie et antisepsie cutanée. — Celle-ci doit 
être rigoureusement pratiquée pour la plus petite 
intervention, du moment qu'il s'agit d'une opération 
aseptique. Elle variera un peu suivant les régions sur 
lesquelles on opère. 

Nous n'aurons en vue ici que celles qui sont recou- 
vertes de peau, soit qu'il s'agisse d'un tégument non 
infecté, ou au contraire d'un tégument infecté, ou 
encore d'un tégument non infecté recouvrant des 
tissus infectés fabcès, etc.). 

Il est bon de savoir, dès le début, que l'asepsie ab- 
solue de la peau normale n'a pu être encore obtenue 
d'une façon complète, par suite de l'impossibilité de 
stériliserlesinfundibulaépidermiques desglandes séba- 
sées, des follicules pileux. Quoi qu'il en soit, voici les 
précautions minutieuses qu'il faut prendre pour toute 
incision sur les téguments : 

A. Peau non infectée. — Si la région est recou- 
verte de poils, il faut commencer par les enlever aux 
ciseaux d'abord, s'ils sont très abondants, puis au 
rasoir, et cela très largement. 

Puis lavage et savonnage à l'eau bouillie chaude 
dépassant de beaucoup la zone sur laquelle on doit 
opérer. On emploiera la brosse sur les parties dont la 
peau n'est pas trop fine et où l'on ne risque pas de l'ex- 
corier. Quand la peau sera bien nette, il sera bon de 
la frotter avec une compresse un peu rude imbibée 
d'alcool à 90", de façon à enlever toutes les matières 
grasses qui peuvent encore avoir résisté, ou bien encore 
on la nettoiera avec de Téther. Puis lavage au sublimé 
à 1 iOOO. Gela fait, le champ opératoire et ses alen- 
tours seront recouverts de compresses de gaze, asepti- 
ques ou antiseptiques, d'un taffetas imperméable, et 
ce pansement, fixé par quelques tours de bandes. 



150 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

restera en place jusqu'au moment de l'intervention, 
et ne sera enlevé que par le chirurgien ou l'un de ses 
aides immédiatement avant l'opération. 

Il est bon de ne pas se servir, pour faire ce panse- 
ment préliminaire, de compresses trempées dans une 
solution de sublimé à 1 p. 1000 ou d'acide phénique 
même étendu ; il en résulterait assezsouvent des érythè- 
mesou autres éruplions tenant au contact prolongé de 
l'antiseptique avec un tégument devenu plus sensible à 
lasuiledulavage etdu brossage qui lui ontété imposés. 
Une recommandation importante est la suivante : 
dépasser largement, comme préparation, la région sur 
laquelle doit porter le bistouri, de façon à avoir une 
sécurité plus complète. 

La face, chez les hommes barbus, le cuir chevelu, 
les organes génitaux, se présentent au point de vue 
de la désinfection dans des conditions un peu spéciales, 
à cause du grand nombre de poils qui recouvrent ces 
régions. Des précautions -parliculières doivent être 
prises à leur égard. On enlèvera les poils le plus 
complètement possible à l'aide des ciseaux, puis du ra- 
soir, et cela sur toute l'étendue de la région sur la- 
quelle on devra intervenir. C'est ainsi que pour le 
crâne, si l'on doit trépaner, il faudra raser tous les 
cheveux, et non pas se contenter d'en débarrasser 
plus ou moins les environs du point sur lequel doit 
porter le trépan. 

Nous en dirons autant pour les organes génitaux, 
l'anus, etc. Il sera bon de procéder pour ces parties à 
deux, même trois lavages successifs à la brosse et au 
savon, en ayant soin de ne pas produire d'excoria- 
tions par des manœuvres trop violentes. 

En général, quand il s'agira d'une région autre que 
la tête, nous conseillons de faire prendre à l'opéré, 
l'avant-veille ou la veille de l'intervention, un ou plu- 
sieurs grands bains savonneux, en attirant son atten- 
tion sur le nettoyage de la région à opérer. Nous ne 
croyons pas utile, à moins d'opérations exception- 



PEAU INFECTÉE. loi 

iielles, de lui faire prendre, comme d'aucuns le con- 
seillent, de grands bains antiseptiques, au sublimé 
par exemple. Nous ne nous en sommes jamais servi. 

La désinfection du champ opératoire prend une 
importance très grande, quand il s'agit de pratiquer 
une laparotomie, et le nettoyage de la paroi abdomi- 
nale doit être fait alors d'une façon encore plus mi- 
nutieuse, si possible. Il faudra porter une attention 
toute spéciale à la région de l'ombilic, où s'accumulent 
souvent des détritus épitliéliaux et sébacés, qu'on 
n'arrive à enlever qu'en retournant pour ainsi dire la 
dépression ombilicale, autant que faire se peut. 

Bien prendre garde de ne pas réinfecter les parties 
déjà nettoyées, en les touchant avec une compresse ou 
un tampon qui ont servi à désinfecter les parties voi- 
sines. Pour l'éviter, on commencera par désinfecter la 
région de l'ombilic elle-même, et on ne procédera à la 
toilette de la paroi que lorsque la dépression ombili- 
cale aura été rendue aussi nette que possible. 

Quand il s'agira d'une laparotomie pour une tumeur 
des organes génitaux de la femme, il sera bon de faire 
de la désinfection vulvaire et vaginale ainsi que nous l'in- 
diquerons, pour empêcherles réinfections de voisinage. 

B. Peau infectée. — Quand la peau a été infectée 
par les produits de la suppuration, qu'elle est ulcérée 
dans une certaine étendue ou qu'elle présente un ori- 
fice fistuleux, ce n'est plus simplement de l'asepsie 
que l'on doit et peut faire, mais bien de l'antisepsie. 
On commencera par désinfecter soigneusement à l'aide 
de solutions antiseptiques fortes, telles que liqueur de 
van Swieten, solution phéniquée forte, solution de 
chlorure de zinc au 1/12 ou même au 1/10, les ulcéra- 
tions ou les fistules, en laissant ces dernières en con- 
tact avec le tampon qui en est imbibé, ou avec un 
pansement qui restera appliqué pendant une demi- 
heure, une heure sur la partie malade. Puis les tégu- 
ments environnants seront lavés, brossés et savonnés 
comme précédemment. 



fo2 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Dans les cas où les surfaces ulcérées ou les trajets 
fistaleux s'y prêteront, l'on pourra, comme nous l'avons 
fait un certain nombre de fois, immédiatement avant 
l'incision qui devra circonscrire la partie à enlever, 
les toucher avec le couteau thermique de façon à 
escharifîer toute la surface altérée, ou bien y passer 
La pointe qui rôtira tout le trajet fistuleux à extirper. 

C'est ainsi que l'on se conduira si l'on a, par exem- 
ple, à enlever une tumeur ulcérée du sein, une 
gomme tuberculeuse ulcérée, un trajet fistuleux dans 
une région où il n'y aura aucun inconvénient à faire 
1«L manœuvre que nous avons indiquée. 

C. Peau saine sur des tissus infectés. — Ici 
les précautions à prendre sont les mêmes que dans le 
cas A. Ce n'est que dans la conduite même de l'opéra- 
tion que le chirurgien changera sa manière de faire, 
veillant à tout instant à ne pas infecter des parties qui 
ne le sont pas. 

Je suppose, par exemple, que nous ayons à extirper 
une masse ganglionnaire suppurée, avec des abcès 
enkystés dans les ganglions. Tout devra être disposé 
pour la désinfection cutanée, comme pour une opéra- 
tion sur des tissus aseptiques. 

L'on veillera pendant l'ablation à n'ouvrir aucun 
foyer purulent, qui se déverse et contamine les tissus 
sains. Si l'on réussit, tout est pour le mieux. Si des 
foyers crèvent et déversent leurs produits dans la 
plaie et sur les téguments, l'on se conduira comme 
lorsque la peau est infectée, en usant des antisepti- 
ques forts pendant tout le cours de l'intervention et en 
veillant soigneusement à désinfecter les téguments 
avant toute réunion soit partielle, soit totale de la 
solution de continuité. 

Asepsie et antisepsie oculaire préliminaire. 
— Nous n'y insisterons pas longuement; toutefois, notre 
livre devant être surtout un guide pratique, nous en 
indiquerons ce qui peut nous servir dans la chirurgie 
courante. 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE OCULAIRE. 153 

La conjonctive et ses cals-de-sac sont des réceptacles 
à microbes de toutes sortes; d'autre part, elle est 
d'une sensibilité très vive au moindre irritant. Il faut 
par conséquent, pour aseptiser la région, des précau- 
tions particulières et un choix judicieux parmi les 
désinfectants, qu'il s'agisse d'ailleurs d'une blessure 
accidentelle ou d'une opération. 

L'on commencera, l'œil étant fermé, par bien net- 
toyer toute la région j)ériorbitaire, puis on fera dans 
les culs-de-sac de la conjonctive et à sa surface des 
irrigations avec des solutions tièdes. Nous nous sommes 
servi presque toujours de solutions boriquées à 
3 p. 100, ou encore d'une solution de biiodure de mer- 
cure à 1/20000 recommandée par le professeur Panas. 
Les solutions fortes, sublimées et phéniquées, doivent 
être absolument écartées, tant parce qu'elles sont 
douloureuses que parce qu'elles peuvent provoquer 
une irritation très vive de la conjonctive, et même de 
Tinflammation de la cornée. 

S'il existe des lésions d'inflammation des voies la- 
crymales, il faudra avant d'intervenir agir sur elles, 
les faire disparaître avant de toucher à l'œil, à moins 
de risquer les plus graves complications inflammatoires 
de ce côté. C'est là un précepte surtout applicable 
quand il s'agira d'ouvrir le globe oculaire comme par 
exemple pour une iridectomie, une extraction de ca- 
taracte. Le docteur Yalude (l),qui a étudié très scru- 
puleusement cette question de l'antisepsie préopéra- 
toire oculaire, conseille dans ces cas d'employer les 
lavages peu prolongés avec la liqueur de Van Swieten 
■dédoublée, et dans les cas ordinaires, ceux avec la 
solution de sublimé à 1/5000. Il rejette les solutions bo- 
riquées trop faibles comme pouvoir antiseptique, et ne 
fait pas grand cas de l'oxycyanure de mercure vanté 
par le docteur Chibret et qui n'est toléré par l'œil qu'au 



(1) Valude, De l'antisepsie oculaire. Gazette des hôpitaux, n^ 9G, 
^23 août 1890. 

9. 



154 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

litre de 1/1500, trop faible pour que la solution pos- 
sède une action efficace sur les microbes pathogènes tels 
que le staphylococcus pyogenes aureus, par exemple. 

Quoi qu'il en soit, nous nous en tiendrons la plu- 
part du temps aux solutions boriquées, absolument 
inoffensives et tant qu'il n'y aura pas septicité con- 
firmée de la conjonctive; on pourra recourir soit au 
biodure à 1/20000, soit au sublimé à 1/5000 quand, au 
contraire, il y aura chances de contamination. Ce 
n'est qu'exceptionnellement et sous forme de simples 
attouchements que l'on devra employer la solution de 
sublimé à 1/2000. 

Sachons que, s'il est actuellement impossible d'ob- 
tenir une asepsie parfaite du champ conjonctival et 
oculaire, il n'est pas moins vrai qu'il faut cherchera 
s'en rapprocher le plus possible et cela sans danger 
et sans ennui pour l'organe de la vision. L'essentiel 
consistera dans le pansement qui devra favoriser le 
plus possible la fermeture rapide de la plaie. 

Asepsie et antisepsie auriculaire prélimi- 
naire. — Ici peu de chose à dire. La désinfection 
est bien difficile à obtenir d'une façon parfaite, malgré 
les irrigations répétées avec des solutions boriquées, 
des solutions antiseptiques phéniquées ou sublimées 
étendues. Il sera bon dans l'intervalle de chacune 
d'elles d'introduire dans le conduit auditif externe 
seul accessible, quelques gouttes de glycérine iodo- 
formée, maintenue à l'aide d'un petit tampon ouaté, 
ou encore de tamponner très légèrement avec une petite 
mèche de gaze iodoformée. Il est bien entendu que 
l'asepsie de la région périauriculaire et du pavillon 
sera soignée autant que possible et obtenue de la fa- 
çon que nous connaissons déjà, puisqu'il s'agit de té- 
guments facilement accessibles. 

Quand le conduit auditif suppure comme dans les 
cas d'otite suppurée, la désinfection n'est jamais que 
très relative et nous n'avons à notre disposition que 
les mêmes moyens indiqués plus haut. 



ANTISEPSIE DE LÀ RÉGION BUCCO-PHARYNGEE. 155 

Antisepsie nasale préliminaire. — Les fosses 
nasales sont habitées par une multitude variée de mi- 
croorganismes pathogènes. L'antisepsie nasale est 
par conséquent de mise toutes les fois qu'il s'agira 
d'entreprendre une intervention qui les ouvrira. 
Comme l'antisepsie auriculaire et encore plus qu'elle, 
elle présente de grandes difficultés variant avec la 
conformation des fosses nasales de chaque individu. 

Le meilleur moyen d'obtenir une antisepsie rela- 
tive consiste à faire, pendant quelques jours avant d'in- 
tervenir, trois à quatre fois par jour, des irrigations 
dont les liquides entrant par une narine, devront res- 
sortir par celle du côté opposé. 

L'embout en os, en ivoire, conservé dans une so- 
lution antiseptique, sera adapté au tube en caoutchouc 
d'un laveur ou siphon ou de tout autre instrument 
irrigateur bien propre et rempli de la solution que 
l'on préfère, et qui pour moi est la solution boriquée 
à 2 ou 3 p. 100 tiède. L'on fera passer ainsi d'une 
fosse nasale dans l'autre, trois, quatre fois par jour, 
2, 3 litres de liquide qui emporte autant que possible 
tout ce qui recouvre la surface de la muqueuse. Il 
faudra presque toujours assister soi-même aux pre- 
mières irrigations pour s'assurer si le malade les fait 
bien ou non et lui montrer comment il doit s'y prendre. 

Il est bien entendu que l'antisepsie du nez et des 
narines sera observée très scrupuleusement et que 
toute la région sera débarrassée des poils qui pourront 
la recouvrir. 

11 nous est arrivé plusieurs fois, dans les cas d'abla- 
tion de tumeurs des fosses nasales, de combiner avec 
les lavages et dans leur intervalle le tamponnement à 
la gaze iodoformée ou salolée pendant les quarante- 
huit heures qui précèdent l'intervention. 

Antisepsie préliminaire de la région bucco- 
pharyngée. — La bouche et la gorge sont des ré- 
ceptales de microbes variés, les uns pathogènes, les 
autres inoffensifs. C'est surtout au niveau des sillons 



lo6 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

gingivaux,des espaces interdentaires, des cryptes amyg- 
daliennes que leur pullulaLion est la plus facile. Aussi 
est-il d'une importance considérable, quand on en- 
treprend une intervention sur la bouche ou la gorge, 
de faire une antisepsie préliminaire soignée de façon 
à atténuer, sinon à supprimer complètement les chan- 
ces d'infection consécutive. 

Avant de faire autre chose, une condition essen- 
tielle est le nettoyage minutieux des dents et des es- 
paces interdentaires. Pour tout malado devant être 
opéré d'une tumeur soit de la joue, soit de la lan- 
gue, soit encore du rebord alvéolaire, il faudra re- 
t'ommander ce nettoyage préliminaire et le faire faire 
autant que possible par un dentiste. 

Il consistera dans l'ablation des amas de tartre qui 
sont de vrais nids à germes, dans le nettoyage des 
dents, surtout de celles qui sont atteintes de carie; 
les espaces interdentaires seront minutieusement dé- 
barrassés de tout corps étranger. La toilette des dents 
une fois faite, le malade devra plusieurs fois par jour 
et surtout après les repas, se rincer la bouche avec des 
solutions antiseptiques dont les plus pratiques seront 
ici la solution boriquée saturée, ou bien encore une 
solution de chloral au 1/100. Desgargarismes avec les 
mêmes liquides seront prescrits, voire même des la- 
vages avec une seringue ou un laveur quelconque., si les 
prescriptions ne sont pas bien suivies. Pendant tout 
ce temps, les dents seront entretenues dans un état de 
propreté aussi complet que possible, à l'aide de bros- 
sage après chaque repas, avec une brosse rude et une 
poudre dentifrice antiseptique (charbon et quinquina, 
par exemple^. 

Toutes ces précautions amènent une désinfection 
relative du champ opératoire, et il est impossible 
d'obtenir plus. Elles devront être prises pendant les 
quatre ou cinq jours qui précéderont l'intervention du 
chirurgien, si l'on veut qu'elles aient quelque effi- 
cacité. 



ANTISEPSIE DANS LES OPÉRATIONS SUR L ESTOMAC. 157 

De l'antisepsie préliminaire du tube diges- 
tif. — C'est là une des questions des plus difficiles et 
des plus controversées. Tandis que certains auteurs, en 
effet, accordent la plus grande importance à l'anti- 
sepsie du tube digestif et pensent obtenir, à l'aide 
d'une médication appropriée, une asepsie relative de 
l'estomac et dp. Tinteslin, d'autres, au contraire, nient 
la possibilité d'arriver à ce résultat d'une façon assez 
complète pour qu'elle soit vraiment utile. C'est sur- 
tout aux travaux du professeur Bouchard que sont 
■dues nos connaissances sur l'antisepsie intestinale, et 
•c'est d'après ses données que nous exposerons la fa- 
çon de procéder, pensant, avec la plupart des chirur- 
giens, que si peu que nous obtenions, c'est déjà beau- 
coup dans le plus grand nombre des cas, mais à con- 
dition de ne pas perdre trop de temps et de ne pas 
laisser le patient s'affaiblir. 

De l'antisepsie préopératoire dans les opé- 
rations sur l'estomac. — La gastrotomie pour 
corps étrangers, la gastrostomie, la gastroentérosto- 
mie, Ja résection du pylore, telles sont les principales 
interventions que nous avons en vue. Bien entendu, 
nous ne parlerons pas de la toilette abdominale, qui 
doit être ici ce qu'elle est pour toute la parotomie. Nous 
avons surtout comme objectif la désinfection de l'esto- 
mac lui-même. Quand le lavage de l'estomac est pos- 
sible, c'est lui qui constitue le temps essentiel de la 
désinfection stomacale. C'est ainsi qu'on le pratiquera 
dans les cas où l'on se propose de faire la résection 
dn pylore, la gastrotomie, la gastroentérostomie : à 
l'aide du tube de Faucher formant siphon, muni 
d'un entonnoir en verre, on fera passer dans l'esto- 
mac, 3-4 litres de solution de bicarbonate de soude à 
2 p. 100 ou encore d'acide borique à 1/100 jusqu'à ce 
que le liquide ressorte clair et ne contienne plus de 
détritus alimentaires. 

Il ne faut faire ces lavages que lorsqu'ils sont bien 
tolérés, et ce n'est pas toujours le cas pour despatienls 



158 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

souvent à bout de forces, cachectiques comme le sont 
fréquemment les cancéreux. 

Le lavage de l'estomac doit être pratiqué immé- 
diatement avant l'intervention, alors que le malade 
est encore éveillé ou lorsqu'il est endormi. Dans ce 
dernier cas, on se servira d'un ouvre-bouche pour 
lui introduire le tube-siphon et l'empêcher de le com- 
primer par le rapprochement des mâchoires. 

Quand le malade peut s'alimenter, le mieux est de 
le mettre pendant quelques jours au régime lacté, si 
l'intervention n'est pas urgente ou permet quelque 
temporisation. 

Souvent lalimentalion par l'estomac est impossi- 
ble, la diète est forcée, et c'est par des lavements nu- 
tritifs que l'on est obligé de soutenir les patients avant 
et pendant les premiers jours qui suivent l'opération. 

L'on se trouve alors dans d'excellentes conditions au 
point de vue de l'asepsie, l'estomac étant absolument 
vide de tous débris alimentaires; mais il est impossible 
de supprimer la sécrétion du suc gastrique, surtout 
nocif pour le péritoine. 

Antisepsie préliminaire intestinale . — Les 
moyens auxquels nous pouvons avoir recours pour 
obtenir une atténuation de la septicité du contenu 
de l'intestin sont de trois catégories : 1° vider fré- 
quemment l'intestin à l'aide de purgatifs; 2" admi- 
nistrer le régime lacté; 3** administrer des médica- 
ments antiseptiques, non toxiques. 

Les purgatifs salins sont préférables et nous em- 
ployons généralement le sulfate de magnésie ou le 
sulfate de soude qui donnent lieu aune exosmose très 
abondante sans produire comme les drastiques d'ir- 
ritation de la muqueuse. Les purgatifs seront donnés 
huit à dix jours, quinze jours même avant l'opération, 
tous les trois ou quatre jours, surtout quand il exis- 
tera un rétrécissement en amont duquel séjourneront 
des matières en quantité plus ou moins considérable. 
Il est bien entendu que cette manière d'agir ne sera 



ANTISEPSIE ANO-RECTALE PRÉLLMINAIRE. 159 

plausible que lorsqu'il n'y aura aucun risque à courir 
et que les forces du patient ne seront pas trop abattues 
par ce régime et quand le cas ne sera pas trop urgent. 
Dans les conditions inverses, on fera ce que l'on 
pourra, et comme l'on pourra. 

La diète lactée est une excellente condition pour 
l'asepsie relative du tube digestif; mais elle n'est pas 
toujours facilement tolérée. Elle devra être exclusive, 
si l'on veut qu'elle soit efficace. Le malade devra 
prendre du lait bouilli ou encore du lait stérilisé, et 
cela pendant les huit, dix, quinze jours qui précéde- 
ront l'intervention. L'examen des selles indique géné- 
ralement l'état du tube digestif. Quand avec les pur- 
gations et le régime lacté, les selles deviennent 
blanchâtres et presque inodores, c'est que les condi- 
tions deviennent bonnes pour intervenir. Tant que ce 
résultat n'est pas obtenu, il ne faut pas y compter. 

L'administration des antiseptiques constitue le 
troisième moyen que nous avons à notre disposition. 
Actuellement c'est au benzonaphtol que nous donnons 
la préférence. Nous le faisons prendre à la dose de 
3 grammes par jour, en 3 cachets. Avant d'avoir à 
notre disposition le benzonaphtol, nous nous servions 
du naphlol p associé à la dose de 2 ou 3 grammes à 
parties égales de salicylate de magnésie. 

Malgré toutes ces mesures, l'antisepsie intestinale 
est difficile à réaliser; nous préparons actuellement 
pour une extirpation du rectum un malade depuis 
quinze jours^ et certes nous ne sommes encore que 
médiocrement satisfait du résultat obtenu, malgré la 
rigueur avec laquelle le patient, qui est très intelli- 
gent, suit nos prescriptions. 

Antisepsie ano-reetale préliminaire. — Le rec- 
tum constitue pour le tube digestif une région à part 
facilement accessible par le périnée et la voie sacrée ; 
la désinfection de cette région si importante, sur la- 
quelle nous pratiquons très souvent des interventions 
sanglantes plus ou moins étendues et où l'infection est 



160 TECHNIQUE DE L'aSEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

si grave et si facile, mérite uQe mention toute spéciale. 

Les manœuvres pour l'obtenir aussi bonne que 
possible doivent précéder de huit, dix, quinze jours 
l'opération ; cela d'après l'importance de cette der- 
nière et la facilité avec laquelle s'y prête le patient. 

Nous commençons généralement par un purgatif, 
qui nettoie l'intestin dans sa totalité; puis nous sou- 
mettons le malade au régime indiqué plus haut pour 
obtenir une asepsie relative du tube digestif. C'est au 
bout de quelques jours de ce traitement que l'on com- 
mence à faire journellement des irrigations du rectum, 
avec des solutions antiseptiques faibles, telle que 
l'acide borique à 30 p . 1000 ; Jes injections de 
liqueur de Van Swieten dédoublées, mémo détriplées, 
nous paraissent dangereuses, vu la facilité d'absorp- 
tion par la muqueuse rectale, et nous ne nous en ser- 
vons qu'au moment même de l'opération, pour un 
dernier lavage. Les lavages seront faits avec une 
longue sonde en caoutchouc rouge facile à tenir 
aseptique et qui remontera au-dessus de l'endroit où 
siègent les lésions. 

On les fera trois à quatre fois par jour, de préfé- 
rence après une selle, en usant toutes les fois, 2 ou 
.*i litres de liquide et en faisant en sorte que celui-ci 
lessorte facilement, ne s'accumule pas au-dessus du 
point rétréci, s'il s'agit par exemple d'un cancer. 

Une fois le rectum bien nettoyé, on passe à la toi- 
lette préventive de l'anus ; celui-ci aura été débarrassé 
par le rasoir des poils qui l'environnent, la région pé- 
rinéale tout entière sera préparée comme toute autre 
région tégumentaire, et cela vingt-quatre à quarante- 
huit heures avant l'opération. 

Toutes ces précautions paraîtront bien minutieuses; 
mais il est certain que ce n'est que grâce à elles 
que nous obtenons actuellement la réunion par pre- 
mière intention des fistules anales, la guérison sans au- 
cun accident des hémorrhoïdes extirpées, et des succès 
fréquents après l'extirpation du rectum ou sa résection. 



ASEPSIE URINAIRE PRÉLIMINAIRE. 161 

Nous verrons qu'une influence considérable revient 
aussi, pour obtenir ce but, aux mesures post-opéra- 
loires, sans parler bien entendu de la conduite même 
de l'opération. Nous pensons même que ce sont là les 
facteurs essentiels de la réussite. Aussi ne faut-il pas 
prolonger la durée du trailement préopératoire plus 
•que de raison, et pour la majorité des interventions 
habituelles, nous ne le faisons généralement que trois 
à quatre jours, nous réservant une préparation plus 
sévère quand il s'agit d'interventions graves (extirpa- 
tion du rectum, résection de l'intestin pour rétrécis- 
sements ou cancers). 

Asepsie urinairepréliminairec — L'on aécril beau- 
coup sur la désinfection préliminaire des voies urinai- 
res, et actuellement encore l'on ne peut produire des 
•conclusions fei'mes sur la meilleure manière de l'obtenir. 

Quoi qu'il en soit, voici^ les précautions que nous 
avons l'habitude de prendre, suivant en cela le courant 
établi par l'école du professeur Guyon : 

Asepsie aussi parfaite que possible de la verge, du 
gland, du méat urinaire. 

Administration pendant les jours qui précèdent l'in- 
tervention, de médicaments se décomposant ou non et 
éliminés par l'urine qu'ils doivent rendre antiseptique. 
•On en a préconisé un certain nombre, parmi lesquels 
•nous citerons surtout le biborate de soude et le salol. 
Le biborate de soude a d'abord été employé à la dose 
de 4 à 6 grammes par jour par le professeur Terrier, 
qui a obtenu de la sorte de bons résultats; le biborate de 
soude se retrouve tel quel dans les urines rendues. 
Plus récemment on a préconisé le salol à la dose de 
3 à 4 grammes par jour; le salol se décompose en 
acide salicylique et phénylsulfatede soude, qui d'après 
Bazy et Albarran auraient un pouvoir antiseptique 
plus énergique que l'acide borique. 

Quand les voies urinaires ne sécrètent pas de pus, 
•qu'il n'y a pas d'ulcérations, de tumeurs, ce traitement 
préopératoire est largement suffisant. 



102 TECHiNlQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

Quand l'urèthre, la vessie, les reins suppurent, les 
mêmes précautions seront prises, et on y ajoutera des 
lavages del'urèthre et de la vessie avec dessolutions an- 
tiseptiques faibles quand il n'y aura que peu de chose, 
plus fortes quand la purulence sera plus considérable. 

Les solutions boriquées à 4 p. 100, les solutions de 
résorcine à 30 p. 1000, suffisent largement dans le 
premier cas. Dans le second, on emploiera pour faire 
des lavages et obtenir la désinfection meilleure, les 
solutions argentiques au 1/500 et même à un titre 
plus élevé, préconisées par le professeur Guyon. Nous 
nous sommes servi assez souvent des solutions de ni- 
trate d'argent soit au 1/500 soit même au 1/1000, 
pour pouvoir les recommander très chaudement, sur- 
tout dans les cas oii la vessie est enflammée. 

En résumé, désinfection soignée des parties génito- 
urinaires externes, essai de désinfection des voies 
urinaires profondes par le biborate de soude, l'acide 
borique ou mieux le salol, telles sont les mesures à 
prendre dans les cas d'intervention projetée sur les 
voies urinaires. 

De l'asepsie préliminaire génito-urinaire chez 
la femme. — Cette question a été très bien traitée 
par le D' Auvard dans son Manuel sur l'antisepsie en 
gynécologie et en obstétrique. Ce sont les mêmes prin- 
cipes que nous appliquons constamment dans nos 
opérations gynécologiques. 

Région vulvaire. — Par ses inégalités, ses poils 
si abondants parfois, par le contact de l'urine et les 
sécrétions vaginales, par son voisinage avec l'anus, 
enfin par son resserrement entre les deux régions 
inguino-fémorales, la vulve est on ne peut mieux 
disposée pour la présence et la culture de nombreux 
microorganismes. La désinfection de cette région 
s'impose donc d'une façon catégorique toutes les fois 
qu'il y a lieu d'intervenir sur les organes génito- 
urinaires de la femme. On commencera par donner 
un grand bain savonneux, puis une purgation ou un 



ASEPSIE DU VAGIN. 163 

i^rand lavement qui aura vidé rintestin et devra 
empêcher rémission de matières fécales immédia- 
tement avant et surtout pendant l'opération. On 
procédera, la femme étant placée dans le décubitus 
dorsal, les cuisses et les jambes relevées contre le 
ventre (position g-ynécologique par excellence), ou si 
l'on n'est pas aidé, maintenues sur deux chaises posées 
devant le lit, à un lavage soigneux de toute la région. 
On aura préalablement garni le lit d'une toile cirée, 
recouverte ou non d'une serviette, qu'on ramènera 
par en bas dans un seau de toilette de façon à ne 
pas mouiller le sol. Le savonnage effectué, on rasera 
soigneuseusement toutes les parties munies de poils, 
pubis, grandes lèvres, etc. Si l'opération doit porter 
sur le vagin ou l'utérus et est peu importante, cer- 
tains chirurgiens se contentent de recouvrir seule- 
ment les poils sans les enlever complètement; le 
rasage est en effet très pénible pour beaucoup de 
femmes et la repousse des poils en incommode un 
certain nombre. Nous pensons, comme eux, qu'il ne 
faut pas se livrer à des exagérations ; s'il s'agit par 
exemple d'un curettage, il est inutile d'enlever tous 
les poils et il suffit la plupart du temps de les ébarber 
à coups de ciseaux. Cela fait, lavage au savon et à la 
brosse, en ménageant les parties à peau fine ou à 
muqueuse (petites lèvres par exemple), puis lavage à 
l'alcool à 80° pour enlever les substances grasses, 
enfin au sublimé à 1/2000; recouvrir ensuite d'un 
pansement sec à la gaze iodoformée et à l'ouate 
hydrophyle, maintenu par un bandage en ï. 

Vagin. — L'asepsie du vagin est obtenue par des 
irrigations faites pendant plusieurs jours avant l'in- 
tervention, puis renouvelées par l'opérateur lui-même 
ou par un de ses aides avant l'intervention. Les 
irrigations seront faites, la femme couchée, le siège 
légèrement élevé, avec un laveur muni d'un tube en 
caoutchouc à robinet, auquel s'adapte une canule en 
verre à plusieurs trous au niveau de l'ampoule ter- 



164 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

minale (fig. 29). Le liquide des irrigations variera» 
suivant la perfection même que l'on voudra obtenir 
ou la difficulté de l'antisepsie, quand il s'agira d'ul- 
cérations ichoreuses, « de cancers sphacelés ». Pour 
les interventions simples nous nous servons souvent 




Fig. 29. — Bock pour irrigation (Di* Olivier). 

•de solutions boriquées saturées à 40 p. 1000 addition- 
nées d'eau bouillie chaude par quantité égale ; le plus 
souvent nous recommandons la liqueur de Van 
Swieten additionnée de 3 parties d'eau bouillie chaude 
(sublimé à 1 p. 4000), en faisant faire l'avant-veille et 
ia veille les injections avec la liqueur pure ou dédou- 
blée; la quantité du liquide qui doit passer dans le 
vagin doit varier entre 2 à 3 litres chaque fois et l'on 



Fig. 30. — Disposition des appareils pour l'administration des 
injections prolongées. 



166 TECHNIQUE DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE. 

pourra se servir de la disposition de la figure 30. Il 
est bon, pour obtenir une asepsie rigoureuse, de 
maintenir ce qui est acquis de la sorte en tampon- 
nant le vagin les quelques jours qui précèdent, et 
cela après chaque lavage, avec des tampons de gaze 
iodoformée ou salolée. 

En ce cas encore Topérateur ou son aide fera lui- 
même le lavage et aura soin, en laissant couler le 
liquide dans le vagin, de frotter avec le bout de Tindex 
de la main qui ne tient pas la canule, les culs-de-sac 
vaginaux, le col utérin, pour enlever tout ce qui peut 
y adhérer. On a même conseillé le brossage à l'aide 
d'une brosse à manche et de savon. 

Pour les opérations de petite gynécologie, nous 
nous contentons d'un lavage dans ces conditions 
immédiatement avant Tinlervention. Il nous paraît 
inutile de conseiller le doigtier spécial d'Auvard, 
appareil ingénieux consistant dans un anneau auquel 
est soudé le tube à injection qu'on promène de la 
sorte dans tous les plis et replis de la cavité vaginale. 
Nous défendons absolument les canules en verre 
contre les attaques dont elles sont quelquefois l'objet. 
Rien n'est meilleur au point de vue de l'asepsie. Il 
suffit de les laisser séjourner constamment après 
chaque irrigation dans un bain de sublimé à 1/1000 
ou d'acide phénique à o p. 100 ; on y décèle les 
moindres impuretés; elles ont le grand avantage de 
coûter très bon marché, de pouvoir être remplacées 
facilement; enfin dans un service hospitalier, chaque 
malade doit avoir la sienne avec le bocal rempli de 
liquide antiseptique dans lequel elle plonge. Le seul 
inconvénient c'est leur fragilité qui les expose à se 
briser quelquefois; c'est là un petit accident qui n'a 
absolument aucune gravité et qui ne nous a jamais 
occasionné le moindre ennui. 

Les canules en verre munies de trous en pomme 
d'arrosoir ou d'un seul trou terminal doivent être sub- 
stituées aux anciennes canules en caoutchouc durci, 



CAVITÉ UTÉRINE. 167 

véritables nids à microbes, impossibles à tenir propres 
et à plus forte raison à désinfecter convenablement. 

Règle générale : toutes les fois que le chirurgien 
aura à faire une opération grave, intéressant par 
exemple le péritoine (hystérectomie vaginale), il sera 
bon que la désinfection préventive soit pratiquée 
par lui ou par un aide exercé, et cela pendant quel- 
ques jours avant l'intervention. Si l'opération est une 
opération de petite gynécologie, Ton pourra confier 
les irrigations et lavages à la malade et à son entou- 
rage en leur expliquant bien la manière de faire, 
quitte, immédiatement avant l'opération, à faire 
soi-même une toilette vulvaire et vaginale définitive 
ainsi que nous Tavons exposé plus haut. 

Cavité utérine. — Il nous est arrivé souvent 
d'avoir à désinfecter la cavité utérine envahie par un 
cancer, ou contenant un polype en voie de sphacèle. 

Dans tous ces cas, la dilatation préliminaire devra 
être faite à l'aide de laminaires; ce n'est que lorsque 
l'utérus sera bien ouvert qu'on pourra y faire des 
injections antiseptiques comme plus haut dans le 
vagin sans risque de voir pénétrer le liquide dans la 
cavité péritonéale par les trompes, ou bien y placer à 
demeure des mèches de gaze aseptique imbibées de 
solution de chlorure de zinc au 1/12 ou au 1/20. C'est 
la conduite que nous venons encore de tenir récemment 
dans une hystérectomie vaginale pour un énorme 
cancer en voie de sphacèle et faisant saillie dans la 
cavité du corps de l'utérus. Ces pansements devront 
être faits régulièrement tous les jours, quatre ou 
cinq jours avant l'opération curative. 

En résumé, toutes les fois qu'on devra opérer sur 
les voies génitales de la femme, l'on procédera à la 
désinfection préventive de la vulve, du vagin, de l'uté- 
rus, et l'on devra presque toujours la faire simultané- 
ment vulvo-vagino-utérine, si l'on veut avoir une 
sécurité complète. 



DEUXIEME PARTIE 

ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE 



Dans cette deuxième partie nous exposerons l'en- 
semble des mesures à prendre pendant une interven- 
tion, une exploration, pour éviter une infection ou la 
combattre si elle existe déjà. 

Mais avant cela nous devons insister sur quelques 
points essentiels tels que la question de Tanesthésie 
locale qui s'est beaucoup développée de nos jours, puis 
celle du drainage, des sutures, des ligatures, de 
l'exploration immédiate des plaies et blessures di- 
verses que le chirurgien aura à traiter. 

De Vanesthésie à la cocaïne au point de vue de 
l'asepsie et de l'antisepsie. 

Nous pratiquons aujourd'hui un grand nombre de 
petites interventions avec le bénéfice de l'anesthésie 
par la cocaïne. L'on sait que pour obtenir celle-ci, il 
faut avoir soin d'injecter dans le derme même ou im- 
médiatement sous les plans que l'on doit diviser la so- 
lution cocaïnique au 1/100 ou aul/oO ; on fait une traî- 
née intradermique blanchâtre en enfonçant l'aiguille 
de la seringue de Pravaz dans l'épaisseur même du 
derme et en la retirant peu à peu à mesure qu'on 
pousse le piston de la seringue. Notre collègue Reclus 
conseille d'injecter en poussant l'aiguille et de plus il 



ANESTHÉSIES LOCALES PAR L'ÉTHER, ETC. d6^ 

anesthésie par des injections successives les plans di- 
vers sur lesquels devra porter l'incision. Il est d'une 
importance extrême de se servir de solutions préparées 
avec de l'eau stérilisée, dans des flacons stérilisés, et 
de préparations qui soient de date récente. 

Il est évident que si la solution est contaminée ou 
mal préparée, son injection, quoique la majeure partie 
ressorte par l'incision pratiquée sur la traînée, pourra 
donner lieu à l'infection de la plaie produite et à des 
accidents plus ou moins sérieux. Nous sommes per- 
suadé qu'un certain nombre de complications (inflam- 
mation, gangrène) qui ont été mises sur le compte de 
la cocaïne même doivent être mises sur celui de l'impu- 
reté de la solution. C'est donc un facteur auquel il 
faut attacher une grande importance. Le chirurgien 
devra veiller au bon état des solutions qu'il emploie, et 
à l'asepsie de la seringue et des aiguilles qui lui servi- 
ront aux injections. Ce n'est qu'en prenant toutes ces 
précautions que les injections de chlorhydrate de co- 
caïne pourront être associées à une opération aseptique 
ou antiseptique et qu'il sera possible d'obtenir une 
réunion par première intention. 

Des anestkési'es locales par Véther^ le chloréthyle ou les 
i-éfrigéi^ants dans leurs rapporls avec l'asepsie et 
Vantisepsie. 

Ces anesthésies sont fréquemment employées pour 
de petites interventions, telles qu'incisions d'abcès^ 
ouvertures de panaris, ablations d'ongles incarnés, 
de petites tumeurs sous-cutanées (loupes, lipomes). 

Sont-elles compatibles avec une asepsie chirurgi- 
cale complète ? 

Jamais, pour notre compte, nous n'avons vu arriver 

de complications à propos d'opérations pratiquées de 

cette façon. Il suffît de prendre avant l'application de 

l'anesthésique toutes les précautions d'usage pour que 

ScHWARTz, Asepsie et Antisepsie. 10 



1*0 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

le pansement fait, les choses évoluent tout comme ail- 
leurs. 

L'essentiel est de posséder des produits bien pu- 
rifiés. 

Il est certain que l'ancien procédé du mélange de sel 
el de glace que nous avons vu si souvent employer 
par notre regretté maître Gosselin, ne peut être de 
mise quand on veut obtenir une réunion par première 
intention. Aussi doit-il être laissé de côté pour les cas 
où elle est recherchée et ne s'en servir, si l'on n'a pas 
d'éther ou de chloréthyle à sa disposition, que lorsque 
les circonstances forcent à la réunion secondaire après 
suppuration. 

Du drainage. 

Dans ces dernières années, le drainage a subi, paral- 
lèlement au perfectionnement de l'antisepsie et de 
l'asepsie, une évolution qui en a diminué beaucoup, 
sinon l'importance, au moins l'emploi fréquent. 

Le but idéal de la chirurgie étant de guérir sous 
un seul et unique pansement, au moins les plaies non 
infectées, l'usage du drain se conciliant mal avec lui, 
les chirurgiens l'ont de plus en plus abandonné dans 
tous les cas où cela était possible et exempt de dan- 
gers. Tandis que le drainage méthodique faisait, il y 
a peu d'années encore, partie intégrante de tout pan- 
sement antiseptique, actuellement le plus grand nom- 
bre des chirurgiens, tout en ne l'abandonnant pas, en 
ont beaucoup restreint les indications. Le drainage a, 
en effet, le grand inconvénient de laisser dans la plaie 
un corps étranger, qu'il faut retirer au bout d'un 
temps plus ou moins long, pour lequel il faut défaire 
et refaire le pansement qui, uutre la douleur, peut 
apporter avec lui des germes d'infection. 

Pour nous, jusqu'il y a trois ans, nous avons été 
partisan exclusif du drainage. Depuis, plus confiant 
en nous-mème et dans nos moj^ens, si nous l'avons 



DU DRAINAGE. ni 

laissé de côté dans tous les cas de plaies opératoires 
non infectées, nous nous en servons encore largement 
dans tous les cas où il existe des espaces morts, récep- 
tacles tout préparés pour les sécrétions de la plaie; 
dans tous ceux où nous ne sommes pas sûr d'une 
asepsie parfaite ; dans tous ceux enfin, à plus forte 
raison, où nous avons affaire à une plaie infectée ou à 
une suppuration. 

Dans tous ces cas, le drainage sera toujours une sé- 
curité et la soupape de sûreté avec laquelle le blessé 
guérira plus lentement peut-être, mais à l'abri de toute 
surprise. 

Cette question du drainage a soulevé tout récem- 
ment deux grandes discussions au sein de la Société 
de chirurgie de Paris; l'une d'elles surtout fl) a bien 
montré quelles étaient les tendances de la plupart de 
ses membres. 11 en ressort bien nettement que le drai- 
nage est loin d'être considéré comme une erreur chi- 
rurgicale : que la plupart, tout en le supprimant 
toutes les fois que cela est permis par l'asepsie par- 
faite de la plaie, par la compression et l'immobilisa- 
tion facile du champ traumatique, n'hésitent pas à s'en 
servir quand il y a des chances d'infection, quand il 
existe des espaces morts tout préparés pour les accu- 
mulations de sang et de sérosité. 

Au point de vue pratique, nous croyons que le drai- 
nage ne doit pas être abandonné ; si le chirurgien qui, 
dans un service hospitalier, surveillejournellement ses 
opérés et ses blessés peut s'en passer dans un grand 
nombre de cas, le praticien, qui n'est pas dans les 
mêmes conditions, ne devra pas s'en départir toutes 
les fois qu'il aura le moindre doute sur les condi- 
tions qui autorisant sa suppression, toutes les fois qu'il 
n'aura pas la certitude de pouvoir suivre régulière - 



(1) Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie, t. XV 
p. 358, 1889. 



172 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

ment et rigoureusement le blessé et l'opéré. Jamais 
nous n'avons vu d'accidents résulter d'un drainage 
méthodique, tandis qu'il nous est arrivé d'en voir de 
très graves par suite de l'absence de drain ou d'un 
défaut dans le drainage. S'il nous fallait choisir entre 
toujours drainer ou ne jamais drainer, si nous n'envi- 
sageons bien entendu que les lésions dites aseptiques, 
nous prendrions le premier parti , convaincu que 
nous sommes des services que nous rendrions. C'est 
dire que tous ceux qui n'auront pas de l'asepsie et de 
l'antisepsie une grande habitude, qui opéreront dans 
des conditions défectueuses ou du moins incertaines, 
devront drainer et toujours drainer. 

Technique du drainage. — Le drainage devra 
toujours être fait au niveau du point ou des points les 
plus déclives, de façon à favoriser l'écoulement facile 
des liquides. 

Si la cavité à drainer est étendue, plusieurs drains se- 
ront placés ; on aura soin de les tenir courts, mais 
assez longs néanmoins pour qu'ils pénètrent largement 
dans le foyer traumatique. Nous ne conseillons pas 
l'emploi de drains traversant de part en part, comme 
cela se pratiquait autrefois, toute la cavité à drainer ; il 
est plus logique et plus rationnel de permettre l'accole- 
ment central des parois, d'autant plus que le drain en 
anse laissé pendant un certain temps peut présenter 
dans certaines régions des dangers sérieux par suite 
de la section des tissus qu'il embrasse. 

Tout drain devra être tixé, de manière qu'il ne 
puisse s'enfoncer davantage et pénétrer en entier : le 
moyen le plus simple et le plus usité consiyte à le tra- 
verser d'une épingle dite de sûreté qui s'emboîte sur 
les parties molles ou plutôt sur les pièces de panse- 
ment. Quand on craindra la sortie du tube et que des 
conséquences graves pourraient en être la suite, il 
vaudra mieux le fixer directement aux téguments, par 
un point de suture. Lorsqu'on pensera pouvoir le re- 



DU DRAINAGE. 173 

tirer très rapidement (24 à 48 heures après l'opéra- 
tion), il sera bon de placer au niveau de son orifice 
de sortie un point de suture qu'on ne serrera que 
lors du premier pansement et une foisle tube relire. On 
aura de la sorte tous les avantages d'une réunion com- 
plète par première intention, avec toute la sécurité que 
donne le drainage. 

Quand la sécrétion est telle que le drain ne puisse 
être supprimé, soit qu'il s'agisse d'une plaie suspecte ou 
infectée, ou d'une plaie non infectée mais encore sai- 
gnante, il faudra procéder au nettoyage du drain et 
s'assurer qu'il n'est pas obstrué par des caillots san- 
guins ou des bouchons fibrineux ou purulents. Pour 
cela, il sera retiré, lavé avec une solution antisepti- 
que, débouché, puis alors remis en place . Quand il 
s'agira du drainage d'un foyer de suppuration, et 
qu'après son traitement antiseptique, que nous indique- 
rons en temps et lieu, le drain devra y séjourner quelque 
temps, celui-ci sera raccourci de plus en plus, jus- 
qu'au moment où l'on pourra le supprimer totalement. 
Au bout de quelques jours, il sera bon de le rem- 
placer par un drain nouveau et de moins fort ca- 
libre, qu'on enlèvera lui-même quand on constatera 
que la cavité à drainer est complètement fermée et 
qu'il n'existe plus pour ainsi dire que le trajet même 
du drain. 

Il arrive d'ailleurs assez souvent que ce der- 
nier est expulsé spontanément dès que le besoin ne 
s'en fait plus sentir, et quand on le trouve dans le 
pansement une ou deux fois , il y a tout lieu de 
le supprimer sans avoir à craindre d'accidents de 
rétention. 

Tamponnement aseptique des plaies. — Dans 
ces dernières années, Neuber, qui a cherché par tous 
les moyens à supprimer les inconvénients du drainage 
<les plaies, a institué la manière de faire que voici, et 
qu'il décrit dans une^ communication faite au corps 

10. 



174 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

des officiers sanitaires de la garnison de Kiel (i). La 
plaie étant prête pour la réunion, après avoir eu soin 
de la débarrasser des caillots, des fragments de tissus, 
des particules de poussières qui auraient pu l'attein- 
dre, en l'irriguant avec de l'eau bouillie ou une solu- 
tion saline à 6 p. 100 stérilisée par l'ébullition, l'hé- 
mostase ayant été faite à l'aide de ligalures au catgut, 
le chirurgien prend des lanières de gaze aseptisée par 
l'ébulhtion et tamponne rigoureusement la plaie dans 
toute son étendue. Les sutures sont alors placées par- 
dessus ce tampon aseptique en ayant soin de laisser 
en un ou deux points, des parties non suturées permet- 
tant de retirer facilement les mèches de gaze. Puis un 
aide comprime à l'aide d'épongés entourées de gaze 
aseptique, l'une contre l'autre, les surfaces de la solu- 
tion de continuité pendant que Topérateur retire peu à 
peu la gaze qui remplit le champ opératoire au-dessous 
de la suture ; de cette façon on obtient une fermeture 
hermétique en même temps qu'on entraîne hors de la 
plaie le sang, les sécrétions et l'eau qui y sont restés. 
La gaze aseptique est remplacée par de la gaze anti- 
septique iodoformée lorsqu'il s'est agi de l'extirpation 
de lésions tuberculeuses. L'aide ne quittera ies éponges 
destinées à comprimer que lorsqu'une bande les aura 
solidement assujetties en attendant la terminaison du 
pansement. Telle est la manière de faire préconisée 
par Neuber. 

Les excellents résultats que nous obtenons cons- 
tamment par la méthode que nous employons et 
qu'emploient le plus grand nombre des chirurgiens 
français ne nous poussent nullement à la mettre en 
usage. Sans vouloir faire de critiques, le tamponne- 
ment sous une ligne de sutures doit être assez difficile 
à enlever sans provoquer de nouveau une légère hé- 

(1) Neuber, Zur Technik der aseptischen Wundbehandlung ^ 
Cenfralhlait fur Chirurgie, n^' 10, 1892. 



DE L'HÉMOSTASE. 175 

morrhagie de la surface, même en ayant soin d'adosser 
et de comprimer autant que possible les surfaces trau- 
maliques, d'où des inconvénients que nous n'avons pas 
quand nous faisons une hémostase soignée de telle ou 
telle façon, la suture, puis la compression par un bon 
pansement. 

De V hémostase au point de vue aseptique et antiseptique. 
Ligatures. Torsion. Compression et tamponnement. 
Thermocautère. 

Des ligatures. — Avant l'ère antiseptique, lorsque 
le chirurgien faisait une ligature avec le fil de soie 
ciré, il devait la serrer assez pour couper la tunique 
moyenne artérielle et amener par son recroqueville- 
ment l'hémostase ; puis la section complète du vais- 
seau se faisait sous l'influence de la striction du fil, 
associée souvent à une certaine traction sur ses bouts. 

'Actuellement il n'en est plus de même. Avec les li- 
gatures résorbables ou non, au catgut, ou à la soie et 
aseptiques, la striction ne va pas toujours jusqu'à couper 
la tunique élastique des artères; elle doit être suffisante 
pour accoler la tunique interne, la plisser et faire cesser 
toute circulation. L'hémostase se fait, un caillot se 
forme de chaque côté de l'endroit serré ou au-dessus 
de lui quand il s'agit d'une section complète comme 
après une amputation ou une ablation de tumeur. Ce 
caillot envahi par l'endartérite proliférante amène une 
hémostase définitive parfaite, quand il ne se produit 
pas de suppuration. Le catgut se résorbe sur place ; 
le fil se désagrège et est remplacé par des éléments 
embryonnaires qui s'organisent et contribuent encore à 
la solidité de Toeclusion vasculaire. 

Pour la pratique de la ligature des grosses artères, 
Championnière emploie une manœuvre dont il s'est 
toujours bien trouvé. Il passe deuK fils, de façon 
que si l'un venait à casser, il n'ait pas à en passer un 



i76 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

iiouveau ; s'il ne casse pas, il lie le second au-dessus 
du premier. Loin de craindre de trop grosses masses 
de catgut, il est convaincu que ces fils s'infiltrent d'élé- 
ments jeunes, forment comme une sorte d'étui pour la 
paroi artérielle. Comme il n'y a pas de suppuration, 
il n'y a pas d'élimination. 

Le catgut est certainement le fil idéal pour la liga- 
ture dans les opérations aseptiques, où l'on recherche 
la réunion par première intention; mais il faut qu'il 
soit aseptique, et nous savons les difficultés qu'il y a 
à l'obtenir de la sorte et, de plus, il faut qu'il résiste 
assez longtemps. 

La soie est beaucoup plus facilement stérilisable, 
mais elle a le grand inconvénient de ne pas se résorber, 
de rester au milieu des tissus comme un corps étran- 
ger; malgré cela, h cause de l'asepsie parfaite que l'on 
peut obtenir, nous en conseillons l'usage, parce que le 
point essentiel, à notre avis, c'est qu'il n'y ait pas de 
suppuration: la résorbabilité ne doit être mise qu'en 
seconde ligne. 

Comme la soie ne se résorbe })as, nous l'employons 
toujours la plus fine possible, de façon à ne former 
qu'un corps étranger de très petit volume, et la qualité 
essentielle pour la soie à ligature, après son asepsie 
parfaite, doit être la solidité, de façon à permettre 
l'emploi de fils très fins. 

La soie plate de Czerny tressée est celle que nous 
employons de préférence, depuis le n° jusqu'au n° 2, 
-3 au plus. Quand il s'agit d'opération sur les tissus in- 
fectés, et lorsqu'il est impossible d'obtenir une réunion 
par première intention, la question des fils est moins 
importante, cela se conçoit facilement sans que nous 
ayons besoin d'insister plus longuement. Dans tous ces 
cas, nous employons presque exclusivement la soie. 

Quand on manque de catgut et de soie, le premier fil 
venu, pourvu qu'il soit résistant, pourra servir, à con- 
dition de le rendre aseptique en le faisant bouillir 



DE L'HÉMOSTASE. 177 

pendant un quart d'heure, vingt minutes, dans de l'eau 
ou mieux dans une solution antiseptique. 

Nous venons de parler des ligatures qui seront faites 
à la soie ou au catgut. 

Mais à côté d'elles existent d'autres procédés d'hé- 
mostase qu'il nous faut rappeler. 

Torsion. — A notre avis, la torsion, surtout pour les 
artères de petit calibre, mérite de notre part une grande 
attention: que réalise-t-elle, en effet? l'hémostase abso- 
lument certaine, pour peu qu'elle soit bien faite, et cela 
sans laisser sous les tissus aucun fil qui puisse devenir 
le point de départ d'une infection. C'est à ce titre que 
nous l'employons très fréquemment dans toutes les 
opérations, ne réservant la ligature proprement dite 
que pour les vaisseaux de moyen et de gros calibre. 
Pas n'est besoin dans ces conditions de la pratiquer 
avec la pince spéciale que notre maître, le professeur 
Tillaux, a fait construire pour tordre même les fémo- 
rales après une amputation de cuisse. Il suffit, une fois 
le vaisseau saisi par une pince à forcipressure, de faire 
tourner celle-ci sur elle-même jusqu'à ce qu'elle se dé- 
tache spontanément des tissus; la seule précaution à 
prendre, c'est de ne saisir autant que possible que le 
vaisseau que l'on veut tordre, et non pas une assez 
grande épaisseur de parties molles autour de lui, 
comme on le fait couramment, quand on veut placer 
une ligature de soie ou de catgut. 

Dans un grand nombre de nos opérations de cure 
radicale de hernies, nous avons très souvent employé 
la torsion sans qu'il en soit jamais résulté le moindre 
inconvénient au point de vue de l'hémostase tempo- 
raire ou définitive. Nous ne saurions donc trop recom- 
mander ce procédé hémostatique, surtout si l'on doute 
tant soit peu de la bonté de la soie ou du catgut que 
l'on a à sa disposition. 

Compression. — Lorsque l'hémorrhagie est paren- 
chymateuse, se fait en nappe sur des tissus très vascu- 



178 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

laires et par de tout petits vaisseaux, veinules et arté- 
rioles ou encore par des veines même plus volumi- 
neuses, il faut savoir que la compression simple par- 
vient à s'en rendre maître. Il suffit d'appliquer, dans 
certains cas, une compression passagère à l'aide d'un 
tampon aseptique ou antiseptique pour voir cesser 
l'écoulement sanguin. 11 faut toutefois se défier de son 
efficacité dans toutes les régions où intervient directe- 
ment l'influence de l'effort. C'est ainsi qu'au cou, à la 
racine des membres supérieurs, la compression appli- 
quée seule peut amener de graves inconvénients. Sous 
l'influence d'un effort de vomissement, de toux, les 
veines dans l'intérieur desquelles la pression sanguine 
augmente se rouvrent et l'hémorrhagie recommence. 
C'est ce qu'on voit couramment pendant les opéra- 
tions d'ablation ou d'énucléation de goitres. Il faut par 
conséquent s'en défier dans ces conditions et la rem- 
placer par une compression permanente ou par les 
autres procédés hémostatiques. 

Le tamponnement permanent, que nous faisons sur- 
tout à la gaze iodoformée ou encore avec une éponge 
aseptique entourée de gaze, est très souvent employé 
dans ces conditions; il sera lui-même, selon les cir- 
constances, temporaire ou définitif: temporaire, quand 
on le retire dès les premières vingt-quatre ou quarante- 
huit heures passées; déûnitif, si la plaie ne peut être 
réunie. 

Forcipressure. — La pince à forcipressure laissée 
à demeure doit être un procédé d'hémostase dicté par 
la nécessité. C'est lorsque nous avons affaire à une hé- 
morrhagie sérieuse venant d'une région profonde et dif- 
ficilement accessible pour les doigts qui portent la liga- 
ture, que nous appliquons sur le vaisseau coupé ou 
blessé une pince qui arrête tout écoulement sanguin. 
Cette forcipressure qui peut n'être que temporaire , 
c'est-à-dire durer le temps même que dure l'interven- 
tion, quand il s'agit d'un vaisseau relativement petit 



DE L'HÉMOSTASE. 179 

dont l'oblitération est facilement amenée, est définitive 
au contraire et doit l'être, pour peu qu'il s'agisse d'un 
vaisseau plus important. 

Se combine-t-elle facilement avec l'asepsie et l'anti- 
sepsie? A cette question, nous répondrons par l'affir- 
mative, à condition que la pince soit elle-même asep- 
tique. Il nous est arrivé souvent de laisser au fond 
d'un foyer traumatique profond une ou plusieurs pin- 
ces pendant un, deux, trois jours, la plaie étant totale- 
ment réunie sur tous les points qui ne leur livrent pas 
passage. Il suffit au premier pansement de les enlever 
avec grande précaution, sans brusquerie ni tiraille- 
ments, et si l'on a quelques doutes sur l'asepsie opéra- 
toire, de les remplacer par un drain que l'on enlèvera 
lui-même un ou deux jours après. 

C'est en somme le procédé d'hémostase que nous 
employons presque tous couramment dans l'hystérec- 
tomie, vaginale, etles résultats opératoires disent assez 
combien il est efficace et sûr. 

En résumé, la forcipressure définitive est un excellent 
moyen hénioslalique que nous conseillerons quand il 
sera très difficile ou impossible de lier ou de tordre. Le 
pansement devra, dans ces cas, être fait très rigou- 
reusement pour empêcher toute contamination de la 
plaie le long des pinces. 

Thermocautère. — A côté de ces moyens méca- 
niques de ligature, torsion, compression directe, défi- 
nitive ou temporaire, se place l'hémostase parla cha- 
leur. Elle n'est applicable qu'aux vaisseaux de petit et 
moyen calibre, et encore faut-il que le cautère soit au 
rouge sombre pour qu'il se forme un caillot solide et ré- 
sistant. Au point de vue de l'asepsie, l'hémostase par le 
Paquelin est un excellent moyen que nous avons très 
souvent l'occasion de mettre en pratique. L'eschare est 
aseptique, constitue un corps étranger qui est peu à peu 
repris par les tissus environnants. Ce procédé d'hémos- 
tase est surtout indiqué dès que ceux étudiés plus haut 



180 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPERATOIRE. 

sont inapplicables ou difficilement appliqués ; il sera sur- 
tout dirigé contre les hémorrhagies provenant de tissus 
mous, friables, sur lesquels la pince hémostatique n'a 
pas de prise, ou encore, lorsqu'il s'agira d'hémorrha- 
gies en nappe h la suite de ruptures d'adhérences, par 
exemple, ou bien si l'on a affaire à un suintement san- 
guin, plus ou moins abondant, d'une surface de section 
osseuse sans que la compression parvienne à l'arrêter. 
Rappelons-nous encore que si le Paquelin est excellent 
pour l'hémostase veineuse, à cause de la faible pression 
qui règne dans les veines, il ne faut pas beaucoup 
compter sur lui pour Fhémoslase artérielle, pour peu 
qu'il s'agisse d'une artériole un peu conséquente. 

Hémostatiques chimiques. — En terminant ce 
rapide aperçu, nous ne saurions trop nous élever contre 
l'emploi des styptiques, et en général des substances 
chimiques, pour arrêler les hémorrhagies. Celle que 
nous visons surtout, c'est le perchlorure de fer, dont 
nombre de plaies accidentelles sont encore actuelle- 
ment recouvertes dés qu'il y a un suintement sanguin 
d'une certaine importance, à plus forte raison un jet 
artériel. Que de phlegmons graves delà main n'avons- 
nous pas eu h traiter à la suite de cette pratique que 
nous qualifions absolument d'anlichirurgicale! 

Sans aller jusqu'à accuser le perchlorure de fer 
d'engendrer l'érysipèle et les différentes septicémies, 
nous lui reprochons avant tout son action irritante sur 
les plaies qu'il touche ; il dénature et change compléle- 
ment leur aspect et rend très difficile consécutivement 
la recherche des vaisseaux à lier. 

Nous serons moins sévères pour la liqueur de Pa- 
gliari, qu'il nous est arrivé d'employer plusieurs fois 
dans des cas où une hémorrhagie grave s'était pro- 
duite à une grande profondeur, sans qu'il fût possible 
d'arriver à trouver les bouts du vaisseau blessé ; jamais 
nous n'avons constaté d'infection grave consécutive; il 
en est de même pour les solutions d'antipyrine ou de 



DES SUTURES. 181 

chloroforme dont on s'est aussi servi avec efûcacité 
comme hémostatique ; tout est d'avoir des produits 
frais, bien préparés. 

Ne savons-nous pas, d'ailleurs, que le chloroforme est 
un antiseptique puissant ? 

De la réunion au point de vue aseptique et antiseptique. 
Aiguilles et procédés de sutures. 

Des sutures. — Les deux espèces de sutures que 
nous faisons actuellement le plus souvent sont la su- 
ture entrecoupée et la suture en surjet. 

Pour les réunions cutanées, le meilleur matériel de 
suture est le crin de Florence; il est bon d'avoir trois 
grosseurs de fils, des petits, des moyens et des gros; 
ces derniers presque exclusivement destinés aux sutures 
de la paroi abdominale après la laparotomie, pour 
celles de la périnéorraphie ou aux sutures profondes de 
lambeaux après une amputation, par exemple. La suture 
se fait parpoints entrecoupés avec l'aiguille de Reverdin 
(fîg. 31) que nous employons pour notre compte pres- 
que exclusivement, ou tout autre aiguille fixe ou mon- 
tée sur un porte-aiguille. Chacun choisira à cet effet 
celle qui lui conviendra le mieux ; l'essentiel, c'est que 
l'aiguille soit parfaitement aseptique et se prête le 
mieux possible à la désinfection. 

Reverdin a fait construire tout récemment une nou- 
velle aiguille montée à angle droit sur un manche 
court ou long, suivant les besoins ; elle s'ouvre par une 
pression sur le manche formé de deux parties métalli- 
ques et se referme automatiquement. Elle est très faci- 
lement démontable et très facile à nettoyer et à désin- 
fecter (fig. 33). A côté d'elle, citons encore l'aiguille 
de Lamblin que prônent Terrillon et Chaput (1) et que 

(Il Terrillon et Chaput, Antisepsie chirurgicale. Paris, 1893. 
ScuwARTZ, Asepsie et Antisepsie. il 



t82 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 



pour notre compte nous trouvons inférieure à celle de 
Reverdin. 




Fig. 31. — Aiguilles du D'' Reverdin, 
grandes, moyennes, petites et très 
fines. 



Fig. 32. — Aiguille de 
Larger. 



Nous ne saurions trop insister sur les excellents ré- 
sultats que nous a donnés et que nous donne toujours 
le crin de Florence que nous voyons encore délaissé par 



DES SUTURES. 



183 



certains chirurgiens, et nous conseillons de toutes nos 
forces aux praticiens l'emploi de ce matériel de suture, 




Fig. 33. — Aiguille de Reverdin, nouveau modèle. 

facile à désinfecter, facile à conserver, d'une applica- 
tion très simple et d'une ablation plus simple encore. 
Pour les sutures profondes, à plans séparés, nous 
usons du catgut et de la soie. Le catgut est ce qu'il y a 



184 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

de mieux théoriquement pour faire un surjet continu 
d'un plan à un autre. Quand nous usons de la soie, 
nous la prenons aussi fine que possible, et comme c'est 
toujours un corps étranger non résorbable,lessuturesse 
font à points entrecoupés, espacés à la distance voulue. 
Toutes les fois que l'on fait une suture par plans sépa- 
rés, il faut avoir soin, surtout dans les régions où la 
compression est difficile, sinon impossible, d'accoler 
les plans superposés de distance en distance, de les 
rendre solidaires, de façon à éviter la formation d'es- 
paces morts où peuvent s'accumuler le sang et la 
sérosité. C'est ce que l'on peut obtenir aussi bien avec 
le surjet qu'avec le point entrecoupé. 

Si la suture entrecoupée est moins expéditive que le 
surjet, elle présente au point de vue de l'asepsie cet 
avantage qu'un point, si par hasard il y a eu de l'in- 
fection ou que le fil soit infecté, peut suppurer sans 
que les autres se mettent de la partie. Quand un surjet 
se met à suppurer en un point, il est bien rare que 
toute la ligne de sutures n'y passe pas, par propagation 
le long du fil des produits infectieux. 

La suture en capiton est encore une excellente su- 
ture quand il s'agit d'adosser solidement de larges sur- 
faces cruentées ; on peut la faire soit continue, soit à 
point coupés. Elle consiste à traverser les deux lèvres 
à affronter, d'un double fil, sous l'anse duquel on glisse 
un bout de tube en caoutchouc aseptique et qu'on 
Ue de l'autre côté sur un bout semblable, lorsqu'il 
s'agit d'une suture à points entrecoupés. Quand on 
veut la faire continue comme je l'ai vu pratiquer, 
par exemple, par Roux, de Lausanne, dans les cas de 
laparotomie, il faut passer le fil d'une lèvre dans l'au- 
tre sans aller par-dessus et placer à chaque fois et de 
distance en distance un bout de tube élastique, aseptisé, 
d'un côté et de l'autre. Presque toujours ces sutures 
à capiton seront complétées par une suture superfi- 
cielle entrecoupée ou en surjet. 



EXPLORATIOiN DES PLAIES ACCIDENTELLES. 185 

Nous n'insisterons pas plus longtemps sur les su- 
tures, ce que nous devions en dire ne concernant que 
ce qui regarde l'asepsie et l'antisepsie. 

De V exploration des jolaies accidentelles. 

Toute plaie accidentelle doit être explorée et traitée 
comme une plaie suspecte. 

Après avoir nettoyé aussi bien et aussi rapidement 
que possible les parties environnant la blessure, et en- 
levé les caillots que peuvent contenir ses anfractuosités, 
à moins toutefois qu'il n'y ait eu auparavant une hé- 
morrhagie sérieuse qui indique l'ouverture d'un tronc 
vasculaire important, on procède à l'examen. Celui-ci 
doit être fait, après désinfection préalable de la plaie 
avec une solution antiseptique forte, soit par attouche- 
ment, soit par injection, quand il s'agit d'une plaie cavi- 
taire des membres; il faut au contraire être très pru- 
dent sous ce rapport quand il peut y avoir plaie 
pénétrante d'une grande cavité séreuse, ou d'un viscère 
important (abdomen, thorax, crâne). 

L'exploration doit être faite, soit avec le doigt, après 
avoir eu soin de se désinfecter les mains comme pour 
une opération, soit avec des instruments rendus asep- 
tiques par l'un des procédés que nous connaissons. Le 
plus pratique est généralement le flambage sur la 
flamme du gaz ou encore sur celle d'une lampe à al- 
cool, ou encore le séjour pendant une dizaine de mi- 
nutes dans l'eau bouillante. Ces précautions prises, et 
alors seulement, il est permis d'explorer avec la sonde 
cannelée ou le stylet les plaies pénétrantes osseuses, 
celles des articulations, celles encore de l'abdomen, de 
la poitrine ou du crâne. 

Ces explorations qui étaient prohibées autrefois, à 
cause des complications qu'elles engendraient souvent 
parl'apporl de germes pathogènes, sontabsolument indi- 
quées aujourd'hui alors qu'il est d'un intérêt majeur 



186 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

de savoir s'il y a ou non pénétration, présence d'un 
corps étranger nécessitant une thérapeutique active 
immédiate. L'exploration devra être faite avec une 
grande douceur, mais aussi complète que possible, de 
façon à obtenir la certitude. Dans ces dernières années, 
on a préconisé pour les plaies supposées pénétrantes 
de l'abdomen, l'exploration par le doigt, après débri- 
dement de l'orifice d'entrée d'un projectile de petit 
calibre. C'est là une manière de faire tout à fait défen- 
dable, mais à condition qu'on prenne les plus minu- 
tieuses précautions au point de vue antiseptique. 

L'on peut avoir affaire à une plaie manifestement 
infectée, soit primitivement, soit secondairement, à 
une plaie suppurante, à un trajet ûstuleux. Dans ces 
conditions, la désinfection préalable est encore de 
rigueur à plus juste titre; les mêmes précautions se- 
ront prises pour les instruments et l'on devra veiller 
avec grand soin, étant donné que la désinfection peut 
être incomplète, à ne pas produire pendant l'explora- 
tion de traumas permettant une auto-inoculation et 
les accidents qui en résultent. 



DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE 
PENDANT LES OPÉRATIONS 

Nous examinerons la conduite que doit suivre le chi- 
rurgien dans les deux cas qui se présentent le plus sou- 
vent : dans celui où la région sur laquelle il opère n'est 
pas infectée, dans celui, au contraire, où il opère sur 
des tissus ou des organes en voie de suppuration. 

Opérations sur les tissus et organes non infectés. 

La meilleure manière, à notre avis, de montrer com- 
ment l'on doit agir, c'est de procéder par exemples et 
d'exposer un certain nombre de faits en choisissant 



OPÉRATIONS SUR LES TISSUS NON INFECTÉS. 18? 

de préférence ceux qui se présentent le plus fréquem- 
ment dans la pratique de tous. 

De la pratique de l'opération en général. — 

Tout étant disposé, le malade étant ou non endormi 
suivant les indications, l'opérateur doit avant tout dis- 
poser son personnel et distribuer à chacun son rôle. 

En général, moins il y aura d'aides directs et mieux 
cela vaudra, au point de vue de la perfection de l'a- 
sepsie ; car moins il y aura, si des fautes étaient com- 
mises, de chances d'infection. Aussi, sommes-nous 
d'avis que le chirurgien devra lui-même prendre ses 
instruments dans le plateau qui les supporte, placé à 
sa proximité. Un aide en face de lui devra tamponner 
la plaie. Quand le nombre en sera suffisant, un autre 
passera les fils à ligature et à suture, retirés au mo- 
ment même du liquide antiseptique dans lequel ils 
plongent. 

Quand les conditions inverses se présenteront, le 
chirurgien y suppléera en plaçant matériaux à liga- 
ture et à suture à sa portée et en les prenant lui- 
même. 

Nous sommes tellement convaincu de la bonté des 
conditions dans lesquelles on se place en s'entourant 
du personnel le moins nombreux possible, que lorsque 
les circonstances s'y prêtent, nous faisons tout par 
nous-même. Cela n'est possible que pour des opéra- 
tions relativement limitées (ablations de petites tu- 
meurs, hernies, etc.). 

Pendant l'exécution de l'opération, le chirurgien et 
ses aides directs doivent veiller à ce que, sous aucun 
prétexte, aucune personne étrangère à l'acte opéra- 
toire ne commette une infraction, touche aux tam- 
pons, veuille passer un instrument. 

C'est surtout lorsqu'il se produit des alertes chloro- 
formiques que les infractions se produisent le plus fa- 
cilement. Sans perdre une seconde, le chirurgien con- 
fiera la plaie opératoire à son aide, après l'avoir 



188 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPEUATOIRE. 

recouverte d'une compresse aseptique qui ne sera levée 
que lorsqu'il pourra reprendre son intervention après 
un nouveau lavage chirurgical des mains. 

Quand il aura le moindre doute sur la valeur de l'a- 
sepsie, il y renoncera, fera de l'antisepsie et drainera, 
et cela dans les cas où il n'y aurait nullement songé si 
les conditions avaient été normales. 

C'est de la stricte et minutieuse observation de ces 
règles que dépend l'issue favorable ou défavorable 
d'une intervention même bien conduite au point de 
vue opératoire. 

Tout étant disposé, le chirurgien ou son aide direct 
enlèvera le pansement provisoire qui recouvre le champ 
opératoire. Il pratiquera un dernier lavoge h l'alcool 
pur d'abord ou encore à l'éther, puis à la liqueur de 
Yan Svvieten à J/1000 pour recouvrir tout le pourtour 
direct de la surface sur laquelle on doit intervenir de 
compresses bouillies trempées dans de l'eau bouillie 
chaude, ou de compresses stérilisées d'une façon plus 
rigoureuse encore à l'autoclave, ou bien encore de 
serviettes stérilisées. 

Nous pensons qu'il ne faut pas trop refroidir les 
opérés par l'application des compresses humides tout 
autour du champ opératoire. Ces compresses chaudes 
au moment où on les applique, se refroidissent rapide- 
ment et cela peut avoir des inconvénients sérieux pour 
certaine catégorie de malades (gens débilités, vieil- 
lards). Il est vrai qu'on pourrait les remplacer à un 
moment donné ; mais c'est là une perte de temps qu'il 
faut chercher à éviter. Voici comment nous procé- 
dons. Au-dessous des compresses humides, nous met- 
tons une ou deux serviettes sèches par-dessus les- 
quelles les compresses sont repliées et ne louchent la 
peau que dans un espace très limité. De cette façon, 
la protection est complète tout en n'ayant pas les in- 
convénients que nous signalons plus haut. Quelques 
chirurgiens pour éviter de voir les compresses protec- 



ARTIGULATIOiNS ET SÉREUSES. 189 

trices se déranger pendant l'opération n'hésitent pas 
dans les grandes interv^entions comme les laparo- 
tomies, à revêtir l'opérée d'une sorte de peignoir qui 
sera fendu au niveau de l'abdomen et dont les bords de 
la fente sontcoususdirectementàla peau dechaque côté. 

Nous avouons que cette manière de faire nous a 
paru excessive et nous nous en tenons à nos compres- 
ses renouvelées si elles tombent ou sont souillées par 
un liquide pathologique. 

Ce n'est que lorsque toutes ces dispositions auront 
été prises que le chirurgien saisira le bistouri et com- 
mencera l'opération. Quand il opérera sur la tète, il 
faudra, si c'est sur la face ou le cou, relever les che- 
veux chez la femme, les maintenir chez elle comme 
chez l'homme, recouverts d'une compresse fixée par une 
bande de tarlatane ou encore d'un bonnet en caout- 
chouc stérilisé par l'ébuUition. Certains recouvrent la 
face elle-même d'un véritable masque fait d'une com- 
presse où sont découpés les yeux, le nez, la bouche, de 
façon à permettre la chloroformisation. Cela prive de 
l'observation de la figure de l'opéré et ne me paraît 
pas une bonne manœuvre. 

Chirurgie générale. 

Ponctions, lavages, injections dans les arti- 
culations et les séreuses. — Ces interventions ne 
sont inoffensives que lorsqu'elles sont entourées de 
toutes les précautions que nous devons prendre pour 
une opération sérieuse. Ce n'est qu'à cette condition 
qu'il est permis de ponctionner une articulation du ge- 
nou, une séreuse comme la plèvre, par exemple. 

Par conséquent, préparation du champ opératoire, 
asepsie des instruments, en particulier du trois-quarts et 
de la seringue, asepsie de l'opérateur. Nous nous ser- 
vons du trois-quarts, à robinet ordinaire en argent pour 
hydrocèle, et de la seringue en verre du professeur 

11. 



190 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

Guyon. La ponction faite au genou, par exemple, en 
dehors et au-dessus de la rotule, on évacuera le liquide 
contenu dans la jointure , en ayant soin qu'il ne 
pénètre pas d'air en fermant le robinet dès que le jet 
diminue. Avant de faire le lavage antiseptique avec 
l'eau phéniquée à 3 p. 100 ou à 5 p. 100 suivant les cas, 
il est prudent de faire un lavage à l'eau stérilisée, de 
façon à enlever tout ce qui est contenu dans l'articula- 
tion ; l'eau phéniquée coagule en effet la fibrine con- 
tenue dans le liquide des épanchements et les coagulas 
ainsi formés peuvent boucher le trois-quarts et empê- 
cher la sortie du liquide modificateur : lorsque l'eau 
ressort claire, on procède au lavage de la jointure en y 
faisant passer de 200 à 500 grammes de liquide anti- 
septique, la seringue étant bien purgée d'air. Le trois- 
quarts est retiré, quand tout s'est écoulé; puis le pan- 
sement est fait après qu'on a pris la précaution de 
comprimer pendant quelques instants la petite plaie 
de la ponction, de façon à empêcher le sang d'enlever 
le coton collodionné que l'on doit appliquer sur elle. 
L'articulation a été immobilisée primitivement dans 
un appareil plâtré ; sinon elle le sera immédiatement 
après. 

Nous ne voulons pas insister plus longuement sur la 
nécessité qu'il y aura, toutes les fois qu'on aura à faire 
une piqûre si petite fùt-elle, à s'assurer de l'asepsie 
parfaite de l'aiguille et du trois-quarts. Les abcès à la 
suite de piqûres de morphine, les vaginalites suppu- 
rées à la suite de ponction de kystes ou d'hydrocèles^ 
les suppurations graves qui suivent quelquefois les 
ponctions et évacuations des hygromas ou des kystes^ 
sont certainement dues la plupart du temps à l'infec- 
tion de l'instrument malpropre qui aura servi au mé- 
decin. 

Aussi ne saurions-nous trop conseiller pour les se- 
ringues à morphine dont on se sert si fréquemment, l'u- 
sage d'aiguilles en platine iridié inattaquables parles 



ABLATION d'une TUMEUR DU SEIN. 191 

antiseptiques et résistant au flambage ; pour les trois- 
quarts, le flambage à la lampe à alcool ou dans un 
bain d'alccol, quand l'instrument est en entier métalli- 
que, est ce qu'il y a de mieux et de plus sûr. 

Ablation d'une tumeur du sein non ulcérés. 
— Après avoir pris les précautions indiquées plus 
haut au point de vue de la désinfection du chiruro'ien 
et de ses aides, des instruments, des matériaux devant 
servir pendant l'opération, enûn du champ opératoire; 
après avoir garni tout son pourtour de compresses 
bouillies chaudes, l'incision sera faite de telle façon 
qu'elle s'adapte le mieux possible à une réunion par 
première intention, en enlevant toutefois largement les 
téguments s'il s'agit d'une tumeur maligne. A mesure 
que le chirurgien détachera le néoplasme des parties 
profondes, en enlevant tout, mamelle et tumeur jus- 
qu'au grand pectoral, s'il s'agit d'un cancer même non 
adhérent, des tampons stérilisés soit aseptiques soit 
antiseptiques seront appliqués au fur et à mesure de 
l'ouverture des vaisseaux, sur les parties qui saignent 
et maintenus par l'aide. Quand toute la tumeur est en- 
levée, les tampons sont retirés un à un, et le chirur- 
gien pince au fur et à mesure de leur ablation les 
artères qui donnent du sang. Gela fait, les ligatures 
sont placées sur chaque pince, soit au catgut n° 2, 
soit à la soie plate n" 1, suivant les préférences de 
chacun ; nous avons dit les nôtres pour le fil de soie. 
Quand toutes les pinces ont été enlevées, la plaie est 
touchée avec un tampon trempé dans lasolution phéni- 
quée forte et exprimé, puis recouverte d'une compresse 
aseptique (bouillie ou stérilisée à l'autoclave) en atten- 
dant qu'on fasse, s'il y a lieu, le curage de l'aisselle. 
Celle-ci ayant été vidée de tout son contenu ganglion- 
naire et graisseux et le sang étant arrêté, un tampon 
est placé dans la cavité, la compresse de la plaie du 
sein est retirée et l'on procède aux sutures. Nous les 
faisons toujours au crin de Florence; deux à trois sont 



192 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

profondes pour réunir muscles et tissus graisseux, pour 
appliquer les lambeaux sur le thorax et effacer si possi- 
ble tout espace mort ; les autres sont superficielles . Quand 
il s'agit de régions très riches en graisse, nous drai- 
nons toujours. A cet effet, nous plaçons un drain à la 
partie la plus déclive, en séparant complètement la 
petite incision qui lui livre passage de la grande 
plaie opératoire. Il est fixé à l'aide d'une épingle à 
nourrice, et l'on s'assure qu'il répond bien, la malade 
couchée, au point où s'accumuleront la sérosité et le 
sang, s'il s'en écoule malgré le pansement compressif 
qui va suivre. Avant de l'appliquer, la ligne de sutures 
et le drain à son orifice sont encore touchés une fois 
avec un tampon trempé dans une solution phéniquée 
forte (50 p. 1000) après avoir été débarrassés par 
des lavages avec la solution de sublimé tiède à 1/4000 
du sang et des caillots qui ont taché toute la région et les 
régions voisines. Tout sera bien nettoyé avant le pan- 
sement et Ton fera grande attention à ne pas repasser 
sur la ligne de sutures la ouate qui aura servi à la- 
ver les parties voisines. 

Quand on est sûr de l'asepsie parfaite de tout ce qui 
sert à l'opération, de celle des aides, on peut se dis- 
penser d'user, pendant l'opération, de solutions anti- 
septiques, et faire pour ainsi dire de l'asepsie pure en 
ne se servant que d'eau stérilisée par l'ébuUition à 
l'autoclave ou autrement. Pour notre compte, nous 
voyons si peu d'inconvénients à user comme nous le 
faisons des antiseptiques, qu'il nous semble qu'il y a 
tout avantage à continuer, étant donnés les excel- 
lents résultats que nous avons constamment ob- 
tenus. 

Amputation de cuisse. — Le second exemple que 
nous prendrons est celui d'une ampulation, celle de la 
cuisse par exemple. Gomme le chirurgien doit recher- 
cher la réunion immédiate, il choisira de préférence 
les procédés à lambeaux, et à la cuisse en particulier 



AMPUTATION DE CUISSE. 193 

le procédé à grand lambeau antérieur et à petit lam- 
beau postérieur. 

Tout étant disposé, la jambe sera entourée de com- 
presses aseptiques et maintenue par un aide; la racine 
de la cuisse au niveau de l'endroit où aura été appli- 
qué, après élévation du membre pendant cinq minutes, 
le lien d'Esmarch, ou de préférence la petite bande en 
caoutchouc noir de Lucas Championnière, sera garnie 
de compresses aussi maintenues par l'aide qui rétrac- 
tera les lambeaux. Le chirurgien procède à l'opération. 
Avant de scier le fémur, une compresse à deux chefs, 
bouillie ou stérilisée, est renversée par-dessus les lam- 
beaux pour les protéger, puis le membre est abattu. Gela 
fait, ligature des gros vaisseaux que l'on voit, avec la 
soie n"* 3 ou le catgut n° 3. La bande élastique est en 
levée; forcipressure, puis ligature, avec de la soie fine 
(n°0 oui) ou catgut n°i, des petites artères qui donnent 
encore. Quelquefois, la moelle osseuse saigne assez 
abondamment; quelquefois encore, si l'amputation a 
été faite très haut, l'artère nourricière du fémur 
donne du sang. Dans le premier cas, la lame au rouge 
sombre du thermo-cautère arrête généralement l'hé- 
morrhagie, si la simple compression ne suffît pas ; 
dans le second, on enfonce quelques morceaux de 
catgut dans le canal osseux, ou bien on le bouche 
avec un mastic antiseptique si on l'a sous la main. 
Attouchement de toute la surface cruentée et de la 
coupe osseuse bien égalisée, avec un tampon phéniqué 
fort, puis sutures, après s'être bien assuré que rien 
ne saigne plus. Nous avons essayé plusieurs fois la 
suture à étages, faisant un surjet continu sur les 
masses musculaires avec du catgut n° 1 ou 2, puis une 
suture superficielle au crin de Florence. 

Nous sommes revenu à notre ancienne manière de 
faire, qui consiste à traverser toute l'épaisseur des 
lambeaux par deux ou trois sutures profondes au crin 
de Florence fort; les sutures serrées, nous passons à 



194 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

la suture superficielle qui réunit exactement les lèvres 
des deux lambeaux. Les deux ou trois sutures pro- 
fondes sont plus rapidement placées que le surjet, et 
l'on n'a pas à craindre l'infection par la grande masse 
de catgut ou de soie employée, si, par hasard, elle n'é- 
tait pas partout et parfaitement aseptique. 

Nous ne drainons pas en général; ce n'est que si, 
dans le cours de l'opération, il y avait une alerte qui 
nous mît dans le doute au point de vue de l'asepsie, 
que nous n'hésiterions pas à placer deux drains debout, 
aux deux extrémités de la ligne de sutures, quitte à 
les retirer au bout de deux jours. Si le grand lambeau 
antérieur s'adapte mal à la petite circonférence posté- 
rieure, nous en réséquons un morceau triangulaire à 
base périphérique; comme il doit y avoir une adapta- 
tion parfaite pour éviter les espaces morts, il faut se 
mettre dans de bonnes conditions à cet égard. Les 
sutures faites, le moignon dégarni de ses compresses 
et bien lavé, nous passons une dernière fois un tampon 
imprégné de la solution phéniquée forte sur la ligne 
des crins de Florence, puis nous procédons au panse- 
ment. 

On voit que nous n'employons pas les larges irriga- 
tions des plaies, comme on le fait encore souvent ; elles 
sont absolument inutiles si l'opération est aseptique ; 
elles sont nuisibles par la sécrétion abondante qu'elles 
déterminent, et quand elles sont antiseptiques, par 
les phénomènes d'intoxication qu'elles peuvent pro- 
duire. Nous insistons particulièrement, pendant tout 
le cours de l'intervention, sur l'isolement le plus com- 
plet possible des surfaces cruentées, sur une hémos- 
tase parfaite, enfin sur une adaptation des lambeaux 
telle qu'il ne reste pas d'espace mort pouvant se rem- 
plir de sang ou de sérosité. 

Résection du genou pour une ankylose angu- 
laire non tuberculeuse. — Tout étant disposé pour 
l'opération, la jambe d'un côté, la cuisse de l'autre, 



RÉSECTION DU GEiNOU. 195 

étant entourées de compresses stérilisées, l'hémostase 
préventive étant obtenue ainsi que nous le faisons cons- 
tamment, par l'élévation verticale durant cinq minutes, 
puis l'application de la bande de Lucas Ghampion- 
nière ou de Nicaise, on procède à la résection : un aide 
est placé en face, un autre à côté s'il le faut, maintenant 
solidement le membre. La résection cunéiforme prati- 
quée, à la scie ou au ciseau et au maillet, d'après les 
préférences de chacun, il faut veiller à ce que les deux 
surfaces osseuses s'adaptent aussi bien que possible 
Tune à l'autre. L'adaptation sera maintenue par un 
ou deux gros lils d'argent stérilisés, dont le bout tordu, 
recourbé, sera martelé dans un sillon creusé dans l'os, 
afin qu'il ne se redresse pas et blesse consécutivement; 
dans mes dernières opérations, je me suis servi avec 
avantage de deux tresses de calgut de Reverdin, pla- 
cées l'une en dedans, l'autre en dehors, et passées avec 
le perforateur de Lucas Championnière, celui qui sert 
à faire la suture de la rotule. Les surfaces bien coaptées 
ont été touchées à la solution phéniquée forte ou à la 
liqueur de Van Swieten à 1/1000. Plan de sutures sur les 
débris de la capsule avec de la soie fine n" 1 à points en- 
trecoupés, ou au catgut n° 2 en surjet, si on préfère ce 
dernier. Sutures aux crins de Florence de la peau. Au- 
cune ligature, aucun drain, d'après la manière de faire 
de notre ami le D"" Jules Bœckel, de Strasbourg. 
Grâce à un pansement méthodiquement serré, et à l'a- 
blation de la bande élastique, le malade étant installé 
dans son lit à 45°, le membre élevé, il n'y a générale- 
ment pas trace d'hémorrhagie. 

Nous indiquerons maintenant la conduite à tenir 
quand l'intervention porte sur une cavité remplie de 
liquides pathologiques non septiques (sérosité, sang), 
tels qu'un hématome, une vieille hydarthrose rebelle 
aux autres traitements, ou' encore sur une articula- 
tion du genou remplie de sang à la suite d'une frac- 
ture de la rotule. G'est sur le nettoyage de la cavité 



196 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

que nous insisterons surtout, laissant à peu près de 
côté les autres temps de r()péralion. 

Arthrotomie pour fracture de la rotule et 

suture. — Toutes les fois qu'un doit ouvrir largement 

une articulation, redoubler de précautions, la moindre 

aute pouvant donner lieu à une arthrite suppurée et à 

toutes ses conséquences. 

Large ouverture du foyer de la fracture rotulienne, 
après avoir protégé le haut et le bas du champ opé- 
ratoire par des compresses aseptiques. Les fragments 
rotuliens écartés permettront de pénétrer dans l'articu- 
lation remplie de sang liquide et de caillots. Le chi- 
rurgien, muni de tampons stérilisés ou de petites épon- 
ges aseptiques placés au bout d'une pince longue à 
forcipressure, va fouiller tous les coins et recoins de 
la synoviale articulaire pour en retirer les fragments 
de caillots qui y sont logés; il s'assure, avec le doigt 
introduit dans l'article, qu'il n'y a plus rien à enlever, 
puis fait un dernier nettoyage avec un tampon ou plu- 
tôt une éponge bien propre; le tampon a ici l'incon- 
vénient de s'accrocher aux aspérités de la fracture à 
laquelle il peut laisser adhérer quelques fragments de 
tissus. Tout étant bien net, l'on procède à la suture os- 
seuse, puis à la fermeture de la plaie cutanée, en gé- 
néral sans drainage. 

Quand il s'agit de l'incision de grands épanche- 
ments sanguins qui ne se résorbent pas, prendre les 
mêmes précautions; on peut, dans ce cas, ajouter un 
lavage à l'eau stérilisée ou bouillie sans addition d'an- 
tiseptiques, et refermer ensuite en ayant grand soin de 
s'assurer que l'on a évacué tous les caillots fibrineux ou 
autres qui tapissaient la paroi de la poche sanguine. 
Dans ces derniers cas, doit-on faire le drainage? 
Notre opinion est absolument affirmative à cet égard. 
Il faut drainer et toujours. En effet, ces poches san- 
guines ou séreuses donnent constamment lieu à une 
exsudation qui les remplit, malgré la compression 



CURE RADICALE D'UiNE HERNIE INGUINALE. 197 

énergique que vous exercez à leur niveau. Ces liquides 
sont d'excellents bouillons de culture, et il suffit de 
quelque microbe égaré et non détruit pour y produire 
la suppuration qui aurait été évitée si le milieu si favo- 
rable eût fait défaut. Un drain court et gros sera donc 
placé au point déclive, soit sur la ligne de sutures, 
soit en dehors d'elle, la déclivité étant l'indication 
unique et sulfisante du choix de l'emplacement du 
drain; il sera relire deux jours après, et cela définiti- 
vement si le suintement a été peu considérable ; sinon, 
on le remplacera par un plus petit qui sera décidé- 
ment enlevé au pansement suivant. 

Cure radicale d'une hernie inguinale. — Prépa- 
ration du malade par un purgatif la veille ; l'antisepsie 
intestinale n'est pas urgente autrement. Un grand 
bain savonneux. Rasage de tous les poils de l'ab- 
domen et du scrotum. Savonnage et brossage. Désin- 
fection soignée. Protection du champ opératoire par 
des compresses abdominales, d'autres placées à la ra- 
cine des cuisses. 

Éviter pendant l'opération, et surtout pendant la 
dissection et l'isolement du sac et des éléments du 
cordon, de se servir de solutions phéniquées fortes, trop 
caustiques et qui peuvent donner lieu à des accidents 
de pphacèle ; faire de Tasepsie autant que possible ou 
n'employer que des solutions antiseptiques faibles 
pour tamponner ou toucher les surfaces cruentées. 
Après ligature et réduction d'un pédicule épiploïque, 
s'il y a de l'épiploon, ligature du collet du sac avec 
un fil de soie ou deux fils enchaînés (soie n'' 3), puis 
résection du sac. Restauration du trajet inguinal 
d'après la manière de faire de Rassini, sutures à la 
soie n" 3, puis sutures cutanées au crin de Florence 
sans drainage quand l'hémostase a été bien faite soit 
par ligatures, soit par torsion et qu'il n'y a pas eu pen- 
dant l'opération d'alerte qui ait pu donner lieu à des 
fautes contre l'antisepsie et l'asepsie (accidents chlo- 



i98 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

roformiques, vomissements, etc.). Pendant tout le temps 
(|ue le chirurgien mettra à isoler le sac herniaire, si 
lintestin ou Tépiploon réduits ont tendar\ce à faire 
issue au dehors, il les maintiendra à l'aide d'un tampon 
aseptique placé au bout d'une pince à forcipressure, 
enfoncé dans le trajet inguinal de la hernie. 

Kélotomie ou opération de la hernie étran- 
glée. — Nous n'aurons en vue que les hernies ingui- 
nales et crurales, les opérations pour les hernies 
ombilicales se rapprochant considérablement des la- 
parotomies. 

Même préparation tégumentaire que précédemment. 
Nous n'insisterons pas sur l'opération en elle-même^ 
pour ne dire que quelques mots au sujet du lavage du 
sac. Quand celui-ci aura été ouvert, il laissera presque 
toujours ou du moins souvent écouler une certaine 
quantité de liquide séro-sanguinolent sécrété par la 
paroi séreuse et l'intestin. Admettons que ce dernier 
soit réductible; il faudra avant de procéder au dé- 
bridement à l'inspection du collet herniaire tracé 
sur l'anse intestinale et à la réduction, faire l'anti- 
sepsie du sac, pour qu'il ne pénètre pas d'éléments- 
septiques dans le péritoine. Pour cela il suffit de 
laisser tomber de la solution de Van Swieten à 1/2000,. 
c'est-à-dire mélangée à parties égales d'eau bouillie 
chaude, sur le sac étalé et sur l'intestin, puis de le sé- 
cher lorsqu'il y aura baigné un certain temps. Si l'on 
fait la cure radicale le sac sera lié et réséqué comme tout 
à l'heure, après sa libération, et le pédicule touché à la 
solution phéniquée forte ou à la liqueur de Yan Swie- 
ten. En général pas de drainage. Nous ne le faisons 
que lorsque nous avons affaire à des sujets très gras^ 
à graisse diffluente; celle-ci offrant, mélangée avec le 
peu de sang qui exsude toujours, un terrain de culture 
excessivement favorable. 

Chirurgie crânienne et cérébrale. — La chi- 
rurgie crânienne a pris dans ces dernières années sur 



TRÉPANATION DU CRANE. 199 

tout un grand essor, et c'est à ctiaqiie instant que le chi- 
rurgien a l'occasion d'intervenir, soit pour un trauma- 
lisme, soit pour recliercher un corps étranger, soit pour 
découvrir et extirper une tumeur, soit enfin pour remé- 
dier à des vices de conformation et de développement 
de la voûte crânienne et de l'encéphale. L'on peut dire 
qu'ici surtout l'asepsie et l'antisepsie jouent un rôle 
énorme ; c'est grâce à elles que nous pouvons impu- 
nément toucher aux méninges, à la substance céré- 
brale, alors qu'autrefois la moindre intervention don- 
nait lieu à des accidents formidables; on n'a qu'à 
lire dans l'excellent Traité de thérapeutique chirurgicale 
de Forgue et Reclus les statistiques comparées de 
l'ère préanliseptique et de l'ère antiseptique pour se 
convaincre du changement survenu. 

Le chirurgien devra donc s'appliquer à prendre, 
quand il aura à opérer sur cette région, toutes les pré- 
cautions préliminaires et opératoires au point de vue 
de l'asepsie, quand elle ne sera pas contaminée par 
une plaie déjà existante. Les solutions antiseptiques 
fortes, surtout la solution phéniquée, seront laissées 
de côté quand il s'agira de mettre à nu la substance 
cérébrale et d'ouvrir largement le diploë des os du 
crâne ; von Riedel n'a-t-il pas vu dans un cas survenir 
des accidents très graves à la suite d'une irrigation à 
l'eau phéniquée forte du nerf pneumogastrique? A 
plus forte raison, à moins d'indications spéciales, 
devra-t-on redouter ce contact prolongé sur la subs- 
tance corticale encéphalique. 

Pour montrer la conduite à tenir en général, nous 
prendrons comme exemple l'opération du trépan, qui 
dans presque tous les cas précède la mise à nu de 
l'encéphale. 

Trépanation du crâne. — Quand l'opération 
n'est pas faite d'urgence, comme pour les cas de tu- 
meurs, d'abcès, de corps étrangers, etc., l'on rasera 
le cuir chevelu vingt-quatre à quarante-huit heures 



200 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

d'avance ; il sera rasé en lotalilé. C'est alors qu'on cher- 
chera ses points de repère pour appliquer, s'il y a des 
signes de localisation, la couronne au bon endroit; cet 
endroit sera marqué avec un peu de teinture d'iode, de 
nitrate d'argent, ou encore au crayon dermographique, 
après que le crâne aura été savonné et brossé, puis lavé 
avec de l'alcool ou de l'éther pour enlever les ma- 
tières grasses. Si la trépanation est faite d'urgence 
pour un enfoncement, pour des accidents aigus résul- 
tant d'une fracture de la voûte, c'est immédiatement 
que ces diverses manipulations préventives seront 
faites. Puis la région sera recouverte de compresses 
stérilisées recouvertes de taffetas gommé et mainte- 
nues par une bande de tarlatane. Toutes les précau- 
tions étant prises vis-à-vis des instruments, du ma- 
tériel de ligatures et de sutures, du cùté des aides et 
du chirurgien, celui-ci fera un dernier lavage antisep- 
tique de la région (sublimé à 1/2000 en ayant soin de 
ne pas effacer les points de repère tracés). L'on fera 
bien, avant de commencer l'opération, de les fixer 
sur les os à l'aide d'un poinçon qui marquera à travers 
les téguments le centre de la région sur laquelle on 
devra trépaner. Les parties périphériques seront gar- 
nies de compresses stérilisées; l'on fera ou non l'hé- 
mostase temporaire à l'aide d'un tube élastique enser- 
rant tout le pourtour de la léte, de l'occiput au front, 
maintenu par une forte pince. Autant que possible au 
point de vue de la réunion, faire des incisions dessi- 
nant des lambeaux dont la base réponde au point dé- 
clive par où arrivent aussi les gros vaisseaux. C'est 
surtout le cas (juand il s'agit d'enlever un gros frag- 
ment de la voûte ou de faire la résection temporaire 
à la gouge et au maillet. La trépanation à la gouge et 
au maillet est supérieure en ce sens qu'elle ne donne 
pas de sciure d'os comme la couronne du trépan clas- 
sique ; mais elle a l'inconvénient de produire de petits 
éclats et de donner lieu à un ébranlement qui peut 



TRÉPANATION DU CRANE. 201 

être nuisible. Aussi beaucoup de chirurgiens pré- 
lerent-ils encore commencer par la couronne, pour 
continuer ensuite une fois une couronne d'os enlevée, 
avec la pince à emporte-pièce dont une des meilleures 
est certes le modèle fabriqué par xMathieu. La partie 
plate est glissée entre la dure-mère et les os qu elle 
écarte l'un de l'autre, en empêchant ainsi la blessure 
de la méninge. L'on peut aussi employer l'excellent 
instrument inventé par Farabeuf, la pince-trépan, qui 
permet d'aller très vite, mais n'évite pas la sciure. La 
dure-mère mise à nu se débarrasse du sang que donne 
la tranche des os, soit par une compression à l'aide de 
tampons aseptiques qui suffit presque toujours, soit en 
insinuant dans les sinus qui donnent de petits morceaux 
de catgut comme nous l'avons fait avec succès pour le 
sinus longitudinal ouvert dans un cas de fracture avec 
enfoncement. 

Ce n'est que lorsque la surface de section sera étan- 
che, que l'on examinera bien la dure-mère, que l'on 
constatera si elle a sa couleur normale, si elle bat ou 
non, etc., etc. 

Si on doit l'inciser, elle sera coupée parallèlement à 
l'un des bords de la solution de continuité osseuse de fa- 
çon àconstituerun lambeau que l'on pourra suturer avec 
de la fine soie ou du fin catgut. La substance cérébrale 
ne sera, autant que possible, touchée avec aucun anti- 
septique fort. Le sang sera arrêté parle tamponnement 
à la gaze iodoformée ou salolée, à moins qu'il ne faille 
appliquer une pince, puis une ligature sur un gros 
tronc vasculaire : cela n'est généralement pas le cas : 
presque toujours Thémorrhagie est ou veineuse et en 
nappe. La lésion enlevée, l'on procédera à la reconsti- 
tution des parties de la façon la plus favorable à une 
réunion par première intention quand elle sera indi- 
quée, en drainant de préférence avec une mèche de gaze, 
s'il le fallait, rabattant par-dessus la dure-mère le 
couvercle ostéo-cutané si l'on a fait la résection tem- 



202 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

poraire : les artères du cuir chevelu seront liées sur 
un lénaculum introduit au-dessous d'elle et une suture 
au crin de Florence réunira exactement les parties 
molles; ici par besoin de drainage superficiel si l'opé- 
ration a été menée aseptiquement, la compression per- 
mettant de supprimer assez facilement les espaces 
morts qui pourraient se former au niveau du lam- 
beau. 

Chirurgie du rachis et de la moelle. — Les 
mêmes principes généraux s'appliquent à la chirurgie 
raclîidienne et médullaire. 

La trépanation rachidienne commence à entrer au- 
jourd'hui dans la pratique, soit qu'il s'agisse de tré- 
paner pour des lésions traumatiques (fractures), soit 
qu'il s'agisse de rechercher et d'enlever une tumeur 
comprimant la moelle, soit encore que l'on se propose 
de remédier à des lésions congénitales ou à celles de 
la tuberculose des vertèbres et de leurs articulations. 
Les règles à suivre seront les mêmes que précédem- 
ment; il ne faudra pas hésiter à se faire largement 
jour par une grande incision suivant les épines verté- 
brales pour manœuvrer à son aise au fond du foyer et 
se rendre facilement maître des hémorrhagies que 
donne souvent la blessure des plexus veineux de la 
région. Si l'on a été obligé de fendre la dure-mère, on 
la Suturera avec de la soie fine ; puis l'on fera une 
suture à étages sur les muscles, l'aponévrose, et enOn 
la peau, en laissant un drain à la partie déclive pour 
l'écoulement du liquide céphalo-rachidien qui se tarit 
au bout de quelques jours, au fur et à mesure que le 
drain est retiré. 

Chirurgie oculaire. — Nous avons indiqué à pro- 
pos de la préparation du champ opératoire les dan- 
gers qui résultent de l'emploi de solutions fortes; à 
plus forte raison, devront-elles être laissées de côté 
pendant tout le temps de l'intervention et après elle. 
11 faut bien se pénétrer de ce fait, c'est qu'en dehors 



CHIRURGIE DE LA BOUCHE. 203 

des instruments et des doigts de l'opérateur, si la pré- 
paration a été bien faite, il n'y a pas grandes chances 
d'infection; l'hémorrhagie est faible ou nulle et ne né- 
cessrle, en général, aucune manœuvre. Il y a un autre 
facteur, sur lequel il faut attirer l'attention, c'est la so- 
lution de chlorhydrate de cocaïne que l'on emploie 
pour aneslhésier la cornée et la conjonctive ; il faut 
veiller à ce qu'elle soit parfaitement préparée et toute 
fraîche; sinon elle pourra être une cause de contamina- 
tion du champ opératoire. 

Pendant l'opération, l'œil sera abstergé à Taide de 
petits tampons aseptiques ou de fines éponges stérili- 
sées; un dernier lavage avec la solution de sublimé à 
d/oOÛO sera pratiqué avant le pansement qui est cer- 
tainement le temps le plus important, celui dont dépend 
le plus souvent la réussite définitive. La réunion par pre- 
mière intention doit être obtenue le plus rapidement 
possible, pour mettre l'œil à l'abri des chances d'in- 
fection. 

L'ablation du globe oculaire de même que les opé- 
rations qui se pratiquent sur l'orbite rentrent dans le 
cadre de la chirurgie générale et ne présentent rien de 
spécial à noter, si ce n'est la conservation, lorsqu'elle 
est possible, de la capsule de Tenon qui ferme en 
avant la zone orbitaire dangereuse par le voisinage de 
l'encéphale et les communications veineuses. 

Le tamponnement antiseptique aux gazes diverses 
sera hémostatique en même temps qu'il servira de 
pansement. 

Chirurgie de la bouche, du pharynx et des 
fosses nasales. — Nous n'insisterons pas sur la chi- 
rurgie de l'oreille qui, malgré son grand intérêt réel, 
ne présente rien de bien' spécial en dehors de ce que 
nous avons déjà dit au point de vue préparatoire. La 
profondeur à laquelle se pratique souvent l'interven- 
tion à l'aide de l'otoscope, l'étroitesse des voies d'accès, 
la rendent particulièrement délicate, et l'on ne saurait 



204 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPERATOIRE. 

prendre assez de précautions préliminaires au point de 
vue de l'asepsie du conduit et des instruments, la 
moindre complication pouvant devenir à cause du voi- 
sinage de l'encéphale et de ses sinus, le point de dé- 
part d'accidents formidables. 

Pour les opérations qui se pratiquent sur la bouche, 
le pharynx et les fosses nasales, nous savons, d'après ce 
qui a été dit, combien est difficile l'asepsie préUmi- 
uaire; malgré les lavages, les bains locaux, les garga- 
rismes, le nettoyage des dents, etc., les microbes pa- 
thogènes existent constamment en grand nombre dans 
toutes ces régions. 

Ils seraient d'autant plus à craindre que souvent la 
réunion par première intention est impossible à obte- 
nir et n'est même pas recherchée, qu'ils se cultivent ad- 
mirablement dans les produits de sécrétions, dans les 
liquides pathologiques exsudés des surfaces cruentées, 
et dans ceux qu'on fait ingérer aux opérés pour les 
soutenir, qu'ils peuvent enfin pénétrer par les voies 
aériennes souvent en mauvais état de défense, jusque 
dans les bronches et les poumons, et produire à dis- 
tance des accidents infectieux très graves. Aussi un 
premier point s'impose : toutes les fois qu'on pourra 
rechercher et obtenir la réunion primitive, il ne faudra 
pas manquer de le faire. C'est ainsi que dans ces der- 
nières années, l'on a procédé pour les tumeurs de la 
langue nécessitant l'ablation partielle ou totale de cet 
organe. 

L'exérèse, qui se faisait autrefois au galvanocautère, 
au thermocautère ou encore à la chaîne d'écraseur, 
doit se faire actuellement au bistouri et aux ciseaux; 
Thémorrhagie, qui était une complication redoutable 
de. l'opération, n'est plus à craindre avec les larges 
voies d'accès que nous nous créons et avec la forci- 
pressure méthodiquement appliquée, soit préliminaire 
comme la pratique et la conseille Péan, soit faite au 
moment même où l'on a sectionné le vaisseau, soit en- 



CHIRURGIE DE LA BOUCHE. 205 

core que l'on fasse la ligature préliminaire d'une ou 
des deux artères linguales. 

La partie malade enlevée, le sang arrêté, les surfaces 
coupées sont touchées, tamponnées avec une solution 
antiseptique forte (phéniquée ou sublimée), puis sutu- 
rées à l'aide de la soie qui nous paraît préférable dans 
ces cas au catgut, la soie ne se résorbant pas comme 
ce dernier et permettant un affrontement aussi pro- 
longé qu'on le voudra des deux surfaces de section. 
Comme l'a dit très bien le D' Berger dans une commu- 
nication sur ce sujet à la Société de chirurgie (i), la 
réunion présente les avantages considérables sui- 
vants : 

1° Elle supprime le suintement sanguin après l'opé- 
ration ; 

2" Elle supprime les hémorrhagies secondaires au 
moment de la chute des eschares ; 

3° Elle permet à l'opéré de s'alimenter plus facile- 
ment; 

4° Grâce à elle enfin, et c'est là un point capital, 
on peut obtenir une asepsie buccale sinon parfaite, du 
moins suffisante, et éviter le suintement fétide que 
présentent les malades qui ont une plaie ouverte dans 
la bouche. Elle diminue de la sorte la crainte que l'on 
peut avoir de voir se développer une de ces pneumo- 
nies infectieuses {Schluckpneumonie des Allemands), 
qui emportent si souvent les opérés à la suite de l'ex- 
tirpation des tumeurs linguales. 

C'est à l'occasion de cette communication que le pro- 
fesseur Terrier a bien fait ressortir les avantages de 
cette manière de faire pour éviter les inoculations se- 
condaires. Il est essentiel quand on pratique ces su- 
tures de la langue et en général des tissus muqueux et 
sous-muqueux de la bouche, de ne pas serrer trop les 

(l) Berger, Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie, 
p. 86, t. XXV, 1891. 

ScHWABTz, Asepsie et Antisepsie. 12 



206 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

fils qui coupent facilement et créeraient ainsi des plaies 
que l'on cherche à éviter. 

Voilà près de trois ans que nous réunissons par des 
sutures les plaies résultant d'ablation de tumeurs de la 
langue, et nous ne saurions trop recommander cette 
pratique qui ne nous a donné que des succès, si ce 
n'est dans un cas, où une broncho-pneumonie proba- 
blement grippale (la grippe sévissait alors très forte- 
ment) enleva notre opéré. 

En somme, le chirurgien doit autant que possible 
fermer les portes d'entrée et supprimer du même coup 
les suintements qui constituent des bouillons de culture 
très favorables. 

C'est pour les grandes interventions sur la bouche, 
les fosses nasales, le pharynx (résection de la mâ- 
choire supérieure et inférieure, ablation des tumeurs 
de la bouche, des fosses nasales, du pharynx), qu'un 
certain nombre de chirurgiens, pour éviter les inocula- 
tions secondaires dans les voies aériennes, ont préco- 
nisé la trachéotomie préliminaire avec tamponnement 
de la trachée, combinée une fois l'opération terminée 
avec la mise à demeure d'une sonde œsophagienne par 
le nez, de façon à empêcher tout contact des aliments, 
toute pénétration des germes dans le larynx, et il faut 
bien le dire aussi, tout effort de déglutition. 

La trachéotomie nous a toujours paru possible à 
éviter dans tous les faits qui se sont présentés à notre 
observation ; par contre, il est certain que la sonde 
œsophagienne à demeure constitue une excellente me- 
sure à tous les points de vue et que nous avons eu 
maintes fois l'occasion d'employer. 

Quand l'opéré est endormi, il est dangereux, même 
impossible d'user de grands lavages, excepté lorsqu'il 
a la tète pendante, d'après la méthode de Rose. Il 
sera donc bon, tous les fois que cela sera possible, de 
le mettre dans cette situation où il n'y a pas à crain- 
dre l'introduction du sang et des liquides dans les voies 



CHIRURGIE DU COU ET DU THORAX. 207 

aériennes. Lorsque l'opéré est en état de veille, comme 
pour beaucoup d'interventions peu graves (ablation de 
petites tumeurs des joues, d'épulis, ablation de po- 
lypes; etc., etc. ; amygdalolomie,etc., etc.), Ton pourra 
faire pendant l'intervention, si on le juge convenable, 
des lavages antiseptiques soit avec la solution boriquée 
saturée, soit avec la solution chloralée au 1/100. 

Dans toutes les interventions sur la bouche et les ca- 
vités de la face, le drainage devra être largement em- 
ployé pour faciliter l'écoulement des liquides accumu- 
lés dans les cavités naturelles ou celles créées par le 
chirurgien. 

Quand elles présenteront des surfaces saignantes, 
toutes disposées pour l'absorption, il vaudra peut-être 
mieux arrêter le suintement et empêcher l'accumula- 
tion, parle tamponnement méthodique à l'aide de gazes 
antiseptiques, comme nous le montrerons quand nous 
parlerons des pansements. 

Chirurgie du cou et du thorax. — Nous n'a- 
vons que peu de chose à dire de la conduite à tenir 
dans les opérations sur le cou au point de vue de l'a- 
sepsie et de l'antisepsie. Il y faudra observer les règles 
générales que nous avons déjà indiquées, se rappeler 
que la région est riche en tissu ceiluleux enveloppant 
des organes d'une grande importance vitale; on évitera 
par conséquent d'user des antiseptiques forts, non seu- 
lement au point de vue de l'action locale sur ces orga- 
nes, mais encore eu égard à la grande facilité d'absor- 
tion des antiseptiques toxiques. Le cou étant une 
région où, à cause de la difficulté d'une compression 
bien faite et de la mobilité, des organes, des espaces 
morts peuvent se produire facilement, il sera indiqué 
d'y pratiquer le drainage, au moins temporaire, soit 
par un drain en caoutchouc, soit à l'aide 'd'une mèche 
antiseptique ou aseptique. 

Pour les opérations sur le thorax, et en particulier 
sur le poumon, la plèvre, le péricarde, presque tou- 



208 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

jours Ton a affaire à des lésions septiques dont nous 
aurons à discuter la cure plus loin. 

Chirurgie abdominale. Laparotomies. -- C'est 
là le terrain où triomphent surtout l'asepsie et l' anti- 
sepsie. L'ablation des tumeurs des annexes, de celles 
de l'utérus, l'extirpation des tumeurs du rein, du mé- 
senlère, de l'épiploon, de la raie, du pancréas, du foie 
se font aujourd liui couramment et sont couronnées de 
succès. C'est grâce à elles aussi que le chirurgien a pu 
attaquer le foie, l'estomac, ouvrir la vésicule biliaire, 
l'extirper, l'anastomoser avec l'intestin, faire la gas- 
Irostomie, la pylorectomie, la gastroentéroslomie. 

Les opérations sur Tintestin grêle et le gros intestin, 
la levée de l'étranglement interne, la résection de por- 
tions plus ou moins grandes du tube intestinal complè- 
tent le tableau sommaire de ces grandes interventions 
presque constamment mortelles autrefois, et dont un 
grand nombre n'ont vu le jour que grâce à la confiance 
et à la sécurité que donnent aujourd'hui l'asepsie et 
l'antisepsie. 

11 nous est impossible d'ailleurs et cela ne rentre pas 
dans notre sujet, de montrer toutes les manœuvres 
opératoires que nécessite telle ou telle intervention 
sur l'abdomen ; nous indiquerons pour l'une d'elles, 
l'ovariotomie, par exemple, qui est de beaucoup la plus 
bénigne et faite couramment par un grand nombre de 
chirurgiens, les différents temps et les précautions à 
prendre au point de vue de l'asepsie et de l'antisepsie 
pendant l'opération. 

Quelques mots seulement sur les différents lits et ta- 
bles à opération, ainsi que sur l'emploi du spray dont 
certains chirurgiens usent encore, quand il s'agit d'ou- 
vrir le péritoine. 

A notre avis, la meilleure table à opération pour les 
laparotomies est celle dont nous servons pour toutes 
les opérations aseptiques. C'est la table de Malhieuen 
métal nickelé facilement démontable en deux pièces, 



CQIRURGIE ABDOMINALE. — LAPAROTOMIES. 209 
figurée ailleurs et à laquelle on peut adapter deux 




o 
se 






liliiliili 



gouttières pour soulever les cuisses et le bassin, si 
l'on veut opérer dans la position de Trendelenbourg, le 

12. 



210 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIKE. 

corps inversé pour amener vers le diaphragme toute la 
masse intestinale et en débarrasser les abords du petit 
bassin. Nous la préférons au petit lit de Alariaud (fig. 34) 
que nous employions exclusivement autrefois lorsque 
nous nous placions soit assis, soit debout entre les deux 
membres de l'opéré soutenus par des gouttières pouvant 
s'écarter ; il nous faut alors un aide de chaque côté. Ce 
qui ne veut pas dire que la position du chirurgien entre 
les deux cuisses de l'opéré soit mauvaise; elle présente 
au contraire certains avantages, au point de vue des 
manœuvres dans le ventre et dans le petit bassin, et 
nombre d'entre nous la préfèrent à la position laté- 
rale. Elle est préférable dans les cas où l'on se propose 
de faire une extirpation de tumeur combinée par l'ab- 
domen et le vagin. 

Nous n'employons jamais le spray pendant l'inter- 
vention quelle qu'elle soit. Dans le cas actuel, il est 
nuisible parce qu'il peut refroidir les opérés et il est 
bien certain que son action sur les microbes de l'air est 
illusoire, attendu que, comme l'a démontré depuis long- 
temps le professeur Le Fort, ce n'est pas l'air qui est 
l'agent de transmission des infections chirurgicales. 
Le D'' Terrier recommande des pulvérisations d'eau 
simple avant l'opération, pour abattre les poussières. 
Cette manière de faire peut être défendue, mais nous ne 
l'employons pas davantage. Nous croyons néanmoins à 
son utilité et à son efficacité quand il s'agira d'opéra- 
lions pendant lesquelles une plus ou moins grande par- 
tie du péritoine pariétal ou viscéral restera exposée à 
l'air. Il est bon alors que ce dernier soit saturé d'humi- 
dité pour éviter le dessèchement par évaporalion et "le 
transport de poussières. Le pulvérisateur tournant (fig. 
35) rendra dans ces cas de réels services. 

L'opérateur et les aides doivent, ici, prendre plus de 
soins encore s'il est possible, pour assurer leur pro- 
preté et leur asepsie que pour les autres interventions. 
Aucun des aides directs de l'opération ne doit avoir 



CHIRURGIE ABDOMINALE. — LAPAROTOMIES. 211 
fréquenté, depuis quarante-huit heures au moins, une 




Fig. 35. — Pulvérisateur tournant. 

salle de dissection ou de nécropsie, à plus forte raison 
avoir manié des pièces anatomiques, ou touché à une 



212 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

plaie septiqae. Dans le cas contraire, nous leur recom- 
mandons de prendre un grand bain de sublimé après 
un premier bain alcalin ou savonneux, en insistant 
plus particulièrement sur le nettoyage des avant-bras 
et des mains. Quand cela est possible, à l'hôpital, par 
exemple, où les aides sont en grand nombre, il vaut 
mieux que ceux qui seront investis de ce rôle s'abs- 
tiennent autant que possible des contacts indiqués 
plus haut. Pour le lavage et le brossage des avant- 
bras et des mains, nous avons institué la règle suivante : 
en faire trois successivement au savon et à la brosse, 
ce qui fait environ trois minutes; puis brossage des 
ongles, d'abord bien nettoyés à sec et à fond avec l'al- 
cool pur; enfin, séjour des mains dans de la liqueur 
de Van Swieten pendant une ou deux minutes; les y 
retremper si elles sèchent, et à partir de ce moment, 
sous aucun prétexte, ne plus toucher à rien, à moins 
que cela ne soit désinfecté. A chaque laparotomie, le 
chirurgien doit avoir une blouse nouvellement lavée, 
de même que les aides directs ; pour le tablier, il doit 
en être de même. 

Quand on a à sa disposition des étuves à stériliser 
les vêtements, il y a avantage à s'en servir, sans que 
cela soit heureusement indispensable pour le succès; 
car nombre d'entre nous sont logés, à cet égard, à la 
même enseigne. 

Le chirurgien placé à droite doit avoir à sa portée 
ses instruments bien stérilisés et trempant dans de 
l'eau filtrée bouillie ou de l'eau stérilisée. Bien entendu, 
s'il y avait des signes de suppuration du kyste, c'est 
dans une solution phéniquée ou toute autre solution anti- 
septique que les instruments seraient placés. En face de 
lui se trouve son aide direct, chargé d'éponger, d'aider 
aux ligatures, d'empêcher l'issue des intestins, etc. 

Acôtédelui^ se trouvent les bocaux d'épongés stérili- 
sées dont nous nous servons presque exclusivement 
pour nos laparotomies. Ces éponges sont grosses, 



CniRURGIE ABDOMINALE. — LAPAROTOMIES. 213 

moyennes, petites. Un aide a à sa disposition deux bas- 
sins en verre ou en porcelaine remplis l'un d'eau 
bouillie filtrée, l'autre d'une solution de sublimé tiède 
à 1/2000. Il ne sort que quatre éponges moyennes, par 
exemple, et une gross'î des bocaux qui les contiennent ; 
et son rôle est, toutes les fois qu'une d'elles est souillée 
par du sang ou du liquide présumés non septiques, de 
la laver d'abord à grande eau, puis de la tremper dans 
la solution de sublimé, enûn de rexprimer et de la 
rendre à l'aide direct. De cette façon, nous sommes 
arrivés à ne consommer que très peu d'épongés, toutes 
les fois que l'opération se passe aseptiquement ; de 
plus, leur nombre étant très limité, on ne risque pas 
d'en égarer dans le ventre et de les y laisser ; d'ailleurs, 
l'aide ne doit présenter l'éponge que munie d'une pince 
longuette à anneaux dorés, facile à reconnaître parmi 
toutes celles qui serviront h la forcipressure. Toutes 
les éponges qui ont servi pendant l'opération sont im- 
médiatement mises à dégorger dans l'eau, sont expri- 
mées, puis on les reblanchit et on les stérilise de façon 
qu'elles puissent servir de nouveau. Quand elles 
ont servi deux, trois fois, il faut veiller, avant de s'en 
resservir, à ce qu'elles ne laissent pas aller des frag- 
ments sous l'influence des moiudres tiraillements, et 
les rejeter si ce fait se produit. Beaucoup de chirur- 
giens, au lieu d'épongés, se servent de compresses sté- 
rilisées soit aseptiques, soit antiseptiques ; ces com- 
presses, qui doivent être absorbantes, sont faites avec 
plusieurs doubles de tarlatane désapprêtée. Notre col- 
lègue Quenu conseille de n'en employer qu'un chiffre 
toujours fixe, quinze par exemple, de façon à ne pas 
risquer de les oublier dans le ventre ; de plus, pour 
les distinguer de celles qui servent en dehors de l'ab- 
domen, il les fait ourler en rouge. Qu'on emploie les 
compresses, les éponges, l'essentiel est que le matériel 
soit aseptique. Comme les éponges, les compresses 
seront munies de pinces de sûreté. 



214 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

L'on devra toujours avoir à sa disposition de l'eau 
filtrée, bouillie ou stérilisée, en quantité suffisante, un 
laveur en verre muni d'un tube en caoutchouc bien 
aseptique, garni lui-même d'une canule en verre, le 
tout devant servir au lavage du péritoine s'il est néces- 
saire. 

L'opérée étant endormie, un dernier lavage à l'al- 
cool pur nettoie l'abdomen débarrassé du pansement 
protecteur appliqué après la toilette du champ opéra- 
toire. Des compresses ou des serviettes stérilisées à 
l'étuve garnissent la poitrine en haut, la racine des 
cuisses et le pubis en bas, les deux parlies latérales 
de façon à ne laisser à découvert que la région mé- 
diane oiJ va porter l'incision. 

Le kyste mis à nu, une éponge montée sur une pince 
droite ou mieux recourbée, comme celle qu'a imaginée, 
pour la circonstance, notre collègue et ami Terrillon,. 
est introduite dans la partie inférieure ; une autre est 
placée en haut pour empêcher les intestins et l'épi- 
ploon de sortir s'il y avait des efforts de vomisse- 
ments ; l'aide appuie de ses deux mains sur les par- 
ties latérales, pendant que le chirurgien fait la ponction 
du kyste, après s'être assuré qu'il est bien libre d'ad- 
hérences à la paroi, car il vaut souvent mieux rompre 
celles-ci, la poche étant encore pleine, que lorsqu'elle 
est évacuée. Qu'on emploie le trois-quarts que l'on vou- 
dra, pourvu qu'il soit assez gros pour donner facile- 
ment issue au liquide souvent épais du kyste, c'est 
tout ce qu'il faut; le chirurgien devra éviter qu'il n'en 
coule à côté du trois-quarts; il y arrivera facilement en 
pinçant en haut et en bas la poche dès qu'elle aura 
commencé h se vider. Pendant tout ce temps, l'aide 
devra veillera ce que l'intestin ne se montre pas, et le 
refouler avec une éponge ou une compresse montée 
s'il paraît en haut du champ opératoire. Le ou les 
kystes vidés, placer une pince à plateau sur l'oriftce, 
attirer le kyste en ayant soin de ne rien déchirer, libé- 



LIGATURES DU PÉDICULE. 215 

rer les adhérences en surface ou en brides, les lier à 
la soie fine et toucher à l'eau phéniquée forte; de 
temps en temps, chirurgien et aides se trempent les 
mains dans une solution de sublimé à i/2000, pour les 
débarrasser du sang et maintenir leur asepsie; la poche 
extraite, le pédicule est saisi dans un clamp au-dessus 
duquel on le coupe. On retire les éponges imbibées de 
liquide kystique s'il s'en est écoulé dans le ventre, et 
on les replace, après les avoir fait exprimer et pas- 
ser à l'eau bouillie, puis au sublimé. 

Ligatures du pédicule. — Nous les faisons tou- 
jours à la soie plate n° 5, soit par le procédé de 
Lawson Tait quand le pédicule est petit, soit par des 
ligatures multiples enchaînées s'il est plus volumineux. 
Les parties exubérantes sont réséquées après l'ablation 
de la pince qui, lorsque le pédicule est un peu lai-ge, 
doit être enlevée au moment où l'on serre les chefs des 
fils à ligature. Attouchement de la surface et des liga- 
tures à l'eau phéniquée forte. 

Quand il s'agit du pédicule d'une tumeur utérine, la 
conduite est toute différente, surtout si ce pédicule con- 
tient la cavité utérine essentiellement septique. 

La ligature est faite non plus avec de la soie ou du 
catgut, mais avec un tube plein de caoutchouc primi- 
tivement aseptisé, maintenu par un clamp ou encore 
un fil de soie, entre deux broches destinées à l'empê- 
cher de glisser en haut ou en bas. Dès que la tumeur 
est enlevée, il faut s'occuper aussitôt, sans plus tarder, 
de la cavité utérine; le mieux est de détruire la mu- 
queuse jusqu'au point où le tube la ferme, avec la 
lame rougie du thermocautère. 

Cela fait, on se conduira différemment, suivant qu'on 
peut réduire le pédicule, qu'on peut le fixer à la paroi, 
ou enfin l'enlever (méthode intrapéritonéale, méthode 
extrapéritonéale, hystérectomie totale abdominale ou 
abdomino-vaginale). Pour notre compte, comme le 
pédicule constitue toujours un grand danger pour Tin- 



216 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

fection du péritoine, plus lorsqu'il est réduit que lors- 
qu'on le fixe à la paroi, nous penchons absolument, 
toutes les fois que cela sera possible, vers sa suppres- 
sion, et en particulier son extirpation, par la soie vagi- 
nale d'après la méthode de Péan. Dans ce cas, et il 
doit être prévu, on s'arrangera, la cavité abdominale 
étant protégée, ou même partiellement fermée, à 
avoir tout prêt pour l'hystérectomie vaginale que l'on 
fera dans la même séance. 

Toilette du péritoine. — La toilette du péritoine 
est exécutée à l'aide d'épongés et de compresses mon- 
tées sur pinces portées en arrière de l'utérus, dans le 
cul-de-sac de Douglas, où s'accumulent de préférence 
les liquides (sang et liquide kystique s'il s'en est écoulé), 
puis dans le cul-de-sac antérieur. Quand les éponges 
sortent propres, fermeture du ventre, une éponge ou 
une compresse ayant été placée au-devant de la masse 
intestinale et épiploïque pour recevoir le sang que 
pourra fournir la suture de la paroi. S'il s'est écoulé 
dans le ventre des liquides que l'on suppose être asep- 
tiques, en assez grande quantité, s'il s'y est déversé de 
la gélatine, que du sang coule en nappe des parties 
où l'on a libéré des adhérences en surface, alors le 
lavage du péritoine sera indiqué, et voici comment 
nous le pratiquons, après l'avoir appris de notre collè- 
gue et ami le D" Terrillon : 

Lavage du péritoine. — Quand il y a suintement 
sanguin en nappe, il est bon que le liquide du lavage 
soit chaud, 38° à 40° environ, parce qu'alors, et en 
même temps qu'aseptique, il est hémostatique ; sinon, 
nous l'employons à la température de 37° à 38°. 

Le laveur est rempli d'eau bouillie filtrée, ou bien 
encore d'eau filtrée additionnée de 6 parties de chlo- 
rure de sodium pour 1000 parties d'eau, et bouillie 
h la température que nous indique un thermomètre 
réservé à cet usage. 

Tavel qui, dansle laboratoire de bactériologie annexé 



LAVAGE DU PÉRITOIiNE. 217 

à l'hôpital de Berne, a fait un grand nombre d'expé- 
riences sur la stérilisation des liquides destinés au 
lavage des plaies et des cavités, a montré qu'une solu- 
tion de chlorure de sodium à 7,5 p. 1000 et de carbo- 
nate de soude à 2,5 p. 1000 bouillie ne contenait plus, 
après un quart d'heure d'ébuUilion, aucun germe pa- 
thogène, et restait stérile plus longtemps que la simple 
solution saline à 6 p. 1000, ou l'eau stérilisée par un 
des procédés que nous connaissons. C'est le liquide de 
Tavel qui est employé dans tous les cas de lavages 
dans la clinique de Kocher, et cela avec les meilleurs 
résultats. 

La masse intestinale est écartée en haut à l'aide 
d'une éponge ou d'une compresse montée; puis la 
canule en verre, après avoir été amorcée pour que le 
liquide soit chaud, est placée dans le Douglas ; le tube 
en caoutchouc et l'origine de la canule sont entourés 
d'une compresse stérilisée qui sert à les maintenir. 
L'eau ramène à la surface les caillots et les masses 
gélatineuses; la paroi abdominale est déprimée d'un 
cùté pour permettre l'écoulement facile du liquide qui 
baigne la masse intestinale. Quand on en a fait passer 
une quantité suffisante, qu'il ressort clair, à peine 
teinté, que tout paraît propre, on enlève le liquide qui 
ne s'écoule plus, la canule une fois retirée, à l'aide 
d'une éponge montée que l'on exprime chaque fois. Il 
est bon de soulever légèrement l'opérée pour que le 
bassin soit déclive et que tout s'y accumule; c'est là 
qu'on va le puiser et l'extraire. Nous n'avons jamais 
employé d'antiseptiques pour faire le lavage, même 
dans les cas d'irruption de pus ou de liquides très sep- 
tiques, et jamais nous n'avons eu, de par lui, le moin- 
dre ennui, quoique P. Delbet (1) ait démontré, par des 
expériences très bien conduites, que le pouvoir ab^^or- 
bant du péritoine est paralysé par le lavage à l'eau 

(1) Pierre Delbet, Bulletins de l'Académie demet/ecme, juin 1889. 
ScHWARTZ, Asepsie et Antisepsie. 13 



218 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

plérilisée. Aussi ne saurions-nous assez le recomman- 
der, quoiqu'il soit repoussé par des laparoiomistes du 
plus grand mérite, qui préfèrent le nettoyage avec les 
éponges ou les compresses stérilisées. 11 n'allonge pas 
la durée de l'opération beaucoup plus que lorsqu'on 
est obligé de faire l'hémostase au thermocautère ou à 
l'aide de fines ligatures, ou par la compression pro- 
longée, ou qu'on est forcé de netto^^er tous les coins et 
recoins des caillots et des liquides qui y sont conte- 
nus. Il nous est arrivé plusieurs fois, n'ayant pas de 
laveur à notre disposition, dans des cas d'urgence, de 
verser à même l'eau stérilisée par une ou deux ébulli- 
lions; l'essentiel est d'avoir un contenant et un contenu 
chirurgicalement propres. 

Auvard (1) reproche à tout appareil muni d'un tube 
en caoutchouc, de manquer de sécurité au point de vue 
aseptique, le caoutchouc ne pouvant être facilement 
désinfecté. Pour éviter cet inconvénient il se sert d'une 
sorte de long entonnoir métallique, terminé par une 
extrémité arrondie et fenêtrée comme la canule vagi- 
nale. On le place dans le point de la cavité abdomi- 
nale qu'on désire nettoyer, puis on verse dans la 
partie évasée le liquide destiné au lavage. Pour notre 
compte, il n'est jamais résulté d'ennuis provenant du 
laveur que nous employons ordinairement. La désin- 
fection du tube en caoutchouc est obtenue par l'ébul- 
lition, puis le séjour dans une solution phéniquée 
forte ou sublimée à 1/1000, d'où il n'est retiré qu'au 
moment où Ton veut s'en servir. Il faut laisser couler 
l'eau bouillie pendant quelques instants pour qu'elle 
entraîne l'antiseptique qui s'est attaché à la paroi 
et sorte h la température voulue. 

Le lavage du péritoine fait dans de bonnes condi- 
tions a le grand avantage d'être en même temps 

(1) Auvard, De Vantisepsie en gynécologie et en obstétrique^ 
Lecrosnier et Babé, 1891, p. 77. 



TAMPONiNEMENT ANTISEPTIQUE DU" PÉRITOINE. 219 

qu'aseptique, hémostatique. Le péritoine bien net- 
toyé, la paroi est refermée soit par des sutures en 
surjet en étages prenant successivement le péritoine, 
les muscles et les aponévroses, tandis qu'une suture 
au crin de Florence réunit la peau. La suture en sur- 
jet, des divers plans, quand ceux-ci ne sont pas rendus 
solidaires les uns des autres, est mauvaise parce qu'elle 
laisse entre eux des espaces morts où s'accumulent du 
sang et de la sérosité qui, sous l'influence de la moin- 
dre infection, peuvent donner lieu è, de la suppu- 
ration. 

Sutures de la paroi. — Yoici pour notre compte 
comment nous la pratiquons. Suture à points coupés 
avec de la soie ou 1 du péritoine seulement, après 
cela suture au crin de Florence de la peau des mus- 
cles et des aponévroses, traversant le péritoine déjà 
suturé au niveau du relief saillant des sutures, après 
qu'on aura touché une dernière fois avec une solution 
antiseptique les parties cruentées. Notre suture est 
donc à deux plans unis étroitement ensemble, sans 
compter une rangée de sutures ne réunissant que la 
peau tout à fait superficiellement. 

Elle nous donne depuis que nous la pratiquons 
(deux ans) d'excellents résultats au point de vue immé- 
diat et définitif. 

Dans certaines extirpations de kystes ou de tumeurs 
enclavées dans le ligament large, mais cela se présente 
surtout dans l'ablation de salpingo-ovarites adhé- 
rentes, il arrive que le fond du bassin est absolument 
saignant, sans qu'on puisse aller lier tous les petits 
vaisseaux qui donnent; même sans qu'il y ait du 
sang en abondance, il y a intérêt à faire un drainage 
des liquides sécrétés par ces surfaces cruentées. C'est 
alors qu'intervient la question du tamponnement sui- 
vant le procédé de MikuHcz, et du drainage simple 
par les mèches ou les drains. 
Tamponnement antiseptique du péritoine. — 



220 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

Le tamponnement antiseptique du péritoine a été cer- 
tainement inspiré parle succès du tamponnement des 
plaies substitué au drainage ; il a été imaginé de toutes 
pièces par Mikulicz et ne s'est répandu que peu à peu 
dans la pratique, malgré son incontestable efficacité. 

Mikulicz (1) commence par placer au fond de la ca- 
vité que l'on veut tamponner (souvent l'espace rétro- 
utérin), une sorte de sac fait avec une pièce de gaze 
iodoformée à 20 p. 100. On a eu soin de nouer au 
centre de la pièce un fil de soie aseptique qui traverse 
le centre du sac de bas en haut, et permet en tirant 
dessus de le retourner comme un doigt de gant du 
fond à la surface. Le sac une fois placé et tapissant les 
parties à tamponner, on le bourre de lanières de gaze 
iodoformée assez longues pour qu'elles ressortent par 
l'orifice de l'espèce de bourse ainsi obtenue; elles sont 
tassées avec le doigt ou une pince contre les parties 
saignantes. Pozzi, qui fun des premiers a appliqué ce 
tampon en France, conseille de n'employer que de la 
gaze iodoformée débarrassée par le battage de tout 
excès d'iodoforme pulvérulent pour éviter des acci- 
dents d'intoxication iodoformée ; il recommande encore 
de distinguer par une marque spéciale les diverses 
bandes de gaze pour savoir dans quel ordre il faudra 
les retirer. 

L'orifice du sac tampon occupe la partie inférieure 
de l'incision abdominale suivant une étendue qui varie 
un peu d'après celle du tamponnement. 

Il faudra se guider pour enlever le tampon sur l'a- 
bondance du suintement et l'état des parties tampon- 
nées. 

En général, il faut laisser aux organes qui sont tout 
autour du sac le temps de faire des adhérences suffi- 
saniment solides pour qu'il n'y ait pas de risque de les 

(1) Mikulicz, Ueber die Ausschaltung der todten Raûme aus der 
Peritonealhœle [Deustche Gesellscha/t fur Chirurgie. Berlin 1886). 



TAMPONNEMENT ANTISEPTIQUE DU PÉRITOINE. 221 

voir se rompre au moment de Fenlèvement; une durée 
de quatre à cinq jours est généralement suffisante. 

Pour l'enlever, il suffira alors de retirer d'abord les 
bandes de gaze mises les dernières, puis celles de la 
périphérie et du fond, enfin de tirer sur le fil central 
qui ramènera le tout en dehors. Bien entendu, on chan- 
gera le pansement superficiel imbibé de sang et de 
sérosité toutes les fois que cela est nécessaire. Pozzi 
conseille de n'enlever la partie enveloppante que deux 
à trois jours après avoir enlevé les bandelettes. Mi- 
kulicz recommande d'enlever les bandelettes inté- 
rieures après quarante-huit heures et le sac lui-même 
deux ou trois jours plus tard. 

Quand le tamponnement est appliqué contre une 
menace d'infection et non pas seulement pour arrêter 
une hémorrhagie en nappe ou un suintement abon- 
dant, deux cas peuvent se présenter : ou bien le danger 
d'infection existe au moment même de Fopération 
(morceau de tissu infecté qu'il serait dangereux d'en- 
lever, irruption de liquides septiques qu'on n'est pas 
sûr de bien enlever par des nettoyages ou des lavages), 
ou bien il est à craindre une fois le ventre fermé, par 
suite du relâchement d'une suture faite dans de mau- 
vaises conditions sur la vessie ou un intestin par 
exemple. 

Il est bon, dans le dernier cas, de le laisser plus 
longtemps en place que dans le premier, ou bien 
encore quand il s'agira d'arrêter une hémorrhagie. 
C'est au flair du chirurgien qu'il appartiendra de dé- 
terminer le moment favorable où il pourra s'en 
débarrasser. 

Dans certains cas, il ne sera enlevé que successive- 
ment, les dernières bandelettes restant deux à trois 
jours de plus que les premières. 

Quand, une fois le tampon ôté, il reste une assez 
grande cavité non oblitérée par le rapprochement des 
organes mobiles du petit basssin, il faudra la drainer 



222 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

pendant quelque temps encore à l'aide d'une mèche 
de gaze ou en y plaçant un drain debout. 

L3 tampon de Mikulicz est difficile à appliquer, 
mais c'est un moyen absolument héroïque dans les 
circonstances où la situation serait sans lui gravement 
compromise ; nous ne saurions donc trop en recom- 
mander l'emploi. 

A côté de lui se place, dans des cas où le tampon- 
nement à faire est restreint-, un procédé plus simple 
qui consiste à enfoncer des lanières de gaze iodo- 
formée dans la cavité plus ou moins anfractueuse qui 
saigne ou est infectée. Il est bon alors de ne pas les 
laisser plus de trois ou quatre jours et de les retirer 
graduellement de la superficie à la profondeur. 

De l'hémostase profonde de l'abdomen et du 
bassin. — Il arrive quelquefois, surtout dans les cas 
d'ablation des tumeurs par Ja laparotomie, dans ceux 
d'extirpation de tumeurs des ligaments larges ou bien 
encore des autres régions de l'abdomen, que des vais- 
seaux d'une certaine importance saignent sans pouvoir 
être atteints facilement par une ligature. L'on a placé 
avec certaines difficultés une pince à fossipressure lon- 
guette qui arrête l'écoulement sanguin. Dans ces cas 
faut-il à tout prix placer un fil, ou peut-on laisser la 
pince à demeure pour ne l'enlever que vingt-quatre ou 
quarante-huit heures après. A notre avis cette dernière 
manière de faire est absolument justifiée, du moment 
que l'instrument est aseptique; elle donne plus de sé- 
curité contre l'hémorrhagie qu'un fil mal placé ou 
mal lié pourrait ne pas arrêter. 

Là où les pinces ainsi laissées à demeure sortiront 
par la partie de l'incision immédiatement en face d'elles, 
on pourra les entourer dans leur trajet intra-abdo- 
minal d'une lanière de gaze aseptique ou antiseptique 
qu'on retirera en même temps qu'elles ou les laisser 
à même dans l'abdomen. Elles constitueront dans les 
cas où il est indiqué un véritable drainage en même 



DU DRAINAGE DU PÉllITOlNE. 223 

temps qu'elles seront hémostatiqaes. Il nous est arrivé 
plusieurs fois de laisser ainsi des pinces à demeure 
pendant vingt-quatre à quarante-huit heures, toute la 
plaie de la laparotomie étant suturée sauf au niveau 
du passage des pinces, et la réunion a lieu une fois les 
pinces enlevées aussi rapidement et avec une sécurité 
complète. Nous avons vu avec plaisir la même manière 
de faire préconisée au dernier congrès de chirurgie 
par le professeur Terrier et notre collègue Hartmann. 

Du drainage du péritoine. — Le drainage abdo- 
minal du péritoine a été mis en usage par Kœberlé qui 
drainait avec des tubes de verre dès 1867. Aujourd'hui, 
on se sert encore de tubes en verre, garnis ou non à 
leur intérieur de mèches antiseptiques (gaze iodofor- 
mée par exemple), mais plutôt de gros drains en 
caoutchouc rouge suffîsammentrigides, accouplés pres- 
que toujours, plongeant jusque dans le fond de la ca- 
vité à drainer et percés d'un trou latéral au niveau de 
leur extrémité seulement. 

Le drainage est indiqué: 1° Toutes les fois qu'on 
redoute après la fermeture du ventre un abondant 
suintement séreux ou sanguin, le péritoine ayant été 
exposé à l'air pendant longtemps, l'opérateur ayant 
été obligé de détruire de nombreuses et fortes adhé- 
rences; 2° toutes les fois qu'il existe à un endroit une 
surface septique ou pouvant le devenir, qu'il est impos- 
sible de modifier ou de détruire ; 3^ toutes les fois que, 
pendant une opération longue et laborieuse, le lavage 
du péritoine n'ayant pas été fait, ou étant contre-indi- 
qué, on n'est pas assuré d'une asepsie et d'une anti- 
sepsie parfaite. 

Le drainage est une arme à deux tranchants pou- 
vant servir aussi bien de porte d'entrée à l'infection, 
si le pansement n'est pas très bien fait, que d'issue aux 
produits septiques accumulés. Il faut par conséquent 
veiller en tous points à l'antisepsie parfaite du côté du 
pansement superficiel, le renouveler fréquemment, et 



2^4 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

retirer les drains soit graduellement, soit d'un coup si 
l'on s'aperçoit d'une diminution progressive ou rapide 
des produits sécrétés et déversés. On commencera 
d'abord par en retirer un, puis l'autre et on les rem- 
placera si on le juge nécessaire par un tube plus petil, 
qui ne sera retiré que lorsque tout danger sera écarte. 
Au lieu de drains en caoutchouc dans lesquels les 
liquides circulent contrairement à la pesanteur, cer- 
tains chirurgiens, sous l'impulsion de Kehrer (1), se 
servirent soit d'une mèche de coton désinfectée par 
son séjour dans l'éther iodoformé, soit d'une simple 
lanière de gaze iodoformée. C'est cette dernière qui 
l'emporte à nos yeux, et nous nous en sommes servi 
avec grand avantage dans les cas où il nous a semblé 
que le peu d'étendue des surfaces nous permettait 
d'espérer un suintement de peu de durée. 

Le drainage vaginal est certes, au point de vue de 
la déclivité, le meilleur quand il s'agit de drainer le 
péritoine du petit bassin, après une ablation de tumeur. 
Malgré tout, il est très peu employé, parce qu'il n'est 
pas facilement aseptique. Le vagin est, en effet, habité 
par une foule de microbes pathogènes, contre lesquels 
il faut lutter pour empêcher l'infection par le drain. 

Nous n'en sommes donc nullement partisan quand 
l'utérus reste et déverse constamment ses mucosités 
dans le conduit vaginal. 

En supposant qu'on veuille passer un drain vaginal, 
mne des meilleures manières est encore celle préco- 
nisée par Martin. 11 consiste à faire, avec deux drains 
en caoutchouc, un petit et un long, une croix ; on les 
fixe l'un à l'autre par des sutures de fils de soie. 
Deux doigts étant introduits dans le cul-de-sac de 
Douglas par la plaie abdominale, on saisit le drain en 
repliant ses branches transversales dans une pince 

(1) Kehrer, CapiUâr drainage der BauchhÔhle Arcliiv f. Gyn.^ 
HO 2, 1882. 



PRÉCAUTIONS A PRENDRE. 225 

clamp courbe; on le porte dans le cul-de-sac posté- 
rieur, que l'on crève en le poussant à la rencontre des 
deux doigts abdominaux. La branche transversale em- 
pêche le tout de se déplacer par en bas. Toujours alors 
il faudra faire une antisepsie préventive du vagin et 
de la vulve, passer tout autour du drain vaginal une 
gaze antiseptique, de la gaze iodoformée par exemple, 
et appliquer par-dessus un pansement antiseptique 
vulvo-périnéal. Le drain n'est guère laissé plus de 
huit à dix jours, avec recommandation de ne pas y 
pratiquer de lavages. 

Des précautions à prendre quand on opère 
sur l'intestin ou un organe contenant des ma- 
tières sejjtiques. — Nous avons surtout en vue les 
cas où, pendant une laparotomie, on doit ou peut 
ouvrir une anse d'intestin, et voir le liquide y contenu 
se déverser sur les parties voisines et les infecter. 
Pour prévenir cet accident, il est indispensable d'opé- 
rer autant que possible hors de la cavité abdominale, 
attirant les parties sur lesquelles on pratique le décol- 
lement, la dénudation ou que l'on doit inciser, hors de 
la plaie abdominale, les entourant d'un lit de com- 
presses antiseptiques qui protège complètement les or- 
ganes contenus dans l'abdomen et la paroi abdominale 
elle-même. De cette façon, s'il s'écoule du liquide sep- 
tique avant qu'on ait eu le temps de faire ce qu'il faut 
pour empêcher son issue, les compresses seules seront 
souillées et mises de côté aussitôt pour être remplacées 
par d'autres. Il sera nécessaire de toucher, d'irriguer 
même avec une solution antiseptique tiède de sublimé 
à 1/2000 toutes les parties qui ont été exposées à l'in- 
fection, une fois que la suture hermétique sera ter- 
minée. 

Quand il est impossible d'opérer hors du ventre, l'or- 
gane étant fixé et non attirable, l'on se conduira de 
même façon en protégeant tous les points menacés 
par des éponges ou des compresses montées sur 

13. 



226 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

des pinces, et ce n'est qu'alors que Ton conlinuera. 

Toutes les fois que des instruments auront servi pour 
opérer sur une partie septique, il faudra les mettre 
tremper dans une solution phéniquée forte pendant 
dix minutes environ, ou mieux les faire flamber, quand 
le flambage est possible. Le mieux est d'en avoir une 
seconde série que Ton pourra utiliser sans aucune 
perte de temps. 

Quand il s'agira de sectionner le pédicule d'une 
tumeur infectée par des produits septiques, par exem- 
ple le pédicule d'une trompe remplie de pus, dans les 
cas d'ablation de pyosalpynx, l'on se servira de pré- 
férence du couteau tliermique au rouge sombre. Tou- 
jours le chirurgien aura soin de prendre une compresse 
stérilisée, et d'en envelopper le manche en bois du 
couteau qui, forcément, ne peut être aseptique, à 
moins d'une préparation spéciale. Si l'on se servait de 
ciseaux ou d'un bistouri, il serait urgent de toucher 
ensuite la surface du moignon soit avec le thermo-cau- 
tère, soit avec une solution forte phéniquée, ou mieux 
encore avec une solution de chlorure de zinc à I/IO. 

De la rentrée des viscères quand on a été 
obligé de faire Téviseération. Précautions à 
prendre. — Deux cas peuvent se présenter : ou le 
ventre a été distendu progressivement par une tumeur, 
les parois abdominales prêtant facilement; rien n'est 
plus facile, alors, que de rentrer les anses intestinales 
sorties pour une raison ou une autre. L'essentiel est de 
ne pas les laisser exposées plus qu'il ne faut, de les 
recevoir au fur et à mesure de leur issue dans des 
compresses stérilisées chaudes, qui les recouvriront 
jusqu'au moment de leur réintégration dans l'abdo- 
men, qui se fera sans aucune difficulté. 

Quand le ventre n'a pas été distendu par une tu- 
meur, les choses se présentent de toute autre façon. 
Alors, l'intestin peut ne pas être météorisé, distendu 
par des gaz. Comme tout à l'heure, il sera reçu dans 



PKÉCAUTIOiNS A PRENDRE. 227 

des compresses; mais sa rentrée, une fois qu'on pourra 
la faire, ne sera déjà plus si facile que précédemment. 
Ce qu'il faudra éviter, c'est la trop longue exposition à 
l'air et l'infection, et par conséquent on ne laissera sor- 
tir juste que la partie intestinale sur laquelle il faudra 
intervenir, en s'opposant de toutes façons à l'issue du 
reste. 

Quand le ventre est ballonné, quand les intestins sont 
distendus par des gaz, comme cela arrive dans pres- 
que tous les cas d'occlusion intestinale, de péritonites, 
une des complications les plus graves de l'opération 
est, à notre avis, l'issue d'une grande partie de la 
masse intestinale au dehors. Aussi, quand cela est 
possible, ne faut-il laisser sortir les anses que peu à 
peu, en les réintégrant au fur à mesure de leur exa- 
men, jusqu'à ce que l'on soit arrivé sur l'endroit lésé. 
Quelquefois, il est impossible de ne pas sortir toute la 
masse intestinale pour explorer les régions profondes, 
et trouver le siège d'un étranglement interne. Dans 
ces cas, Kûmmell (1) conseille de fendre l'abdomen de 
haut en bas, de l'appendice xyphoïde au pubis, d'ex- 
plorer la masse intestinale; puis l'étranglement levé, 
pour réduire, il la recouvre d'une compresse stérilisée 
qu'il insinue sous les parois, et il réduit tout le paquet 
avec la compresse qui l'enveloppe, pour la retirer au 
moment où il serre le dernier point de suture. C'est là 
un procédé (sauf l'énorme incision) qui nous a réussi 
dans des circonstances où tous les autres avaient 
échoué. Nous avons aussi employé l'évacuation de 
l'intestin par une large incision, en protégeant les par- 
ties périphériques du contact des matières et des gaz 
qui s'échappent, suivie de la réduction après entéror- 
raphie. Cette manière d'agir, préconisée par Made- 
lung (2), a donné un beau succès à notre collègue et 

(1) Kllmmell, Deutsche med. Wochensch., n° 12, 1886. 

(2) Madelung, Centrale lat t f. Chirurgie, 1887 {Congrès des chi- 
rurgiens allemands, p. 57). 



228 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

ami le D'" J. Bœckel, de Strasbourg (1). La ponction 
simple ne nous a jamais donné aucun bon résultat. 

Quoi qu'il en soit, l'issue d'une grande quantité d'in- 
testin doit être regardée comme d'une gravité particu- 
lière pour l'intervention ; le chirurgien doit avoir à 
cœur de le rentrer le plus vite possible et d'empêcher, 
par tous les moyens indiqués, sa contamination et son 
refroidissement. 

De la marche de l'opération au point de 
vue antiseptique quand un kyste ou une 
poche est impossible à, enlever. — Quand il est 
reconnu que, pour une raison ou une autre, il est dan- 
gereux, ou même impossible, d'enlever une poche kys- 
tique, la technique consiste à la fixer à la paroi abdo- 
minale, pour la drainer et l'oblitérer par un travail 
de bourgeonnement et de suppuration. Deux cas peu- 
vent se présenter : ou bien le kyste est diagnostiqué 
d'emblée non enlevable ; ou bien, au contraire, c'est 
au cours de la laparatomie entreprise pour l'extirper 
qu'on reconnaît l'impossibilité de l'enlever. 

Les kystes hydatiques du foie se trouvent dans le 
premier cas. Certains kystes des ligaments larges, cer- 
taines collections des trompes, etc., etc., se trouvent 
dans le second. 

Dans le premier cas, une incision transpéritonéale 
sur le point culminant arrive juscjue sur la paroi kys- 
tique. 

Pour éviter l'introduction du liquide dans la grande 
séreuse péritonéale au moment de la ponction, garnir 
le pourtour de compresses stérilisées ou d'épongés, 
puis seulement alors ponctionner; évacuer la poche à 
fond, l'attirer au dehors à l'aide d'une pince, de façon 
à l'engager entre les lèvres de la boutonnière périto- 
néale si elle est assez mince; l'ouvrir largement, la 
vider de son contenu complètement, en réséquer tout 

(1) J. Bœckel. Bulletin de l'Acad. de Médecine, 29 avril 1893. 



MARCHE DE L'OPÉRATION. 229 

ce qu'on peut, puis fixer l'orifice de ce qui reste par 
des points de suture traversant toute l'épaisseur de ]a 
paroi abdominale et celle de la poche, assez rappro- 
chés pour que rien ne puisse s'écouler dans le ventre; 
deux gros drains accouplés assurent l'évacuation du 
jiquide sécrété. 

Quand il est impossible de sortir la poche au dehors, 
que sa paroi est très épaisse, que le kyste hydatique, 
par exemple, est recouvert d'une épaisse couche de 
tissu hépatique, alors, avant d'ouvrir, il vaut mieux 
faire la suture de la poche à la paroi, en ne traversant 
que superficiellement la paroi kystique doublée du 
foie. Quand tout sera hermétiquement suturé, alors 
seulement l'incision sera faite, et permettra l'évacua- 
tion du contenu. C'est dans ces cas que nous serions 
assez disposés à suivre le conseil donné par Forgue et 
Reclus, d'employer la méthode en deux temps dite 
de Volkmann; dans le premier temps, on arrive, par 
l'incision de la paroi abdominale, jusque sur le kyste; 
on bourre de gaze iodoformée ; des adhérences s'éta- 
blissent entre la paroi kystique et le péritoine pariétal; 
après quelques jours, incision de la poche, pour qu'il 
n'y ait plus aucun risque de pénétration de liquides sep- 
tiques dans le ventre. 

Quand le diagnostic de l'impossibilité d'enlever la 
poche a été fait au cours de la laparatomie, on la ré- 
duira le plus possible après évacuation, en protégeant 
tout le pourtour avec des compresses antiseptiques, et 
on l'amènera à l'orifice de la paroi, où elle sera suturée 
très exactement, puis drainée ou mollement tamponnée 
à la gaze iodoformée. 

Il peut arriver que la poche soit si profondément 
située derrière l'épiploon, les anses intestinales plus ou 
moins adhérentes qu'on est obligé de dissocier pour 
arriver jusqu'à elle, qu'il soit de toute impossibilité 
pour l'opérateur de l'amener à la surface et de l'y 
suturer à la paroi. 



230 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

C'est alors qu'il faut, après avoir garni toute la péri- 
phérie de petites éponges montées ou de compresses, 
aspirer le liquide contenu (pus le plus souvent), ouvrir 
quand la poche est vide, nettoyer sa cavité avec un 
petit tampon trempé dans un antiseptique fort (acide 
phénique au 1/20 ou chlorure de zinc au 1/12), puis 
tamponner à la gaze iodoformée, qui est amenée jus- 
qu'au dehors, tandis qu'au-dessus, au-dessous, h gau- 
che et à droite, des mèches de gaze isolent la mèche 
centrale des anses intestinales voisines. Ces interven- 
tions, prônées par Lawson Tait, et que Terrillon (1) 
nous a fait connaître dans un mémoire lu à la Société 
de chirurgie, ne sont plus guère de mise aujourd'hui 
que l'on fait couramment, pour les pyosalpynx dou- 
bles, impossibles à enlever ou fistuleux, l'hystérecto- 
mie vaginale. 

Et de fait, malgré toutes les précautions prises, elles 
étaient suivies assez souvent d'insuccès, sans compter 
les fistules persistantes pendant des mois au niveau de 
la cicatrice abdominale, les poussées phlegmoneuses 
par suite de mauvaise évacuation, de rétention de pro- 
duits septiques, etc., etc. 

Chirurgie du rectum et de l'anus. — Quand on 
veut obtenir une réunion par première intention, les 
précautions à prendre avant, pendant et après les in- 
terventions rectales et anales, prennent une importance 
considérable, et c'est d'elles que dépend la réussite 
complète du chirurgien. 

Cure radicale d'une fistule anale simple. — 
L'antisepsie du tube digestif devra être réalisée autant 
que possible de la façon que nous avons déjà indiquée. 
Nous pensons néanmoins que, dans nombre de cas, il 
suffira de purger le malade quarante-huit heures avant 
l'opération, de le mettre à la diète lactée, s'il tolère 



(I) Teri'illon, Ouverture des abcès intrapéritonéaux et profonds 
du bassin par la laparotomie. Bullet. Soc. chirurgie, p, 367, 1887. 



CURE RADICALE D'UNE FISTULE ANALE. 231 

le lait, eL de faire le matin et la veille de l'opération 
de grands lavages boriques tièdes qui débarrasseront 
le rectum des matières ou des mucosités qui pourraient 
s'y trouver. Un pansement constitué par de la gaze au 
salol ou toute autre gaze et de la ouate, recouvrira la 
région ano-perinéale qui aura préalablement été rasée, 
savonnée et lavée au sublimé. 

Au moment d'opérer, le patient étant placé dans la 
position de la taille, le chirurgien, après avoir au be- 
soin dilaté l'anus avec le spéculum de Trélat ou les 
doigts, opérera lui-même un dernier lavage, puis tam- 
ponnera le rectum à l'aide d'une grosse mèche de 
gaze aseptique ou antiseptique, pour empêcher toute 
irruption malencontreuse sur le champ opératoire. 

Le trajet fistuleux étant excisé, ainsi que nous l'a- 
vous indiqué, en s'aidant ou non, suivant les cas, d'une 
valve introduite dans le rectum, on procédera aux su- 
tures ; elles seront faites au catgut n° 4, pour toute la 
partie rectale de la fistule, et passeront, comme dans 
la périnéorrnaphie, en arrière du trajet disséqué de fa- 
çon à accoler parfaitement les deux surfaces cruen- 
tées. Elles seront suffisamment rapprochées pour que 
les bords muqueux soient parfaitement adossés l'un à 
l'autre. La plaie périnéo-anale sera fermée de la même 
façon à l'aide de points profonds embrassant tout le 
trajet avec du solide crin de Florence, en appliquant 
entre eux s'il le faut quelques points superficiels. 

Cela fait, on retirera le tampon intra-rectal en pro- 
tégeant avec le doigt enduit de vaseline ou garni de 
gaze la ligne des sutures ; celle-ci sera saupoudrée 
soit d'iodoforme ou de salol, ou encore recouverte 
d'une mèche de gaze antiseptique iodoformée qui ne 
restera en place que quarante-huit heures. Pansement 
antiseptique superficiel. Il faudra pendant cinq, six 
jours constiper artificiellement l'opéré à l'aide de pri- 
ses d'extrait thébaïque, 10, puis 5 centigrammes par 
jour, provoquer une selle liquide autant que possible 



232 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

du sixième ou huitième jour, sans toucher aux points 
€le sutures ano-périnéaux; le régime lacté pourra être 
suivi pendant toute cette période, sinon on l'instituera 
de façon à donner aussi peu de déchets intestinaux 
que possible. Nous n'enlevons généralement les fils ano- 
périnéaux que le dixième ou onzième jour, à moins que 
des accidents ne nous indiquent une infection du trajet, 
auquel cas tout est immédiatement désuni et le traite- 
ment est celui de la fistule opérée par l'incision ordi- 
aaire au bistouri ou mieux au thermocautère. 

A notre avis, la cure telle que nous venons de l'in- 
diquer n'est applicable avec grandes chances de succès 
qu'aux fistules cutanéo-muqueuses, peu profondes, ne 
dépassant pas le sphincter anal, non rameuses, sans 
décollements étendus, non tuberculeuses. 

De la résection du rectum d'après Kraske. 
— C'est là certainement l'opération la plus grave que 
le chirurgien puisse entreprendre sur la* région recto- 
sacrée. Applicable dans les cas seulement où la région 
anale est saine et le cancer accessible et facilement 
mobilisable, par suite de non-adhérences aux parties 
voisines, elle reste, malgré tout, une des plus meur- 
trières ; aussi pensons-nous que, pour elle, il faut re- 
doubler de précautions. Quoi qu'on en dise, l'antisepsie 
préliminaire du tube digestif et du rectum en particu- 
lier est très difficile à réaliser dans les cas de cancers 
de cet organe. Souvent les malades ont de la rétention 
chronique des matières fécales, et pour assurer une 
évacuation complète ou au moins relative de l'intestin, 
il faut des purgatifs répétés qui les fatiguent singuliè- 
rement ; les antiseptiques tels que le salol, le naphtol |i, 
îe benzonaphtol, etc., administrés par la bouche, n'agis- 
sent que difficilement et très lentement, et il nous est 
arrivé, malgré la diète lactée, les purgatifs répétés, 
l'administration du naphthol p et de la magnésie, d'a- 
Yoir encore au bout de trois semaines de traitement 
préliminaire, des matières infectes évacuées par l'anus. 



DE \A RÉSECTION DU RECTUM. 233 

Nous croyons donc que lorsque l'opération est ur- 
gente, l'antisepsie préliminaire du tube digestif est dif- 
ficile à réaliser ; on la recherchera toutes les fois qu'elle 
sera possible, mais elle ne devra pas nous arrêter trop 
longtemps et diminuer pour le malheureux patient 
une résistance déjà prête à péricliter. 

On comprend devant cette difficulté que Schede ait 
préconisé la création d'un anus contre nature iliaque 
temporaire, destiné à dériver le cours des matières 
tant que la cicatrice rectale restera vulnérable. 

Quoi qu'il en soit, en même temps que l'on essaiera 
•d'obtenir, si cela est possible, l'antisepsie relative du 
tube digestif, l'on agira directement sur le rectum 
par de grands lavements à l'acide borique ou au 
naphtol, les deux ou trois jours qui précéderont l'in- 
lervention. Ces lavements seront donnés à l'aide d'une 
sonde qui traversera le rétrécissement et permettra au 
liquide de refluer facilement. 

La toilette de la région sera faite la veille aussi minu- 
tieuse que possible et l'asepsie maintenue, comme plus 
haut, par l'application d'un pansement antiseptique. 

Nous n'insisterons sur la tehcnique de l'opéra- 
tion en elle-même que pour indiquer les précautions à 
prendre pendant toute sa durée, pour empêcher au- 
tant que possible les surfaces cruentées d'être infec- 
tées. L'incision sacrée et la résection latérale du sa- 
crum faite, le rectum libéré, on doit particulièrement 
veiller à l'ouverture du cul-de-sac péritonéal. Si celui- 
ci a été ouvert, ce qui arrive souvent , on fera une 
suture immédiate et on placera par-dessus un tampon 
aseptique maintenu par une pince ou le doigt d'un aide. 
Les parois du rectum au-dessus et au-dessous du néo- 
plasme seront incisées, après le placement d'une pince 
à mors garnis de caoutchouc, qui en même temps qu'elle 
fera l'hémostase provisoire empêchera tout écoulement, 
surtout du bout supérieur. 

Elle sera remplacée quand il le faudra par un tam- 



234 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOItlE. 

pon provisoire introduit dans le bout supérieur de 
l'intestin, et que Ton n'enlèvera que lorsque les su- 
tures qui unissent ses deux segments auront été 
placées. Dans ce but, nous conseillons de munir la 
mèche de gaze d'un bon fil de soie qu'on fait res- 
sortir par l'anus qui servira d'issue au tampon protec- 
teur. 

Actuellement, la suture circulaire bout à bout des 
deux portions anale et rectale est condamnée par pres- 
que tous les chirurgiens; elle cède facilement pour peu 
que l'intestin soit friable, d'où des infiltrations de ma- 
tières septiques et des phlegmons et cellulites pelvien- 
nes stercorales. 

Nous avons perdu notre premier opéré de cette façon. 

Nous sommes d'avis de la remplacer, comme cela a 
été fait d'abord parMoulonguet et Hochenegg, par l'in- 
vagination du bout supérieur dans le bout inférieur 
garni du sphincter externe, bout supérieur que l'on 
suturera à la marge de l'anus. 

Celte pratique n'est facile que si le bout supérieur 
se laisse l3ien attirer en bas. Dans le cas contraire, plu- 
tôt que de risquer la section par les fils, l'ascension 
du bout supérieur et l'épandage de matières septi- 
ques dans le tissu cellulaire pelvien, il vaut mieux 
laisser un anus sacré que l'on refermera par la suite 
en ne suturant les deux bouts qu'en avant et sur les 
côtés. Pour plus de détails opératoires et qui ne se- 
raient pas de mise ici, nous renvoyons à la thèse que 
vient de soutenir xMosés (1). 

Après l'opération, quel pansement faire, quelles pré- 
cautions prendre ? Pour éviter la rétention et l'inûltra- 
tion des gaz pénible et dangereuse, nous conseillons de 
mettre dans le rectum par l'anus un gros drain de 
caoutchouc h parois épaisses muni d'une chemise en 



(1) Mosès, La méthode sacrée et son application aux cancers et 
rétrécissements du rectum, thèse Paris, 1892. 



CATHÉTÉRISME DE L'URÈTHRE. 235 

gaze iodoformée (comme l'ancienne canule de Dupuy- 
tren)que l'on bourrera avec des morceaux de celle-ci. 
Par-dessus un large pansement antiseptique que le 
tube en caoutchouc non muni de trous traversera de 
part en part. 

La plaie sacrée aura été fermée aux crins de Flo- 
rence avec la précaution de laisser en bas un drain 
permettant l'écoulement de la sérosité qui suinte si 
abondamment après toutes ces interventions. Il sera re- 
tiré dès le deuxième jour, si rien ne s'y oppose. 

Le régime de l'opéré sera aussi réconfortant que pos- 
sible par des aliments ne donnant pour ainsi dire pas 
de déchets. Il sera constipé pendant les six à huit pre- 
miers jours à l'aide de prises d'extrait thébaïque. 

La première selle sera provoquée par un purgatif 
doux, en ayant soin de parfaire aussitôt après un grand 
lavage du rectum et de toute la région. A partir de ce mo- 
ment, tout danger d'infiltration possible a générale- 
ment disparu ; un pansement ordinaire et une mèche 
enduite de vaseline iodoformée suffisent à parachever 
la guérison. 

Chirurgie urînaire chez V homme. 

S'il est un appareil pour lequel l'antisepsie et l'a- 
sepsie soient absolument de mise pour éviter les com- 
plications, c'est bien l'appareil urinaire, surtout quand 
une des parties essentielles est profondément atteinte. 
Aussi les précautions prélimaires, l'asepsie et l'anti- 
sepsie opératoire sont-elles de première importance 
dans toute intervention, si minime fût-elle. 

Nous décrirons successivement à ces points de vue, 
le cathétérisme de l'urèthre, l'uréthrotomie externe, 
avec ou sans résection de l'urèthre, la taille hypogas- 
trique, comme trois types bien nets et distincts d'opé- 
rations sur l'arbre urinaire. 

Du cathétérisme de l'urèthre. — Que le cathé- 



236 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

térisme soit pratiqué sur un individu sain, à urines 
normales, qu'il le soit au contraire sur un sujet ayant 
«ne lésion grave des voies urinaires, des urines alté- 
rées, l'on devra toujours prendre les précautions pré- 
liminaires que voici, en y insistant, bien entendu, d'une 
façon toute spéciale dans la seconde éventualité. 

Si l'on peut, faire prendre au malade quelques heu- 
res avant, un grand bain chaud; au moment de prati- 
quer le cathétérisme faire une toilette sévère de toute 
la région pénienne et en particulier du gland et du pré- 
puce par des lavages à l'eau boriquée saturée ou à la 
solution de Yan Swieten dédoublée; tout cela après 
s'être bien lavé les mains, comme s'il s'agissait d'une 
vraie opération. Le cathéther métallique ou en gomme 
sera stérilisé, ainsi que nous l'avons indiqué déjà, puis 
enduit de vaseline boriquée, qui ne servira absolument 
qu'aux sondes et sera renouvelée fréquemment. 

Faire en sorte, pendant le passage de la sonde, qu'il 
ne se produise aucun écoulement sanguin; si cela avait 
eu lieu, il sera bon, immédiatement après le retrait de 
l'instrument, de faire un lavage du canal à la solution 
boriquée, et d'administrer 3 à 4 grammes de salol 
pour rendre les urines antiseptiques. Nous n'avons, 
bien entendu, nullement en vue les fausses routes qui 
sont une complication bien autrement grave et redou- 
table. 

Le cathétérisme soit explorateur, soit évacuateur, 
devient chez les rétrécis et surtout chez les prostati- 
ques autrement difficile et par cela même dangereux, 
quand il est fait dans de mauvaises conditions. C'est 
surtout, ainsi que l'a si bien montré le professeur 
Guyon, chez les prostatiques à vessies atones, à voies 
supérieures dilatées que la moindre infection prend les 
proportions d'une véritable catastrophe : nous sommes 
d'avis, quand il s'agit de malades pareils, qu'une taille 
hypogastrique présente moins de gravité qu'un cathé- 
lérisme difficile, quand il n'est pas pratiqué par un 



URÉTIIROTOMIE EXTERNE. 237 

homme rompu avec ses difficultés et convaincu de la 
nécessité d'une asepsie et d'une antisepsie parfaite. 
Chez ces vieux prostatiques, comme le dit le profes- 
seur Guyon, la vessie sera vidée lentement, progressi- 
vement et antiseptiquement, ou bien la fièvre urineuse 
est là qui les guette et les emporte. On ne saurait donc 
assez recommander au praticien qui explore et sonde 
un vieux prostatique à rétention chronique devenue 
tout à coup aiguë, de prendre les plus grandes pré- 
cautions pour le nettoyage de la verge et du gland, 
l'asepsie parfaite des instruments (ébuUition des soudes 
en gomme rouge, séjour dans le sublimé au 1/1000 ou 
dans le nitrate d'argent au 1/500, puis lavage à l'acide 
borique , flambage des sondes métalliques à grande 
courbures de Gely ou à bec droit de Mercier), pour l'a- 
sepsie parfaite de ses mains. En un mot, le cathété- 
risme doit dans tous ces cas être entouré des mêmes 
précautions que si l'on faisait une grande opéra- 
tion. 

Uréthrotomie externe avec ou sans résec- 
tion de l'urèthre. — 11 s'agit presque toujours d'u- 
rèthres rétrécis par la blennhorragie ou le trauma- 
tisme, avec ou sans fistules périnéales, difficilement 
franchissables, non ou très difficilement dilatables. 

Dans tous ces cas, faire une antisepsie soignée de 
toute la région périnéale et de l'anus ; constiper le 
malade qui ne devra aller à la selle que plusieurs jours 
après rintervention pour ne pas risquer d'infection 
secondaire de la plaie suturée ou non. Désinfecter les 
voies urinaires par des prises de biborate de soude ou 
de salol. Mise à nu des points rétrécis et calleux, soit 
que l'on puisse se guider sur un conducteur, ou qu'il 
faille chercher l'urèthre sans conducteur . Résection 
de la partie malade calleuse et indurée en traversant 
autant que possible et en excisant tous les trajets fis- 
tuleux, qui sont autant de sources d'infection dirigées 
contre la réunion primitive si elle est recherchée ; user 



238 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

des tamponnements à la liqueur de van Swieten. Si les 
deux bouts de l'urèthre dont on a pu généralement 
garder une bandelette supérieure, sont rapprocbables 
sans trop de tiraillements, suture des deux bouts à la 
soie ou au catgut n° 0, sans intéresser la muqueuse, 
mais en prenant largement tous les tissus périuré- 
thraux, puis sutures superficielles et profondes du pé- 
rinée au crin de Florence en unissant le plan urétbral 
et le plan périnéal pour ne pas laisser d'espaces morts, 
où pourrait s'accumuler du sang et peut-être filtrer 
de l'urine. Sonde à demeure. 

Si les deux bouts de l'urèthre ne peuvent être rap- 
prochés, faire la réunion par plans séparés des diffé- 
rentes couches du périnée, une sonde à demeure fonc- 
tionnant bien et constamment ouverte traçant sa voie 
au nouveau canal cicatriciel souple qui doit se fermer 
autour d'elle. 

On peut encore laisser largement le périnée ouvert 
et laisser suppurer et bourgeonner la plaie autour d'une 
sonde rejoignant les bouts antérieur et postérieur de 
l'urèthre. 

Cystotomie sus-pubienne. — La taille hypogas- 
trique a repris le dessus depuis l'ère de l'antisepsie. 
Abandonnée à cause des accidents graves qui résul- 
taient ou de l'ouverture du péritoine ou de l'infiltration 
d'urine, elle a reconquis de haute main le premier 
rang parmi les tailles depuis que le chirurgien peut, 
même le péritoine ouvert, prévenir la péritonite et 
s'opposer à l'infiltration. 

Pratiquée pour enlever un corps étranger, un calcul, 
une tumeur, pour permettre dans d'autres cas un écou- 
lement facile à l'urine par suite d'obstruction prosta- 
tique, ou encore rechercher le col de la vessie et faire 
le cathétérisme rétrograde, la cystotomie sus-pubienne 
est faite au point de vue de l'asepsie et de l'antisepsie 
dans deux conditions : 1° la vessie est saine et les urines 
normales ou à peu près ; 2° la vessie est malade, 



CYSTOTOMIE SUS-PUBIENNE. 239 

enflammée, ulcérée, les urines sont altérées, muqueu- 
ses, muco-purulentes, ou ammoniacales. 

Dans les deux cas, si l'on peut n'être qu'aseptique 
jusqu'à l'incision de la vessie, à partir de ce moment, 
il faut être antiseptique, pour peu que la vessie ne soit 
pas tout à fait saine, ce qui est rare et ne se rencontre 
que dans les faits de calculs ou de corps étrangers ré- 
cents et aseptiques, de tumeurs non ulcérées. 

Le malade doit être préparé , le pubis, le scrotum 
rasés ainsi que la région hypogastrique. Antisepsie 
préventive des urines si c'est possible; antisepsie rec- 
tale, antisepsie de la verge et du canal de l'urèthre 
par des lavages; un aide, qui ne touchera à rien pen- 
dant la durée de l'opération, sera chargé de placer le 
ballon de Petersen dans le rectum, bien dans l'ampoule, 
puis de le retirer. Si le chirurgien devait pratiquer lui- 
même cette manœuvre, il ne procéderait qu'après à 
une rigoureuse désinfection des mains. Si on le peut, 
remplir la vessie d'abord d'une solution boriquée tiède 
à 3 p. 100, puis le ballon jusqu'à ce que le globe vési- 
cal se dessine à travers l'hypogastre. Fermer la sonde 
molle mise dans la vessie en entourant la verge et son 
cathéter d'un lien élastique maintenu par une pince. 
Incision jusque sur la vessie de 6 à 10 centimètres, sui- 
vant l'épaisseur de la paroi. Quand on est arrivé sur 
la graisse prévésicale, si le cul-de-sac péritonéal est 
bien remonté, bien reconnaître la musculature de la 
vessie, l'ouvrir de haut en bas, passer un fil dans la 
paroi de chaque côté, pour pouvoir écarter facilement ; 
un flot d'acide borique inonde la plaie et est abstergé 
aussitôt, on touche après à la solution phéniquée forte 
ou à la liqueur de Yan Swieien. Manœuvres intravési- 
cales, pour enlever le calcul, le corps étranger, la tu- 
meur, etc., etc. 

Cela fait, le chirurgien peut faire la suture immédiate 
quand les conditions d'asepsie des voies urinaires s'y 
prêtent, sinon il placera les drains accouplés de Pé- 



240 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

rier. Le professeur Guyon ne reconnaît plus aujour- 
d'hui qu'une seule contre-indication à la suture immé- 
diate de la vessie, c'est l'hémorrhagie. Même avec des 
vessies septiques on peut avec succès faire la suture. 

S'il fait la suture de la plaie vésicale, il placera un 
ou mieux deux plans de sutures superposées intéres- 
sant la muqueuse et largement la musculo-celluleuse. 
Le premier plan muqueux sera fait avec du catgut, 
le second plan musculeux sera fait avec de la soie. La 
plaie hypogastrique sera refermée de haut en bas, en 
ayant soin de veiller à une antisepsie parfaite, à. cause 
de l'inoculabilité facile des tissus cellulo-graisseux pré- 
vésicaux. 11 sera plus prudent de laisser en bas une 
petite décharge, s'il arrivait qu'un point de suture 
vînt à manquer; on y placera soit un drain debout, 
soit une mèche de gaze iodoforméc qu'on enlèvera dès 
le deuxième ou le troisième jour.^Sonde à demeure de 
Pezzer ou même laisser uriner sans la sonde. 

Si Ton emploie le drainage, les deux tubes seront 
placés avant l'enlèvement du ballon de Petersen dans 
le bas-fond vésical et le suivront quand le ballon aura 
été enlevé et vidé. La vessie sera refermée autour 
d'eux, puis la paroi abdominale à laquelle ils seront 
fixés par un ou deux points de suture au crin de Flo- 
rence. S'assurer que les tubes fonctionnent bien, que le 
liquide injecté par l'un ressort par l'auire. 

Si le liquide intravésicdl,dans les cas de vessies mala- 
des, est très seplique, infecte, se servir souvent pendant 
l'opération, d'attouchements avec des tampons trempés 
dans un antiseptique fort, mais se garder des irriga- 
tions larges, dangereuses en particulier chez les uri- 
naires à reins malades; d'autant plus, qu'il s*agisse de 
cystotomie ou de néphrectomie, ou de néphrotomie, 
que le tissu cellulo-graisseux périvésical et périrénal 
absorbe avec une grande activité. 



CHIRURGIE GYNÉCOLOGIQUE. 241 

C h iru rg ie g ynéco logique. 

Les opérations sur les organes génitaux urinaires de 
la femme se pratiquent tantôt par la voie abdominale 
après laparotomie, tantôt par la voie vulvo-vaginale, 
en intéressant la vulve, le périnée et le rectum lui- 
même. 

Nous avons déjà montré la conduite à tenir pen- 
dant une laparotomie, nous n'y reviendrons pas, nous 
réservant d'insister ici sur la chirurgie vulvo-vaginaie 
et celle du périnée. 

Avant cela nous devons dire quelques mots de 
l'exploration en gynécologie, au point de vue de l'a- 
sepsie et de l'antisepsie, une exploration faite dans de 
mauvaises conditions pouvant être le point de départ 
des accidents les plus graves. Il faut bien que le mé- 
decin soit persuadé de cette vérité et prenne toutes les 
précautions pour ne pas encourir ce reproche. 

L'exploration gynécologique est digitale ou instru- 
mentale. Toutes les fois que l'on devra pratiquer le 
toucher vaginal, l'on prendra les précautions sui- 
vantes : 

1° Se laver les mains, se brosseries ongles et veiller 
surtout à la propreté de l'indicateur et à ce que l'ongle 
dont il est muni ne puisse, parce qu'il est long et 
pointu, donner lieu à une écorchure de la muqueuse 
vagino-utérine ; 

2° Nettoyer avant l'exploration par un lavage, la 
vulve et le vagin; 

3° Se servir pour toucher d'un corps onctueux pro- 
pre et non pas de la première graisse venue. La vase- 
line blanche est facile à se procurer partout et l'on 
doit en être constamment muni. 

Si l'on a touché avant quelque plaie infectée, vu un 
blessé atteint d'une infection générale, visité et touché 
une femme atteinte d'accidents infectieux vaginaux ou 
ScHWARTz, Asepsie et Antisepsie. i4 



2i2 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

utérins, les mesures de désinfection pour les mains 
seront encore plus énergiques et la sécurité comman- 
dera un vrai lavage chirurgical ; de même si l'on doit 
pratiquer après une dilatation préalable ou sur un 
utérus dilaté pathologiquementle toucher inlra-utérin. 

Quand l'on doit pratiquer le toucher vésical ou rec- 
tal, les précautions seront les mêmes; pour le rectum 
il faut procéder avec beaucoup de douceur pour ne 
pas blesser la muqueuse. Là ce n'est pas le doigt qui 
est l'agent inoculateur en général, c'est la nombreuse 
flore microbienne qui est contenue dans l'intestin. 

Quand le toucher vaginal ou rectal devra être pra- 
tiqué dans la même séance, inutile de dire que l'on 
commencera par toucher le vagin d'abord, le rectum 
ensuite. 

Quand le toucher vaginal doit être combiné avec le 
palper, comme pour bien sentir les annexes, il vaut 
mieux se placer alternativement à droite et à gauche, 
et changer de doigt; il sera bon de recouvrir l'ab- 
domen, s'il n'a pas subi une toilette préliminaire, 
d'une compresse propre, d'un mouchoir blanc par 
exemple ou d'une serviette blanche. 

L'exploration instrumentale peut porter sur les orga- 
nes génitaux, les organes urinaires, l'anus et le rectum. 

L'exploration du vagin et de l'utérus, au moins du 
col, se fait généralement avec le spéculum, soit tubu- 
laire, soit uni, soit bivalve. Il est construit de telle 
façon que ses arêtes mousses ne puissent produire 
aucune excoriation ; et de fait, il n'en produit généra- 
lement pas, quand les muqueuses sont intactes : il n'en 
est pas de même quand le vagin est le siège d'ulcé- 
rations, que le col de l'utérus en porte aussi; dans ces 
conditions l'ouverture des valves ou leur simple intro- 
duction amène assez fréquemment un saignement léger 
mais suffisamment révélateur du léger traumatisme 
infligé. 

Les autres instruments qui servent généralement 



CHIRURGIE GYNÉCOLOGIQUE. 243 

aux explorations sont des pinces porte-tampons, des 
pinces à griffes, des pinces tire-balles, des hystéro- 
mètres de modèle varié ; le plus simple est le meilleur, 
car c'est le plus facile à aseptiser. 

Tous ces instruments, spéculums, pinces diverses et 
surtout les hysléromèlres doivent être désinfectés avant 
de s'en servir, sous peine de voir se produire une in- 
fection grave des voies génitales. Les instruments tout 
en métal doivent être préférés toutes les fois que leur 
emploi sera possible, car leur stérilisation est plus 
facile. Elle présente une grande importance dans un 
service de gynécologie où plusieurs femmes sont 
examinées les unes après les autres et nécessaire- 
ment avec les mêmes instruments. Dans notre service 
la désinfection est obtenue après chaque examen par 
l'action de l'eau bouillante dans laquelle le tout est 
placé pendant quelques minutes ; de là on les laisse 
tremper dans une solution phéniquée forte d'où ils 
sont retirés pour servir à l'exploration. 

Quand l'examen a porté sur une femme manifeste- 
ment infectée de syphilis ou de blennorrhagie, on 
ajoute à la manipulation le flambage à l'alcool qui 
donne une garantie de plus. Les instruments en 
caoutchouc, s'ils sont nécessaires, seront stérilisés 
d'après les procédés déjà indiqués. 

Les instruments étant préparés, la malade devra 
l'être aussi, sinon aussi minutieusement que pour une 
intervention, du moins suffisamment pour qu'aucun 
ennui ne résulte de l'examen. Nous n'examinons ja- 
mais une malade avant de lui avoir fait prendre, quand 
cela est possible, un grand lavage vaginal. Quand il 
s'agit d'un simple examen au spéculum, cela suffît. 
Quand il s'agit de piquer le col avec la pince à éri- 
gnes, de l'abaisser, à plus forte raison de pratiquer 
un cathétérisme utérin, l'antisepsie sera plus rigou- 
reuse. Le lavage vaginal sera fait immédiatement 
avant par le chirurgien lui-même qui nettoiera les 



244 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

cul s -dii-sac vaginaux, le col, avec une solution de su- 
blimé à 1 p. 4000. Si l'on n'est pas dans de bonnes 
conditions, il faut plutôt s'abstenir de toute tentative 
de cathétérisme. Celui-ci peut se faire sans spéculum, 
avec spéculum et sans abaissement de l'utérus, avec 
spéculum et avec abaissement de l'utérus. Toujours 
après le retrait du spéculum on fera un nouveau la- 
vage et s'il y a eu un peu de sang; par conséquent 
dans les cas où le col aura été piqué, on appliquera 
un tampon de gaze antiseptique que Ton fera retirer au 
bout de vingt-quatre heures. 

La dilatation utérine peut être exploratrice ; c'est à 
ce titre que nous en dirons quelques mots. Nous la 
pratiquons soit extemporanément avec un dilatateur 
métallique ou les bougies d'Hegar, soit lentement avec 
les tiges de laminaria digilata. La dilatation utérine 
faite dans ces conditions doit être entourée de toutes 
les précautions de l'antisepsie la plus rigoureuse si on 
veut éviter les accidents. 

La dilatation extemporanée avec un dilatateur ou 
mieux avec les bougies graduées d'Hegar très faciles à 
aseptiser, puisqu'elles sont lisses et en métal, n'est faite 
qu'exceptionnellement. La dilatation progressive à 
l'aide des laminaires est pour nous la manière de faire 
usuelle. Elle nécessite le séjour rigoureux au lit pen- 
dant toute la durée de l'application des tiges. Celles- 
ci, munies d'un solide fil qui traverse leur extrémité 
non arrondie, seront maintenues antiseptiques par leur 
séjour dans une solution d'éther iodoformé à 10 p. 100. 
On en aura à sa disposition trois flacons, des petites, 
des moyennes, des grosses, de façon à pouvoir gra- 
duer la dilatation. Règle générale : la tige ne devra 
jamais être appliquée que si le col est maintenu et fixé 
à l'aide d'une pince. Quand on ne fixe pas le col, la 
tige de laminaire, pour peu qu'il y ait contracture ou 
étroitesse de Vcstium uterinum^ s'arrête à ce niveau, 
soulève l'utérus, mais n'y pénètre pas. Presque tou- 



CHIRURGIE GYNÉCOLOGIQUE. 245 

jours, même avec la fixation l'on se sentira arrêté au ni- 
veau de l'orifice interne qui s'ouvrira ensuite peu à peu 
pour la laisser passer ; dans quelques cas d'antéflexion 
ou de rétroflexion, il faudra donner à la laminaire 
une certaine courbure pour la faire pénétrer plus fa- 
cilement. 

Lés tiges, une fois introduites dans la cavité utérine, 
y seront maintenues à l'aide d'un tamponnement anti- 
septique bien appliqué, soutenu par un pansement vul- 
vaire. Il sera bon avant de mettre les tampons iodo- 
formés ou salolés de s'assurer, en lâchant un peu la 
tige, si elle reste facilement dans l'utérus, si elle n'en 
est pas expulsée ; dans cette dernière éventualité, 
après l'avoir bien enfoncée, on la maintiendra quel- 
ques instants pour habituer la matrice à la tolérer et 
permettre par le gonflement léger qui se produit un 
glissement moins facile. 

A côté de la dilatation temporaire se place la dila- 
tation permanente, d'après le procédé de VuUiet, de 
Genève. La malade étant dans la position genu-pec- 
torale, le col est découvert à l'aide d'une valve à 
manche de Simon. On présente à son orifice un petit 
tampon de coton que l'on introduit dans sa cavité h 
l'aide d'une sonde. Ces tampons sont munis d'un fil et 
varient comme dimensions de celle d'un pois à celle 
d'une amande ; on les rend antiseptiques en les plon- 
geant dans une solution d'éther iodoformé à 10 p. 100, 
puis les retirant et les faisant sécher. Les tampons 
sont enfoncés jusqu'à ce que la cavité utérine en soit 
bourrée du fond à l'orifice externe. Au bout de qua- 
rante-huit heures, ils sont retirés et remplacés par 
un nouveau tamponnement fait de la même façon, 
mais sur une cavité déjà dilatée et à parois ramollies. 
Ln procédant de la sorte par tamponnements graduel- 
lement plus volumineux, on arrive au bout de huit à dix 
à obtenir une dilatation telle que les parois sont visi- 
bles comme celles du vagin. La dilatation de Vulliet 

14. 



246 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

n'est pas toujours exempte d'iuconvénients; et d'abord 
il est des cas où il est impossible d'arriver à une dila- 
tation complète, il en est d'autres où la douleur empê- 
che de continuer, d'autres enfm où les femmes sont 
prisesd'accidentsnerveuxqueVuUietamissurle compte 
de l'intoxication iodoformée par des tampons mal pré- 
parés. Quoi qu'il en soit, nous sommes de l'avis de 
Pozzi, qui regarde cette manière de faire comme n'é- 
clairant pas le diagnostic plus que la dilatation ordi- 
naire toujours possible et sans aucun danger. Elle ne 
devra être employée que dans des cas exceptionnels. 

Le toucher de Futérus qui se pratique après dilata- 
tion préalable et abaissement de l'organe à l'aide d'une 
pince fixatrice, n'est permis que dans des conditions 
d'antisepsie très rigoureuses. 11 sera presque toujours 
combiné à la palpation hypogastrique. Quand il aura 
été pratiqué, on devra faire un grand lavage de la ca- 
vité utérine avec de la solution de Van Swietcn à 1 p. 4000, 
puis tamponner mollement le vagin et faire garder le 
repos couché pendant deux jours au moins. 

L'exploration de l'urèthre, de la vessie, ne présente 
rien de bien spécial et devra être accompagnée des 
précautions d'antisepsie générale déjà indiquées. Géné- 
ralement on la fera précéder d'un lavage vésical et 
uréthral avec une solution boriquée à 3 0/0 tiède, ou 
encore une solution de nitrate d'argent au 1/500 ou 
au 1/1000. 

L'exploration du rectum se fera en général après 
que l'intestin aura été vidé de son contenu par un pur- 
gatif ou encore un lavement administré le matin même 
et que l'on pourra faire suivre d'un lavage rectal avec 
une sonde à double courant, ou encore en ouvrant 
l'anus avec le doigt ou un petit spéculum, avec un li- 
quide faiblement antiseptique, solution boriquée ou 
naphtolée par exemple, à cause du grand pouvoir 
d'absorption de la muqueuse. 

Des pessaires. Leur application. Soins à. 



DES PESSAIRES. 247 

donner. — Les pessaires sont des appareils destinés 
à maintenir le redressement d'une déviation utérine, 
ou à soutenir l'utérus prolabé. Nous les diviserons en 
vaginaux et vagino-utérins : les uns n'occupant que le 
vagin seul, les autres le vagin et la cavité utérine. Les 
meilleurs pessaires, au point de vue de l'asepsie, sont 
ceux en métal, faciles à nettoyer et à tenir aseptiques; 
mais ils ont contre eux leur rigidité, source d'inconvé- 
nients nombreux. C'est aussi le cas des pessaires en 
caoutchouc durci. Les pessaires flexibles en caoutchouc 
recouvrant des spirales métalliques qui leur donnent de 
la consistance, et dont le type le plus répandu est l'an- 
neau de Dumontpailier, ont le grand inconvénient de 
s'altérer assez rapidement dans la cavité vaginale, et 
demandent par cela même un entretien très minutieux; 
il est nécessaire de les retirer tous les jours ou tous 
les quelques jours pour les nettoyer, puis les replacer. 
Le pessaire tout en métal peut, au contraire, rester 
quelques mois, étant donné que la femme qui le porte 
est surveillée par son médecin. 

Avant de placer un pessaire, on prendra les précau- 
tions de désinfection vaginale déjà connues ; le pessaire 
placé, s'il est métallique, on recommandera à la ma- 
lade de faire des lavages quotidiens du vagin avec une 
solution boriquée, par exemple, ou phéniquée au 1/100, 
qui n'attaque pas le nickel ou l'aluminium ; de mois en 
mois, il sera bon d'observer la patiente pour constater 
qu'il ne se produit nulle part d'ulcération, sous l'in- 
fluence de la pression continue qu'exerce l'appareil. 

Si le pessaire est en caoutchouc noir durci (nous ne 
les conseillons pas, ce sont ceux qui se détériorent le 
plus vite), ou en caoutchouc souple recouvrant une 
spirale, comme ceux du système Dumontpallier, an- 
neaux du système Hodge, etc., etc., le pessaire, avant 
d'être placé, devra être enduit de glycérine neutre plu- 
tôt que de vaseline ; des lavages boriques seront faits 
tous les jours ; la malade apprendra à le retirer et 



248 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

même à le replacer elle-même, après l'avoir lavé à 
grande eau bouillie froide, puis enduit chaque fois de 
glycérine. Les plus grands soins de propreté doivent 
être recommandés, et dès que l'anneau prend une mau- 
vaise odeur persistante, il faut le changer pour un autre. 

Nous ne parlerons pas de l'application des pessaires 
intra-utérins à tiges, dont nous dissuadons de se servir, 
à cause des accidents qu'ils peuvent provoquer, à moins 
d'être l'objet d'une surveillance continuelle. 

Quant aux pessaires abdomino-vaginaux, qui sont 
employés dans certains cas de chutes invétérées de la 
matrice, et se fixent à une ceinture abdominale ou pel- 
vienne, les recommandations à faire sont les mêmes que 
pour le pessaire vaginal proprement dit. 

Avant de décrire quelques types d'interventions gy- 
nécologiques, nous tenons à exposer d'abord une 
technique qui nous paraît excellente au point de vue 
de l'asepsie opératoire en général. 

De l'irrigation continue pendant les opéra- 
tions gynécologiques. — C'est là une excellente pra- 
tique, et que nous ne saurions trop recommander dans 
toutes les opérations sur la région périnéo-vulvaire, sur 
le vagin, le col de l'utérus, etc. Elle consiste à arroser 
constamment ou à peu près le champ opératoire, de 
façon à le débarrasser du sang qui y coule le plus sou- 
vent par des vaisseaux insignifiants et qu'on n'aura 
pas besoin de lier; de plus, elle constitue, pendant 
toute la durée de l'opération, la meilleure sauvegarde 
contre toute chance d'infection. Elle supprime presque 
complètement l'usage des tampons ou des éponges. 

On peut la faire au moyen d'un spéculum spécial 
dont tous nos fabricants ont construit des modèles : 
c'est une valve dont le manche creux est terminé, au 
niveau du bout, en forme de bouton pouvant recevoir 
un tube en caoutchouc, tandis qu'au niveau de la valve 
même se trouve un trou dirigé de diverses façons, des- 
tiné à donner passage au liquide. 



DU CUBETTAGE DE L'UTÉRUS. 249 

Nous préférons, pour notre part, la canule en verre, 
longue, à un trou à son extrémité renflée. Elle est 
adaptée au tube d'un laveur suspendu à proximité de 
l'opérateur, et elle est maintenue par l'aide qui tient 
soit une valve, soit une pince fixatrice, et qui est placé 
à la droite du chirurgien. L'aide règle, à l'aide d'un 
robinet, la force du jet, qu'il diiige lui-même sur les 
parties à absterger. 

Les liquides employés sont variables. Très souvent, 
quand il s'agit d'opérations telles que élytrorraphies, 
colporraphies, périnéorraphies, pendant lesquelles l'in- 
fection est peu à craindre, nous nous servons d'une 
solution boriquée tiède à 2 p. 100, qui n'a pour ainsi 
dire qu'un rôle, celui de balayer le sang qui gêne 
l'opérateur. 

Quand il s'agit d'une opération sur des tissus infec- 
tés, nous préférons la solution de sublimé à 1 p. 5000. 

Pozzi emploie de préférence la solution phéniquée à 
1 p. 100, ou même à 1/2 p. 100, si l'irrigation doit 
être prolongée longtemps, sous peine de voir se pro- 
duire des excoriations ou des érythèmes. Pour notre 
part, nous n'en avons jamais observé avec les solu- 
tions étendues qui nous servent. 

Nous allons décrire quelques types d'interventions 
gynécologiques. 

Du curettage de l'utérus. — Le curettage de 
l'utérus est peut-être l'intervention la plus fréquem- 
ment mise en usage en gynécologie, et c'est pourquoi 
nous pensons qu'il sera bon d'en donner le manuel opé- 
ratoire au point de vue de l'asepsie et de l'antisepsie. 

Tout curettage utérin sera précédé de l'asepsie et de 
l'antisepsie aussi complètes que possible du champ opé- 
ratoire. Nous avons suffisamment indiqué ces prélimi- 
naires pour ne pas avoir à y revenir. 

La malade étant en position opératoire, chloroformée 
ou non, suivant les indications, les genoux relevés, 
maintenus par deux aides, ou à l'aide de lacs, ou bien 



250 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

les pieds reposant sur deux chaises mises au bord du 
lit, quand on n'a pas à sa disposition table et aides, 
l'on procédera à un dernier lavage du vagin et de la 
vulve avec une solution antiseptique de sublimé à 
1/4000, après avoir retiré les tampons et la tige de la- 
minaire qui a dilaté, pendant les dernières vingt-quai re 
heures, la cavité utérine. Nous attachons une grande 
importance à celte dilatation lente et graduelle de la 
cavité utérine, qui efface les plis de la muqueuse du 
col, permet d'y pénétrer beaucoup plus facilement, et 
les quarante-huit heures et plus que dure le séjour au 
lit sont peu de choses à côté des inconvénients qui peu- 
vent résulter d'un curettage fciit sans dilatation préa- 
lable. 

Le spéculum est plein, soit la valve de Bozeman ou 
de Martin, quand on a des aides à. sa disposition pour 
les tenir, soit le spéculum bivalve de Trélat, à large 
ouverture, que nous préférons dans la majorité des 
cas. La lèvre antérieure du col est saisie avec une pince 
lire-balle, et le col est abaissé en même temps que le 
spéculum est retiré un peu. Quand nous ne chlorofor- 
mons pas nos opérées, ce qui est très fréquent, toutes 
les fois qu'il n'y a pas de lésions du côté des annexes, 
nouslesanesthésions, la dilatationbien faite, à la cocaïne. 
Pour cela, l'on fait pénétrer, ainsi que nous l'avons indi- 
qué en détail dans un article de la Revue générale de 
clinique et de thérapeutique (1), dans la cavité utérine, 
un tampon ouaté, roulé sur une tige flexible, imbibé 
de solution de cocaïne au 1/10, qu'on renouvelle et 
qu'on laisse en place pendant cinq à six minutes, en 
même temps qu'un tampon imbibé de la même solu- 
tion est appliqué sur le museau de tanche. Avec quel- 
ques bourdonnets de coton trempés dans la solution de 
Van Swieten et exprimés, on enlève l'excès de liquide 



(1) Scliwartz, Revue générale de cli7iique et de thérapeutiqne, 
p. 615, 1891. 



IIYSTEREGTOMIE VAGINALE. 251 

et le peu de sang résultant des manœuvres, et l'on 
passe au curettage lui-même, abrasant avec la curette 
de Simon le fond, puis les parois, les angles de l'uté- 
rus. Comme il y a, en général, peu de sang, l'on ne 
s'en occupe pas et l'on procède au lavage de la cavité 
utérine avec une sonde à double courant ; puis nous 
avons l'habitude, pour peu que l'endométrite soit invé- 
térée, de cautériser toute la cavité soit avec une solu- 
tion de créosote au i/10 ou au 1/3 dans certains cas ; 
quelquefois, nous y laissons une petite mèche de gaze 
aseptique trempée dans une solution de chlorure de 
zinc au 1/12. Tout ce qui s'est écoulé dans le vagin est 
enlevé par un dernier lavage qui précède le pansement. 
Presque toujours le lavage de la cavité utérine est pré- 
cédé de l'écouviilonnage avec les écouvillons de Dolé- 
ris. Certains chirurgiens et gynécologues emploient, 
pour le curettage, l'irrigation continue. Nous n'y 
voyons aucun avantage, et c'est une complication opé- 
ratoire déplus quand on manque d'aides. Par contre, 
nous nous en servons toujours quand le curettage pré- 
cède l'amputation du col d'après Schrœder ou d'après 
Simon. 

Hystérectomie vaginale. — Quelle que soit la 
lésion pour laquelle Thystérectomie vaginale est pra- 
tiquée, il faudra, pendant toule l'opération, user de 
l'antisepsie, à cause de la désinfection difûcile de la 
cavité utérine; à plus forte raison, s'il s'agit de tumeurs 
ulcérées, sphacélées, etc., etc. 

On pratiquera, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, 
l'antisepsie préventive de la vulve, du vagin et de 
l'utérus aussi rigoureusement que possible. La malade 
aura été purgée la veille de l'opération pour bien vider 
l'intestin ; le matin même, elle prendra un grand lave- 
ment naphtolé (30 centigr. de naphtol S pour 1 litre 
d'eau), qu'il faudra avoir soin de lui faire rendre, à 
moins de risquer, à un moment donné, l'inondation du 
champ opératoire en pleine opération. Pour éviter cet 



252 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

accident bien désagréable, il faudra recommander d'in- 
troduire, si le lavement n'a pas été suffisamment rendu, 
une longue sonde molle en caoutchouc quelque temps 
avant Tinlervention. D'autres préfèrent ne pas admi- 
nistrer de lavement et constipent la malade dès la veille 
en lui faisant prendre, le soir môme de sa purgalion, 
une pilule d'extrait thébaïque. Nous avons toujours 
employé la première manière de faire, et nous nous en 
sommes généralement bien trouvés. Pour toutes nos 
malades qui ont à subir une intervention gynécologi- 
que, les jambes, jusqu'au-dessus des genoux, sont en- 
tourées d'ouate, puis d'une bande de tarlatane mouillée, 
trempée dans une solution de sublimé étendue. Les 
mains des aides qui tiennent les jambes sont ainsi à 
l'abri de toute grave contamination. Ces précautions 
prises, la malade endormie est placée sur une des nom- 
breuses tables gynécologiques, dont la meilleure est 
encore une tablette solide et fixe, munie de deux porte- 
jambes, si le nombre des aides n'est pas suffisant. Une 
toile caoutchoutée, recouverte de compresses antisep- 
tiques disposées sous le siège de la malade en position 
vulvaire ou dorso-sacrée, quand deux aides peuvent 
lui maintenir les cuisses renversées sur le ventre, 
amène, dans un seau placé entre les jambes de l'opé- 
rateur, les liquides des lavages, des irrigations, le 
sang, etc. Après avoir lavé une dernière fois la vulve 
et le périnée, débarrassés de leurs poils, au savon, puis 
à l'alcool pur, puis au sublimé à 1/1000, retiré le 
tampon antiseptique et fait un lavage vaginal, l'opéra- 
teur commence l'opération. 

Section circulaire du vagin sur le col attiré à la 
vulve. Le sang qui s'écoule ne doit pas nous arrêter; 
passer outre, décoller en avant et en arrière la vessie 
et le cul-de-sac de Douglas qui est rapidement ouvert ; 
ouverture du cul-de-sac antérieur; pendant tout ce 
temps, des tampons ou de petites éponges montées sur 
des pinces spéciales, faciles à distinguer des pinces et 



IlYSTÉRECTOMIE VAGINALE. 953 

des clamps à furcipressure, étanchent Je sang. On peut 
aussi, pendant ces premiers temps, faire l'irrigation 
continue du champ opératoire qui supprime toute 
<§ponge et tout tampon. Dès que le cul-de-sac postérieur 
€st ouvert, on y place une éponge montée. 

Les ligaments Ja'rges, accrociiés avec le doigt, sont 
pris dans des pinces de Péan-Richelot, puis sectionnés 
tout contre l'utérus qui est amené au dehors. 

Si pendant l'opération, soit qu'on ait été obligé de 
faire le morcellement, comme le pratique très souvent 
notre collègue et ami Segond, soit qu'on ait sectionné 
Tutérus sur la hgne médiane pour enlever séparément 
les deux moitiés, des matières septiques ont coulé dans 
le vagin, il sera bon de faire de temps en temps une 
irrigation vaginale avec du sublimé à 1/4000, après 
avoir préalablement aseptisé la cavité utérine par des 
attouchements au chlorure de zinc au 1/10. 

Généralement, surtout quand il s'agit de cancers ul- 
cérés du col, même curettes et nettoyés préventivement, 
nous ne retournons pas l'utérus, de façon à ne pas ris- 
quer la contamination du péritoine par les sécrétions 
fournies par le néoplasme. 

Une fois l'utérus enlevé, les ligaments larges pinces, 
on nettoiera avec des éponges montées le cul-de-sac de 
Douglas, ou plutôt ce qui en reste contre le rectum, et 
on s'assurera qu'aucun vaisseau ne donne plus. 11 vaut 
mieux s'abstenir de tout lavage antiseptique, et procé- 
der immédiatement au pansement qui constitue en 
même temps un drainage du petit bassin. Des mèches 
de gaze iodoformée, longues et munies de ûl de soie, 
sont portées jusqu'au-dessus des clamps et tassées 
contre eux ; on protège les parois vaginales contre l'ac- 
tion des pinces qui doivent rester quarante-huit heures 
en moyenne, en les isolant à l'aide de lanières de gaze 
antiseptique en haut, en bas, à droite et à gauche. 
Pour empêcher le pansement d'être souillé par l'urine, 
nous mettons immédiatement une sonde à demeure 
ScHWARTz, Asepsie et ADtisepsie. 13 



-254 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

bien aseptique, une sonde de de Pezzer, qui est main- 
tenue par une ligature peu serrée à l'anneau d'une 
des pinces et sera débouchée quand il le faudra. Cette 
sonde est enlevée avec elles. 

Colpopérinéorraphie. — La femme étant préparée 
comme il a été dit, purgée la veille, le rectum débar- 
rassé par un lavement naphtolé administré et rendu 
le malin même, est placée en position dorso-sacrée, 
pieds et jambes maintenus par deux aides ou sur une des 
nombreuses tables gynécologiques connues ; la meil- 
leure est celle que nous avons déjà décrite. Chacun, s'il 
n'a pas le matériel d'un hôpital ou d'une clinique, 
peut en improviser une en prenant une bonne table 
un peu allongée, solide sur ses pieds; on y jette un 
matelas recouvert d'une toile cirée, puis d'un drap qui 
est ramené dans un seau de toilette placé devant. Les 
aides peuvent être supprimés, si la table opératoire est 
munie de gouttières jambières, de béquilles que l'on 
puisse lui adopter. Il faut un aide derrière le chirur- 
gien pour écarler, tenir un instrument, un autre à, sa 
droite pour maintenir une valve et la canule d'un la- 
veur destiné à irriguer le champ opératoire ; ces cas 
d'autoplasties du vagin, de la vulve, du périnée, se 
prêtent admirablement à l'irrigation, que nous ne 
saurions trop recommander quand rien ne la contre- 
indique. L'avivement de la vulve et du vagin, celui du 
périnée se font avec une grande netteté, le jet lancé mo- 
dérément par l'aide enlevant à chaque petit vaisseau 
ouvert le sang qui s'en écoule. Quand il est terminé, 
l'hémostase sera rendue définitive par la compression, 
à l'aide d'un tampon antiseptique; cela suftit très sou- 
vent, d'autant que les sutures profondes continuent son 
action; s'il le faut, on tordra ou on placera quelques 
ligatures en fine soie ou en fin catgut. Viendront ensuite 
les sulures, sur la technique desquelles je n'insiste pas ; 
j'emploie les sutures à points séparés au catgut pour 
tout ce qui e?t dans le vagin et difficilement accessible, 



OPÉRATIONS SUR DES TISSUS INFECTÉS. 255 

une fois la vulve et le périnée refaits, au crin de Flo- 
rence pour les parties superQcielles. Le crin de Flo- 
rence doit être de fort numéro; car il doit embrasser 
une épaisseur de tissus considérable et la suture doit 
être sufûsamment serrée. Le chirurgien doit veiller à ce 
(ju'aucunfîl ne passe dans le rectum, en y faisant intro- 
duire le doigt d'un aide ou en y mettant le sien qui 
sera désinfecté aussitôt après. Quatre à cinq fils pro- 
fonds suffisent généralement et les trois à quatre super- 
ficiels sont placés entre les profonds. 11 faut veiller à 
ce que le périnée soit bien fermé au niveau de la 
région anale pour qu'aucune infection venant de ce 
côté ne puisse se produire au moment de la première 
selle. Un dernier lavage vaginal avec de la liqueur de 
Van Swieten dédoublée, dont l'excès est enlevé avec 
un petit tampon monté sur une pince, et un dernier 
attouchement de la ligne des sutures périnéales h la 
solution phéniquée forte terminent l'opération. 



Des opérations que l'on pratique sur des tissus infectés. 

Le but que doit se proposer le chirurgien, dans la 
conduite d'une opération pratiquée sur une région 
infectée, est d'obtenir une désinfection suffisante 
des tissus sur lesquels il agit, et telle que la plaie opé- 
ratoire qui résulte de cette intervention puisse être 
considérée comme débarrassée de tout agent infectieux 
et qu'il ne puisse se produire pendant son exécution 
aucune inoculation nouvelle. 

On peut arriver à ce résultat de deux façons : 
Quand la lésion est relativement limitée ou enkystée, 
on peut l'enlever, tout comme on enlèverait un corps 
étranger ou une tumeur, à condition qu'on soit assuré 
pendant cette ablation de l'impossibilité de .la conta- 
mination de la plaie opératoire. Tel est le cas qui se 
présente quand il s'agit d'enlever une gomme tu- 



-256 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

bercLileuse, un ganglion suppuré à son centre, sans 
qu'il y ait de lésions apparentes du tissu cellulaire 
■environnant, un abcès tubéreux de l'aisselle, un trajet 
fistuleux borgne. L'exérèse faite au milieude lissussains, 
sans qu'il y ait eu contamination, l'opérateur pourra 
rechercher la ré union par première intention en faisant 
de l'asepsie tout comme nous l'avons précédemment 
indiqué. Mais par des manœuvres spéciales prélimi- 
naires, il devra détruire, à la surface du trajet fistu- 
leux par exemple, les agents pathogènes susceptibles 
d'inoculer la plaie. 

Quand la lésion n'est pas limitée, dès (^ue l'on n'est 
pas certain de dépasser largement les limites du 
mal, ou encore si l'on doit pour diverses raisons être 
économe des tissus à emporter, il faudra tout d'abord 
procéder à une désinfection rigoureuse des parties 
infectées, pour empêcher toute auto-inoculation, et ne 
procéder ensuite qu'à l'ablation; c'est dire que dans 
ces conditions c'est l'antisepsie qui entrera en ligne 
de compte, l'asepsie serait insuffisante. 

Nous étudierons successivement deux types d'opé- 
rations à pratiquer dans les conditions que nous venons 
d'énoncer : 

Extirpation de ganglions suppures, sans fis- 
tules. — C'est le cas qui se présente souvent au cou, 
à l'aisselle, à l'aine. Nous laisserons de côté, pour y 
avoir suffisamment insisté en temps et lieu, tous les 
préparatifs et les précautions préopératoires, et ne dé- 
crirons que l'opération en elle-même qui se fera 
comme l'ablation d'une tumeur, si pendant l'interven- 
tion aucun des ganglions atteints par la suppuration 
n'est ouvert ou ne se crève dans le champ opératoire. 
On se conduira donc comme nous l'avons indiqué plus 
haut dans cette éventualité. 

Si pendant l'opération du pus se répand sur les 
tissus mis à vif, immédiatement le chirurgien changera 
sa manière de faire, et au lieu d'une opération aseptique, 



OPÉRA.TIONS SUR DES TISSUS INFECTÉS. 257 

il fera une opération antiseptique, comme il l'eût faite dès 
le début s'il s'élait agi soit de ganglions suppures avec 
(istules multiples, soit encore d'une tumeur ulcérée. 

Dans ce cas, les instruments seront placés dans une 
solution antiseptique, les tampons et compresses se- 
ront exprimés dans une solution de même nature; 
toute la partie infectée une fois enlevée, le chirurgien 
se demandera, selon la quantité de téguments sains 
qui lui restera, s'il faut ou non rechercher la réunion 
totale, la réunion partielle, ou laisser la plaie large- 
ment ouverte. 

Avant de procéder à telle ou telle de ces manœuvres, la 
plaie sera soigneusement désinfectée à l'aide d'anti- 
septiques forts, tels qu'eau phéniquée au 1/20, su- 
blimé au 1/1000, ou mieux encore chlorure de zinc 
au 1/12 ou au 1/20; nous proscrivons absolument les 
lavages, les irrigations proprement dites qui peuvent 
être dangereuses par suite de la résorption d'une cer- 
taine quantité d'antiseptique toxique, et qui sont pres- 
que toujours nuisibles, parce que la plaie ainsi traitée 
donne toujours un écoulement séreux très abondant. 
Il vaut mieux, à l'aide de tampons peu imbibés, toucher 
et essuyer les différentes parties, pénétrer dans les 
anfractuosités avec un bourdonne t d'ouate entourant une 
pince hémostatique ; de la sorte on réalise, en s'y re- 
prenant à plusieurs fois, une antisepsie relativement 
parfaite de la surface cruentée. 

La question de l'hémostase artérielle et veineuse se 
pose ici comme pour les opérations aseptiques. Il me 
semble que lorsque la réunion est possible, peu aléa- 
toire, on peut employer, suivant ses préférences, la 
soie ou le catgut; quand la réunion est peu probable 
ou impossible, il vaut mieux employer le catgut qui se 
résorbe lors([u'on a tenté la réunion ; les fils de soie 
constitueraient en effet autant de corps étrangers, qui 
infectés entretiendront la suppuration jusqu'à complète 
élimination; si la réunion n'a pas été tentée, que la 



258 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

plaie reste largement ouverte, la soie comme le catgut 
pourront être employés pour la ligature. 

Toutes les fois que Ton a opéré pour une lésion infec- 
tée, le drainage dans la pratique ordinaire est pour 
ainsi dire de rigueur. Nous admettons volontiers qu'un 
chirurgien très bien outillé et secondé puisse même 
dans ces cas rechercher et obtenir la réunion immédiate 
sans drainage; il n'est pas moins vrai que pratique- 
ment il y a de grandes chances de ne pas l'obtenir; le 
placement d'un drain pendant les premiers jours est 
iiien peu de chose comparativement au danger que 
court l'opéré si cette soupape de sûreté est supprimée. 
Dans tous ces cas nous conseillons donc de drainer 
d'après les règles établies et que nous avons déjà eu 
l'occasion d'énumérer. Si le suintement sanguin post- 
opératoire est considérable, s'il est difficile de l'ar- 
rêter par la compression faite à l'aide du pansement, 
on peut, au lieu du drainage, instituer le tamponne- 
ment temporaire à l'aide d'une gaze antiseptique qui 
sera retirée quarante-huit heures au plus tard après 
l'opération, as^ec le bénéfice d'une réunion par pre- 
mière intention, si aucune élévation de température 
n'a troublé l'état général, si rien ne s'est montré loca- 
lement. 

C'est ici le lieu de décrire cette réunion primo-secon- 
daire des plaies accidentelles ou opératoires, car si 
elle a été appliquée aux opérations aseptiques aussi 
bien qu'à celles qui sont pratiquées sur des tissus 
infectés, il me semble que c'est dans ces dernières 
conditions qu'elle peut trouver ses indications. 

Yoici en quoi consiste cette manière de faire, exposée 
dès 1882 par Kocher (de Berne) et sur laquelle Roh- 
mer (1) a adressé un mémoire à la Société de chirurgie. 
L'opération terminée sous le couvert des précautions 

(1) Rohmer, De la réunion primo-secondaire des plaies. Bulletin 
delà Soc. chirurgie, p. 469, t. XIV, 1888. 



OPÉRATIONS SUR DES TISSUS INFECTÉS. 259 

antiseptiques ordinaires, l'on saupoudre les lèvres de 
la plaie avec une très légère couche de poudre fine 
d'iodoforme, et dans le fond de la plaie l'on place une 
éponge aseptique destinée à absorber le sang et d'autre 
part à exercer une certaine pression sur les surfaces afin 
d'arrêter Thémorrhagie. L'on passealorslesûls à suture, 
et l'on place tout autour de la plaie de grosses éponges 
sur lesquelles on exerce à l'aide de coton et de bandes 
un exacte compression ; de la sorte l'hémostase est 
parfaite. Au bout de douze, plus souvent de vingt- 
quatre heures^ on enlève le pansement, on supprime 
l'éponge qu'on avait placée dans la plaie et on réunit 
les lèvres de cette dernière en serrant les sutures. 
L'ablation de Féponge s'incrustant en quelque sorte 
dans les surfaces traumatiques, donne lieu souvent 
à un certain saignement; on y a obvié en interposant 
entre elle et la plaie une couche de silk aseptique qui 
prévient toute adhérence fâcheuse. 

Il nous est arrivé plusieurs fois de nous servir de la 
réunion primo-secondaire, mais en laissant de côté 
toute éponge et en tamponnant avec de la gaze iodo- 
formée; le tamponnement, les sutures étant placées, est 
enlevé quarante-huit heures après, et l'on réunit alors 
ou bien l'on place un drain, si les conditions d'infection 
et de siège sont telles que cela paraisse nécessaire. ' 

C'est surtout dans les cas d'ablation de masses gan- 
glionnaires suppurées de l'aine, du cou, de l'aisselle, 
lorsque l'hémorrhagie en nappe est assez abondante 
et ne peut être que difficilement arrêtée par la forci- 
pressure et les ligatures, et lorsqu'il y a eu pendant 
l'opération une souillure du champ opératoire par 
suite de la rupture d'un ganglion, que ce procédé nous 
a donné de bons résultats et nous paraît mériter toute 
attention. Mais à notre avis il ne doit pas être géné- 
ralisé, pas plus que le tamponnement aseptique d'après 
Neuber. Il a le grand inconvénient d'exposer la plaie 
aux contaminations de deux manipulations, de provo- 



260 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

qiier (\e la douleur, soit quand on enlève le tampon, 
soit quand on serre les sutures. Il n'a en général aucun 
avantage sur le drainage tel que nous sommes rdjligés 
de le pratiquer d'ordinaire dans les cas analogues, si 
ce n'est celui d'être hémostatique. 

Incision antiseptique des abcès chauds. — 
Nous su|>po?ons fju'il ne s'agit plus diine lésion tout à 
fait localisée et susceptible d'une ablation en totalité; 
mais la peau est intacte, non encore érodée et ulcérée 
par le pus. 

Toutes les précautions étant prises comme pour l'o- 
pération précédente, l'on procédera k l'incision de la 
poche purulente et cela dans une étendue suffisante 
pour y introduire l'index et explorer la cavité patholo- 
gique. Il arrive en effet assez souvent que l'abcès est 
cloisonné incomplètement et il y a tout avantage à 
réunir en une seule cavité les diverticules que forme la 
poche. Ce résultat sera obtenu en égalisant avec le 
doigt et cela sans brutalité toute la surface interne 
abcédée. Quand le doigt est relire, il s'écoule par 
l'incision dans un vase ad hoc un mélange de pus et 
de sang dont on facilite l'issue en pressant sur les 
parois de façon à exprimer le plus de liquide possible; 
quand tout est évacué, il faut agir d'une façon éner- 
gique sur la paroi de l'abcès, sur la membrane bour- 
geonnante qui contient en rpianlitédes microbes pyogè- 
nes. Il est inutile et même dangereux d'employer la 
curette qui pourrait donner lieu à des auto-inoculations. 
Notre manière de faire consiste à injecter dans la ca- 
vité abcédée une solution phéniquée à 50 p. 1000 qui 
la distend, l'imprègne, puis trouve une issue facile au 
dehors. A cette dernière condition, l'on peut faire 
passer dans le foyer purulent plusieurs seringues- 
pleines de liipiide; mais encore une fois, pour peu que 
l'abcès soit un peu étendu, il ne faut pas qu'il y sé- 
journe. Les solutions antiseptiques dont on se servira 
pour laver ou déterger seront, dans les cas oii il aura 



OPÉRATIONS SUR DES TISSUS INFECTÉS. 26t 

été possible de poser un diagnostic bactériologique, 
conformes à ce que nous connaissons de l'action mi- 
crobicide spéciale des antiseptiques. 

C'est ainsi que nous préférerons de toutes façons les 
solutions de sul3limé à 1 ou 0,50 p. dOOO dans les cas 
où il s'agira de suppurations streptococciques, le su- 
blimé a3'ant sur les streptocoques une action d'é- 
leclion. 

Quand le lavage de la cavité purulente paraîtra sa- 
tisfaisant, l'on introduira un drain debout, l'on sutu- 
rera ce qui reste de l'incision après avoir fait au niveau 
Hes téguments contaminés une antisepsie bien rigou- 
reuse, aprèss'étre servi pours'y tremper fréquemmentles 
doigtscontaminés de solutions antiseptiques fortes telles 
(jue la liqueur de Van Swieten ; il sera mieux encore 
iie faire une désinfection complète des mains avant 
Tapplicalion du pansement délinilif, qui devra être 
antiseptique en même temps que comprcssif et sera 
sec aussi souvent que possible. 

(Juand l'abcès a produit de larges décollements, que 
sa cavité est très anfractueuse, qu'il siégera dans une 
région (région périnéale) où raclion des solutions an- 
tiseptiques toxiques peut présenter des dangers, il fau- 
dra ne se servir que d'antiseptiques faibles pour le la- 
vage et compléter celui-ci par un nettoyage complet à 
l'aide de tampons fixés sur une pince et imbibés d'une 
solution forte, telle que la solution phéniquée au J/oO 
ou encore celle de chlorure de zinc à 8 p. 100. Si un 
drain ne paraît pas sufûre, on en établira, par de pe- 
tites incisions, autant qu'il en faudra dans les points 
déclives et éloignés de l'incision principale. 

M. le D'' Piéchaud (Ij a préconisé au Congrès de chi- 
rurgie un procédé qui paraît lui avoir donné de bons 
résultats et qui consiste non plus dans l'incision anti- 

(i) Piôcliaud, Du traitement des abcès chauds sans incision. 
Congrès français de chirurrjii;^ p. 252, 1891. 



262 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

septique, mais dans la ponction antiseptique suivie de 
lavage. 

Voici les recommandations faites par Piéchàud. Tro- 
carts, seringues h injection seront au préalable stérili- 
sés à l'eau bouillante ou à l'étuve, ou par le contact 
prolongé d'une solution phéniquée forte. Toilette du 
champ opératoire et des mains de l'opérateur. 

1" temps. — Ponction dans une partie saine encore 
des téguments à l'aide d'un trocart d'assez gros cali- 
bre pour éviter les obstructions par des grumeaux, 
des fragments de tissus ; on ne ponctionnera pas au 
niveau d'une partie déjà amincie et rouge, parce que 
le trocart une fois retiré, le point d'introduction ne 
tarderait pas à s'ouvrir et à s'ulcérer. Evacuation par 
des pressions douces de tout le contenu de l'abcès. 

2^ temps. — Lavage de la poche à l'eau boriquée 
au 1/50 jusqu'à ce que le liquide ressorte clair; ce la- 
vage a pour but, non pas d'aseptiser le foyer, mais 
seulement de le déterger et d'enlever les dernières 
gouttes de pus ouïes débris purulents. 

3^ temps. — Lavage au sublimé à 1 ou à 0,50 p. 1000. 
On répète l'injection à deux ou trois reprises en ayant 
soin chaque fois de malaxer légèrement le liquide de 
manière à le faire pénétrer partout. Les solutions se- 
ront chaudes. 

4^ temps. — Après le retrait du trocart, fermeture 
hermétique de la piqûre à l'ouate collodionnée, puis 
pansement compressif. 

Quelles sont, en général, les suites de cette interven- 
tion chirurgicale? L'effet immédiat de l'injection anti- 
septique est quelquefois de ramener un léger épanche- 
ment dans le foyer; mais il se résorbe comme celui 
qui suit les injections irritantes dans la vaginale. Les 
parties qui ont été le siège du phlegmon restent in- 
durées pendant une huitaine de jours, puis la résolu- 
tion se produit. 

Nous avons indiqué le procédé prôné par Piéchàud, 



OPÉRATIONS SUR DES TISSUS SUPPURANTS. 26:] 

non pas que nous le préconisions, en général, comme 
son auteur, mais parce qu'il nous semble qu'on devra 
en tirer profit dans les cas où il y a lieu d'éviter des 
cicatrices sur les parties découvertes (cou, face). 

Il ne me paraît applicable, à condition qu'il soit 
réellement efficace, comme l'indiquent les observa- 
tions annexées au mémoire de Piéchaud, que dans les 
cas d'abcès superficiels, dans des régions indifférentes, 
non dangereuses. Toutes les fois que le chirurgien de- 
vra traverser par contre des zones dangereuses, le 
trocart est incertain et risque de faire beaucoup plus 
mal qu'une incision chirurgicale permettant de péné- 
trer couche par couche jusque dans le foyer. 



Opérations sur des tissus suppurants ou ulcérés 
(peau malade ou détruite). 

Nous prendrons comme type de ces opérations une 
opération sur un foyer de nécrose osseuse avec fis- 
tules multiples faisant communiquer la cavité où est le 
séquestre avec l'extérieur. 

Les précautions préliminaires consisteront comme 
toujours à nettoyer aussi parfaitement que possible les 
téguments périphériques. 

Réunion des différentes fistules par une incision 
unique, qui mettra à découvert la paroi de l'os ; dé- 
sinfection de la plaie pour éviter autant que possible 
les auto-inoculations, à l'aide de tampons trempés dans 
du chlorure de zinc au 1/20 ou dans la liqueur de 
VanSwieten. Ouverture à la gouge et au maillet de la 
cavité osseuse; extraction du séquestre; puis net- 
toyage de la cavité avec une solution de chlorure 
de zinc au i/i2ou au 1/20. Gela fait, tamponnement an- 
tiseptique à la gaze iodoformée et méthodique de fa- 
çon à pouvoir retirer successivement et facilement les 
mèches qui auront été attachées à l'aide de bons fils de 



264 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

soie. Excision et grattage des parties fongueuses qui se 
trouvent le long des trajets fistuleux et de leurs ori- 
fices, et encore une fois désinfection à l'aide d'un des 
antiseptiques forts que nous avons déjà signalés. Puis 
on applique le pansement, sans réunion, bien entendu^ 
si ce n'est aux deux extrémités de la plaie^ lorsque 
son étendue dépasse la longueur d'os mise à découvert 
par la gouge et le maillet. 

C'est dans ces cas d'exérèse sur des tissus suppu- 
rants et infectés aptes aux auto-inoculations, que le 
couteau thermique peut et doit être employé, quand 
il s'agit de régions à inoculation facile et dangereuse 
telles que celles qui sont riches en veines (région ano- 
rectale, par exemple). 

L'incision et l'excision au thermocautère des fistules 
avec clapiers et décollements de cette région si pro- 
pice aux infections secondaires, est pour ainsi dire clas- 
sique et nous donne constamment d'excellents ré- 
sultats. 

L'action aseptique en même temps qu'hémostatique 
du cautère nous est donc d'un grand secours toutes les 
fois qu'il s'agit d'exérèse ou de diérèse en tissus infec- 
tés. Toutefois, il est bon de savoir qu'elle n'est que peu 
profonde, au point de vue de la destruction des tissus, 
si bien que l'on a pu tenter et réussir la réunion immé- 
diate dans des cas oi^i les sections avaient été faites au 
couteau thermique. Nicaise, puis Reclus ont insisté sur 
ces faits à plusieurs reprises. 

Tout récemment, dans un mémoire bien original, le 
D^ Félizet (1) nous a montré combien le -thermocau- 
tère était peu efficace comme pouvoir rayonnant et, 
par conséquent, destructeur des microbes, et c'est pour 
arriver à un résultat plus énergique qu'il a imaginé le 
flambage des plaies suspectes ou infectées. Ce flam- 

(1) Fôlizet, Du flambage des plaies. BuUet. et Mém de la Soc. de 
chirurgie, p. 4G0, t. XVIIF, 1892. 



OPÉRATIONS SUR DES TISSUS SUPPURANTS. 265 

bage, qui se fait avec un chalumeau à gaz ou à essence, 
développe au niveau de la surface flambée une tempé- 
rature de 1600'', qui rapidement appliquée partout où 
il n'y a pas de téguments, doit avoir une action très 
intense comme destruction sur tout ce qui est microbe 
tout en ne détruisant pas les tissus plus profondé- 
ment. L'eschare très mince est aseptique et la réunion 
par première intention est obtenue après le flambage 
des plaies tout comme par une section au thermocau- 
tère. La technique du flambage des plaies est un peu 
difficile et demande une certaine expérience pour ame- 
ner un bon résultat; néanmoins, c'est une pratique 
très rationnelle et qui paraît avoir donné des succès 
incontestables à son auteur. 

Il semble paradoxal au premier abord et l'on s'éton- 
nerait à bon droit qu'une flamme de 1600° n'opère pas 
la carbonisation que produisent les 1400° du thermo- 
cautère de Paquelin porté au blanc. L'explication pa- 
raît résider dans la très faible chaleur spécifique du 
gaz employé, qui est un mélange au tiers de vapeur 
d'essence minérale et d'air atmosphérique. D'après le- 
D"^ Félizet, cette flamme déshydrate rapidement les cel- 
lules organiques et supprime en les desséchant, la vie 
des germes qui les entourent ou qui les habitent. 

Yoici la technique : « Le point important est de pro- 
téger les lèvres de la plaie cutanée dont le flambage 
empêcherait fatalement l'accolement et la réunion. A 
cet eff'et, elles sont recouvertes par plusieurs épais- 
seurs de gaze imbibée de solution antiseptique. L'ou- 
verture est largement écartée pour découvrir le plus 
possible et rapprocher le fond du foyer. 

Qu'il s'agisse d'une résection, d'un gros abcès où 
d'un trajet fistuleux élargi et gratté, la flamme du cha- 
lumeau portée au bleu, avec jet de feu central, est di- 
rigée sur le fond et promenée vivement sur les tissus à 
ia façon d'un pinceau à lavis . Elle doit être pro- 
menée de façon à ne pas rester plus de deux secondes 



266 ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

appliquée sur le même point, sous peine de faire des 
dégâts profonds. 

Sous Taction de cette flamme, les tissus se compor- 
tent de la façon suivante : 

Le tissu adipeux grésille, la graisse coule et le lacis 
fibro-cellulaire apparaît sec et comme flétri. 

Le tissu cellulaire devient grisâtre. 

Le tissu musculaire pâlit et se raccornit. 

Les parties flbreuses se rétractent et durcissent. 

Le tissu épiphysaire osseux pâlit et ne laisse voir au 
bout de quelques secondes que la trame durcie et dessé- 
chée de ses aréoles. 

Le cartilage se rétracte et se durcit. 

Le sang se coagule et présente une teinte marron. 

En somme, après le flambage que nous venons de 
décrire textuellement, toutes les surfaces touchées sont 
flétries, séchées et d'un très vilain aspect. A la suite 
de cette manœuvre qui ne dure pas plus de quarante 
secondes pour une résection du genou, par exemple, 
la réaction est remarquablement nulle. Pas de douleur 
extraordinaire, pas de perte de sang. 

Localement c'est un foyer sec et définitivement sec 
que recouvriront les bords de l'incision cutanée, et 
c'est dans ce milieu fermé à la vie et à l'évolution 
des germes que la guérison s'opérera le plus souvent. » 

L'usage des températures élevées en chirurgie date 
de longtemps, et il est à peine besoin d'insister sur les 
excellents résultats qu'on en a retirés dans le traitement 
des affections chirurgicales septiques et infectieuses, 
telles que l'anthrax, les lymphangites, les phlegmons 
diffus, les gangrènes septiques. 

Élevé à l'école de notre maître Léon Labbé, nous 
avons vu le fer rouge faire des merveilles alors que 
l'antisepsie n'était pas encore connue et répandue 
parmi nous. Nous nous rappellerons toujours un phleg- 
mon diffus du sein chez une femme absolument épuisée 
par la fièvre et la septicémie, dans lequel notre maître, 



OPÉRATIONS SUR DES TISSUS SUPPURANTS. 267 

alors que nous avions l'honneur d'être son interne 
en 1875, éteignit au moins une douzaine de fers cul- 
tellaires, jusqu'à ce que toute la région fût carbonisée 
et à l'état d'eschare sèche. Dès le lendemain la fièvre 
diminuait, les phénomènes iufectieux s'arrêtaient et la 
malade guérissait après éhmination des parties cauté- 
risées et détruites. Nous sommes pour notre compte 
resté fidèle à la méthode, même aujourd'hui que nous 
sommes mieux armés contre les infections septiques,et 
nous employons encore largement le fer cultellaire 
rougi pour débrider les phlegmons diffus des membres, 
les anthrax diffus, en ayant soin de veiller à la répa- 
ration et d'éviter les cicatrices difformes et vicieuses 
qui résulteraient nécessairement de ce traitement 
aveuglément appliqué. 



TROISIÈME PARTIE 

DES PANSEMENTS 



Les pansements ont absolument changé depuis l'évo- 
lution de l'antisepsie et de l'asepsie. Nous avons eu 
l'occasion, en étudiant rapidement les différents anti- 
septiques et le mode de stérilisation des objets de 
pansement, d'énumérer en grande partie le matériel 
qui nous sert actuellement; nous avons en tout cas 
indiqué ce qu'il nous faut usuellement dans la pra- 
tique chirurgicale; nous ne nous occuperons par con- 
séquent ici que de la technique même des pansements 
en ce qui touche à l'asepsie et à l'antisepsie. 

Nous opérons et pansons trois catégories de blessés 
ou opérés : chez les uns, opérant sur des tissus pour 
ainsi dire absolument normaux, nous cherchons la 
réunion par première intention et nous comptons sur 
elle; toute la préparation de l'opéré, l'opération et le 
pansement sont faits en vue de l'obtenir. 

Dans une deuxième catégorie se placent les blessés 
ou opérés chez lesquels nous recherchons la réunion^ 
mais avec une arrière-pensée ; il a pu se faire soit pen- 
dant l'opération, soit avant ou après elle, que des 
conditions spéciales nous portent à penser que la 
réunion peut échouer. Ces cas sont pour ainsi dire in- 
termédiaires à ceux qui précèdent et à ceux que nous 
allons indiquer maintenant. 

Dans ces derniers, il s'ogit bel et bien d'une plaie- 



DES PANSEMENTS CHEZ LES OPÉRÉS ASEPTIQUES. 26^ 

accidentelle ou opératoire infectée, de la désinfection 
de laquelle nous ne sommes nullement certains et que 
nous allons traiter comme étant d'emblée infectée. 

Nous avons donc à faire des pansements pour : 

1° Des opérés aseptiques ou non infectés; 

2° Des opérés ou blessés suspects; 

3° Des opérés et blessés infectés. 



DES PANSEMENTS CHEZ LES OPÉRÉS 
ASEPTIQUES 

Le type du pansement dans ces conditions est le 
pansement sec aseptique ou antiseptique. 

Que nous sommes loin actuellement de celui que 
préconisait Lister, qui voulait avant tout réaliser une 
antisepsie énergique au niveau de la ligne de réunion 
de la plaie opératoire! 

Il consistait à appliquer directement sur les sutures 
une bande protectrice destinée à empêcher l'irritation 
par l'acide phénique contenu dans les pièces de panse- 
ment; par-dessus se plaçaient des couches superposées 
de gaze antiseptique phéniquée spécialement préparée,. 
en ayant soin d'interposer entre les deux derniers feuil- 
lets un morceau de makintosh destiné, lui, à protéger 
la plaie contre l'action de l'air. Le tout était maintenu 
autour de la partie opérée à l'aide de bandes et, s'il le 
fallait, par une compression à l'aide d'ouate à laquelle 
les tours de bande étaient superposés. 

Quelle révolution opéra ce pansement, pas n'est be- 
soin d'y insister. Chacun de nous l'a appliqué dans 
toute sa rigueur et chacun aussi en a obtenu les résul- 
tats si remarquables annoncés par son auteur. 

Toutefois l'on ne fut pas longtemps sans s'apercevoir 
des inconvénients que suscitait son emploi. Le panse- 
ment rendu forcément humide parles sécrétions de la 
plaie, le drainage faisant partie inhérente du traite- 



270 DES PANSEMENTS. 

ment, se laissait traverser plus ou moins à la périphérie 
et pouvait devenir un foyer de culture pour les micro- 
bes du dehors qu'on avait mis tant de peine à éviter ; 
l'action de l'acide phénique sur les téguments donnait 
souvent lieu à des érythèmes, à des éruptions même 
pustuleuses que tous nous avons observées; il fallait 
changer le pansement assez fréquemment, ce ne pou- 
vait être un pansement durable ; enfin il se produisait 
quelquefois, sous Tintluence de toutes ces conditions, 
des infections secondaires avec suppuration consécutive 
et tous les accidents qui en dépendent. 

Peu à peu la manière de faire de Lister, qui marquait 
un si énorme progrès, qui changeait déjà la face de la 
chirurgie du tout au tout, fut modiûée, puis abandonnée 
dans tous ses détails, pour en arriver à celle actuelle- 
ment en usage. Disons à l'honneur de notre éminent 
maître Alphonse Guérin, dont le pansement ouaté res- 
tera toujours une des gloires, que c'est en somme à son 
pansement que nous tendons à revenir, en y ajoutant, 
bien entendu, Tasepsie parfaite de la région opérée et 
ée tout ce qui peut la contaminer avant, pendant et 
après l'opération. 

Comme nous l'avons dit en commençant ce chapitre, 
le fait qui domine actuellement dans le pansement des 
plaies aseptiques réunies, c'est que cela doit être un 
pansement sec. Cette opinion s'est peu à peu dégagée 
des recherches faites par un grand nombre de chirur- 
giens, et en particulier par Neuber, Landerer, etc., etc. 

A la conception du pansement aseptique ou antisep- 
tique sec est intimement unie celle du pansement rare. 
Mais ici intervient la question du drainage étroitement 
liée à celle du pansement rare, et que nous examinerons 
plus loin. 

Dans le pansement sec, il faut que les sécrétions, s'il 
y en a, mises à l'abri des germes de l'air, ne rencon- 
trent au niveau du point où elles sont déposées aucun 
germe pathogène, puissent imbiber le pansement, se 



DU PANSEMENT ASEPTIQUE SEC. 271 

sécher et devenir ainsi inaptes à une culture quel- 
conque. 

Pour que le pansement soit sec, il doit remplir deux 
conditions : 1'^ être constitué au contact de la plaie 
par des substances absorbantes; 2" se laisser ûltrer par 
l'air afin que l'évaporation puisse se produire et les 
parties imbibées se sécher. Il en résulte qu'il faut sup- 
primer toute espèce d'imperméable entourant les pièces 
de pansement et pouvant s'opposer à l'assèchement 
des sécrétions (sérosité, sang, etc.). 

Selon que l'on aura une confiance plus ou moins 
grande dans l'asepsie préopératoire, opératoire et dans 
celle des pansements mis à la dispositiondu chirurgien, 
on pourra faire soit le pansement aseptique, soit le 
pansement antiseptique. 

Du pansement aseptique sec. 

Voici quelle est la technique du pansement aseptique 
que nous employons actuellement dans notre service 
toutes les fois que la plaie opératoire aseptique a pu 
être réunie sans drainage, toutes les fois par consé- 
quent que rien avant ou pendant l'opération ne nous 
a fait penser à une infection possible du foyer opéra- 
toire, que la compression peut annuler les espaces 
morts et s'opposer sûrement à un suintement sanguin 
par trop considérable : 

La réunion faite, nous avons soin d'exprimer autant 
que possible par un des angles de la plaie les liquides 
qui peuvent encore y être retenus, et nous établissons 
immédiatement, à l'aide de tampons aseptiques, une 
compression qui empêche la réaccumulation de se pro- 
duire. 

La ouate hydrophile ou de la gaze stérilisée à l'au- 
toclave sous pression est disposée sous forme de tam- 
pons et remplace ceux que maintient le chirurgien ou 
son aide; par-dessus l'on place quelques feuilles de la 



272 DES PANSEMENTS. 

même ouate; le tout est recouvert d'une bonne couche 
d'ouate ordinaire dépassant largement les limites 
du champ opératoire et maintenue par des tours de 
bande de gaze mouillée. 11 faut avoir soin d'établir une 
compression douce mais suffisante, et fermer de toutes 
parts le pansement de façon que, dans les mouve- 
ments de l'opéré, il ne puisse se faire aucun jour entre 
les téguments et lui. 

Le thermomètre est notre guide principal. Si la tem- 
pérature reste normale, le pansement est laissé en 
place pendant huit jours; au bout de ce temps, il est 
ouvert avec toutes les précautions que l'on doit prendre 
si on veut éviter une infection secondaire, si par hasard, 
ce qui est très rare, la plaie n'est pas complètement 
fermée. 

Le chirurgien doit veiller à la propreté chirurgi- 
cale de ses mains; faire enlever les couches superfi- 
cielles et ne toucher que lui seul à celles qui sont en 
contact immédiat avec la ligne de réunion. Générale- 
ment elles sont tachées par une certaine quantité de 
sang, mais absolument sèches. 

La région sera lavée avec le Yan Swieten dédoublé, 
puis recouverte, suivant le cas, soit d'un nouveau pan- 
sement identique au premier, soit simplement d'un 
morceau de gaze ou de ouate aseptique que l'on collo- 
dionnera tout autour et par-dessus de façon à former 
une cuirasse aseptique et résistante. 

Quand on emploie les crins de Florence qui ne sec- 
tionnent pas ou presque pas les tissus, le pansement 
opératoire pourra être laissé en place des semaines, et 
devenir un pansement définitif qu'on n'enlèvera que 
lorsque la consolidation d'un article réséqué, par exem- 
ple, sera parfaite. 

Il ne faut pas en général trop se presser de laisser 
sans pansement aucun une ligne de réunion même bien 
complètement prise tant que celle-ci n'est pas très so- 
lide; l'on risque de voir se produire de la sorte des 



DU PANSEMENT ASEPTIQUE SEC. 273 

désunions et des infections secondaires qui retardent 
d'autant la guérison définitive. 

11 est remarquable de voir combien le pansement 
aseptique change peu l'aspect de la surface sur laquelle 
il est appliqué. La peau n'est ni rougie, ni irritée au ni- 
veau de la ligne de suture, comme elle l'est presque 
constamment quand on emploie un antiseptique ; ja- 
mais il n'y a le moindre érythème, ni la moindre érup- 
tion. 

En somme le pansement aseptique est pour ainsi 
dire l'idéal du pansement, mais il ne doit être employé 
que lorsque toutes les conditions sont telles que l'on 
est sûr d'une asepsie relativement parfaite; hors delà 
on s'exposerait à de graves mécomptes. 

C'est ici le moment d'indiquer quels sont les signes 
qui nous annoncent que quelque chose d'anormal se 
passe du côté du foyer opératoire. Voici ce que nous 
observons en général lorsque tout va bien : 

L'opéré souffre pendant quelques heures après l'in- 
tervention, de cuisson, de brûlures, de tiraillements; 
puis- peu à peu la douleur s'apaise et il ne reste plus 
que de la gêne, à mettre sur le compte du bandage qui 
entoure la plaie ; s'il a vomi après la chloroformisa- 
lion, ces vomissements ne durent guère au delà de 
quelques heures, quoique à ce point de vue il y ait de 
grandes différences suivant les sujets. En tout cas, 
l'état général est bon, et très souvent il nous arrive de 
n'observer le soir même ni les jours suivants aucune 
élévation de température; c'est à peine s'il y a un peu 
d'accélération du pouls en même temps que la région 
■opérée est devenue complètement indolore. Dans ces 
conditions nous sommes certain que tout évolue conve- 
nablement au niveau de la région opérée et nous pou- 
vons laisser le même pansement en place, à moins qu'il 
ne se desserre, qu'il ne soit traversé ou souillé, etc., etc. 

Dans d'autres cas, il arrive que dès le premier soir 
il y a une élévation de température assez considérable, 



274 DES PANSEMENTS. 

le therriKJinèlre placé sous l'aisselle peut marquer de 
38" à 40°; le pouls est rapide el serré. Celle élévation 
du premierjour ne présente généralement aucune gra- 
vité; nous la trouvons presque toujours lorsqu'il y a eu 
un suintement sanguin considérable, el il est très proba- 
ble qu'elle est due à la résorption des produits exsudés : 
ce n'est pas une fièvre seplique dans le vrai sens du 
mot; c'est elle (pie l'on trouve encore chez les blessés 
alleints de fractures avec épancliemenls sanguins con- 
sidérables et sans plaie. D'ailleurs la suite prouve que le 
pronostic doit être bt'nin : la lempôralure reste en elTel 
au-dessus de la normale un, d».'ux, trois jours au maxi- 
mum; puis tout rentre dans l'ordre. Pendant tout ce 
temps, il ne s'est montré localement aucun symptôme 
indi(pianl une réaction fjuciconque du foyer Iraumali- 
(juc; pas de douleur, pas de tension, aucune rougeur; 
aucun retentissement sur les lympalbiques el les gan- 
glions voisins. 

Toute autre comme importance est l'éb'vation de 
tempt'rature qui se produit le deuxième ou le troisième 
jour. Lorsque le soir du deuxième jour elle monte, au- 
dessus de 38", 5 et dépasse notablement ce taux, alors 
presque sans aucun doute il y a une infection de la 
plaie, et le chirurgien a le devoir de lever le pansement 
cl d'examiner ce qui se passe au point de vue local. 
Presque toujours alors il constatera un peu de rougeur 
au niveau de la ligne de réunion, de la tension des té- 
guments, de la douleur à la pression. Il devra aussitôt 
défaire un ou plusieurs points de sulure, donner issue 
à upe sérosité louche, drainer el faire le pansement 
antiseptique ouvert, ou bien le tamponnement antisep- 
titjue. lùitin une autre éventualité peut se produire. 
Tout se passe très convenablement les sept ou huit 
premiers jours, puis on observe, alors qu'on allait lever 
le pansement et le changer et qu'on pouvait déjà compter 
sur un succès complet de la réunion, un peu d'éléva- 
tion de la température en même temps qu'un état sa- 



DU PANSEMENT ANTISEPTIQUE SEC. 2^5 

burral plus ou moins accentué. La découverte de la 
région la montre un peu rouge, tuméfiée ; l'ablation d'un 
point de suture laisse écouler de la sérosité purulente, 
voire même du pus; presque toujours il y a eu dans ce 
tas non pas infection opératoire, mais infection par une 
ligature ou une suture suspecte. 

En général, quand deux à trois jours sont passés et 
que le tliermomèlre et l'état général ne donnent que 
de bonnes indications, il y a grande chance pour que 
l'asepsie ait été bonne, et qu'à la levée du pansement 
huit jours après, la plaie soit fermée et guérie. 

Du pansement antiseptique sec. 

Jusque dans ces derniers temps, nousne nous sommes 
servi exclusivement (jue du pansement antiseptique sec, 
la gaze iodofurmée et la gaze saloiée étant les seuls 
agents antiseptiques que nous ayons employés. Il nous 
a toujours donné de si bons résultats, que c'est presque 
à regret que nous l'avons abandonné, et cela seulement 
•lans les cas où tout nous semblait favorable pour 
l'application du pansement aseptique. Voici la techni- 
<|ue de ce pansement antiseptique sec : 

La plaie étant réunie et non drainée par exemple, la 
ligne de réunion est recouverte d'une pommade à la 
vaseline iodofurmée à 3 p. 20. Cette pommade s'insinue 
au niveau des replis formés par les points de suture et 
recouvre parfaitement la réunion ; il faut se garder 
d'en mettre trop; elle remplace avantageusement les 
poudres antiseptiques, iodoforme, salol, etc., etc., qu'on 
saupoudre sur la ligne de réunion, et qui ont l'incon- 
vénient d'agir comme corps étrangers et de constituer, 
avec la sérosité et le ^ang que la plaie peut encore 
exhaler, des croûtes a=sez difficiles à enlever ou du 
moins gênantes et même irritantes. Par-dessus cette 
légère couche de vaseline antiseptique, que nous avons 
vu employer avec grand avantage par notre collègue 



276 DES PANSEMENTS. 

et ami le docteur Terrillon, nous plaçons quelques 
doubles de gaze iodoformée. C'est elle que nous em- 
ployons de préférence, toutes les fois que la question 
•d'odeur n'intervient pas pour gêner le ou l'opérée. Malgré 
les expériences in vitro qui auraient démontré l'illusion 
-de ceux qui croient à l'iodoforme comme antiseptique, 
ii n'est pas moins vrai que cliniquement, il se comporte 
comme un antiseptique puissant et peu irritant quand 
on ne l'emploie pas à l'excès. 

Si nous avons quelques doutes sur les manipulations 
que peut avoir subies la gaze avant de nous être parve- 
nue, nous la faisons stériliser dans l'éluve à pression, 
puis sécher; elle est bien décolorée par-ci par-là, mais 
âl reste toujours assez d'iodoforme, et en tout cas son 
■ asepsie est parfaite. 

Par-dessus la gaze, nous plaçons quelques couches 
d'ouate hydrophile, puis de la ouate ordinaire, et le 
tout est maintenu par un bandage, de préférence avec 
une bande de tarlatane non désempoissée et mouillée. 
Ce pansement peut rester en place pendant très long- 
temps sans être changé, en ayant soin qu'il soit, 
comme cela doit toujours être quand il s'agit de pan- 
sement sec, hermétiquement fermé par les bandes. 

Quand on le lève, généralement au bout de sept à 
dix jours, pour enlever les points de suture, la gaze et 
la ouate sont imprégnées de sang desséché, le tout 
s'enlève très facilement ; assez souvent, comme nous 
l'avons indiqué plus haut, surtout là où les téguments 
sont minces et délicats, on observe un peu de rougeur, 
d'irritation qui cède rapidement. 

Si l'on a placé un drain pour une raison ou pour une 
autre, le pansement sera levé quarante-huit heures 
après, le drain retiré, et un no^iveau pansement iden- 
tique sera fait, qui restera à demeure, autant que pos- 
sible, jusqu'à guérison parfaite et consolidation de la 
eicatrice. 

Ici encore le pansement à l'ouate collodionnée pourra 



DU PANSEMENT ANTISEPTIQUE SEC. 277 

remplacer avantageusement toute autre protection de 
la ligne de réunion. 

S'il y a intérêt à ne pas mobiliser la région sur 
laquelle on a opéré, et qu'on ait placé un ou deux drains, 
comme dans certaines ostéotomies, certaines résections 
articulaires, il faut se rappeler qu'un drain peut rester 
en place pendant des semaines sans grand inconvé- 
nient, et que dès qu'il est retiré, le canal bourgeonnant 
se referme très rapidement. Toutefois, s'il est fenêtre, 
€e qui est presque toujours le cas, des bourgeons char- 
nus ont pu pousser dans sa cavité et il est quel- 
quefois alors difficile à enlever sans faire saigner 
assez abondamment la surface granuleuse. C'est ce 
que nous avons observé pour une ostéotomie de la 
jambe: le drain court resta deux mois en place, aussi 
longtemps que l'appareil plâtré que nous avions appli- 
qué et sous le pansement unique sous lequel les os se 
sont consolidés; lorsque la plaie fut découverte, le 
drain était envahi par une masse de bourgeons charnus 
qui le pénétraient à travers les trous dont il était 
percé et rendirent son ablation un peu pénible. Tels 
sont les pansements secs aseptique et antiseptique que 
nous employons couramment quand nous avons affaire 
à des plaies réunies, dont l'infection et la suppuration 
peuvent avoir de graves inconvénients et donner lieu 
à des complications sérieuses. Quand il s'agit de petites 
plaies superficielles, ou qu'elles intéressent une région 
où la réunion se fait très rapidement, le pansement 
peut être simplifié avantageusement dans le plus grand 
nombre des cas. 

L'on peut employer d'emblée le pansement collo- 
dionné antiseptique. 

Pansement collodionné. — Il consiste à recouvrir di- 
rectement la ligne de suture, après s'être assuré qu'il 
ne se produit aucun suintement, d'une couche de collo- 
dion salolé, iodoformé, cela suivant les préférences de 
chacun. 

ScHWARTz, Asepsie et Antisepsie. 16 



278 DES PANSEMENTS. 

Mieux vaut, à notre avis, protéger contre l'action 
quelquefois irritante du collodion, la ligne de réunion, 
à l'aide d'une bandelette de gaze ou de ouate que Ton 
coUodionnera ensuite largement. 

Ce pansement permet une surveillance facile; collo- 
dion et sutures sont enlevés quand on juge la réunion 
solide. Il nous paraît surtout applicable aux réunions 
de petites dimensions sur les régions peu soumises aux 
tiraillements et aux mouvements. 

Pansement aseptique à V amiante de Buquaire. — La 
préparation de ce pansement essentiellement asepti- 
que est basée sur l'action de la chaleur sur un tissu 
incombustible, le papier d'amiante, enduit d'une subs- 
tance incombustible fixe telle que la cire, l'ozokérite. 
Les feuilles de papier d'amiante ainsi préparées suivant 
Duquaire (i) sont pendues à un fll de fer tendu entre 
deux points. On enflamme les feuilles; la substance 
combustible brûle et avec elle tous les microbes. Le 
tissu d'amiante reste sensiblement aussi résistant qu'a- 
vant le flambage. On l'applique alors directement sur 
la plaie, en couche plus ou iiioins épaisse, avec ou 
sans addition d'un antiseptique, et le tout est maintenu 
à l'aide d'une bande. 

Duquaire use aussi d'un makintosch spécial qu'il 
interpose entre le papier d'amiante et le bandage , quand 
il désire faire un pansement occlusif: c'est une feuille 
d'étain assez mince pour être souple, assez épaisse 
pour permettre le flambage. Ce dernier s'efTectue en 
promenant avec une certaine lenteur l'une des faces 
de la feuille d'étain au travers de la flamme du papier 
d'amiante qui dégage une chaleur qui va jusqu'à 500°. 
On allume le papier d'amiante au moment de l'appli- 
quer sur la plaie et on procède de la façon suivante, 
passablement compliquée comme on va le voir : Avant 



(1) Duquaire, Pansement aseplique extemporayié au papier d'a- 
miante. Semaine médicale, p. 119, 16 juillet 1890. 



DU PANSEMENT ANTISEPTIQUE SEC. 279 

de se désinfecLer les mains, on tend le fil de fer, on y 
suspend les feuilles d'amiante; puis on prend une 
bougie munie d'un petit support en fil de fer qu'on 
flambe d'abord ; alors seulement on se désinfecte les 
mains, on prend la bougie par son manche aseptique 
et on allume le papier, puis on le tire à soi pour s'en 
servir. 

Le papier d'amiante sert lui-même de réactif pour 
l'asepsie obtenue par le flambage. Il contient en effet 
5 p. 100 de cellulose. qui, en se carbonisant à partir 
de 200°, prouve par un simple changement de couleur 
que l'asepsie est parfaite. 

Si tout le papier n'est pas devenu brun, si quelque 
endroit est resté blanc, on y recommence le flambage. 
Ce pansement aseptique à l'amiante a le grand tort 
de n'être pas absorbant et ne convient que pour les 
plaies bien réunies, ne donnant lieu à aucun suinte- 
ment, ou bien ne peut rester que provisoirement, en 
attendant mieux. 

Il a été l'objet de plusieurs communications à la Société 
de médecine de Lyon, où Arloing, Ollier, Ghassagny en 
ont fait l'éloge. Le professeur Ollier a spécialement 
insisté sur les avantages qu'il pouvait avoir dans la 
chirurgie de guerre comme pansement extemporané, 
Arloing a fait observer qu'il pourrait en outre rendre 
de grands services dans la chirurgie hospitalière, quand 
l'asepsie absolue est particulièrement utile, comme 
dans toutes les grandes interventions sur l'abdomen. 

Le professeur Terrier (1) a parfois employé comme 
pansement des plaies, la toile d'amiante qu'il suffit de 
flamber tout simplement au-dessus de la flamme d'une 
lampe à, alcool ou d'un bec de gaz Bunsen. Au-dessus 
de l'amiante ainsi stérilisée et serv^ant de protection, 
l'on place une couche d'ouate aseptique. 



(l^i F. Terrier et Peraire, Petit manuel (fasepsie et d'antisepsie 
chirurgicale. Paris^ Alcan, 1893. 



280 DES PANSEMENTS. 

La même toile peut servir indéfiniment pour le même 
individu, il suffit à cfiaque renouvellement du panse- 
ment de flamber à nouveau la toile maintenue par une- 
pince à furcipressure, puis de la replacer. 

Suture-pansement de Roux^ de Lausanne. — Nous ne 
dirons qu'un mot de la suture pansement qu'à préco- 
nisée noire distingué confrère Roux, de Lausanne (1). 

Elle consiste à comprendre dans la suture de la 
plaie, la gaze iodoformée qui doit la recouvrir et la 
protéger. Roux, de Lausanne, fait la suture de Gi- 
rard qui commence l'affrontement à l'aide d'une su- 
ture continue en capiton ou en surjet, à points lar- 
gement espacés (sutures profondes) ; arrivé au bout 
de la plaie, le fil revient au point de départ et Ton 
exécute avec lui des sutures en surjet destinées à l'af- 
frontement des bords cutanés. Revenu au point de dé- 
part le fil est noué avec celui qui s'y trouve déjà et 
d'où partent les sutures profondes. Roux reconnaît à 
cette suture-pansement les avantages suivants : elle est 
très économique, ne se dérange pas même lorsque 
l'opéré fait des mouvements, est agité ; enfin elle est 
efficace. 

Nous l'avons essayée un certain nombre de fois dans 
des cas où il n'y avait pas de danger à faire courir à 
l'opéré ou blessé en cas d'infection, en utilisant comme 
sutures les crins de Florence (points profonds et super- 
ficiels). Plusieurs fois les points de suture se sont 
infectés à travers la gaze môme, et cela se conçoit faci- 
lement, quand on songe que la soie ou le crin de Flo- 
rence qui est à la surface peut conduire vers la profon- 
deur des germes infectieux qui pourront résister à 
l'antiseptique. 

Pour toutes ces raisons, nous ne croyons pas que 
cette innovation, qui est très ingénieuse et peut parfois 



(l) Roux, Plus (le pansement [Revue médicale de la Suisse 
romande, n» I3. décembre 1880). 



DU PANSEMEiNT ANTISEPTIQUE SEC. 281 

rendre service, soit applicable avec succès dans la ma- 
jorité des cas et, pour notre compte, nous préférons 
malgré leur complexité un peu plus grande, les panse- 
ments plus haut cités, comme offrant le pius de sécurité 
et de garantie. 

Il ne faut pas, sous prétexte de simplification à ou- 
trance, perdre de vue l'objectif essentiel, qui est celui 
que nous venons de signaler. 

Du pansement antiseptique sec appliqué aux foyers 
fraumatiques ouverts et non infectés. — 11 nous arrive 
dans un certain nombre de cas, lorsque nous tentons 
une réunion pour des plaies opératoires, de ne plus 
trouver assez de téguments pour recouvrir complète- 
ment les tissus mis à découvert. C'est particulièrement 
le cas quand il s'agit d'énormes tumeurs avec tégu- 
ments envahis par elles et qu'il faut sacrifier. Nous 
sommes obligés de laisser ouverte une partie de la 
plaie. Dans ces faits encore, le pansement antisepti- 
que sec convient à merveille et donne d'excellents 
résultats. 

Il consiste, après avoir pratiqué l'ablation et réuni 
tout ce qui peut être suturé, à tamponner la plaie opé- 
ratoire restante avec une gaze antiseptique et de préfé- 
rence avec la gaze iodoformée. Il est certain que 
l'iodoforme donne ici de beaucoup meilleurs résul- 
tats que les autres antiseptiques : il est remarquable de 
voir cette plaie largement ouverte recouverte de gaze 
iodoformée, puis de ouate hydrophile aseptique et d'une 
bande, ne pas suppurer ou sécréter si peu que rien. 
Quand on enlève le pansement trois à quatre jours après 
l'intervention, c'est à peine si, outre le sang dont la gaze 
est imbibée, il y a un peu de sérosité, le tout desséché 
et sans aucune odeur. 

Le même pansement est renouvelé jusqu'à cicatri- 
sation complète, presque sans suppuration jusqu'au 
bout. 

Nous avons pu observer maintes fois ce process;i^ 

16. 



282 DES PANSEMENTS. 

de la réunion secondaire, pour ainsi dire sans suppu- 
ration sous le pansement antiseptique iodoformé sec, 
et cela surtout dans nombre de cas de tumeurs du 
sein, pendant l'ablation desquelles il nous as^ait été 
impossil^le de conserver suffisamment de peau pour 
une réunion complète. 

Les mêmes règles sont applicables aux cas où l'in- 
tervention a porté sur une région infectée, puis rendue 
aseptique et impossible à réunir ; tel est le cas qui se 
présente quand il s'agit de l'ablation de tissus ulcérés, 
de gommes tuberculeuses ramollies et ouvertes. Ici 
encore le tamponnement antiseptique à la gaze iodo- 
formée donne d'excellents résultats. 

Ceux-ci sont encore plus remarquables, si possible, 
dans les cas de plaies cavitaires, et cela dans des ré- 
gions soumises pour ainsi dire à une menace constante. 
Le tamponnement à la gaze iodoformée des vastes 
cavités résultant de la résection des mâchoires, de l'a- 
blation des grosses tumeurs des fosses nasales, ne nous 
donne-t-il pas constamment des succès vraiment remar- 
quables? 

. C'est plaisir de voir la guérison et la cicatrisation se 
produire sous ce manteau protecteur, et cela malgré 
les liquides qui le souillent à chaque instant, malgré 
le nombre des agents pathogènes qui pullulent dans 
la bouche, le nez et la gorge. Le seul point à sur- 
veiller, c'est l'intoxication, qu'on n'aura pas à redouter 
en se servant de gaze peu chargée d'iodoforme (10 à 
20 p. 100 au maximum), qu'on ne changera qu'à des 
intervalles assez éloignés. 

Il est assez fréquent de voir au bout d'un certain 
temps la plaie ne plus faire de progrès sous le panse- 
ment antiseptique sec qui lui a été appliqué ; elle devient 
atone ; il suffît de changer la nature de l'antiseptique 
pour voir disparaître ces ennuis et la cicatrisation 
continuer. 

Enfin il est des tissus qui se trouvent mal de l'iodo- 



DU PANSEMENT SEC ANTISEPTIQUE. 283 

forme, tel le tissu sous-unguéal mis à nu par la 
cure de l'ongle incarné avec ou sans autoplastie. L'iodo- 
forme produit fréquemment, malgré sa ténuité, leur 
ulcération, et il est préférable de ne pas l'employer 
dans ces circonstances, mais de le remplacer par le 
.salol, par exemple. 

Telles sont les remarques que nous avions à faire 
sur le pansement sec, qui est, comme nous l'avons dit 
dès le début, le pansement aseptique par excellence. 



DU PANSEMENT SEC ANTISEPTIQUE 

CHEZ LES BLESSÉS ET OPÉRÉS SUSPECTS 

OU INFECTÉS 

Les remarques que nous venons de faire s'appliquent 
aussi bien aux plaies chirurgicales qu'aux plaies acci- 
dentelles suspectes ou infectées. 

Gomme exemple courant de ces dernières, nous cite- 
rons les plaies articulaires, les plaies de fractures com- 
pliquées. Voici notre manière de faire dans ce dernier 
cas qui se présente assez fréquemment dans la pratique : 

Désinfection par lavage et brossage de la région 
traumatisée : si la plaie esl large, les tissus contus au- 
dessous d'elle, lavage du foyer de la fracture et des 
parties molles avec une solution au 1/20 de chlorure 
de zinc. Si la plaie est petite, les tissus broyés au-des- 
sous d'elle, débridement, lavage au chlorure de zinc; si 
la plaie est petite et semble avoir été faite par le frag- 
ment supérieur et non résulter d'une contusion di- 
recte, lavage sans débridement ; on ne débridera que 
si le fragment est irréductible, pour le réséquer et re- 
mettre les os en place aussi bien que possible. Tout 
cela fait et le foyer rendu bien aseptique, tamponner 
à la gaze antiseptique, recouvrir d'un pansement ouaté 
et appliquer un appareil plâtré immobilisant la fracture. 
Le pansement ne sera levé que s'il y a une élévation 



284 DES PANSEMEiNTS. 

thermique indiquant un processus infectieux ; sinon il 
sera laissé en place; il sera levé encore s'il est tra- 
versé par des liquides, ou mieux, si le peu de souillure 
le permet, on le recouvrira de ouate nouvelle, du 
moment que la température ne monte pas. Nous avons 
pu de la sorte arriver à la guérison de toutes les frac- 
tures compliquées de jambe qui se sont présentées 
dans notre service, et il nous est arrivé plusieurs fois de 
voir, malgré la suppuration des parties superficielles 
que la "contusion avait nécrosées, le foyer osseux rester 
indemne et ne donner lieu à aucun accident. 

Si la plaie est très petite, faite par un embroche- 
ment de l'un des fragments, l'occlusion immédiate par 
le pansement ouaté, collodionné, après asepsie des 
parties, est ce qu'il y a de mieux à faire. 

Dans tous ces cas, c'est le thermomètre qui est le 
guide du chirurgien et lui indique si le pansement doit 
rester en place ou être levé par suite de la production 
de quelque complication. 

A côté du pansement antiseptique sec, au collodion, 
à la gaze ou à l'ouate chargée de substances antisepU- 
ques, se place le pansement sec avec des poudres anti- 
septiques. 

11 n'y a pas encore bien longtemps, chaque ligne de 
réunion, après une opération même sur des tissus non 
infectés, était saupoudrée largement soit d'iodoforme, 
soit d'iodol, soit de salol, etc., etc., cela suivant la 
préférence de chaque chirurgien pour tel ou tel anti- 
septique pulvérulent. Par-dessus seulement l'on mettait 
quelques doubles de gaze, puis la ouate. 

Quoique cette pratique nous ait donné bien des suc- 
cès, en permettant une sorte de cicatrisation sous-crus- 
tacée de la plaie, nous l'avons complètement laissée 
de côté non seulement pour les réunions, mais encore 
pour les plaies suspectes ou infectées, parce que la 
poudre forme avec la sérosité sécrétée par la plaie, avec 
le sang qui peut encore s'en écouler, des croules plus 



DU PANSEMENT SEC ANTISEPTIQUE. 28§ 

ou moins épaisses qui s'incrustent dans les fils des su- 
tures, et comme des corps étrangers irritent le champ 
opératoire; c'est souvent riodoforme qui présentait ces 
inconvénients, surtout quand il n'était pas finement 
phorphyrisé et appliqué sur les téguments un peu 
délicats. 

C'est pour remédier à cet état de choses que notre 
collègue et ami le docteur Terrillon enduisait d'une 
vaseline à l'iodoforme à 3/20, les lignes de réunion 
sous le pansement antiseptique et que nous avons pen- 
dant plusieurs années imité sa conduite, et cela avec 
d'excellents résultats. 

Mais à côté de ces pansements où l'emploi de la 
poudre ne joue pour ainsi dire qu'un rôle protecteur 
accessoire, se placent des pansements où celle-ci est 
mise en grande abondance au contact des plaies acci- 
dentelles ou chirurgicales infectées, soit directement^ 
soit qu'on la renferme dans des sachets. 

Chaque chirurgien peut composer à sa guise un de 
CCS mélanges antiseptiques et désinfectants. 

Nous rappellerons ici celui de Lucas Ghampionnière : 

lodoforme tamisé 

Poudre de quinquina j 

— de benjoin âa 

— de carbonate do magnésie saturée ] 
d'essence d'eucalyptus /' 

Gillette et Courmonfc ont préconisé la composition 
suivante : 

lodoforme 30 grammes . 

Poudre de charbon , GO — 

Sulfate de quinine 10 — 

Essence de menthe 1 — 

Un autre mélange est constitué ainsi qu'il suit.: 

Camphre. 5 grammes. 

Charbon 10 — 

lodoforme.. 15 — 



286 DES PANSEMENTS. 

Ce dernier est emprunté au Traité de thérapeutique 
chirurgicale de Forgue et Reclus (1). 

Nous-même nous servons assez souvent de la poudre 
suivante : 

Pondre d'iodoforme 

— de salol i 

Sous-nitrate de bismuth .. lo grammes. 

Poudre de charbon i 

— de quinquina ] 

— de benjoin 

Ces poudres peuvent être appliquées directement ou 
projetées à l'aide de pulvérisateurs de divers modèles 
dont la figure ci-jointe donnera facilement le méca- 
nisme. 

C'est surtout quand il s'agit d'ulcérations fétides et 
ichoreuses, de sphacèles plus ou moins étendus, qu'à 
l'aide de ces mélanges on arrive à embaumer pour 
ainsi dire la partie atteinte, à éviter une mutilation 
immédiate et à permettre l'élimination naturelle tou- 
jours plus parcimonieuse que celle qu'amène un acte 
chirurgical. 



DU PANSEMENT HUMIDE. 

Nous n'employons plus le pansement humide que 
lorsqu'il s'agit de plaies accidentelles ou opératoires 
infectées, enflammées ou présentant une complication 
septique grave. 

La technique du pansement humide est la suivante : 
application sur la région malade de compresses de 
gaze, d'ouate hydrophile ou de tout autre matériel 
absorbant trempé dans une solution antiseptique faible ; 
par-dessus le lit de compresses, un tissu imperméable 

(1) Forgue et Reclus, Traité de tkérapeulique cldrurgicale, t. T, 
p. 25, 1892. 



DU PANSEMENT HUMIDE. 



287 



destiné à éviter le dessèchement, le tout maintenu h 
l'aide d'une bande. 

Les antiseptiques employés pour la confection des 




solutions varient avec chaque chirurgien; nous faisons 
pour notre compte usage le plus fréquemment de so- 
lutions phéniquées au 1/60 ou au 1/100, de solutions 



^8 DES PANSEMENTS. 

sublimées à 1/3000 ou à 1/4000, de solutions boriquées 
à 1/40; nous nous sommes aussi servi de lysol au 1/100, 
sans y trouver grands avantages; peut-être cependant 
avons-nous remarqué dans nos essais qu'il était moins 
irritant que l'acide phénique, lorsque les pansements 
doivent être continués pendant un certain temps. 

Tandis que le jDansement sec doit être un pansement 
rare, le pansement humide est le type du pansement 
fréquent. 

Il doit être renouvelé tous les jours, voire même 
plusieurs fois par jour, suivant la quantité des sécré- 
tions fournies par la plaie et leur qualité. C'est le pan- 
sement par excellence des plaies ulcéreuses, des plaies 
s'accompagnant de phlegmons simples ou septiques, des 
plaies suppurantes, etc., etc. 

Quand elles siègent sur un membre ou l'un de ses 
segments, les compresses de gazes antiseptiques seront 
imbriquées les unes sur les autres, comme les com- 
presses et bandes d'un appareil de Scultett, de façon 
à pouvoir être défaites sans difficulté, puis le tout sera 
recouvert d'un tissu imperméable, taffetas, gutta-percha 
laminé, taffetas chiffon, etc., etc., maintenu par une 
couche d'ouate et une bande modérément serrée. 

Le professeur Yerneuil a décrit sous le nom de pan- 
sement antiseptique ouvert, le pansement que voici et 
qui convient même aux plaies non infectées, quand la 
réunion est impossible ou contre-indiquée : Après net- 
toyage et hémostase, la surface de la plaie est tapissée 
de petits carrés de gaze antiseptique (à l'acide phénique, 
à l'iodoforme, etc., etc.), de façon à bien en recouvrir 
tous les recoins ; puis l'on applique par-dessus des com- 
presses antiseptiques humides, un imperméable et enfin 
de l'ouate et une bande. Le pansement est changé, 
quand il est traversé, mais seulement pour ses parties 
superficielles ; celles qui tapissent directement la plaie 
sont laissées en place jusqu'à ce qu'elles soient expul- 
sées par la granulation des bourgeons charnus et la 



DES PULVERISATIONS ANTISEPTIQUES. 289 

suppuration, ce qui n'arrive d'ordinaire qu'au bout de 
quatre à cinq jours ; le pansement est alors complète- 
ment renouvelé comme au début. Le professeur Verneuil 
conseille, quand on veut détacher les parties immédia- 
tement en contact, de faire la pulvérisation qui antisep- 
tise en même temps qu'elle permet un décollement plus 
facile. 

Il y a en effet un grand intérêt, et cela soit dit pour 
toute plaie en général, de ne pas déterminer de lésions 
même minimes de la couche granuleuse; par ces micro- 
traumas, comme les appelle le professeur Verneuil, 
l'infection pourrait se produire et causer des complica- 
tions redoutables. Toute exploration, toute recherche 
sur un foyer traumatique ouvert devra être pratiquée 
avec cette idée, que non seulement il faut se servir d'un 
instrument ou d'un doigt chirurgicalement propre, mais 
encore la faire assez modérément pour ne causer au- 
cune effraction des granulations, et par suite n'ouvrir 
aucune porte à une infection quelconque. 

Nous rattacherons à l'étude des pansements humi- 
des un certain nombre de manœuvres destinées à les 
aider, à les compléter : tels sont les pulvérisations 
antiseptiques, les lavages et les bains. 

Des pulvérisations antiseptiques. 

Les pulvérisations de liquides antiseptiques, et en 
particulier les pulvérisations phéniquées, ont été intro- 
duites dans la pratique chirurgicale par le professeur 
Verneuil. On trouvera dans son mémoire de 1883 (1) 
tout ce qui tient à l'historique de la question. Nous ne 
nous y arrêtons pas, nous contentant d'énumérer le 
manuel opératoire, les indications essentielles de ce 

(1) Verneuil, De la pulvérisation prolongée ou continue comme 
procédé de la méthode antiseptique. Arctdves générales de méde- 
cine, janvier et février 1883. 

ScHWARTZ, Asepsie et Antisepsie. 17 



290 DES PÂ.NSEMENTS. 

mode de pansement et les services qu'on peut en retirer. 
C'est à l'aide des pulvérisateurs à vapeur qu'il faut 
faire la pulvérisation antiseptique prolongée. Les pul- 
vérisateurs à main ne sont que des pis aller absolument 
insuffisants dans les cas on la pulvérisation doit durer 
un certain temps et recouvrir un certain espace. 

Le pulvérisateur à vapeur modèle Lucas-Champion- 
nière à deux becs et de taille moyenne est celui que 
nous utilisons le plus fréquemment. Sa chaudière est 
chargée d'eau que l'on amène à l'ébullition, qui se 
pulvérise par deux robinets qu'on peut ouvrir à la 
fois ou successivement, suivant les besoins de la cause; 
le vase destiné à recevoir la solution antiseptique et 
dans lequel trempent les deux tubes en caoutchouc 
aboutissant aux becs du pulvérisateur, est rempli de 
solution phéniquée à o ou à 3 pour 100, suivant la 
force que l'on veut donner au liquide pulvérisé. Chargé 
et allumé l'appareil marche facilement une heure, temps 
que ne dépassent pas en général les séances que nous 
avons faites. 

Le pulvérisateur ainsi préparé est placé sur un meu- 
ble à portée du lit du patient, et d'un meuble sur lequel 
repose la partie à pulvériser. 

On aura soin, pour éviter au blessé ou à l'opéré l'ac- 
tion directe des vapeurs sur l'appareil respiratoire, 
d'installer soit un paravent, soit un grand drap tendu 
qui les empêche de l'incommoder. 

La région qui devra recevoir la pulvérisation sera 
mise à nu, tandis que tous les alentours seront protégés 
par une pièce de toile caoutchoutée ou encore de taffe- 
tas gommé, disposée de façon à ramener les liquides 
dans un récipient disposé ad hoc. 

Le jet de vapeur devra frapper les parties décou- 
vertes à une distance de 50 centimètres à 1 mètre au 
maximum, de façon h avoir encore une certaine force 
de pénétration en même temps qu'il sera déjà suffisam- 
ment étalé. 



DES PULVERISATIONS ANTISEPTIQUES. 



291 




292 DES PANSEMENTS. 

Les séances, renouvelables de deux à quatre fois par 
jour, pourront chaque fois durer d'une demi-heure à 
une heure. 

Si l'on se sert de solution phéniquée, l'on veillera 
constamment à l'examen des urineS;, dont la colora- 
tion vert olive révèle l'absorption de l'acide phé- 
nique de façon à doser la longueur des séances, leur 
nombre et surtout le degré de concentration de la so- 
lution. 

Si l'on se sert d'antiseptiques peu toxiques, tels que 
l'acide borique, etc., ces précautions ne seront pas 
nécessaires. 

C'est surtout quand il s'agira de lésions des mem- 
bres, que la pulvérisation devra être mise en usage; 
nous ne la conseillerions pas pour celles du tronc, un 
refroidissement pouvant amener des complications 
pleurales ou pulmonaires sérieuses, à moins qu'il ne 
s'agisse de projeter la vapeur sur un point très limité, 
comme le serait par exemple un furoncule,un anthrax 
de moyenne grosseur. 

La pulvérisation phéniquée ou antiseptique est à 
notre avis indiquée toutes les fois que l'on a affaire à 
des inflammations septiques graves, à diffusion plus ou 
moins rapide, que n'ont arrêtées ni les incisions larges 
pratiquées, ni les autres moyens mis en usage ; dans les 
cas de plaies torpides à tendance ulcéreuse, dans les 
cas de gangrènes greffées sur des états généraux (dia- 
bète par exemple). 

Nous avons eu l'occasion pour notre compte de 
l'employer un certain nombre de fois dans des cas 
absolument désespérés, où tout avait été fait, dans des 
cas de phlegmons diffus graves des membres et en par- 
ticulier du membre inférieur avec ouverture et suppu- 
ration de l'articulation du genou, et c'est parce que 
nous avons obtenu des résultats excellents, alors que 
tout espoir nous semblait perdu et que nous nous prépa- 
rions au sacrifice du membre, que nous soutenons 



DES PULVÉRISATIONS ANTISEPTIQUES. 293 

avec énergie la bonté de la méthode préconisée par le 
professeur A^erneuil. 

Nous avons encore dans notre service de l'hôpital 
Gochin un homme de cinquante-cinq ans environ, qui 
entra avec un abcès périarticulaire du genou, un 
énorme phlegmon diffus de la jambe, une lymphangite 
remontant jusqu'à l'abdomen; pus dans le genou, état 
général alarmant, typhoïde, température de 40° avec le 
pouls petit et misérable; cinq à six énormes incisions 
au fer rouge suivies d'une large arthrotomie ne réus- 
sirent pas à calmer les accidents malgré les envelop- 
pements dans des compresses antiseptiques. 

La pulvérisation fut instituée à raison de trois séan- 
ces d'une heure par jour. A.u bout des premières vingt- 
quatre heures, il y avait déjà une notable atténuation 
des symptômes locaux et généraux; la pulvérisation 
fut continuée pendant quinze jours, en en diminuant 
progressivement la durée, et le malade a conservé 
intact son membre inférieur et est complètement guéri 
actuellement. 

La pulvérisation antiseptique peut être encore em- 
ployée avec grand avantage dans les cas où le chirur- 
gien est obligé d'amputer dans des régions profondé- 
ment atteintes par une inflammation septique plus ou 
moins grave, et où il lui est impossible de tenter la 
moindre réunion. Nous avons eu plusieurs fois l'occa- 
sion de nous en servir dans des amputations pratiquées 
sur des membres broyés avec début de septicémie. Ici 
encore, qu'il s'agisse du membre supérieur ou du mem- 
bre inférieur, l'installation est ce qu'il y a de plus 
facile; le moignon avec ses lambeaux ou sa manchette 
étant débarrassés de tout pansement, reçoivent direc- 
tement la poussière antiseptique, tandis que le blessé ou 
l'opéré et tout ce qui se trouve au-dessous du moignon 
soulevé est protégé contre elle. 

Quels sont donc les effets locaux et généraux de la 
pulvérisation? 



294 DES PANSEMENTS. 

Les malades, comme le dit le professeur Yerneuil, 
accusent une sensation de soulagement pendant que 
dure la pulvérisation ; il y a diminution marquée de la 
douleur et de la tension dont les parties enflammées et 
infectées sont le siège; la température locale s'abaisse, 
la rougeur diminue. Au point de vue de l'état général, 
presque toujours la température s'abaisse pour remon- 
ter, si le processus infectieux n'est pas encore arrêté; 
les urines se colorent rapidement en vert, même lors- 
qu'il n'y a pas de plaies superficielles, quand on pulvé- 
rise par exemple un érysipèle ou une lymphangite. 
Cette coloration indique l'absorption de l'acide phénique 
et nous guide dans le dosage quand il s'agit d'anti- 
septiques toxiques, comme l'acide phénique. 

On a reproché au spray employé en pulvérisation 
antiseptique, de causer localement des érythèmes, de 
refroidir les blessés ou opérés, d'amener par cela même 
des complications du côté de l'appareil respiratoire, de 
leur être très désagréable. 

Nous avons en effet observé deux ou trois fois des 
érythèmes locaux que nous avons facilement arrêtés 
par des applications de vaseline et en protégeant mieux 
la peau contre les vapeurs antiseptiques. 

Quand on a soin d'isoler le blessé ou le malade,, 
comme nous l'avons dit, on n'a rien à redouter d'un 
refroidissement et il n'en résulte pour lui aucun incon- 
vénient. 

Pour toutes ces raisons, nous sommes pour notre 
compte très partisan du spray, prolongé dans les 
conditions que nous avons énoncées plus haut. 

Dans ces dernières années, la pulvérisation antisep- 
tique a été appliquée aux furoncules et aux anthrax 
sur une vaste échelle, et cela encore sous l'impulsion 
des nombreuses communications du professeur Ver- 
neuil. 11 est certain que là encore elle rend de grands 
services, et arrête très souvent les phénomènes inflam- 
matoires graves en même temps qu'elle soulage consi- 



DES BAINS ANTISEPTIQUES. 295 

dérablement ceux de tension et de douleur, si aigus 
dans certains faits. Dans les cas relativement simples, 
où l'extension est peu considérable, les pulvérisations 
boriquées suffiront; quand, au contraire, le processus 
est franchement septique, il vaudra mieux se servir 
des antiseptiques forts, comme l'acide phénique. Au 
début, pour les furoncles et les petits anthrax, les 
pulvérisations ont chance d'être abortives; plus tard 
quand la tumeur est plus volumineuse et tend à s'ac- 
croître, elles arrêtent ses progrès; quand enfin le bour- 
billon est formé, elles hâtent son issue, limitent le 
sphacèle, facilitent la séparation des eschares et dé- 
tergent la plaie. Sans être une panacée, parce qu'il y 
a, comme l'a dit le professeur Trélat, anthrax et an- 
thrax, elles ne sont pas nuisibles et aident avec succès 
les moyens chirurgicaux. 

Nous ne nous arrêterons pas longtemps à l'explica- 
tion du mode d'action de la pulvérisation antiseptique. 
Dans un travail lu à la Société médico-pratique (1), 
nous avons émis l'opinion que la pulvérisation agissait 
comme un bain continu et prolongé, nous pourrions 
de plus ajouter pénétrant ; peut-être y a-t-il aussi une 
action mécanique du jet pulvérisé sur les tissus. Ce que 
nous retiendrons avant tout au point de vue de l'anti- 
sepsie, c'est l'efficacité énergique incontestable des 
pulvérisations antiseptiques, qu'a d'ailleurs depuis 
longtemps remarquée le professeur Verneuil. 



Des bains antiseptiques. 

Les bains antiseptiques sont un moyen très efficace 
dans tous les cas de phlegmons, de suppurations des 
membres. 

(I) Ed. Schvvartz, De la pulvérisation phéniquée dans le traite' 
ment des lymphangites, des phlegmons diffus des membres. Revue 
générale de clinique et de thérapeutique, p. 130, 1891. 



296 DES PANSEMENTS. 

Voici la technique très connue d'ailleurs de la bal- 
néalion antiseptique : 

Le bain est préparé avec une solution antiseptique 
qui doit être faible; la solution la plus usitée est la so- 
lution phéniquée au 1/100, que l'on obtient en mé- 
langeant par exemple 1 litre d'eau phéniquée à 5 p. 100 
avec 4 litres d'eau bouillie chaude à la température de 
35 à 36° environ. Le mélange ainsi obtenu est reçu 
dans une baignoire ad hoc, allongée comme une pois- 
sonnière c[uand il s'agit du membre supérieur, dans un 
bain de pied quand il s'agit du pied par exemple. 

La partie débarrassée de son pansement est placée 
dans le bain et doit y séjourner de une demi-heure à une 
heure et plus ; le bain devra être tenu pendant toute la 
durée de la balnéation à la température indiquée plus 
haut, soit en y ajoutant de l'eau très chaude de temps 
en temps, soit en le réchauffant à l'aide d'une lampe 
à alcool ou d'un brûleur. 

Les bains pourront être renouvelés trois à quatre 
fois dans la journée; généralement deux séances sont 
suffisantes, et nous ne parlerons que pour mémoire du 
bain antiseptique continu que quelques chirurgiens ont 
employé comme pansement permanent de plaies acci- 
dentelles ou opératoires. 

•Il est bien évident que le bain antiseptique n'a que 
des applications limitées; quand il s'agit de lésions des 
extrémités, main, avant-bras jusqu'au-dessus du coude, 
pied et bas de la jambe. 

Nous avons insisté plus haut sur son faible degré de 
concentration; c'est qu'en effet il nous arrive de voir 
encore des blessés auxquels un avis malencontreux a pu 
occasionner des désordres graves par suite de balnéa- 
tion dans un liquide trop concentré. Cela est surtout 
arrivé avec les solutions phéniquées trop fortes ou mal 
faites, contenant en suspension de l'acide phénique non 
dissous, ce qui n'est jamais le cas quand les solutions 
sont faites sans alcool et avec l'acide phénique neigeux. 



DES LAVAGES ANTISEPTIQUES. 297 

Quoique le bain phéniqué au 1/100 soit peut-être 
le plus communément employé, le sublimé peut être 
utilisé aussi; le bain sera fait à 1 pour 4000 ou 5000; 
le chloral au 1/1000 constitue encore un excellent bain 
antiseptique. 

Grâce à la chaleur humide et à l'action prolongée 
de l'antiseptique qui s'insinue dans les recoins et an- 
fractuosités des plaies, ou qui dans les cas où il n'y a 
pas de solution de continuité, ramollit et pénètre peut- 
être les parties enflammées, le bain antiseptique nous 
rend de signalés services toutes les fois qu'il s'agit de 
lésions inflammatoires et septiques, des doigts de la 
main, de l'avant-bras, du pied, et leur usage n'est plus 
à recommander aux praticiens. 

Des lavages antiseptiques. 

La question des lavages antiseptiques a tout à fait 
changé de face dans ces dernières années; elle doit 
être considérée à plusieurs points de vue, suivant qu'il 
s'agit d'une plaie opératoire ou d'une plaie acciden- 
telle, ou encore d'une plaie largement ouverte ou d'une 
plaie cavi taire, à anfractuosités. 

Nous avons dit en temps et lieu ce que nous pen- 
sions des lavages pour les plaies chirurgicales dans 
des tissus non infectés. Nous les proscrivons presque 
complètement. Les grands lavages tels qu'on les faisait 
autrefois, même sans aller jusqu'à la pratique de 
Volkmann qui arrosait les plaies avec un arrosoir 
rempli de solution antiseptique, sont nuisibles. 

Ils augmentent la sécrétion de la plaie et peuvent 
amener des accidents d'intoxication, quand l'antisepti- 
que est toxique. 

Qu'il s'agisse d'une opération ou d'un pansement, 
les lavages sont inutiles quand la plaie est à surface 
plate sans anfractuosités, sans cavités; c'est avec des 
tampons imbibés de solutions et exprimés que l'on en- 

17. 



298 DES PANSEMENTS. 

lèvera facilement les corps étrangers, les produits d& 
sécrétion, le sang, sans qu'il faille recourir au jet d'un 
laveur. 

Quand il s'agira d'une plaie anfractueuse, cavitaire^ 
les lavages seront indiqués; il faudra prendre la pré- 
caution de les faire modérés, mais suffisants pour em- 
porter tout ce qui doit être évacué de la plaie, et par 
suite faire en sorte que tout le liquide introduit ressorte 
facilement. C'est dans ce but que nous n'hésitons pas^ 
lorsqu'il s'agit d'une plaie cavitaire à foyer profond, 
à débrider la plaie superficielle; ce débridement fait 
par le chirurgien et dans les conditions d'antisepsie 
recommandées, n'aggrave en rien le traumatisme déjà 
existant (foyer d'une fracture compliquée infectée, 
d'une arthrite suppurée). 

Là où le lavage est absolument indiqué, c'est lors- 
qu'il existe des plaies communiquant avec des cavités 
naturelles et d'où peuvent partir des complications 
infectieuses. Les lavages doivent alors être pratiqués- 
souvent avec des liquides antiseptiques très faibles, voire 
même indifférents; ils ne peuvent avoir d'autre but que 
de maintenir constamment les parties dans un état de 
propreté aussi parfait que possible. Jamais on ne devra 
employer une grande quantité d'antiseptiques forts, tels 
que la solution phéniquée forte ou la liqueur de Van 
Swieten pure. Les liquides à préférer seront la solution 
boriquée à 25 p. 1000, la solution chloralée au 1/100' 
ou au 1/200, ou encore celle de créoline à 1/2 p. 100, 
celle de naphtol au 1/1000, de microcidine, etc., etc. 

Les meilleurs instruments sont ceux qui se prêtent le 
plus facilement au nettoyage et à l'asepsie. En général 
les seringues ordinairement employées sont de très 
médiocres instruments à cet égard, à moins qu'elles ne 
soient stérilisables comme celles dont nous avons déjà 
parlé. Elles ont l'inconvénient de donner un jet rela- 
tivement assez fort qui peut être nuisible par lui-même 
dans certains cas. 



DES LAVAGES ANTISEPTIQUES. 



299 



Les laveurs que nous employons habituellement sont 
ceux où la simple pesanteur agit pour projeter le li- 
quide. Ils se composent d'un récipient que nous préfé- 
rons en verre à cause du contrôle plus minutieux qu'on 
peut exercer sur sa propreté, et de la facilité avec la- 
quelle on le nettoie ; ce récipient, d'une capacité qui peut 
varier de 2 à 4 litres, est maintenu dans un grillage en 




Fig. 38. 



Laveur de VVasseise. 



fil de fer, muni lui-même d'une anse qui permet de 
l'accrocher quand on le voudra. 

A ce récipient vient se fixer à un orifice inférieur un 
tube en caoutchouc rouge auquel on adaptera une 
cauule en verre de forme variable ; un robinet ou tout 
autre système de fermeture pourra être interposé sur 
le trajet du tube en caoutchouc. Celui-ci sera bouilli de 
temps en temps, et l'on aura toujours soin quand on 
fera un lavage, de laisser couler le liquide aseptique 
ou antiseptique pendant quelques instants. 

Par mesure de précaution, pour les cas où il faudra 



300 



DES PANSEMENTS. 



compter sur une antisepsie très sévère, le tube en 
caoutchouc sera conservé avant de s'en servir dans une 
solution antiseptique telle que la solution phéniquée 
à 3 p. 100. 




Fig. id. — Laveur du docteur Budin. 



Le laveur que nous venons de décrire a été remplacé 
par d'autres dispositifs sur lesquels il nous est impos- 
sible d'insister tant ils sont nombreux. Nous le préfé- 
rons de beaucoup. A côté de lui nous devons cependant 
une mention au laveur de Wasseige. Il consiste en un 



DES PANSEMENTS D'URGENCE. 301 

flacon de capacité variable muni d'un bouchon en 
caoutchouc à deux tubulures; à un des tubes en verre 
qui plonge jusqu'au fond du flacon est adapté un tube 
en caoutchouc muni d'un appareil à fermeture et garni 
de sa canule en verre ; l'autre n'arrive que tout près du 
goulot par son extrémité inférieure, tandis que la su- 
périeure est munie d'une soufflerie à air comme celle 
du thermocautère de Paquelin. L'air comprimé dans le 
flacon fait monter le hquide dans le tube et le projette 
ensuite sur les parties à irriguer avec plus on moins de 
force, suivant l'intensité de la tension. 

Notre ami le D'" Budin a tout récemment imaginé un 
laveur que chacun peut facilement improviser et qui 
par cela même est très pratique. Il consiste en un 
bouchon en caoutchouc percé par une tubulure en métal 
qui le dépasse de chaque côté de 2 à 3 centimètres; 
contre ce tube est soudé un tube plus petit recourbé 
en crosse en dehors, droit partout ailleurs. Le gros 
tube est muni d'un tube en caoutchouc avec sa canule. 
Il suffît d'adapter le bouchon à une bouteille quelcon- 
que remplie du liquide antiseptique, puis de la renverser 
pour que le laveur fonctionne. Plus la bouteille sera 
tenue élevée, et plus la pression du liquide sera forte 
et le jet énergique. 

Des pansements d'urgence. 

Il arrive à chaque instant au praticien de se trouver 
en face d'une plaie accidentelle, sans qu'il ait immé- 
diatement à sa disposition le matériel et les objets de 
pansement nécessaires. 

Sa première préoccupation sera de protéger la plaie 
contre les chances d'infection nouvelles, et de faire 
une hémostase provisoire, si elle ne peut être immé- 
diatement déûnitive. 

Il s'abstiendra autant que possible d'explorations 
avec des instruments qui ne sont pas stériUsés ou des 



302 DES PANSEMENTS. 

doigts dont la propreté ne soit pas irréprochable. Nous 
avons précédemment indiqué les conditions requises 
pour que ces manœuvres soient faites sans danger 
aucun. 

Si la plaie est petite, ne saigne pas ou saigne peu, 
nettoyer tout le pourtour, puis mettre sur elle en 
attendant l'arrivée des objets de pansement, un mou- 
choir propre, puis appliquer, dès que faire se pourra, 
un pansement occlusif à la gaze ou à Fouate collo- 
dionnée. 

Si la plaie saigne abondamment, il faut s'occuper de 
faire une hémostase provisoire. On y arrivera presque 
toujours par un pansement compressif direct, et s'il le 
faut par la compression à distance à l'aide d'un lien quel- 
conque, d'un garrot. Gomme cette compression peut 
être faite sans inconvénient deux, trois heures durant^ 
cela permettra de mettre le blessé en situation de rece- 
voir des soins plus complets et de procéder par exemple 
à une ligature méthodique, si la chose est reconnue 
nécessaire, avec tous les bénéfices de l'asepsie et de 
l'antisepsie. 

L'on devra éviter autant que possible l'usage des 
styptiques et surtout du perchlorure de fer. 

Si la plaie est étendue, profonde, il faudra s'abstenir 
des lavages à grande eau, comme on a trop l'habitude 
de le faire. Le sang qui coule des tissus n'est pas sep- 
tique et rien n'est plus favorable à la protection de la 
plaie que la formation d'un caillot qui empêche l'accès 
de tout corps étranger jusqu'à elle. Après un nettoyage 
complet des téguments périphériques, on procédera à. 
un pansement d'urgence qui devra avant tout être pro- 
pre. Quelques mouchoirs récemment lavés suffiront en 
attendant que l'on ait à sa disposition de la gaze anti- 
septique, de l'ouate, en un mot tout ce qu'il faudra 
pour un pansement plus complet. Pourquoi, si les cir- 
constances s'y prêtaient, ne ferait-on pas bouillir le 
linge destiné à couvrir la plaie pendant dix à quinze 



DES PANSEMENTS DANS LES PRINCIPALES RÉGIONS. 303 

minutes? On aurait de la sorte, en attendant mieux, un. 
pansement aseptique. Le tout sera maintenu à l'aide 
d'une bande qui comprimera modérément la région 
blessée. Celle-ci sera immobilisée le mieux possible à 
l'aide d'une attelle improvisée, surtout si l'on soup- 
çonne une pénétration articulaire ou s'il s'agit d'une 
fracture compliquée. 

En résumé, quelle que soit la plaie, le premier objec- 
tif bien entendu est de parer aux complications immé- 
diates, telles que l'hémorrhagie, la présence de corps 
étrangers, etc. ; mais en même temps il faudra prendre 
toutes les mesures pour en atténuer l'infection, si celle- 
ci existe déjà et pour l'empêcher si elle n'existe pas, 
quitte à faire ensuite ce qu'il faut pour son asepsie ou 
son antisepsie définitive. 

Des pansements aseptiques et antiseptiques dans les 
principales régions. 

Nous les diviserons au point de vue pratique de la fa- 
çon suivante : 

Membres, tète, cou, thorax, abdomen, organes gé- 
nitaux externes, anus et rectum. 

Pour les plaies opératoires ou accidentelles des 
membres, le pansement est en général assez facile à 
appliquer, les régions se prêtant à une adaptation 
exacte et à une compression méthodique. Qu'il s'agisse 
du membre supérieur ou du membre inférieur, le chi- 
rurgien peut se trouver en face d'une plaie sans solu- 
tion de continuité des os ou des articulations, ou bien 
d'une plaie avec fracture ou division des os, ouver- 
ture ou résection d'une articulation. Dans le premier 
cas, une immobilité complète est inutile ; dans le se- 
cond l'immobilisation par un appareil est absolument 
indiquée, et il faut combiner cette immobilisation avec 
un pansement qui puisse rester en place aussi long- 
temps que possible. Dans le premier cas, on fera sui- 



304 DES PANSEMENTS. 

vantles circonstances le pansement sec ouaté aseptique 
ou antiseptique en ayant soin de recouvrir largement 
les parties au-dessus et au-dessous du foyer traumati- 
que ou opératoire. 

S'il s'agit, par exemple, d'une plaie au milieu de la 
jambe, on devra entourer toute la jambe depuis le pied 
jusqu'au genou; s'agit-il d'une plaie du pied, envelop- 
per tout le pied jusqu'au-dessus du cou-de-pied. 

Quand on fera un pansement humide, ces mêmes 
précautions ne sont plus à prendre et il y a tout avan- 
tage à ne pas macérer plus qu'il ne faut les téguments. 

Lorsqu'il s'agit d'immobiliser le membre, ou une de 
ses jointures, voici comment on peut s'y prendre: S'il 
s'agit, par exemple, d'une ostéotomie supra-condy- 
lienne, d'une arthrotomie du genou faites dans des con- 
ditions d'asepsie et d'antisepsie qui donnent toute 
sécurité, on appliquera, après une hémostase aussi 
parfaite que possible, un pansement de peu d'épaisseur 
d'ouate ou de gaze bien maintenu et rendu compressif 
à l'aide d'une bande de tarlatane. Par-dessus l'on met- 
tra les attelles ou la gouttière plâtrée avec l'intention 
de laisser jusqu'au bout de la consolidation de l'ostéo- 
tomie, par exemple, appareil et pansement. 

S'il s'agit d'une résection du genou sans ligature 
ni drainage, l'on agira de même, mais en ayant soin, 
le pansement appliqué et bien serré tout autour de 
l'articulation réséquée, puis le plâtre une fois mis par- 
dessus, de tenir le membre élevé à 45 degrés au moins 
pendant vingt-quatre heures, de façon à éviter l'hé- 
morrhagie et le suintement dans l'appareil. Nous avons 
l'habitude de protéger celui-ci, quand nous craignons 
un peu d'écoulement sanguin une fois le tube d'Es- 
march enlevé, par un morceau de taffetas gommé qui 
se moule sur la gouttière, mais laisse absolument à dé- 
couvert toute la demi-circonférence antérieure du 
genou, de façon à ne pas s'opposer à l'évaporation et à 
la dessiccation des pièces du pansement. Par-dessus 



DES PANSEMENTS DANS LES PRINCIPALES RÉGIONS. 30o 

l'appareil plâtré que l'on pourra confectionner en em- 
ployant une solution de sublimé à 1/5000 au lieu 
d'eau, on roule une bonne couche d'ouate destinée à 
compléter la compression sur la face antérieure de 
l'articulation réséquée. 

Si l'on a fait, pour une raison ou pour une autre, le 
drainage et des ligatures, mieux vaut attendre pour 
mettre un appareil plâtré définitif, trois à quatre se- 
maines. Le membre pansé sera placé sur l'attelle à 
pédale de Volkmann modifiée par Bœckel, et y sera 
maintenu de façon à rendre indépendante comme 
pansement la région opérée. Il suffît pour cela de fixer 
le membre par de la ouate et des circulaires sur l'at- 
telle, au-dessus et au-dessous du genou. Le pansement 
proprement dit ne sera fait qu'après et pourra de 
cette façon être enlevé sans mobiliser le foyer de la 
résection. 

Il nous est impossible d'examiner ici toutes les cir- 
constances si variées qui peuvent se présenter au chi- 
rurgien ; mais toujours du moment que la lésion ou 
l'opération s'y prêteront, il faudra tendre vers le panse- 
ment rare et si cela est possible, unique, jusqu'à la fin 
de la guérison. 

Pour les plaies chirurgicales ou accidentelles du 
crâne^ le meilleur pansement est le pansement ouaté 
aseptique ou antiseptique recouvert par une bande de 
tarlatane mouillée disposée en capeline de façon à enve- 
lopper toute la région et à fermer tous les interstices. 
S'il s'agissait d'une plaie petite non contuse, une sim- 
ple cuirasse de coUodion iodoformé ou salolé par-des- 
sus un peu de gaze antiseptique ou aseptique suivant 
les cas, suffira pour amener la cicatrisation. 

Pour la face^ l'application du pansement à la gaze ou 
à l'ouate recouverte de collodion, ou du pansement 
coUocJionné simple, est ce qu'il y a de mieux et de 
moins gênant pour le blessé ou l'opéré. Il sera, par 
exemple, de mise pour toutes les autoplasties où l'on 



306 DES PANSEMENTS. 

aura obtenu un affrontement parfait des téguments et 
pourra rester en place jusqu'à l'ablalion des points 
de suture. 

Lorsqu'il s'agit de lésions plus sérieuses, il peut être 
nécessaire d'appliquer le pansement sec ordinaire ou 
même un pansement humide. On n'emploiera dans ce 
dernier cas que des antiseptiques faibles, et en particu- 
lier les compresses de lint borique présentent alors 
de réels avantages. 

Lorsqu'il s'agit de plaies cavitaires, à la suite de ré- 
sections, d'évidements, le tamponnement à la gaze iodo- 
formée est certes ce qu'il y a de plus sûr, par exemple, 
après toutes les interventions larges sur l'orbite, les 
fosses nasales, les maxillaires. Ce tamponnement sera 
du même coup hémostatique et protecteur, et combiné,, 
lorsque le foyer s'ouvrira dans la bouche ou les fosses 
nasales, avec des lavages et des irrigations antisepti- 
ques inoffensives au chloral, à l'acide borique, à l'acide 
thymique, etc., etc. 

Pour les plaies de la face non cavitaires et non in- 
fectables, le drainage est absolument inutile; la réu- 
nion est très rapide et il y a grand intérêt à enlever 
rapidement les fils de suture pour que la cicatrice soit 
la plus régulière possible. 

Les plaies accidentelles ou opératoires du cou se pré- 
sentent dans deux conditions ; tantôt elles sont de peu 
d'importance, n'intéressent que des tissus ou des- 
organes superficiels : tantôt au contraire elles sont 
profondes et ont ouvert les espaces celluleux péri-laryn- 
gien, péri-trachéaux, péri-vasculaires. 

Dans le premier cas, rien de bien spécial à dire ; 
dans le second cas, il peut être utile de combiner le 
pansement de façon à immobiliser autant que possible 
la région et empêcher les mouvements qui pourraient 
nuire à la réunion profonde. C'est dans ces circons- 
tances qu'il est bon d'intercaler dans le pansement 
qui doit recouvrir le cou et prendre point d'appui sur 



DES PANSEMENTS DANS LES PRINCIPALES RÉGIONS. 307 

la tête et le haut de la poitrine, une ou deux attelles de 
fil de fer ou de plâtre qui maintiennent l'immobilité de 
la région. C'est surtout aux larges opérations sur les 
goitres que s'appliquent ces recommandations. Dans 
les cas d'énucléation simple de goitres solides ou 
liquides, le pansement ordinaire suffit, mais il doit re- 
couvrir non seulement le cou, mais encore la tête et le 
haut du thorax. Souvent alors il a besoin d'être renou- 
velé dès le premier ou le deuxième jour, parce qu'il y 
a assez souvent, malgré le tamponnement et à cause de 
la difficulté de la compression méthodique, un suinte- 
ment sanguin plus ou moins considérable. 

Les pansements appliqués sur le thorax ne présen- 
tent rien de particulier. Toutes les fois que l'aisselle 
aura été intéressée, il sera bon d'immobiliser en même 
temps le membre supérieur pour favoriser le recolle- 
ment des tissus divisés. Le pansement après une opé- 
ration d'ablation totale de la mamelle avec évidem- 
ment de l'aisselle est typique à cet égard. 

L'on aura soin d'envelopper largement tout le 
thorax, puis toute la racine du membre correspon- 
dant au côté opéré, de soutenir le bras appliqué 
contre le tronc et de comprimer les parties molles axil- 
laires à l'aide de la même bande ou de toute autre dis- 
position que l'on trouvera commode. 

VowvV abdomen et en particulier pour les parois, la 
compression étant difficile, il faudra veiller à la soli- 
darisation des différents plans par la suture, et s'il y 
a à craindre des espaces morts, drainer pour éviter 
les accumulations de sang et les suppurations consé- 
cutives. 

La classique ceinture de flanelle par-dessus un pan- 
sement ouaté hien épais et très large qui immobilise 
et comprime, est ce qu'il y a de plus simple et très 
efficace pour toutes les plaies qui résultent de lapa- 
rotomies médianes et latérales. 

11 peut y avoir intérêt à associer la glace en perma- 



308 DES PANSEMENTS. 

nence à un pansement aseptique ou antiseptique pen- 
dant les deux ou trois premiers jours qui suivent une 
laparotomie grave. Dans ces cas, panser la ligne de 
réunion comme toujours, mais en ne mettant sur elle 
qu'une couche de ouate aseptique, puis par-dessus et 
la dépassant assez largement en haut en bas et de 
côté, un morceau de taffetas imperméable qui ne soit 
pas suffisant néanmoins pour empêcher la dessiccation 
du pansement. Par dessus la ceinture de flanelle bien 
serrée, disposer deux, trois vessies de glace herméti- 
quement closes, maintenues à l'aide du cerceau tradi- 
tionnel. 

Les plaies et opérations sur les régions inguinale^ 
sus-pubienne^ et les bourses chez l'homme, réclament 
le même pansement. 11 faut de toute nécessité pour le 
bien fermer, embrasser les deux cuisses à leur partie 
supérieure, la partie inférieure de l'abdomen et toute 
la région périnéale, à l'aide d'un double spica, avec 
entre-croisement des bandes au niveau du périnée. On 
laissera libre la région anale et la verge, et Ton pro- 
tégera le pansement ainsi appliqué et qui ne se dérange 
que difficilement, avec un taffetas gommé, qui donne 
passage au pénis et empêche l'urine de le souiller tout 
en ne l'empêchant pas de se dessécher. C'est ainsi que 
nous pansons constamment nos cures radicales de her- 
nies, les castrations, les résections du scrotum, etc., etc. 
Le pansement aseptique donne d'excellents résultats, 
mais à la condition que les lignes de suture soient lar- 
gement protégées. Pour peu qu'il y ait doute, il vaut 
mieux employer le pansement antiseptique. 

Quand il s'agit des opérations pratiquées sur les or- 
ganes génitaux externes^ le périnée ou encore par la 
voie vaginale chez la femme, c'est toujours le panse- 
ment antiseptique qui nous sert; qu'il s'agisse du cu- 
rettage, de l'amputation du col, de l'ablation des 
fibromes, etc., des opérations anaplastiques sur le 
vagin, c'est le tamponnement à la gaze iodoformée que 



DES PANSEMENTS DANS LES PRINCIPALES RÉGIONS. 309 

nous employons couramment; on le maintient, s'il doit 
exercer une compression, à l'aide de plusieurs feuilles 
d'ouate protégeant la vulve et le périnée et d'un ban- 
dage large en T. 

Quand la vulve et le périnée sont seuls intéressés, 
la gaze iodoformée y est directement appliquée ; puis 
de l'ouate et un bandage en T. 

On préviendra la souillure par l'urine en sondant 
l'opérée, et si le cathétérisme est difficile, en mettant 
pendant quarante-huit heures une sonde h demeure. 
Si l'opérée peut uriner seule et qu'on ne veuille pas 
employer la sonde, il suffit de laver largement avec 
de l'eau boriquéé ou mieux de la solution de sublimé 
à i/oOOO après chaque besoin accomph, puis de refaire 
le pansement superficiel. 

Nous avons l'habitude de faire aller nos opérées à 
la selle dès le deuxième jour après l'intervention, en 
leur administrant un purgatif doux; l'on veillera, une 
fois l'effet produit, à la propreté et à l'antisepsie de la 
région par des lavages avec le sublimé à 1/oGOO. 

Voici le pansement que nous avons adopté en même 
temps que bien d'autres pour l'hystérectomie vaginale 
totale : Les longues pinces à forcipressure qui tiennent 
les ligaments larges sont disposées les unes à droite, les 
autres à gauche ; de longues mèches de gaze iodofor- 
mée munies de fil sont enfoncées sur une pince ou 
plutôt le doigt entre les deux séries de'clamps de façon 
à coiffer leurs extrémités et à ne permettre aucun con- 
tact avec les organes pelviens. Puis le vagin est rempli 
de mèches de gaze disposées de façon à protéger les 
parois contre l'action des instruments. Préalablement 
on a mis une sonde de Pezzer à demeure ; elle restera 
aussi longtemps que les pinces elles-mêmes, c'est-à- 
dire quarante-huit heures. Le tout, à la sortie du vagin, 
est entouré d'ouate maintenue par un large bandage 
en T ; puis l'opérée est couchée le siège élevé et les 
jambes repliées sur les cuisses à l'aide d'un coussin 



310 DES PANSEMENTS. 

glissé sous les genoux de façon que les pinces ne 
puissent toucher le lit par leurs anneaux. Ce n'est qu'au 
Lout de quarante-huit heures qu'elles sont enlevées,ainsi 
que la sonde. La gaze reste en place, s'il n'y a pas 
eu trop de suintement; dans le cas contraire, on débar- 
rasse le vagin de plusieurs mèches en tirant douce- 
ment sur elles jusqu'à ce qu'on éprouve une trop 
grande résistance. On renoue de nouveaux fils sur les 
bouts qui dépassent et on ne fait qu'un lavage super- 
ficiel. Ce n'est que le quatrième jour que tout le pan- 
sement vaginal est changé, et qu'on peut faire alors 
un large lavage en ayant soin d'écarter les parois avec 
deux doigts placés sur l'inférieure, de sorte que tout 
le liquide ressorte facilement et ne puisse rompre au- 
cune adhérence protectrice. A partir de ce moment, 
pansement tous les deux jours. La gaze iodoformée 
rend ici les services les plus incontestables et donne 
d'excellents résultats. 

Cela est encore le cas lorsqu'il s'agira de panse- 
ments à appliquer sur la région anorectale. Ici, pas 
plus que pour le vagin et la vulve, il n'y a à songer à 
l'asepsie. C'est de l'antisepsie qu'il faut faire. Le grand 
ennui c'est le contact de la ligne de réunion ou de la 
plaie avec les matières. C'est pour y obvier qu'on re- 
tarde le plus longtemps possible la première selle, en 
constipant artificiellement l'opéré pendant une période 
de cinq, huit et même dix jours. Cela peut avoir des 
inconvénients ou peut être impossible. En général, 
nous retardons la selle trois à quatre jours au plus, 
puis donnons un léger laxatif dont nous combinons 
l'effet avec un lavage rectal borique ou naphtolé. 
La réunion est généralement suffisante pour qu'il n'y 
ait plus d'infection, ou au moins celle-ci sera très 
limitée et ne s'étendra pas. Nous n'entrerons pas 
dans plus de détails, chaque intervention comportant 
des indications différentes au point de vue de la tech- 
nique du pansement. 



QUATRIEME PARTIE 

ASEPSIE ET ANTISEPSIE — INDICATIONS 



CHAPITRE PREMIER 

L'ASEPSIE ET L'ANTISEPSIE SUIVANT 
LES MILIEUX 

(hôpital, ville, campagne) 

De l'asepsie et de l'antisepsie à l'hôpital. 

C'est surtout dans la pratique hospitalière que l'a- 
sepsie et l'antisepsie ont absolument changé la face des 
choses ; c'est dans ces milieux où sévissaient encore, 
il y a tantôt quinze ans, toutes les complications septi- 
ques des plaies accidentelles et opératoires, qu'elles 
remportent et remporteront leurs plus beaux triomphes. 

Il suffit de constater actuellement la mortalité géné- 
rale d'un service de chirurgie, étant donné le grand 
nombre des interventions qui s'y pratiquent, pour se 
convaincre des immenses services que nous rend 
chaque jour l'application stricte et rigoureuse des 
préceptes de la méthode listérienne. C'est à peine si 
les élèves qui suivent actuellement nos cUniques peu- 
vent encore se rendre compte de ce que sont les acci- 
dents infectieux des plaies ; ce n'est que très rarement 
et sur un cas presque toujours importé du dehors, qu'il 
leur est loisible d'étudier l'érysipèle, les septicémies 
et l'infection purulente qui enlevaient autrefois un si 
grand nombre de blessés et d'opérés. 

La notion qui à notre avis doit dominer toute la 
chirurgie hospitalière, c'est celle de l'infection par 



312 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

contact. Du jour où le chirurgien en a été pénétré, et 
a pris les dispositions les meilleures pour l'atténuer ou 
l'empêcher, il a diminué par cela même la fréquence 
des complications primitives ou secondaires. 

C'est l'étude de ces mesures et de ces dispositions 
que nous allons entreprendre maintenant. 

De la disposition actuelle cVun service de chirurgie. 

Actuellement, étant données les connaissances que 
nous possédons sur la pathogénie des infections chi- 
rurgicales, des suppurations simples comme des com- 
plications septiques, tout service de chirurgie doit être 
divisé en deux parties : l'une comprenant les non-in- 
fectés; l'autre les infectés ou suspects d'infection. 

Dans la première catégorie doivent être rangés tous 
les malades atteints d'affections non suppurantes et 
justiciables d'une opération, tous les traumatismes 
fermés. 

Dans la seconde seront classés tous les blessés pré- 
sentant un foyer traumatique ouvert, tous les malades 
atteints de lésions suppurantes, ulcéreuses, à plus 
forte raison ceux chez lesquels est survenue une com- 
plication telle que lymphangite, phlébite, érysipèle, 
septicémie, etc., etc. En un mot, la première partie 
comprendra tous les blessés et futurs opérés indemnes 
de toute infection ; la seconde englobera tous les autres, 
les infectés ou suspects d'infection. 

C'est là la division fondamentale et sur l'utilité de 
laquelle il est, nous l'espérons, superflu d'insister; 
mais pour qu'elle porte ses fruits, il est absolument 
indispensable que la dichotomie de local réponde aussi 
à une dichotomie de personnel, pour Tes soins à donner 
aux blessés et opérés. Nous y reviendrons. 

Le professeur Terrier, dans une lettre adressée au di- 
recteur général de l'assistance publique, indiquait, outre 
cette division en infectés et non-infectés, une troisième 



DE l'asepsie et DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 313 

catégorie composée des suspects, que nous avons rangés 
soit parmi les infectés, soit parmi les non-intéctés. 

Les malades chirurgicaux suspects sont tous ceux 
qui portent une lésion opératoire ou accidentelle non 
certainement aseptique et pouvant devenir le point de 
départ de complications septiques par contamination. 

Voici par exemple un blessé qui nous vient du de- 
hors et auquel on a pratiqué, hors du service, une 
réunion pour une large plaie à lambeau du cuir che- 
velu. Théoriquement, c'est un suspect ; nous ne savons 
nullement si la réunion prendra, s'il n'y aura pas de 
suppuration. Nous le placerons parmi les aseptiques et 
l'y laisserons si rien ne vient nous démontrer que de la 
suppuration se produise ; à, la moindre alerte, il sera éva- 
cué chez les infectés et là seulement pansé et désinfecté. 

Voici par contre un blessé porteur d'une plaie con- 
tuse qu'on a cherché à réunir quand même et qui se 
présente dans des conditions telles que nous ne puis- 
sions nous attendre à un succès, tout en n'ayant pas 
le droit jusqu'à nouvel ordre de discerner la place qui 
peut-être pourra se réunir. Nous le placerons parmi 
les infectés où, grâce à la pratique de l'antisepsie, il 
ne courra aucun risque. 

Notre collègue et ami Qilénu (1) a cherché à réaliser 
une installation chirurgicale qui réponde au deside- 
ratum exprimé par le professeur Terrier, et nous trou- 
vons dans le Progrès médical la description du service 
dont la construction vient d'être achevée. 

Il comprend trois salles : une salle médiane dite d'ex- 
pectation ou de suspects ; une à droite delà précédente, 
salle des aseptiques opérés ou à opérer, et une à gau- 
che, salle des septiques. Chacune de ces salles a 'son 
autonomie comme personnel. 

Nous sommes convaincu que cette distinction répond 
à une idée excellente, en théorie ; par contre nous ne 

(1) Quénu et Rochet, Plan d'im nouveau service de chirurgie à 
Vhôpital Cochin {Progrès médical, p. 395, 1891). 

ScHWARTz, Asepsie et Antisepsie. 18 



314 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

croyons pas que pratiquement elle réalise un grand 
perfectionnement sur la division si simple en infectés 
€t non infectés, surtout si l'on compare la simplicité 
de fonctionnement quand il n'y a que deux classes, à la 
complexité qui surgit dès que l'on augmente ce nombre. 

Les salles doivent être séparées l'une de l'autre et 
avoir, au point de vue du matériel de pansement et du 
personnel, une complète autonomie. 

Nous n'avons pas à insister ici sur l'hygiène spéciale 
aux salles des blessés ou des opérés. 

Autant que possible il ne doit pas y avoir d'encom- 
brement ; l'air doit y être largement distribué et bien 
ventilé, la lumière aussi. 

La chaleur doit être modérée et distribuée par un 
appareil qui fasse le moins possible de poussière. 

On doit éviter d'entourer les lits de rideaux et autres 
attirails qui sont des nids à saletés et à germes de 
toutes sortes, et présentent bien peu d'iitilité eu égard 
aux graves inconvénients qu'ils occasionnent. 

Les parquets ou dallages, les murs et les plafonds 
doivent pouvoir être lavés à grande eau et facilement 
nettoyés. 

Tout l'ameublement, outre les lits, sera aussi simple 
que possible et disposé de façon à pouvoir subir un 
contrôle constant et rapide au point de vue de l'en- 
tretien et de la propreté. 

Chaque salle sera munie d'une table supportant les 
objets de pansement préparés d'avance et contenus 
dans des boites métalliques faciles à nettoyer et à 
rendre stériles par le lavage fréquent avec une solu- 
tion antiseptique forte d'acide phénique par exemple, 
le fla-mbage ou encore par la stérilisation à l'étuve à 
Tapeur sous pression. 

Ces boîtes contiendront les gazes aseptiques ou anti- 
septiques, les ouates et cotons hydrophiles, etc., etc.; 
les bandes de gaze, de toile, etc., etc. 

Dans des bocaux en verre hermétiquement clos seront 



DE l'asepsie et DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 315 



renfermés les 
solutions anti- 
septiques fai- 
bles ou fortes, 
les compresses 
bouillies en 
toile ou en tar- 
latane trem- 
pant dans les 
divers liquides 
dont elles de- 
vront être im- 
bibées, les tam- 
pons et les 
bourdonnets 
d'ouate. 

Chaque salle 
encore sera 
munie de lava- 
bos (fig. 40) 
permettant de 
se laver les 
mains avant 
chaque panse- 
ment; ces lava- 
bos seront dis- 
posés de façon 
à distribuer de 
l'eau bouillie 
chaude et une 
solution anti - 
septique de su- 
blimé à 1/lCOO; 
ils porteront 
sur des pla- 
quettes faciles 
à nettoyer, les 




Fig. 40. - Lavabo roulant, simple. 



316 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

savons, les cure-ongles, tandis que les brosses à ongles 
tremperont dans un bocal contenant aussi de la liqueur 
de Van Swieten. 

Nous avons vu dans le service de notre maître le 
professeur Le Dentu, un dispositif qui réalise très bien 
ces divers desiderata. 

L'appareil consiste en une table garnie de deux cu- 
vettes au-dessus desquelles se trouvent deux barillets 
en verre, munis de robinets, l'un contenant de l'eau 
bouillie, l'autre contenant une solution de sublimé au 
1/1000; au support des barillets sont annexés une sa- 
vonnette et un récipient qui contient, dans de la 
liqueur de Van Swieten pure ou atténuée, les brosses 
servant au lavage (fîg. 41). 

Chaque service chirurgical doit être doté d'une pièce 
d'attente où les blessés ou malades entrants seront 
déshabillés, d'une salle de bains où tous ceux qui pour- 
ront être baignés sans inconvénients, le seront avant 
leur entrée dans la salle à laquelle ils doivent être 
affectés. Les vêtements fournis par l'hôpital et conve- 
nablement désinfectés ne leur seront donnés que 
lorsque ces mesures auront été prises. 

Outre la salle d'attente, la salle de bains, la salle des 
lavabos, le chirurgien dev^a avoir à sa disposition 
deux ou trois chambres d'isolement destinées soit à 
des sujets infectés très gravement atteints, de maladies 
facilement transmissibles, soit encore à des délirants, 
pouvant troubler le repos de leurs camarades. 

Y a-t-il nécessité à affecter une petite salle spéciale 
à la confection des pansements chez les grands blessés 
et opérés ? Nous ne le croyons pas. Il nous semble que 
lorsque Ton prend après chaque pansement les pré- 
cautions nécessaires, le chirurgien peut et doit sous- 
traire le patient au déplacement, aux mouvements que 
comporte le changement de lit, le transport dans une 
autre salle, etc. 

Nous savons bien que ces inconvénients peuvent 



DE L ASEPSIE ET DE L ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 317 

être évités, grâce à des appareils qui soulèvent d'abord, 
puis soutiennent le lit même où est couché le blessé, 
enfin servent à le rouler dans la salle de pansements. 
Nous en avons vu fonctionner un qui nous a paru très 
simple, et par conséquent très pratique, dans le service 
du professeur Kocher, de Berne. 

Il consiste en un chariot roulant qui s'introduit sous 




Fig. 41. — Lavabo fixe à deux places. 

le lit et qui à l'aide d'un levier s'exhausse, fait quitter 
le sol aux pieds de la couche et permet ensuite de le 
conduire où bon vous semble (salle de pansement, 
salle de chloroformisation, salle d'opération, etc.). 
Malgré ces perfectionnements, la salle de panse- 
ment nous paraît superflue pour les opérés et blessés 
du service môme; par contre elle servira à ceux qui, 

18. 



318 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

venant da dehors, viennent se faire panser pour de 
petites opérations ou des blessures qui ne les retien- 
nent pas à l'hôpital. 

Avant d'entrer dans les salles, chirurgiens et aides 
devront se dévêtir de leur vêtement de ville, et se cou- 
vrir d'une blouse blanche propre dont les manches 
sont coupées au niveau du coude de façon à laisser 
libres et nus les avant-bras. Ces blouses ne doivent 
servir que dans le service et être quittées dès que les 
pansements sont terminés. 

Le personnel affecté à la salle des non-infectés ne 
devra, sous aucun prétexte, toucher et faire un panse- 
ment dans celle des infectés ; et réciproquement, il 
doit être interdit à tout panseur soignant un blessé ou 
opéré suppurant, de faire ensuite un pansement sur 
un blessé ou opéré aseptique. 

Toutes les fois qu'il existe dans la salle des infectés 
un malade atteint d'une complication septique apportée 
du dehors ou née sur place, il sera bon, si la chose est 
possible, de lui attribuer un seul panseur qui ne tou- 
chera à aucun autre opéré ou blessé. Si le nombre des 
aides et infirmiers est insuffisant pour permettre un 
pareil luxe, c'est lorsque tous les pansements auront 
été faits qu'il faudra procéder à celui qui présente le 
plus de dangers au point de vue de la contamination. 
Insister dans les cas de septicémies graves sur un la- 
vage minutieux des mains, après désinfection par le 
permanganate de potasse et le bisulfite de soude. 11 
est presque inutile de dire que le chirurgien devra 
toujours commencer sa visite par la salle des non-in- 
fectés et terminer par l'examen et le pansement des 
cas graves de suppuration et d'infection. 

Il devra veiller à la désinfection rigoureuse des ins- 
truments qui doivent servir aux explorations; ces pré- 
cautions sont surtout indiquées dans la salle des sup- 
purants; le flambage rapide sur une lampe à alcool 
ou un brûleur à gaz, le séjour dans une solution phé- 



DE L ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE A L'ROPITAL. 319 

niqiiée forte, nous servent journellement et d'une façon 
très efficace. 

Toutes les fois que l'on devra lever un pansement 
chez un blessé ou opéré suppurant, ou atteint d'une 
complication septique des plaies, l'on devra, autant 
que possible, ne pas toucher directement ni les pièces 
du pansement souillé, ni la plaie elle-même; il faudra 
se servir d'un instrument stérilisé et facilement stérili- 
sable pour découvrir le foyer de la blessure et de 
l'opération (pince à pansement), qu'on désinfectera im- 
médiatement après; c'est là un précepte qu'il faut incul- 
quer à ses aides, à ses élèves ; moins on touche au pus 
et plus on aura de chances de posséder des doigts 
indemnes ou tout au moins faciles à désinfecter. 

Les pansements souillés reçus dans des bassins ou- 
cuvettes qui ne serviront que pour cet usage, seront 
immédiatement enlevés et renfermés dans une caisse 
hermétiquement fermée, disposée dans chaque salle. 
Cette caisse sera journellement emportée, vidée, net- 
toyée, puis seulement alors replacée dans la salle à 
laquelle elle est affectée. 

Des opérations. — Nous avons montré en temps 
et lieu comment l'asepsie et l'antisepsie intervenaient, 
dans leur exécution. 

L'on doit se poser comme règle de ne jamais tou- 
cher un blessé ou un opéré suppurant avant d'entre- 
prendre une opération sur un sujet non infecté. Aussi 
avons-nous l'habitude de débuter par les interventions 
chez les non-infectés avant de procéder à la visite et 
aux pansements ; la même règle doit être suivie par 
les aides qui nous secondent dans l'acte opératoire. 

Quand il s'agit d'opérations sur des sujets suppurants 
ou infectés, elles devront être rejetées au moment où 
l'on aura opéré et pansé tous ceux qui sont aseptiques. 

De même qu'il doit y avoir une séparation com- 
plète entre les infectés et les non-infectés, de même il 
sera indiqué de posséder deux locaux différents pour 



320 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

les opérés, l'un annexé à la salle des aseptiques, l'au- 
tre h celle des septiques. 

C'est ce que nous avons réalisé dans notre service à 
l'hôpital Gochin; c'est ce que nous réaliserons plus 
complètement encore dans celui qui est depuis peu 
achevé. Tandis qu'on cherchera à combiner l'asepsie 
et l'antisepsie, et même à faire de l'asepsie opératoire 
et des pansements aussi complète que possible dans 
le premier, dans le second l'antisepsie doit régner 
en maîtresse. 

Le personnel affecté à la salle des aseptiques nous 
aidera dans toutes les interventions où il n'y a pas de 
suppuration ; celui qui s'occupe de Ja salle des infectés 
nous secondera dans toutes celles où la plaie ou la 
blessure sont contaminées. 

En résumé, séparation aussi complète que possible 
entre les infectés et les non-infeclés au point de vue 
des opérations et des pansements, telle est la condition 
fondamentale, à notre avis, du bon fonctionnement d'un 
service chirurgical actuel. 

Des salles d'opérations. — La salle pour les 
opérations dites aseptiques sera aménagée aussi sim- 
plement que possible. Elle devra être exposée au nord 
de façon à ne pas recevoir les rayons du soleil directe- 
ment, être éclairée sur le côté et surtout par en haut. 
Le chauffage sera assuré par un appareil ne faisant 
que peu de poussière ; ce qu'il y aura de mieux sera le 
poêle en faïence, mais se chargeant en dehors de la 
salle, ou bien encore un calorifère présentant aux en- 
virons de la bouche de chaleur un dispositif spécial 
pour filtrer les poussières si abondantes que produit 
ce mode de chauffage. La température devra pouvoir 
rapidement atteindre de 20° à 25°. Les murs seront 
construits de façon h pouvoir être nettoyés et lavés à 
grande eau; la peinture à l'huile paraît encore ce qu'il 
y a de mieux e de moins cher. Les angles seront 
partout émoussés de façon à rendre facile le nettoyage 



DE l'asepsie et DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 321 

et difficile le dépôt de poussières de toutes sortes. Le 
sol sera un ciment ou un carrelage disposé de façon à 
ne pas laisser de vides entre les carreaux, légèrement 
incliné vers un des angles de la pièce pour favoriser 
l'écoulement des liquides servant aux lavages. Ceux- 
ci se feront à l'aide d'une prise d'eau disposée dans un 
des angles de la salle sur laquelle on pourra visser 
un tube muni d'une lance. La salle d'opérations ne 
devra contenir comme mobilier que la table à opéra- 
tion, deux ou trois tabourets, une ou deux tables 
étagères avec plaques de verre, une table à plateau 
pour les instruments, enfm l'appareil nécessaire pour 
le lavage des mains. 

Le chauffe-linge, les étuves, les bocaux contenant 
les solutions antiseptiques ; tout le matéi'iel des liga- 
tures et des sutures, les bocaux à drains, à compres- 
ses, à tampons, à éponges, seront disposés dans une 
salle adjacente, communiquant facilement avec l'am- 
phithéâtre d'opérations; c'est là aussi que se trouve- 
ront la vitrine des instruments, les appareils à eau 
stérilisée et à eau filtrée et bouillie qui devront alimen- 
ter les robinets destinés au lavage des mains. 

En somme la salle d'opérations sera nue, aussi peu 
chargée que possible de reliefs pouvant devenir des 
nids à poussière; toute la tuyauterie sera reléguée dans 
la pièce latérale qui servira de laboratoire à celui ou 
celle préposée à la préparation des instruments, des 
tampons, compresses, fils, etc., etc.; en un mot de 
tous les accessoires d'une opération. 

Il est de toute nécessité, la préparation des panse- 
ments, la stérilisation des gazes, ouates, tampons, fils, 
celle des instruments, etc., jouant un rôle fondamental 
dans la pratique de l'asepsie et de l'antisepsie, qu'une per- 
sonne spéciale soit affectée à ces diverses manipulations. 

Elle ne devra toucher à rien qu'aux matériaux et 
aux appareils qui doivent lui servir, veiller à leur en- 
tretien et être convaincue que la propreté minutieuse 



322 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 



est pour elle comme pour le chirurgien lui-même la 
première des qualités. 

C'est elle aussi qui devra préparer la salle d'opéra- 
tions avec tous ses accessoires et les tenir constamment 
en bon état. 





Fig. 42. — Table chirurgicale de Mathieu. 

La table à opérations que nous employons constam- 
ment et dont nous sommes d'ailleurs très satisfait est 
celle de Mathieu. Elle est démontable en deux parties, 
toute en mêlai nickelé, facile à nettoyer et à tenir pro- 



DE l'asepsie et DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 323 

pre : elle peut être facilement transformée en une table 
de gynécologie en enlevant la partie podale, celle sur 
laquelle reposent les jambes, et en Ja remplaçant soit 
par des étriers qui s'adaptent de chaque côté, soit par 




Fig. 43. — Table chirurgicale démontable à inclinaison et élévation 
variables de Mathieu. 



des gouttières ou des béquilles destinées à soutenir les 
genoux (fig. 42 et 43). 

La nouvelle table de Mathieu permet, outre les dis- 
positions que nous venons d'indiquer, de mettre le 
tronc et la tête en bas dans la position dite de Trende- 
lenbourg, dans les cas où l'on a affaire à des opérations 
abdominales; nous ne ferons que nommer les lits à 



324 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 



opérations susceptibles d'être chauffés comme ceux 
de Socin, de Julliard, de Genève; le petit lit de Mariaud 
qui présente de réels avantages pour les chirurgiens 
qui font encore les laparatomies en se tenant entre les 
deux cuisses du ou de la malade, celle de Reverdin. 
Notre table à instruments est celle de Lucas-Cham- 
pionnière; elle est simple, peu coûteuse, facile à nettoyer 
et à tenir aseptique, très peu encombrante. Grâce h. 




Fig. 44. — Table à instruments de Lucas-Championnière (Collin), 

ses plateaux de grandeur variable, les instruments 
peuvent être facilement classés et séparés, et par cela 
même sont plus aisés à reconnaître par le chirurgien 
qui doit s'en servir. 

Les tables étagères (fîg. 45) consistent en tables à 
montures nickelées, portant deux grandes plaques en 
verre superposées. Ces tables placées de chaque côté 
de la table d'opérations, servent à porter les cuvettes 
en verre destinées aux solutions antiseptiques» les bo- 



DE L ASEPSIE ET DE L ANTISEPSIE A L HOPITAL. 325 

eaux à tampons, à compresses, à éponges, les flacons 
ou autres récipients renfermant ligatures et sutures. 
Quelques tabourets en bois peints à l'huile et de hau- 
teur suffisante pour les opérations gynécologiques, 
quelques porte-cuvettes et les lavabos compléteront le 
matériel de la salle d'opérations. 




Fio-. 45. — Table à étaecres. 



Les porte-cuvettes consistent en des trépieds en fer 
peints en blanc, suffisamment élevés pour que l'on y 
atteigne facilement une cuvette en verre reçue dans un 
anneau auquel se fixent les pieds du trépied. Toutes 
les cuvettes ovales ou rondes qui devront recevoir les 
liquides stérilisés ou antiseptiques, les tampons, com- 
presses, etc., etc., seront de préférence en verre blanc 
ScHWARTz, Asepsie et Antisepsie. 19 



326 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

et jamais l'on ne devra s'en servir pour recevoir un 
pansement sale, un liquide ou des tissus infectés. L'on 
aura pour cet usage des récipients en faïence ou en 
porcelaine absolument distincts. Les porte-cuvettes 
seront placés près de l'opérateur et de ses aides directs 
pour lui permettre de s'y tremper et s'y frotter les mains 
de temps en temps quand elles auront été souillées. 

Les lavabos seront disposés de façon à donner de l'eau 
chaude et de l'eau froide pouvant être mélangées à vo- 
lonté, provenant d'un appareil où l'eau aura préalable- 
ment été filtrée et bouillie. Les cuvettes seront larges, 
de façon que le chirurgien et ses aides puissent se 
laver à loisir les mains et les avant-bras jusqu'au 
coude; les robinets seront à cet effet munis de petites 
pommes d'arrosoir qui disperseront le liquide sur une 
large surface. A chaque lavabo sera annexé un réci- 
pient contenant les brosses trempées dans du sublimé 
à 1/1000, puis une plaque ou savonnette renfermant 
le savon et les cure-ongles. 

Comme l'on peut avoir à flamber un instrument 
séance tenante, à chaufTer une solution destinée à un 
lavage, il sera bon d'avoir dans la salle d'opérations 
elle-même une prise de gaz à laquelle on pourra adap- 
ter un caoutchouc et un brûleur plus ou moins impor- 
tant (bec de Bunsen, brûleur spiroïde). 

L'accès de la salle d'opérations devra être interdit à 
toute personne étrangère à la préparation directe du 
matériel instrumental et de pansement. 

Toutes les opérations dites aseptiques seront prati- 
quées, comme nous l'avons déjà indiqué, dès le début 
du service, avant que les élèves et assistants aient pé- 
nétré et surtout fait aucun pansement ni aucune explo- 
ration de blessés et d'opérés. Le chirurgien et ses aides 
directs revêtiront chaque fois une blouse propre, passée 
à l'étuve s'il en existe une, et un tablier blanc. Les aides 
seront aussi peu nombreux que possible, car il faut se 
rappeler que moins il y aura de mains pour toucher à 



DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 327 

tout ce qui va servir et moins il y aura de chances d'in- 
fection. 

Sous aucun prétexte personne ne devra toucher soit 
au mate'riel instrumental aseptique, soit au matériel 
accessoire (tampons, compresses, éponges, ligatures 
et sutures), hormis le chirurgien et les aides directe- 
ment désignés. Depuis cinq à six ans nous n'employons 
plus le spray ; l'on peut, pour abattre les poussières qui 
flottent dans l'atmosphère, faire pulvériser de l'eau 
bouillie à l'aide d'un pulvérisateur tournant du modèle 
déjà décrit. Cela ne présente aucun inconvénient, mais 
devra être fait avant l'acte opératoire, pendant une à 
deux heures par exemple, et terminé au moins une 
heure avant. 

Toutes les opérations aseptiques pratiquées, l'on 
passera aux opérations sur les infectés pour lesquelles 
l'antisepsie est tout à fait de rigueur. Convaincu de 
l'importance de la séparation complète des deux catégo- 
ries de malades et de blessés, nous nous sommes 
arrangé dans notre service pour opérer dans deux lo- 
caux distincts. La salle d'opérations confinant à la salle 
des aseptiques ne sert qu'à ces derniers; une autre salle, 
que nous avons disposée de notre mieux, sert aux 
opérations faites pour des suppurations ou des infec- 
tions. 

Le matériel instrumental est dans notre service le 
même pour les deux locaux ; cela n'a aucun inconvé- 
nient quand le nettoyage et la stérihsation sont conve- 
nablement pratiqués, mais le matériel de pansement est 
coiftplètement distinct. De cette façon nous ne touchons 
jamais à un blessé ou malade suppurant qu'après avoir 
pratiqué toutes les interventions et tous les pansements 
chez ceux qui ne présentent pas de suppurations. 

Tout cela a l'air de prime abord bien compliqué, et 
rien cependant n'est plus simple comme fonctionne- 
ment pour peu que l'on ait à sa disposition un person- 
nel convaincu et bien dressé. 



328 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

Est-ce à dire qu'on ne puisse pas obtenir de très bons 
résultats en suivant une autre ligne de conduite? Nous 
ne le nions pas, mais nous sommes persuadé que cela 
est plus difficile et plus aléatoire : surtout quand on 
veut faire de l'asepsie. 

Notre collègue Lucas-Championnière ne nous a-t-il 
pas montré qu'avec une installation très simple, mais 
propre, l'antisepsie donne des succès remarquables? 

Ce n'est pas parce que tel amphithéâtre sera luxueu- 
sement installé, et aura par conséquent coûté très cher,, 
que le chirurgien verra ses opérés guérir sans aucun 
accident; c'est parce que, quel que soit le milieu où il 
opère, il ne négligera aucune des règles qui lui sont tra- 
cées et dont l'exécution lui est rendue en somme plus 
simple par la facilité de contrôler et d'assurer la pro- 
preté de tout ce qui l'entoure. 

Dans le voisinage des salles d'opérations devra se 
trouver une pièce spéciale pour donner le chloroforme. 
GommeTémotion que peut naturellement produire la vue 
de tout l'attirail d'une opération peut avoir de funeste» 
conséquences pour celui que l'on endort, il est bon de 
l'y soustraire autant que faire se peut en amenant l'a- 
nesthésie avant le transport sur la table d'opérations. 
Pour cela nos malades à opérer sont placés sur un Ht 
roulant pouvant devenir fixe à l'aide d'un mécanisme 
très simple, conduits de leur lit à la salle de chloroforme, 
puis de là, dès que le sommeil commence, amenés dans 
la salle où l'opération doit être pratiquée. 

En résumé séparation aussi complète que possible au 
point de vue des interventions et des pansements, des 
blessés et opérés en deux catégories, les non-infectés 
et les infectés ; adaptation pour chaque catégorie d'un 
personnel spécial comme aides et comme panseurs, en 
un mot mise en garde contre l'infection par contact : 
telles sont les règles essentielles qui doivent guider 
actuellement la chirurgie hospitalière. 

La meilleure démonstration de l'excellence de ces 



DE L ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 329 

préceptes, c'est la constatation des résultats obtenus. 

Grâce à cette manière d'agir nous ne voyons pour 
ainsi dire plus de suppurations après les opérations 
€hez les non- infectés, et chez les infectés ou suppurants, 
n'arrivent jamais ou presque jamais ces terribles com- 
plications des plaies que nous avions l'occasion d'obser- 
ver autrefois. 

Plus de lymphangites, plus d'érysipèles; plus de 
septicémies, d'infections purulentes, que celles qui 
nous entrent dans le service déjà en voie d'évolution. 

C'est pour parer à la contamination des autres bles- 
sés et opérés, par ceux qui en sont atteints, qu'il est de 
toute nécessité qu'à chaque salle d'infectés soient an- 
nexés plusieurs lits d'isolement logés dans une ou deux 
petites salles spéciales auxquelles on appliquera plus 
strictement encore si possible les règles de la prophy- 
laxie sur lesquellesnous avons suffisammentinsisté. Nous 
faisons suivre ces quelques considérations de la des- 
cription du nouveau service que l'administration a mis 
à notre disposition et pour la construction duquel l'ar- 
chitecte M. Rochet a constamment et très gracieuse- 
ment demandé et écouté, dans la mesure du possible, 
les avis du chef de service. 

Description du nouveau service de Vhôpital Cochin. 

Le service se compose de trois pavillons construits 
en briques, pierres, fer et bois; deux pavillons sont des- 
tinés aux malades; le troisième, qui est intermédiaire, 
aux deux premiers et relié à eux par une galerie cou- 
verte et vitrée, est le pavillon d'opération et d'isolement 
pour les grands opérés. 

Les deux pavillons de malades sont construits sur le 
même modèle et destinés l'un à recevoir des hommes, 
l'autre des femmes. 

Le pavillon des hommes, bâti de façon à être 
exhaussé à 1 mètre environ du sol, contient des sous- 



330 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

sols et un rez-de-chaussée. Nous n'entrerons pas dans 
la description du sous-sol qui comprend les vestiaires, le 
calorifère, les appareils à déversement d'eau, etc., etc. 

Le rez-de-chaussée contient deux salles principales 
séparées largement l'une de l'autre par un vestibule et 
un certain nombre de pièces. 

L'une a 16 lits, l'autre 18 ; elles sont aménagées pour 
ce nombre, mais reçoivent constamment des brancards 
qui portent le nombre de nos blessés et opérés h 50 en 
général au lieu de 36. 

La plus petite, celle de 16 lits, est réservée auxnon- 
infectés ; l'autre aux suppurations. Elles sont peintes 
en couleur blanche à l'huile qui supporte facilement 
les lavages et carrelées de petites dalles noires et blan- 
ches sur lesquelles on circule facilement et qu'on lave 
chaque jour à grande eau; chaque salle est largement 
éclairée, chauffée à l'aide de deux poêles à coke, bien 
ventilée. Nous y trouvons une grande table dressoir 
recouverte de marbre sur laquelle sont rangés les bo- 
caux contenant les solutions antiseptiques, les com- 
presses, les tampons et bourdonnets d'ouate, etc., 
des cuvettes et bassins, une cuvette où trempent pen- 
dant toute la durée de la visite les instruments néces- 
saires à une exploration. Les cuvettes en verre sont 
destinées à recevoir les solutions pour lavages ; celles 
en faïence servent à recueillir les pansements sales, le 
pus d'un abcès, etc. 

Une grande caisse de fer-blanc, hermétiquement 
close par un couvercle, est destinée à recevoir les piè- 
ces de pansements souillés. Chaque salle possède un 
lavabo à trois robinets, muni de savonnettes avec 
brosses et savon, pour le lavage des mains qui doi- 
vent ensuite tremper dans une solution de sublimé au 
1/1000. Le mobilier de chaque malade se compose d'un 
lit à sommier formé par des bandes de tôle, facile à 
nettoyer, d'une chaise de tôle peinte et vernie, d'une 
table de nuit en tôle aussi. 



DE l'asepsie et DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 331 

Le vestibule donne accès d'un côté sur une salle, 
de l'autre côté sur l'autre ; de chaque côté se trouvent 
un certain nombre de pièces. Immédiatement en en- 




Fig. 46. — Chariot à pansement. 



trant dans le pavillon, à gauche une salle d'attente et 
de déshabillage des malades, puis une salle de bains, 
puis une salle à manger que nous utilisons deux jours 
par semaine pour des conférences ; à droite une salle de 
pansements pour les blessés et opérés externes que nous 



332 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIOxNS. 

avons pour l'instant transformée en salle d'opérations 
pour les suppures et infectés, puis le cabinet du chi- 
rurgien. En face, de l'autre côté du vestibule, se trou- 
vent des lavabos pour les malades infectés, un vestiaire 
pour les élèves, puis un office, une pièce pour la sur- 
veillante, puis une autre pour les appareils et provi- 
sions de liquides et une pièce encore garnie de lavabos 
pour la salle des aseptiques. 

Au pavillon sont annexées trois chambres qui peu- 
vent servir à isoler des délirants ou des infectés très 
gravement atteints. 

Les water-closets sont disposés pour les deux salles, 
avec vidoirs, siphons de décharge, etc., etc. 

Tandis que les salles de blessés sont chauffées par 
des poêles, le vestibule est chauffé par un calorifère 
aménagé dans les sous-sols... 

Le pavillon des femmes présente une disposition ana- 
logue, mais ses deux salles principales ne sont l'une que 
de douze lits, l'autre de quatorze lits. Les salles sont 
desservies pour les pansements et le lavage des mains 
par un chariot dont nous donnons ci-contre le mo- 
dèle, très mobile, très léger et très facile à entretenir 
comme propreté (ûg. 46). 

Nous avons installé une grande salle de spéculum 
aux dépens du cabinet du chirurgien et de la salle des 
pansements externes, et un cabinet de recherches mi- 
crographiques et bactériologiques, aux dépens du 
vestiaire des élèves qui se trouve dans le pavillon des 
hommes. 

Le pavillon des opérations et chambres d'isolement 
est distribué de la façon suivante : Il se compose d'un 
bâtiment rectangulaire plus long que large, parcouru 
dans le sens de sa longueur par un couloir qui par un 
bout donne sur la cour et la galerie qui le relie au pa- 
villon des hommes, par l'autre communique par une 
galerie avec le pavillon des femmes. 

D'un côté du couloir se trouvent quatre pièces, dont 



DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 333 

une à deux lits, trois à un seul lit, dont une nous ser- 
vira, si nous le voulons, de chambre à anesthésie. A 
l'un des bouts se trouve une trappe qui est destinée à 
recevoir le linge sale et tout ce qui sort des salles d'o- 
pérations comme pièces de pansements souillés, etc. 

De l'autre côté du couloir se trouvent: 

Une grande salle d'opérations pour les non-infec- 
tés. Elle est orientée du nord 'au sud, reçoit le jour par 
en haut à l'aide d'un double châssis vitré facile à net- 
toyer et par-devant du côté du nord de façon à ne ja- 
mais recevoir le soleil directement au moins dans la 
matinée. Elle est construite et aménagée d'après les 
données indiquées plus haut ; elle est absolument nue ; 
«lie contient une table à opérations, quelques supports 
de fer peints en blanc à l'huile pour recevoir des cu- 
vettes en verre ou en faïence, quelques tabourets ; deux 
grandes vasques sont installées dans une des extré- 
mités et reçoivent de l'eau bouillie chaude et froide 
■que l'on peut mélanger à l'aide d'un appareil spécial ; 
un siphon permet de nettoyer à chaque instant les 
conduites qui déversent l'eau à l'extérieur. Près des 
vasques qui servent au lavage des mains se trouve un 
appareil complet pour la désinfection de celles-ci. Il 
comprend une étagère constituée par une solide pla- 
que de verre maintenue par deux ou trois forts sup- 
ports plantés dans le mur. Sur cette étagère sont dis- 
posés quatre barillets d'une capacité de 10 litres 
chacun, bouchés par un couvercle en verre, munis en 
bas d'un robinet et contenant les solutions suivantes : 
liqueur de Van Svv^ieten, eau phéniquée forte, solution 
de permanganate de potasse, solution de bisuKîte de 
soude; au-dessous des robinets est établie une longue 
pierre à évier qui reçoit les liquides' qui s'écoulent et 
les dirige au dehors ou dans un récipient disposé 
ad hoc. L'amphithéâtre donne aussi accès à une étuve 
chauffe-linge dont le relief est du côté de la petite salle 
qui doit servir de laboratoire; les portes seules s'ou- 

19. 



334 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

vrent du côté de la salle d'opérations, où se trouvent 
encore une ou deux tables à plaques de verre de chaque 




Fig. 47. — Étuve Sorel (nouveau modèle). 

côté de la table sur laquelle est l'opéré; nous y logeons 
en outre l'étuve de Poupinel et l'autoclave de Sorel 
nouveau modèle (fig. 47). 

L'étuve de Poupinel est partout à double paroi et du 



DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 333 



nouveau modèle, de façon à répartir plus également la 
chaleur dans tous les points de l'appareil. 

L'étuve de Sorel est celle du dernier modèle, nous 
en donnons ci-contre la figure et la description dues à 
l'obligeance de M. Adnet. 

Cet appareil présente le grand avantage de stériliser 
dans toutes ses parties et à la même température, la 
ouate, le linge, les pansements, et de les sécher, ce qui 
n'a pas encore été réalisé complètement jusqu'à ce 
jour, puisque deux appareils ont 
presque toujours été nécessaires 
pour ces opérations. — La sté- 
rilisation est obtenue par la va- 
peursous pression produitedans 
la double paroi de l'appareil, et 
que l'on fait passer dans le corps 
intérieur qui reçoit les objets à 
stériliser, au moyen d'un robi- 
net ; le séchage se fait par une 
trompe à eau, qui en faisant le 
vide dans l'intérieur fait distiller 
l'humidité fixée sur les fibres. 
— Enfin, pour rétablir la pres- 
sion normale, on introduit de 
l'air stérile par un tube de pla- 
tine porté au rouge. En voici le 

maniement : introduire h chaque opération un li- 
tre et demi d'eau dans la double paroi par le bouchon 
(T), placer la boîte mobile (A) garnie des pansements à 
stériliser en ayant soin d'enlever le couvercle inférieur 
(B) et. de le déposer sur le fond du corps intérieur 
dans la position indiquée sur la figure 48. Le couver- 
cle supérieur ne s'enlève pas, mais les trous existant 
tout autour doivent être ouverts. 

La collerette de la boîte repose sur un cordon en 
caoutchouc ; elle est munie d'un petit tube qui sert à 
ramener dans le bas du stérilisateur la vapeur con- 




Fig. 48. — Boîte pour 
l'étuve Sorel. 



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— Pavillon Lister 



338 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

densée. Pour le couvercle, on fait le joint du cou- 
vercle en bronze et de la boîte par une rondelle mo- 
bile de caoutchouc munie d'une échancrure qui doit se 
rencontrer avec l'orifice du petit tube. Serrer le bou- 
chon (T), le couvercle, fermer les robinets du bas (R-E), 
ouvrir le robinet (K) placé sur le couvercle et celui (G) 
placé sur le côté. — -Allumer le brûleur à gaz (D) aus- 
sitôt que la vapeur s'échappe parle robinet du couver- 
cle (K), le fermer, la pression s'établit jusqu'à deux at- 
mosphères, la soupape (L) est réglée une fois pour 
toutes, maintenir cette pression environ dix minutes; 
sans éteindre le brûleur à gaz, fermer le robinet (G) et 
ouvrir le robinet (E) qui comporte la trompe (F) de fa- 
çon à faire sortir la vapeur contenue dans le corps 
intérieur, le manomètre retombe à zéro, et la vapeur 
continue de circuler dans la double enveloppe, puisque 
le robinet (G) étant fermé, elle ne peut plus pénétrer 
dans l'intérieur par le trou G; la soupape de sûreté L 
permet de continuer le chauffage sans avoir à se préoc- 
cuper de la pression. 

Quand la vapeur est complètement échappée du 
corps intérieur, faire fonctionner la trompe à eau F' et 
maintenir le vide à 75°, indiqué par le manomètre jus- 
qu'à ce que le corps de la trompe soit froid. — Avant 
d'arrêter le courant d'eau de la trompe F, fermer le 
robinet E, allumer le bec de gaz H placé sur le couver- 
cle, ouvrir le robinet K, porter au rouge le tube de pla- 
tine jusqu'à ce que le manomètre soit revenu à zéro. 

L'opération est alors terminée ; ouvrir le couvercle, 
enlever la boîte A, en ayant soin de remettre aussitôt 
le couvercle inférieur et de fermer les trous du supé- 
rieur, si l'on doit y laisser séjourner les pansements, 
éteindre le brûleur, vider l'eau qui peut rester dans la 
double enveloppe par le robinet (R) et l'appareil est 
prêt pour une autre opération. 

Pour que la trompe fonctionne bien, il est indispen- 
sable d'avoir une pression d'au moins douze mètres et 



DE l'asepsie et DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 339 

qu'il n'y ait pas de prise d'eau importante sur le tuyau 
alimentant ladite trompe. 

Gomme il y a forcément des assistants et des élèves 
que nous ne voulons pas priver, comme cela s'est fait 
souvent, de la vue des opérations, nous avons fait 
installer une rangée de gradins faciles à nettoyer, 
tournant le dos à la grande baie vitrée, mais n'empê- 
chant nullement l'accès très large de la lumière. 

A côté de la salle d'opérations aseptiques se trouve 
une pièce où sont tous les accessoires, qui sert de 
laboratoire à celui qui est chargé de tout préparer et 
entretenir. Elle est munie d'une vitrine à instruments, 
d'une table à plaque de verre, de plaques en verre 
montées sur des supports fixés dans le mur pour 
porter des bocaux et flacons à solution. 

Elle donne accès sur un second amphithéâtre plus 
petit que le premier, mais aussi bien éclairé, aménagé 
de la même façon et servant de salle d'opérations pour 
les infectés et suppurants. On y a installé tout ce qu'il 
faut pour la désinfection rigoureuse du chirurgien et de 
ses aides; elles est munie de tablettes de verre fixées 
contre le mur pour soutenir les bocaux et récipients 
contenant les antiseptiques variés en solutions : les 
tampons, compresses antiseptiques, les drains, etc. 

Les antiseptiques dont nous nous servons actuelle- 
ment sont les deux solutions phéniquées forte et faible, 
la liqueur de YanSwieten, le chlorure de zinc au 1/100, 
au 1/20 et au 1/12. L'acide borique à 3 p, 100, le per- 
manganate de potasse au l/oOO et le bisulfite de soude 
en solution saturée. 

Les tampons, les compresses trempent dans une so- 
lution de sublimé à 2 p. 1000. 

Les drains, soies, crins de Florence sont conservés 
après ébullition, dans des solutions phéniquées fortes 
ou dans la liqueur de Yan Swieten. 

On y trouve une étuve de Poupinel, et, comme l'on 
peut avoir besoin de pratiquer une désinfection séance 



340 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE. 



INDICATIONS. 



tenante d'un ou plusieurs instruments, d'un drain, etc. 
nous y avons placé une étuve à glycérine de Mally, 
modifiée (fig. 50). 

Cet appareil, construit par Adnet, se compose de 
deux cuves concentriques en cuivre, l'une extérieure, 
l'autre intérieure. L'intérieure est en somme entourée 
d'une enveloppe qui est remplie de glycérine, et elle 
contient le même liquide destiné à la stérilisation. Le 




Fig. 60. — Étuve à glycérine de Mally. 



tout est chauffé par en bas et le gaz est réglé de façon 
à obtenir n'importe quelle température, mais 125° suf- 
fisent largement. La ghxérine contenue dans la dou- 
ble enveloppe échaufle par conductibilité la cuve inté- 
rieure dans laquelle on plonge les instruments à stéri- 
liser, les sondes en gomme, les drains, les tubes 
pleins en caoutchouc, les fils de soie, les crins de 
Florence. 

La glycérine, comme nous l'avons indiqué déjà, a le 



DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE A L'HOPITAL. 341 

grand avantage de ne pas altérer le poli des instru- 
ments nickelés, ni la trempe de l'acier. Grâce à la 
double enveloppe, le liquide chauffé indirectement ne 
laisse pas dégager les vapeurs dont l'odeur est si dé- 
sagréable quand la chauffe a lieu directement. 

Les deux salles d'opérations donnent par une porte 
h deux battants et double, sur le grand couloir central. 
L'amphithéâtre des aseptiques a de plus un dégage- 
ment qui lui est absolument particulier et qui permet 
aux élèves de gagner la place qui leur est réservée sans 
entrer dans la salle même. 

Une dernière pièce qui contiendra les armoires à 
provisions de pièces de pansements sert à la surveil- 
lante chargée spécialement de ce pavillon. 

Tout le local est chauffé par un calorifère installé 
dans le sous-sol. 

Chaque pièce reçoit l'air chaud par une bouche de 
chaleur qu'on peut ouvrir et fermer facilement. Les 
chambres d'isolement sont en outre chauffées par des 
cheminées. La bouche de chaleur qui s'ouvre dans la 
grande salle d'opérations est très grande, de façon à 
pouvoir chauffer très rapidement. Pour éviter la pous- 
sière que donne le calorifère, on placera devant la 
bouche un écran fait de deux feuilles de tarlatane 
contenant entre elles une couche d'ouate, le tout monté 
sur un cadre ; ouate et tarlatane seront renouvelés 
facilement dès que la poussière les aura souil- 
lées. 

Telle est la distribution du pavillon des opérations dont 
nous donnons le plan (fig. 49, p. 336-337). Certes il eût 
mieux valu que le service des infectés et des non-infec- 
tés fût complètement distinct, mais les plans étaient 
faits et nous avons dû les utiliser pour les adapter 
au mieux à la division que nous jugeons actuellement 
indispensable. 



342 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

De l'asepsie et de l'antisepsie dans la pratique de la ville. 

Les pansements et les interventions se pratiquent 
en ville dans deux conditions bien différentes ; tantôt 
c'est dans une maison de santé aménagée plus ou 
moins d'après les indications de la chirurgie actuelle, 
tantôt au domicile même de nos malades. 

De tout temps tous les chirurgiens avaient été frap- 
pés de la différence de gravité des opérations à l'hôpital 
et en ville ; tandis que les complications étaient fré- 
quentes pour les premières, pour les secondes au con- 
traire elles se rencontraient moins souvent. Le génie 
épidémique des hôpitaux expliquait autrefois cette 
différence de mortalité; aujourd'hui nous sommes con- 
vaincus et nous savons que c'est parce que nos opérés 
de la ville étaient moins exposés aux infections par 
contact, au transport direct du poison d'une plaie sur 
la plaie du voisin, que les statistiques pour eux 
étaient moins désastreuses. 

Lorsque nous opérons dans une maison de santé bien 
installée, c'est-à-dire munie d'une ou plusieurs salles 
d'opérations aménagées d'après les enseignements et 
les exigences de la chirurgie aseptique et antiseptique, 
la sécurité au point de vue de l'asepsie et de l'antisep- 
sie est au moins égale à celle que nous avons dans 
notre service d'hôpital. Il en est de même pour les 
pansements, et nous n'avons rien à ajouter à ce que 
nous savons déjà. 

En somme la pratique de l'asepsie et de l'antisepsie, 
dans des maisons bien dirigées et aménagées, est facile, 
et les résultats obtenus encouragent de plus en plus 
malade et chirurgien à se placer dans ces conditions ; 
l'un y gagne en assurance dans son art, l'autre en 
sécurité et rapidité dans la guérison. 

Mais les Circonstances nous obligent encore fré- 
quemment à intervenir au domicile même des malades ; 



DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE A LA VILLE. 343 

soit qu'il s'agisse de cas urgent, soit que pour toutes 
sortes de raisons le transport ou le séjour dans une 
maison de santé soient écartés. Dans ces conditions, il 
nous faut suppléer, autant que faire se peut, à ce qui 
nous manque et tirer le meilleur parti possible des res- 
sources mises à notre disposition. 

Du choix et de l'installation d'une chambre 
d'opération. — Il faudra choisir dans l'appartement 
la pièce la mieux éclairée, la plus facile à bien chauffer. 

Elle sera débarrassée de tous les gros meubles qui 
la garnissent, excepté le lit, si elle doit être trans- 
formée ensuite en chambre de l'opéré; on enlèvera, 
s'il s'agit d'une opération importante, tapis et tentures, 
grands rideaux et ciel de lit et l'on fera faire un net- 
toyage minutieux deux ou trois jours avant; puis la 
chambre bien nettoyée sera fermée de façon à ne pas 
favoriser la production des poussières, et on y fera 
fonctionner pendant une à deux heures par jour un 
pulvérisateur à vapeur qui y projetera de la vapeur 
d'eau destinée à les abattre. L'humidité sera évitée 
grâce au chauffage de la pièce. 

On y installera la table d'opération, une ou deux 
petites tables solides et bien fixées. La table d'opéra- 
tion pourra être la première table venue, pourvu qu'elle 
soit suffisamment grande, bien solidement campée et 
propre. On y jettera un matelas un peu étroit qu'on 
recouvrira d'une toile caoutchoutée, puis d'un drap 
propre. Une couverture de laine et un autre drap ser- 
viront à recouvrir et à envelopper l'opéré. Les deux 
petites tables accessoires seront couvertes de linge 
blanc après avoir subi un lavage complet, et c'est sur 
elles que seront disposés les plateaux pour les ins- 
truments, qui auront été stérilisés à l'étuve sèche ou 
par l'eau bouillante et transportés tels au domicile de 
l'opéré. Quelques cuvettes neuves flambées ou passées 
à l'eau bouillante, puis au sublimé au 1/1000, les bou- 
teilles contenant les solutions antiseptiques et l'eau 



344 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

bouillie, les récipients contenant les tampons, les com- 
presses, les éponges, y prendront place à leur tour. 
Beaucoup de nos pharmaciens se livrent aujourd'hui à 
la préparation et à la stérilisation de ces accessoires, 
qu'ils font porter ensuite dans des bocaux bien fermés 
au domicile de l'opéré; rien n'est plus facile que de 
les préparer soi-même : de l'eau bouillante dans une 
casserole propre sur un réchaud à gaz ou à charbon, 
on y jelte quelques mouchoirs, des tampons d'ouate 
entourés de tarlatane qu'on a fabriqués d'avance ; on 
les fait tremper ensuite dans une solution antiseptique, 
la liqueur de Yan Swieten, et on les exprime. 

Pour les opérations qui réclament une asepsie rigou- 
reuse et pour toutes en général, rien ne sera plus fa- 
cile, si l'on possède une autoclave à simple ou double 
effet et quelques boîtes à renfermer les objets à stéri- 
liser, que de préparer d'avance : compresses, tam- 
pons, soie, ouate, etc., etc., et de les apporter tout 
stérilisés au domicile de l'opéré, quitte à ne les sortir 
qu'au moment de Tmtervention. 

L'on pourra même apporter de la sorte de l'eau sté- 
rilisée devant servir au lavage des plaies et des mains 
pendant l'opération. 

Il faudra prêter grande attention à bien avoir tout 
ce qu'il faut pour le nettoyage et la désinfection des 
mains : brosses neuves bouillies, savons, cure-ongles, 
cuvettes propres, le tout spécialement préparé dans la 
pièce même ou dans une pièce à côté ; l'on aura soin 
de prescrire 200 grammes d'alcool à 90° destiné mi- 
partie au lavage des ongles, mi-partie au nettoyage 
définitif du champ opératoire. Inutile d'ajouter que des 
seaux de toilette seront disposés pour recevoir les 
liquides qui auront servi pendant le cours de l'opé- 
ration. 

Malgré toutes les précautions prises, il faut bien se 
dire que la plupart du temps l'on sera dans une situa- 
lion moins favorable au point de vue de l'asepsie qu'à 



DE L'ASEPSIE ET DE L'ANTISEPSIE A LA VILLE.. 34^ 

l'hôpital ou dans une salle où tout se trouve sous la 
main, et c'est pour cela, qu'à moins de conditions 
absolument bonnes, l'on fera bien d'être beaucoup plus 
antiseptique qu'aseptique. 

Est-ce à dire que pour la moindre intervention nous 
devons prendre les mesures indiquées plus haut? Il 
nous semble que le bon sens chirurgical répond suffi- 
samment à cette question et pas n'est besoin de nous 
y appesantir. 

Pour les pansements, quand il s'agira de réunion, 
ou de plaies facilement inoculables, l'on devra prendre 
ici comme toujours les précautions d'usage. 

Faire disposer tout ce qu'il faut pour un lavage mé- 
thodique des mains, ne permettre à personne le manie- 
ment des objets de pansements soigneusement enve- 
loppés ou mieux encore renfermés dans des boîtes 
portatives où ils auront été stérilisés; avoir à sa dis- 
position soit une lampe à alcool pour flamber, une 
pince, une paire de ciseaux, une sonde cannelée, un 
bistouri qui pourront nous servir le cas échéant. De 
même que la chambre d'opération, la chambre de l'o- 
péré devra être aussi peu encombrée que possible de 
tout ce qui peut produire de la poussière. Nous n'in- 
sisterons pas autrement sur cette question qui regarde 
plus l'hygiène que la chirurgie proprement dite. 

Pour résumer nos impressions sur la pratique de la 
ville, nous dirions volontiers que si dans nos maisons 
de santé chirurgicalement aménagées nous avons la 
même confiance et la même sécurité qu'à l'hôpital, il 
en est tout autrement quand l'opération doit avoir 
lieu dans un appartement ou un logement quelconque. 
Nous pouvons aujourd'hui retourner la proposition 
qui consistait à dire que la pratique civile était plus 
favorable que celle de l'hôpital, à moins bien entendu 
de trouver des conditions tout à fait spéciales qui sont 
loin d'être la règle. 



346 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

De l'asepsie et de l'antisepsie dans la pratique de la 
campagne. 

Nous savions tous avant l'ère de l'antisepsie combien 
les traumatismes les plus sérieux guérissaient souvent 
à la campagne sans aucune complication ; si bien que 
nombre de chirurgiens avaient renoncé à pratiquer les 
très graves opérations à la ville et faisaient transpor- 
ter leurs malades en bon air pour les y opérer dans ce 
milieu si favorable à la bonne évolution des plaies. Si 
la chirurgie a toujours été beaucoup moins meurtrière 
à la campagne qu'à la ville et surtout à l'hôpital, c'est 
que les microbes qui produisent les complications 
graves des plaies y sont en bien moindre abondance, 
que' les chances d'infection y sont donc beaucoup 
moins considérables malgré des conditions hygiéniques 
souvent très défectueuses. 

Rien ne sera plus facile au médecin-opérateur que 
d'arriver facilement par l'usage judicieux de l'asepsie 
et de l'antisepsie à des résultats encore meilleurs. Que 
lui faut-il pour cela? Un appareil à faire bouillir de 
l'eau ou une solution de soude au 1/100 pour stériliser 
du même coup ses instruments, ses tampons, ses fils à 
ligature (soie et crin), puis l'emploi des précautions 
que nous avons signalées soit avant soit pendant l'opé- 
ration et qui visent l'opérateur, ses aides et l'opéré. 

L'appareil bouilloire pourra être la première pois- 
sonnière ou casserole venue s'il est pris au dépourvu ; 
il vaudra mieux posséder quelques boîtes en métal 
nickelé ou en nickel qui en même temps serviront et de 
stérilisateur et de plateau, puis de réceptacle pour les 
instruments et tous les accessoires. Grâce à ce simple 
matériel il pourra procéder en toute sécurité à toutes 
les interventions de la pratique journalière et nous 
tenons pour certain qu'à l'aide de pansements propres 
oii l'asepsie entrera pour une large part il obtiendra de 
merveilleux résultats. 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE SUIVANT L'ÉTAT DU BLESSÉ. 347 



CHAPITRE II 

L'ASEPSIE ET L'ANTISEPSIE SUIVANT L'ÉTAT 
DE SANTÉ DU BLESSÉ OU DE L'OPÉRÉ 

L'affection chirurgicale dont un sujet est atteint 
peut être purement locale ; hormis elle , c'est un 
homme absolument bien portant, dont toute l'écono- 
mie fontionne avec toute la régularité désirable. Mais 
il peut aussi se faire que le traumatisme ou toute au- 
tre lésion atteigne un individu déjà malade et aux 
prises soit avec une affection viscérale, soit avec une 
de ces maladies dites générales parce qu'on ne sait en- 
core leur cause, leur point de départ. 

Il y a un intérêt majeur pour le chirurgien, à con- 
connaître à fond l'état général du blessé ou de celui 
qu'il va opérer et panser; ce n'est pas un des moin- 
dres mérites du professeur Verneuil et de ses élèves 
que d'avoir montré les relations qui existent au point 
de vue pronostic et thérapeutique entre la blessure, 
l'opération et l'état constitutionnel des blessés ou opé- 
rés. Nous n'avons pas à insister sur ces faits aujour- 
d'hui bien démontrés, bien connus et devenus classi- 
ques. Ce que nous devons par contre faire ressortir, 
c'est comment l'asepsie et l'antisepsie peuvent rendre 
inoffensives, même sur des sujets atteints très profon- 
dément, des blessures et des opérations qui autrement 
se terminent souvent d'une façon funeste, comment 
encore le chirurgien doit manier l'un plutôt que l'au- 
tre pour arriver au but désiré, la guérison du trauma- 
tisme accidentel ou opératoire. 

Parmi les états généraux qui compliquent blessures et 
opérations, nous citerons en première ligne le diabète^ 
Valcoolisme, le paludisme, Y albuminurie . 

Tout blessé ou opéré alcoolique, diabétique, albumi- 
nurique est un terrain de culture tout prêt pour les mi- 



348 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

croorganismes de la suppuration et des septicémies en 
général; la moindre inoculation peut devenir, chez lui, 
le point de départ de complications inflammatoires et 
septicémiques les plus graves. C'est à ce point de vue 
qu'il importe de veiller chez eux, plus que dans tout 
autre cas, à l'exécution stricte des règles de l'asepsie 
el de l'antisepsie, pour les mettre à l'abri et voir le 
traumatisme évoluer absolument comme chez un sujet 
en état normal de santé. 

Chez les diabétiques le phlegmon septique et la 
gangrène sont des accidents fréquents amenés par la 
moindre écorchure,.par une lésion en apparence insi- 
gnifiante. Du moment que le diabète aura été diagnos- 
tiqué, le devoir du médecin sera de faire un pansement 
antiseptique rigoureux comme s'il s'agissait d'une lé- 
sion grave ; grâce à cela, et le traitement général ai- 
dant, il arrivera à conjurer les redoutables complica- 
tions signalées. Si elles ont éclaté et, tout en restant 
limitées, si elles épuisent progressivement le malheu- 
reux diabétique, sans être heureusement modifiées par 
l'antisepsie rigoureuse dans les pansements, par les in- 
terventions nécessitées par des fusées purulentes, par 
le traitement général, il faut savoir que les grandes 
opérations, et nous entendons par là les amputations, 
faites avec une antisepsie rigoureuse, peuvent dans un 
cei'tain nombre des cas, si l'état général est encore 
assez résistant, amener une guérison rapide par pre- 
mière intention et durable. 

Déjà Konig (1) en 1887 avait bien insisté sur ce fait 
et après avoir rapporté deux observations où il avait 
suivi cette conduite, il terminait ainsi : « Lorsque dans 
un cas de gangrène diabétique, malgré le traitement 
général et malgré le traitement local antiseptique, les 
manifestations générales et locales de la maladie ne 

(1) Kônig, Zur Revision der Lehre ilber die Vornahme grosser 
Operaiionen [Amputationen) bei diabstischen Brand {Centralblatt 
fïir Chirurgie, p. 225, 1887). 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE SUIVANT L'ÉTAT DU BLESSÉ. 349 

diminuent pas, de telle façon qu'une plus longue ter- 
giversation devienne pour le patient un grand danger, 
le chirurgien ne doit pas hésiter à trancher dans le 
vif et à enlever, mais à condition d'être parfaitement 
antiseptique, toutes les parties malades par une opé- 
ration radicale, en général une amputation. ^ 

Nous avons eu l'occasion de pratiquer un certain 
nombre de grandes amputations chez des diabétiques, 
soit pour des phlegmons gangreneux, soit pour des 
gangrènes sèches, et tout en portant un pronostic opé- 
ratoire grave, nous avons pu dans tous les cas amener 
la guérison et la réunion par première intention, et 
cela grâce, nous en sommes convaincu, à l'antisepsie 
rigoureuse dont nous avons entouré notre intervention. 
Dans ces cas, en effet, l'asepsie ne nous parait pas suf- 
fisante ; la moindre infection pouvant être le point de 
départ de nouveaux accidents, c'est l'antisepsie qu'il 
faut appliquer, sans en abuser bien entendu, et dans 
les limites que nous avons indiquées. 

Les plus grandes précautions sont prises pour isoler 
complètement la partie malade et infectée et ne pas 
contaminer les tissus non atteints et le foyer de l'opé- 
ration : on y arrive assez facilement en enveloppant le 
segment du membre enflammé ou gangrené de com- 
presses antiseptiques, puis d'un taffetas imperméable, 
enfin d'une bande antiseptique qui sert à maintenir le 
tout et en faisant remonter assez haut ce pansement 
protecteur provisoire. 

En résumé, chez tout diabétique, blessé ou opéré, 
l'antisepsie doit être prophylactique d'abord et si les 
accidents graves ont éclaté, elle nous servira encore à 
parfaire des opérations qui étaient pour ainsi dire dé- 
laissées autrefois à cause de l'effroyable mortalité qui 
les suivait. 

Les mêmes réflexions s'appliquent aux alcooliques. 
Chez eux aussi l'infection la plus sérieuse peut résulter 
d'un traumatisme très léger, et les interventions chi- 
Sghwartz, Asepsie et Antisepsie. 20 



.3S0 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

Turgicales peuvent être suivies d'accidents redoutables, 
locaux ou généraux . On n'a qu'à lire l'excellente 
thèse de Péronne (1) et tout le chapitre que le pro- 
fesseur Yerneuil (2) a consacré à cette grande question 
de pratique chirurgicale , pour reconnaître le bien 
fondé de ces assertions. 

Il est de tout intérêt, dès que l'on aura à soigner un 
alcoolique atteint d'un traumatisme ouvert, de veiller à 
une scrupuleuse antisepsie dans les pansements, s'il 
s'agit d'une plaie si minime qu'elle soit, sinon on 
courra le risque de voir éclater non seulement des 
complications locales telles que le phlegmon, la lym- 
phangite, mais encore des complications septiques plus 
sérieuses. Nous nous rappellerons toujours un cas de 
phlegmon diffus du meml3re inférieur transporté dans 
notre service lorsque nous étions chirurgien de la 
Maison de santé, et qui succomba rapidement malgré 
les larges et profondes cautérisations au fer rouge, les 
enveloppements et les pulvérisations antiseptiques. Le 
phlegmon diffus s'était greffé sur une petite plaie du 
pied, le blessé n'y avait pas pris garde. C'était d'ailleurs 
un alcoolique invétéré. 

L'influence du paludisme sur l'évolution des trauma- 
tismes est actuellement très connue, et c'est encore au 
professeur Verneuil que nous sommes redevables de 
nombreux et concluants documents sur cette question. 
Nous ne devons pas y insister ici, mais rappeler seule- 
ment que là encore tous nos efforts doivent tendre à 
mettre un opéré à l'abri de la suppuration et de ses 
conséquences. Si nous ne pouvons éviter les névralgies 
traumatiques précoces ou secondaires, nous empêche- 
rons au moins par une réunion obtenue grâce à 
l'asepsie et à l'antisepsie, les hémorrhagies secondaires 

(1) Péronne, De l'alcoolisme dans ses rapports avec le traïuna- 
tisme. Thèse Paris, 1870. 

(2) Yerneuil, Etats constitutionnels et traumatismes, t. III, 
1888. 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE SUIVANT L'ÉTAT DU BLESSÉ. '6U 

si fréquentes après les interventions chez los paludiques 
invétérés. 

Nous connaissons tous actuellement les réserves que 
nous impose le pronostic, dans les cas de plaies ou 
d'interventions chez les albuminuriques. Non seule- 
ment chez eux Finsuffisance rénale peut créer un 
danger immédiat et amener rapidement, après le plus 
léger traumatisme accidentel et chirurgical, la mort 
rapide par accidents urémiques, mais encore les com- 
plications graves des plaies éclatent et évoluent avec une 
facilité très grande. Si le chh'urgien n'est pas maitre 
des états pathologiques qui relèvent de l'insuffisance 
de la fonction du rein, il n'en est pas de même quand 
il s'agit de l'évolution du traumatisme ou de l'opéra- 
tion. Par une asepsie et une antisepsie rigoureuse, il 
empêchera le développement des complications en 
mettant, autant que faire se pourra, à l'abri d'une infec- 
tion, même la plus légère éraillure de l'épiderme. 

C'est surtout quand il existe de l'œdème brightique 
que la plus grande circonspection est de rigueur; c'est 
alors qu'à propos de piqûres, de peiites écorchures, 
l'on voit apparaître des lymphangites, des phlegmons 
diffus d'une gravité toute spéciale. 

Mais il faut aussi se rappeler que chez les albumi- 
nuriques le filtre rénal ne fonctionne pas d'une façon 
régulière, et que par conséquent il n'élimine pas de la 
même manière qu'à l'état normal les solutions absor- 
bées, de là le danger de se servir d'antiseptiques toxi- 
ques, tels que le sublimé, l'iodoforme à doses élevées. 
Si sur un rein normal le bichlorure de mercure em- 
ployé largement produit des phénomènes graves par la 
néphrite hydrargyrique qu'il provoque, à plus forte 
raison en sera-t-il ainsi pour le rein malade, ou même 
pour un rein sain obligé de suppléer la fonction de son 
congénère malade. Le praticien devra donc se défier 
d'une antisepsie par les antiseptiques toxiques chez 
les albuminuriques et en général chez les rénaux et les 



3o2 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

individus atteints d'insuffisance rénale ; c'est à l'asepsie 
qu'il s'adressera de préférence, et si celle-ci ne lui paraît 
pas devoir suffire, il devra la combiner à l'antisepsie 
avec des agents autant que possible non toxiqueux, où 
n'ayant aucune action fâcheuse sur le filtre rénal. 

Tout ce qui précède s'applique en général à tout 
individu atteint d'une affection de l'un ou des deux 
reins qui pourra, à un moment donné et sous une in- 
fluence donnée, amener de l'insuffisance, et montre 
assez de quelle importance est un examen complet et 
méthodique des urines chez tout blessé ou opéré. 

Puisque nous en sommes aux indications fournies 
par l'état des reins, nous ne saurions mieux faire que 
d'en rapprocher celles que fournit l'état pathologique 
de l'appareil urinaire chez l'homme et la femme. 
Nous avons insisté en temps et lieu sur la nécessité 
d'une asepsie et d'une antisepsie parfaite quand il s'a- 
git d'exploration, d'intervention sur un appareil uri- 
naire encore en bon état; cette nécessité s'impose 
plus encore s'il s'agit de malades gravement affectés. 
C'est surtout chez ceux qui présentent de la dilatation 
des différentes parties de l'arbre urinaire que la moin- 
dre infraction permettant la pénétration et la culture 
des microorganismes pathogènes si bien connus depuis 
les recherches d'Albarran et Glado, etc.^ etc., prend les 
proportions d'une question de vie ou de mort. Voyez ce 
prostatique dont la vessie est forcée par une rétention 
chronique ; qu'une rétention aiguë vienne pour une 
cause ou une autre se greffer sur la rétention chro- 
nique, qu'un cathétérisme septique fait dans de mau- 
vaises conditions vienne à infecter la vessie, aussitôt 
vont éclater les accidents les plus graves et que pourra 
difficilement conjurer la thérapeutique la mieux con- 
duite. Tout autrement se passeront les choses, si l'a- 
sepsie et l'antisepsie combinées ont empêche la pé- 
nétration des microorganismes et leur culture sur un 
terrain trop bien préparé. Le chirurgien qui sondera 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE SUIVANT LES RÉGIONS. 3o3 

un prostatique ou dilatera un rétréci, devra se rappeler 
constamment ces faits et suivre avec plus de rigueur, 
si possible, toutes les règles que nous avons tracées. 

En résumé, toute maladie générale amenant une 
dyscrasie sérieuse devra être prise en grande consi- 
dération quand il s'agira de blessure ou d'intervention 
d'urgence, et le chirurgien combinera le plus souvent 
une asepsie aussi rigoureuse que possible à l'antisepsie 
qu'il devra s'efforcer de ne pas rendre dangereuse, en 
laissant de côté les pratiques se prêtant à l'absorption 
des antiseptiques puissants et toxiques tels que l'acide 
phénique, l'iodoforme, le sublimé. 

CHAPITRE III 

L'ASEPSIE ET L'ANTISEPSIE SUIVANT 
LES .RÉGIONS 

Nous avons déjà eu l'occasion de soulever cette 
question en étudiant en générall'asepsie et l'antisepsie. 
Nous donnons ici quelques indications plus précises au 
point de vue de la conduite à tenir suivant les régions 
sur lesquelles on opère. 

Au niveau du cuir chevelu, l'antisepsie ne présente 
aucun inconvénient. Même les antiseptiques forts sont 
bien tolérés et ne donnent généralement lieu à aucun 
accident local. On les utilisera d'autant mieux que 
presque toujours il est bon de drainer pour peu qu'on 
ait affaire à une plaie que l'on soupçonne infectée. 
Quand le crâne sera ouvert, soit accidentellement, soit 
parla trépanation, asepsie pour la profondeur, anti- 
sepsie pour la surface, est ce qu'il y aura de mieux. 

Pour la face^ l'asepsie suffit généralement. Ce sont 
des téguments bien moins encombrés de microbes et 
moins exposés aux sources d'infection ; il suffira le 
plus souvent de manœuvres et de pansements antisep- 
tiques faibles ou même aseptiques pour amener laréu- 

20. 



354 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. . 

nion par première intention. Celle-ci est ici d'autant 
plus facile que les tissus sont très vasculaires et mer- 
veilleusement disposés pour une facile réparation. Les 
pansements au collodion sur de la gaze ou de la ouate 
aseptique suffiront la plupart du temps après une su- 
ture faite dans de bonnes conditions. Celles-ci, pour 
éviter les cicatrices persistantes et difformes, seront 
enlevées le plus rapidement possible (la majeure par- 
tie au bout de trois à quatre jours), en ne laissant que 
quelques fils de soutien indispensables jusqu'au sep- 
tième jour. On les aura pratiquées le plus près pos- 
sible de la plaie ou de l'incision pour ne pas avoir ces 
traces rouges perpendiculaires à elle et qui sont désa- 
gréables à voir pendant longtemps. 

L'antisepsie sera longuement mise à contribution 
dès qu'il s'agira de plaies ou d'opérations intéressant 
les cavités, et cela dans la mesure déjà tracée. 

Pour le cou, dont les téguments sont à peu près dans 
les mêmes conditions que ceux de la face, l'asepsie sera 
combinée à l'antisepsie. Quand on aura ouvert les loges 
profondes de la région, celles qui contiennent le corps 
thyroïde, le larynx et la trachée, les faisceaux vasculo- 
nerveux, on se rappellera qu'il faut laisser de côté les 
antiseptiques forts. Riedel n'a-t-il pas signalé un cas 
de mort par syncope respiratoire à la suite d'une irri- 
gation à l'eau phéniquée forte pendant une thyroïdec- 
tomie, accident qu'il attribue à l'action directe de 
l'antiseptique sur le pneumogastrique ? Le tissu cel- 
luleux de la région est admirablement disposé pour la 
résorption, et c'est à la suite des grandes opérations 
sur le corps thyroïde, les ganglions, le larynx, les 
tumeurs de cette région, qu'on a observé assez souvent 
les accidents graves provoqués par les antiseptiques 
puissants. Le seul cas d'intoxication iodoformique que 
nous ayons sur la conscience et qui remonte à 1882, 
s'est produit chez un malade auquel nous avions 
enlevé un énorme paquet de ganglions tuberculeux 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE SUIVANT LES RÉGIONS, 355 

et que nous avions pansé à l'iocloforme en poudre. 

Pour la nuque et le dos rien de spécial à ajouter. 

Pour la région lombaire, lorsque la plaie ou l'inci- 
sionintéressent le tissu cellulo-graisseuxpéri-rénal, être 
très circonspect au point de vue de Tantisepsie. L'on se 
rappellera que ce tissu absorbe avec grande facilité ; 
que l'emploi de lavages, des irrigations avec des anti- 
septiques forts devra être évité ; que les pansements par 
tamponnement avec l'iodoforme par exemple devront 
être faits avec des gazes peu chargées de poudre ; que 
le blessé ou l'opéré devront être surveillés et débar- 
rassés de l'antiseptique à la moindre alerte. L'asepsie 
sera de mise toutes les fois que l'on aura affaire à des 
lésions non suspectes. 

Rien de particulier à dire au sujet de la région tho- 
racique superficielle. QudiUd'û s'agira d'interventions sur 
la plèvre, le poumon, que l'on sera obligé de faire des 
lavages pour éliminer des produits infects et nettoyer 
une cavité atout prix, le liquide dont on se servira pour 
ces lavages devra être d'un faible pouvoir irritant et 
non toxique. L'on proscrira le sublimé, l'acide phé- 
nique, pour se rabattre sur une solution faible de 
naphtol, d'acide borique, qui sera largement suffisante ; 
la solution de chlorure de zinc au 1/100 est très bonne 
dans ces cas. Inutile ici d'insister sur la douceur avec 
laquelle seront injectés les liquides et sur le soin que 
Ton aura de favoriser très largement leur issue par la 
plaie ou l'incision. 

Nous avons suffisamment insisté sur les opérations 
abdominales pour n'avoir pas à y revenir ; la règle est 
antisepsie superficielle, asepsie pour le péritoine et 
tout ce qu'il recouvre. Les mêmes règles sont applica- 
bles quand on opère sur la vessie. Ici comme pour 
l'espace péri-rénal, la graisse sous-péritonéale résorbe 
avec une grande rapidité ; l'on se rappellera ce détail 
toutes les fois qu'elle sera largement mise à découvert, 
comme dans la cystotomie sus-pubienne par exemple. 



3o6 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

Pour la région ano-périnéale, celle du scrotum, la 
vulve chez la femme, l'antisepsie sera combinée avec 
l'asepsie en prêtant une grande attention, pour les 
pansements, à la finesse et à la facile irritabilité des 
téguments. Le scrotum notamment est très facilement 
■atteint d'érythèmes, d'eczémas très douloureux et re- 
belles quand on applique sur lui un antiseptique fort 
ou irritant; l'acide phénique, le sublimé sous forme de 
liqueur de Yan Swieten, ne devront servir qu'étendus; 
les antiseptiques pulvérulents, iodoforme, salol, etc., 
seront en poudre porpbyrisée, et les gazes ni trop 
rugueuses ni trop grossièrement préparées. Il est pré- 
férable pour ces régions de renouveler les pansements 
assez rapidement après les opérations, car les produits 
des glandes sudoripares et sébacées qui y sont si abon- 
dantes, doivent être enlevés pour ne pas donner lieu à 
de l'irritation des téguments. Pour la chirurgie des 
membres, comme c'est elle qui nous a servi de guide 
pour notre exposé général, nous n'avons plus rien à 
ajouter à ce que nous savons déjà. 



CHAPITRE lY 

L'ASEPSIE ET L'ANTISEPSIE SUIVANT LES 

AGES 

C'est chez les adolescents et les adultes que l'on peut 
dans les conditions normales et habituelles, appliquer 
comme nous l'avons montré l'asepsie ou l'antisepsie, 
ou bien combiner l'asepsie et l'antisepsie quand l'in- 
dication se présente. 

Nous avons fait voir que chez les toutjeunes enfants, 
certains antiseptiques puissants étaient mal tolérés et 
donnaient même lieu à des accidents à des doses très fai- 
bles, tel l'acide phénique. Aussi, dès 1884, Rupprecht (1) 

(l)Rupprecht, Su?' le choix des antiseptiques dans le traitement 
des plaies chez les enfants. Congrès de Copenhague, 1884. 



ASEPSIE ET ANTISEPSIE SUIVANT LES AGES. 357 

avait-il préconisé pour la chirurgie infantile anti- 
septique, l'acide salicylique et l'acide borique, et 
l'acide phénique a-t-il été proscrit par tous les chi- 
rurgiens. Quand on est obligé de faire de l'antisepsie, 
il faut la faire avec des antiseptiques autres que les 
préparations phéniquées, et en général avec des anti- 
septiques faibles, si on a le choix; cela est d'autant plus 
facile que généralement les conditions d'asepsie sont 
chez le tout jeune enfant bien meilleures que chez l'a- 
dolescent et l'adulte; ses téguments, si ce n'est au voi- 
sinage de l'anus et de l'urèthre, sont moins infectés 
que chez l'adulte. 

Rappelons seulement que l'iodoforme, en particulier, 
est admirablement toléré par l'enfant en tant que pan- 
sement local, si on a soin d'en préserver autant que 
possible les téguments fins et délicats. 

En résumé chez l'enfant, à moins de circonstances 
particulières, l'on fera surtout de l'asepsie, n'emprun- 
tant à l'antisepsie que juste ce qu'il faut. 

Les mêmes considérations s'appliquent aux vieillards, 
quoique à un moindre degré, et nous pensons que chez 
eux aussi il faut plutôt être aseptique qu'antiseptique; 
chez eux assez souvent, sans qu'il y ait aucun signe 
qui les dévoile, il y a des scléroses d'organes sécré- 
teurs et excréteurs, du rein par exemple, et par suite 
une insuffisance qui peut se révéler sous l'influence de 
la moindre irritation, d'un surcroît de fonctionnement. 
L'emploi de l'iodoforme en lauiponnements, en panse- 
ments, doit être chez eux particulièrement surveillé 
sans d'ailleurs qu'il faille le redouter au point de le 
repousser tout à fait. Nous nous en sommes servi 
nombre de fois, sans accident aucun. 

En somme, il est bon, si l'on a affaire à des plaies ou 
des interventions aux deux âges extrêmes de la vie, 
d'user plutôt de l'asepsie que de l'antisepsie; si cette 
dernière est nécessitée par les lésions, de surveiller 
attentivement l'action des antiseptiques toxiques, quand 



358 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

on aura été obligé de les employer de préférence aux 
antiseptiques faibles ou indifférents. 



CHAPITRE Y 

L'ASEPSIE ET L'ANTISEPSIE EN CHIRURGIE 
DE GUERRE 

C'est là un chapitre qui demanderait des développe- 
ments très considérables, en raison de son importance. 

Nous n'y exposerons que les données générales du 
problème qui, par ses facteurs si variables, restera tou- 
jours d'une solution très difficile. 

La chirurgie s'exerce en temps de guerre sur deux 
théâtres bien différents. Dans la zone des formations 
sanitaires de l'avant, tout est soumis aux fluctuations 
de la lutte entre les combattants ; il n'en est pas de même 
dans celle des formations sanitaires de l'arrière établies 
loin du feu, à une distance suffisante des armées enga- 
gées pour que victoire ou défaite n'aient pas sur elles 
une influence immédiate. 

Tandis que dans la première zone, l'imprévu, l'ur- 
gence, la nécessité jouent le rôle le plus important, dans 
la seconde, la chirurgie peut s'exercer comme dans nos 
hôpitaux, et ces conditions d'exécution se rapprochent 
considérablement de ce que nous faisons journellement. 

C'est pour ces raisons qu'il est absolument indispen- 
sable d'exposer séparément tout ce qui a trait au ser- 
vice sanitaire de première ligne et à celui de seconde 
ligne ou de Tarrière. 

Des formations sanitaires de l'avant. 

Comme le montre si clairement l'intéressant travail 
du docteur Heuger (1), le service sanitaire de l'avant 

(1) Heuger, Étude sur le service sanitaire des armées en cam- 
pagne. V. Rozier. Paris, 1893. 



DES FORMATIONS SANITAIRES DE L'AVANT. 359 

comprend trois échelons qui sont : 1° le poste de secours ; 
2° l'ambulance ; 3° l'hôpital de campagne (fig. 51). 

Les postes de secours sont affectés aux régiments, 
l'ambulance aux divisions, les hôpitaux de campagne 
aux corps d'armée. 

Le rôle des postes de secours doit être de recueillir 
le plus rapidement possible les blessés, de leur faire un 
premier pansement, et de les évacuer sur l'ambulance. 

Celle-ci s'occupera du triage; l'on y fera les panse- 
ments compliqués, les régularisations, les opérations 
absolument urgentes, par contre l'on évacuera sur l'hô- 
pital de campagne toutes les blessures graves nécessi- 
tant des soins spéciaux, des opérations spéciales. 

De même que les postes de secours doivent toujours 
se tenir en contact du régiment auquel ils appartien- 
nent, de même les ambulances doivent toujours suivre 
les divisions auxquelles elles sont attachées; ce sont 
deux formations essentiellement mobiles. 

Les hôpitaux de campagne sont destinés à recevoir 
les blessés évacués par les ambulances, à les soigner : 
il leur faut donc une certaine stabilité; les blessés en 
bonne voie et transportables sont évacués de là par le 
service des étapes sur les hôpitaux de la zone d'arrière, 
hôpitaux d'évacuation, et dans l'intérieur du territoire. 

Si l'on étudie les conditions dans lesquelles se trouve 
le chirurgien et le blessé au poste de secours et à l'am- 
bulance, l'on comprendra immédiatement de quelles 
difficultés est entourée la pratique de l'asepsie et de 
l'antisepsie quand il s'agit de traumatismesde guerre. 
Gomme le dit le docteur Heuger, le chirurgien n'est 
plus le seul maître de la situation. Il se trouve en pré- 
sence d'une plaie exposée depuis un temps plus ou 
moins long à des causes multiples d'infection, telles 
que - malpropreté de la peau, contamination, sinon 
par le projectile, au moins par les corps étrangers 
qu'il a entraînés, contamination par les vêtements, par 
le sol, etc. 



360 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

C'est presque toujours, pour ne pas dire toujours, à 
une plaie infectée qu'il a affaire. Sa préoccupation essen- 
tielle doit être par conséquent de désinfecter la plaie 
et d'empêcher l'œuvre des microorganismes patho- 
gènes qui s'y sont introduits ou peuvent si facilement 
y pénétrer. 

C'est dire, et c'est l'avis de nos médecins et chirur- 
giens les plus compétents que l'asepsie n'est pas de 
mise en chirurgie de guerre, que l'antisepsie reprend 
tous ses droits. Elle seule peut et doit amener une dé- 
sinfection aussi complète que possible de la blessure 
et de la région. 

Aux circonstances mauvaises que nous avons énu- 
mérées plus haut s'en ajoutent d'autres qui tiennent au 
défaut d'installation, à l'inexpérience des aides, à la 
dispersion du matériel ou à son insuffisance, à l'encom- 
brement des blessés. 

La tâche essentielle pour ainsi dire exclusive des 
chirurgiens de première ligne (postes de secours et 
ambulances), sera avant tout de transformer une plaie 
infectée ou suspecte en une plaie désinfectée, à main- 
tenir cette désinfection et à empêcher par conséquent 
les accidents et les complications jusqu'à ce que dans 
des formations sanitaires plus stables, mieux établies et 
bien outillées, ou puisse procéder aux opérations né- 
cessaires. 

C'est du premier pansement que dépendra presque 
toujours le sort du blessé, comme l'aditdéjàNussbaum. 
Il faudra donc s'appliquer à le placer aussi bien que 
possible et selon toutes les règles de l'antisepsie. 

C'est assez dire que l'usage du paquet de pansement 
individuel appliqué par le blessé lui-même -ou par des 
infirmiers ou brancardiers non au courant de l'anti- 
sepsie nous parait absolument illusoire. Pour qu'il ait 
quelque efficacité, il faut que le pansement soit fait par 
des hommes au courant des mesures de désinfection 
de la plaie et du champ opératoire, des mains, etc., etc. 



DES FORMATIONS SANITAIRES DE L'AVANT. 361 



Service 
•epÏTTientairp 




de canrpagTio 



Dépôt de eonvalescenlG 

ojStiiiÙTn, de- trnnxuùi'i, 

Hôpita.1 saxTlJatre^ ào CEiTr.pagïi9 

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Fig. 51. — Croquis d'ensemble du service de santé en campagne. 
ScHWARTZ, Asepsie et Antisepsie. 21 




Hospice- mixte 



362 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

il faut de plus que ces manipulations soient possibles. 

C'est ce qu'il est difficile d'admettre, quand le soldat 
se trouvera en plein champ de bataille. Ce n'est qu'au 
poste de secours où seront réunis les médecins du 
corps engagé et des infirmiers que son application 
pourrait être proposée avec des chances de succès. Et 
encore faudra-t-il du côté du personnel de grandes 
qualités de méthode et de sang-froid. 

Qu'on se représente en effet un poste de secours ou 
un groupe d'ambulance quand l'œuvre chirurgicale va 
commencer. Nous reproduisons ici textuellement la 
description de notre confrère militaire Heuger : 

« L'emplacement est choisi. On a fait provision de 
paille, de bois, d'eau surtout. Les paniers et les caisses 
contenant les instruments et les objets de pansement 
sont extraits des voitures et groupés de manière à 
éviter toute perte de temps. Les brancardiers ont suivi 
la troupe au feu et vont apporter des blessés. 

« Les médecins sont encore couverts de la poussière 
de la route et des poils de leur monture, sanglés dans 
l'attirail des courroies qui servent à suspendre la gi- 
berne, le revolver, la lorgnette, l'étui porte-cartes, le 
sabre qui lui au moins peut rester accroché à la selle. 
Les manches de leur dolman ou de leur vareuse se re- 
lèvent difficilement pour mettre à nu les avant-bras et 
permettre un lavage des mains. » Combien plus défec- 
tueuse encore est la situation des infirmiers, obligés 
de faire la route à pied, couverts de poussière ou de boue î 

Il faudra, pour arriver à un résultat, une organisation 
puissante basée sur l'éducation du personnel, sur la 
bonté du matériel, sur l'excellence des méthodes em- 
ployées et enseignées. 

Du paquet de pansement du soldat. 

Chaque soldat en entrant en campagne est muni 
d'un paquet de pansement individuel cousu dans la 



DES FORMATIONS SANITAIRES DE L'AVANT. 363 

doublure de la capote qui lui est délivrée au moment 
de la mobilisation. 

Le modèle de pansement adopté se compose actuel- 
lement d'une compresse de gaze, d'un plumasseau 
d'étoupe Ïhomas-Weber au bichlorure de mercure di- 
visible en deux parties égales, d'une bande de coton en 
tissu fin léger de quatre mètres. Gomme l'étoupe, la 
gaze est au sublimé. 

Tous ces objets sont renfermés dans une pièce de 
tissu imperméable caoutchouté et recouverts d'un sac 
de même tissu sur lequel est indiquée la manière de 
s'en servir. Le tout est encore inclus, par surcroît de 
précaution, dans une enveloppe en cotonnade. 

Le paquet de pansement individuel n'a qu'un faible 
volume et pèse environ 50 grammes. Son opportunité 
et son utilité ont été fortement discutées. 

S'il doit servir, ainsi que nous l'avons déjà fait pré- 
voir, dans les conditions que nous avons indiquées, 
être appliqué par le combattant ou ses camarades, on 
même les brancardiers, sur une plaie et sur le champ 
de bataille, son efficacité sera nulle dans la très 
grande majorité des cas; ce sera un trompe-l'œil, mais, 
nullement une garantie contre l'infection. 11 ne pour- 
rait servir qu'entre des mains exercées aux pratiques: 
de l'antisepsie, entre les mains d'aides instruits ou de 
chirurgiens : aussi pensons-nous avec beaucoup que 
ce sera surtout aux postes de secours, aux ambulances 
que le paquet de pansement individuel deviendra 
comme une réserve utile et importante, vu la quantité 
de pansements qu'il y aura à y faire. 

Est-ce à dire que son introduction dans presque 
toutes les armées modernes ne puisse se justifier ? 
Certes non. Ainsi que le montre le D"" Heuger, le 
blessé ne se trouve pas toujours à proximité d'un poste 
de secours ; il peut être obligé d'attendre pendant 
longtemps l'assistance du chirurgien. Au lieu d'être 
obligé de prendre son mouchoir sale, un morceau de 



364 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

drap, des chiffons quelconques, pour tamponner une 
plaie saignante, il saura qu'il a sur lui un matériel 
propre, désinfecté, qui lui permettra à lui ou à ceux 
qui l'entourent de protéger plus efficacement sa bles- 
sure, en attendant l'intervention du chirurgien. 

Mais le paquet de pansement ne doit être dans ce 
cas qu'un moyen d'urgence et essentiellement provi- 
soire; dès qu'il le pourra, le chirurgien l'enlèvera pour 
pratiquer l'antisepsie rigoureuse et procéder au pan- 
sement définitif. 

Le caractère provisoire du pansement avec le pa- 
quet individuel est largement justifié, et. par le faitque 
l'antisepsie préliminaire ne peut être pratiquée par 
celui qui le porte ou ceux qui le relèvent, et par cet 
autre encore qu'il est absolument impossible de faire 
un pansement suffisant avec le peu de matériaux con- 
tenus dans le paquet affecté à chaque soldat. Qu'est-ce 
qu'un peu d'étoupe et une bande de quatre mètres 
pour recouvrir toute une région comme un genou, un 
coude, une épaule, etc., etc. ! C'est illusoire. 

Du matériel de pansement dans les postes de secours^ 
les ambulances et les hôpitaux de campagne. 

Le matériel des postes de secours comprend, outre le 
paquet de pansement individuel, dont est muni chaque 
soldat, les pansements que contiennent les musettes 
des brancardiers (30 par régiment), les pansements 
contenus dans les sacs des infirmiers, enfin ceux des 
voitures régimentaires, au nombre de trois par régi- 
ment. 

Ghac[ue régiment dispose environ de 750 panse- 
ments, répartis dans ses trois voitures et constitués, 
ceux des musettes et des sacs par des plumasseaux 
d'ouate de tourbe Redon ou d'étoupe purifiée préparés 
à l'avance, et réunis par paquets de 500 grammes pour 
l'ouate de tourbe, de 250 grammes et de 100 grammes 



DES FORMATIONS SANITAIRES DE L'AVANT. 365 

pour l'étoupe. Les compresses en gaze et les bandes 
sont groupées par paquets de dix. Tous ces objets ainsi 
que le cordon cardé sont enveloppés de papier imper- 
méable. On se sert, comme éponge, de coton hydro- 
phyle en paquets de 25 grammes et de gaze non ap- 
prêtée. Tous les matériaux de pansement, à l'exception 
des compresses de toile, des bandes en gaze, en toile 
et en flanelle et de tissu imperméable, sont stérilisés 
par des apprêts au bichlorure de mercure. 11 y a en 
outre dans les cantines et les deux paniers disposés 
pour les recevoir des épingles, des flacons de catgut, 
des bobines de soie, des drains, plus un certain nombre 
de bandages préparés (écharpes, etc., etc.), et un ton- 
nelet de 30 litres d'eau. 

Dans l'approvisionnement d'ambulance, le matériel 
des pansements comprend celui des pansements sim- 
ples, celui des pansements compliqués, avec les appa- 
reils destinés à immobiliser les membres et leurs join- 
tures. 

Le matériel des pansements simples est réparti en 
20 paniers n"! (trois dans chaque voiture d'ambulance, 
quatre dans les fourgons) . Chaque panier représente une 
collection de 150 pansements, ce qui fait 3000 panse- 
ments en tout. 

Chaque voiture d'ambulance porte un approvision- 
nement de cent pansements compliqués comprenant : 
bandes, compresses, coussins, pièces de linge, coton, 
des bandes et des nappes, toile métallique pour façon- 
ner des attelles et des gouttières. Comme on compte 
environ un pansement compliqué pour cinq panse- 
ments simples, le surplus est logé dans les fourgons 
de l'ambulance. Plus que le poste de secours, l'ambu- 
lance est munie de tout le matériel nécessaire pour 
pratiquer les opérations urgentes, et chaque voiture de 
chirurgie transporte une table à opérations à dossier, 
placée dans le couloir de l'arrière et qui se monte sur 
un pied en X suspendu sur un des côtés de la voiture. 



366 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

L'appareil instrumental attribué aux formations sa- 
nitaires de l'avant est complet et largement suffisant 
pour satisfaire à toutes les indications. « Rien n'a été 
négligé, dit le D'^ Nogier (1), pour réunir sous la main 
des opérateurs tous les instruments créés par la chi- 
rurgie moderne, en vue de faciliter les opérations et de 
leur donner plus de sécurité. » 

Il est de toute nécessité cependant que, dans un bref 
délai, tout le matériel instrumental, qui est en effet 
complet, soit transformé et que l'on n'ait plus à se servir 
d'instruments ayant encore des manches en bois, dont 
la désinfection est beaucoup plus difficile. C'est là un 
desideratum des plus importants. 

On a fait tous les efforts pour assurer l'antisepsie 
préliminaire de la région à panser ou à opérer, du 
chirurgien, de ses aides et des instruments. C'est 
dans ce but qu'on a organisé un appareil de lavage 
dans un panier n° où l'on a groupé les objets indis- 
pensables pour faire rapidement des solutions antisep- 
tiques titrées, soit à l'acide phénique, soit au sublimé, 
soit au chlorure de zinc ou à l'acide borique. Les 
solutions sont préparées directement dans un laveur 
en tôle émaillée, et le lavage des téguments ou des 
plaies sera fait sous un jet de liquide, à l'aide de 
morceaux de gaze pelotonnés, puis jetés. Les éponges 
étant très chères et ne pouvant être facilement et sûre- 
ment stérihsées, sont complètement rejetées. 

A côté de l'irrigateur à pansements, on trouvera 
des bassins réniformes émaillés, des cuvettes, des 
brosses et des savonnettes, des serviettes, des alèzes, 
des tabliers, des sarraux, du linge de toute nature, 
des drains, des fils à ligature et à suture, tout ce qui 
est nécessaire pour faire des sutures ou arrêter des 
hémorrhagies. On trouvera détaillés sous forme de 

(I) Nogier, Note sur les -modifications du matériel de campagne 
du service de santé. {Archives de médecine et de pharmacie mili- 
taires, 1891, p. 198.) . 



DES FORMATIONS SANITAIRES DE L'AVANT. 367 

tableaux dans l'excellente monographie du D"" Heuger 
le contenu du panier n° (appareils de lavage), du 
panier n° 1 (pansements simples), n" 2 (pansements pour 
opérations), n°3 (pansements pour opérations et appa- 
reils). 

Trois appareils n° sont attribués à une ambulance 
et rangés dans le compartiment de Tavant de la voiture 
de chirurgie, à côté des paniers de pansements simples, 
de pansements compliqués et de pansements pour 
opération, de façon que l'on puisse se distribuer faci- 
lement en trois catégories, ceux qui feront les panse- 
ments simples, ceux qui feront les pansements com- 
pliqués, ceux qui feront les opérations. 

Chaque ambulance n° 1 affectée aux divisions est 
pourvue de petites tentes Tollet, dites tentes à opéra- 
tions, de tentes-abris adaptables aux fourgons (tente 
Tortoise ou de Mose). 

Les hôpitaux mobiles de campagne^ qui constituent 
le troisième échelon du service sanitaire de l'avant, 
sont installés de façon à répondre aux besoins de cent 
blessés au minimum pendant trente jours, sans avoir 
à recourir à des ravitaillements ; on a supposé, étant 
donné leur rôle, qu'aucun des blessés ne serait trans- 
portable, qu'ils appartiendraient tous à la catégorie 
de ceux qui ont besoin de pansements compliqués. En 
conséquence on a placé dans les approvisionnements 
de l'hôpital de campagne les colis qui constituent l'u- 
nité collective de cent pansements compliqués, adoptés 
pour le matériel de l'ambulance n° 1, et on y a ajouté 
dix paniers n° 1 et cent cinquante pansements simples 
pour le renouvellement qu'on a jugé devoir être fait 
tous les deux jours. Tout le matériel des accessoires et 
les instruments y sont au grand complet. 

Un point nous a particulièrement frappé, en par- 
courant la liste des approvisionnements antiseptiques 
pour les postes de secours, les ambulances et les 
hôpitaux de campagne : c'est la petite place accordée 



368 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

à l'iodoforme et par contre la grande importance 
apportée au sublimé, et encore à l'acide phénique, à 
l'acide borique. Quand on constate journellement les 
excellents effets de l'iodoforme et son peu de nocuité 
quand il est employé sous forme de gaze plus ou moins 
chargée, pour toutes les plaies ouvertes, les foyers 
contus et infectés, on se demande si cet antiseptique 
ne mériterait pas plus de considération. On lui objecte 
sa toxicité, son poids. Gomme toxique, il est bien 
moins redoutable que le sublimé ; comme poids, l'ob- 
jection n'est pas valable, car il en faut très peu pour 
constituer un pansement durable qu'on pourra laisser 
en place pendant plusieurs jours. Sa conservation est 
certes plus facile que celle du sublimé qui s'altère au 
contact des pièces de pansement qu'il imprègne. 

Une grande place pour les lavages et l'antisepsie 
directe de la plaie devrait, à notre avis, revenir aux 
solutions de chlorure de zinc, qu'on pourrait concen- 
trer et étendre ensuite à son aise pour les avoir au 
i/40 ou 1/60, par exemple, plutôt qu'au permanganate 
de potasse qui colore les téguments et que préconisent 
Terrillon et Chaput. 

Au point de vue de la désinfection du chirurgien, 
des aides, du matériel accessoire et instrumental, les 
méthodes les plus simples sont les meilleures. Brosses 
et savon doivent exister en abondance ; l'eau bouillante 
et le flambage à l'alcool nous paraissent surtout con- 
venables pour la stérilisation des instruments, à con- 
dition qu'ils soient entièrement métalliques. Peut-être 
y aurait-il lieu de songer, à cause de la rapidité delà 
désinfection, aux lessives de soude bouillante que pré- 
conise Schimmelbusch. 

Maintenant que nous connaissons les ressources 
mises à la disposition du chirurgien, voyons comment 
peut et doit intervenir l'antisepsie au poste de secours, 
à l'ambulance, à l'hôpital de campagne. 



DES FORMATIONS SANITAIRES DE L'AVANT. 36^ 

De l'antisepsie au poste de secows^ à rambulance, 
à Vhôpital de campagne. 

Gomme le fait très bien remarquer notre confrère 
Heiiger, quatre points sont à mettre en relief dans la 
pratique en campagne de l'antisepsie : 

1° L'éducation du personnel ; 2" le matériel ; 3° le 
temps ; 4° l'organisation. 

1° L'éducation antiseptique du personnel, qui com- 
prend non seulement les chirurgiens, mais les infir- 
miers, les brancardiers, est une des grandes garanties 
de succès, nous dirons la plus importante, étant donné 
que l'infection par contact joue ici, dans la production 
des complications, un rôle des plus considérables. 

2° Nous venons de montrer ce qu'est le matériel, 
suffisant certainement s'il est susceptible d'être amené 
partout à portée du blessé et du chirurgien. 

3° La question de temps est une des pins aléatoires. 
Pour qu'on puisse faire de l'antisepsie, il faut du temps, 
et c'est là un élément dont on n'est jamais certain dans 
les formations sanitaires, comme le poste de secoure 
et l'ambulance. De là la nécessité de ne faire que stric- 
tement ce qu'il faut pour la protection antiseptique 
des blessures, et à moins de cas absolument urgents, 
de ne procéder à aucune intervention sérieuse. « A 
rencontre des anciens, comme dit notre collègue le 
professeur Delorme (i), qui, non sans raison, s'impo- 
saient aux ambulances une chirurgie opératoire immé- 
diate et suractive, parce qu'ils étaient dominés par la 
pensée de l'approche de la fièvre traumatique et des 
pronostics plus sévères des opérations de la période 
antifébrile, les chirurgiens ambulanciers ne seraient 
plus autorisés de nos jours à suivre la même pratique, 
eux qui n'ont plus les mêmes craintes et qui doivent 

(1) Delorme, Traité de cfiirurgie de guerre, t. II, p. 926, 1893. 

21. 



370 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — IiNDICATIONS. 

être bien plus confiants dans les ressources de la na- 
ture dirigées par des soins antiseptiques. » En cas de 
doute, nous devons temporiser, non opérer. Eux opé- 
raient et ne temporisaient pas. L'activité du chirurgien 
d'ambulance doit tendre, non pas à intervenir directe- 
ment , mais à assurer d'une façon aussi multipliée 
qu'efficace, l'antisepsie des blessures qui se présentent à 
lui; à plus forte raison est-ce la conduite à tenir pour 
les chirurgiens du poste de secours. 

4° L'organisation, le fonctionnement méthodique des 
éléments qui constituent le poste de secours et l'ambu- 
lance, voilà le quatrième facteur important. 

Le poste de secours est placé autant que possible à 
l'abri des projectiles, en dehors des points stratégi- 
ques, derrière un abri, un pli de terrain, une maison 
Il comprend un médecin du service actif, un médecin 
auxiliaire, quatre infirmiers, un conducteur et dix- 
sept brancardiers. Son rôle doit consister à arrêter les 
hémorrhagies par les moyens les plus élémentaires, à 
immobiliser par les procédés les plus simples et les 
plus rapides les fractures des membres inférieurs. On 
y appliquera sur les plaies des pansements simples 
tirés de l'approvisionnement de la voiture régimentaire, 
ou bien le paquet de pansement individuel, si la bles- 
sure s'y prête. Le chirurgien aura fait procéder au la- 
vage des mains des aides directs, et y procédera lui- 
même; la plaie sera désinfectée par le subHmé, ou tout 
autre antiseptique, après lavage de son pourtour; seu- 
lement alors elle sera pansée, de façon à éviter son 
infection pendant le transport à l'ambulance ou à 
l'hôpital de campagne. C'est ici à notre avis que la gaze 
iodoformée pourrait jouer un rôle bienfaisant: il suffi- 
rait après désinfection au chlorure de zinc ou au su- 
blimé, de tamponner la blessure avec un morceau de 
gaze, de recouvrir d'un peu d'étoupe et d'une bonne 
bande pour avoir une sécurité à peu près complète sur 
le résultat. 



DES FORMATIONS SANITAIRES DE L'AVANT. 371 

Les blessés examinés et pansés sont rangés dans 
l'une des trois catégories suivantes : 

1° Blessés atteints de lésions graves, fatalement mor- 
telles à bref délai ; 

2° Blessés transportables; 

3° Blessés atteints légèrement, et qui peuvent être 
renvoyés au corps. 

C'est à Vambulance que l'on reçoit les malades trans- 
portables ou pouvant marcher. 

Ici le personnel comprend six médecins, un pharma- 
cien, et cent vingt-huit infirmiers, outre le personnel des 
administrateurs, et des conducteurs. 

Elle est établie à proximité des réserves de la divi- 
sion, de façon à être soustraite aux oscillations du 
combat. On donnera la préférence à des points de fa- 
cile accès, abrités du feu, pourvus d'eau, à proximité 
d'une route et facilement reliables aux postes de se- 
cours. Les constructions couvertes sont préférables et 
seront des granges, ateliers, magasins, hangars, en 
dernier lieu des églises. S'il n'y a pas de locaux cou- 
verts, on utilisera les tentes déjà nommées. 

Les médecins se diviseront en trois groupes : 

Le premier groupe s'occupe du triage des blessés 
et des pansements simples. 

Le second groupe s'occupera des opérations d'ur- 
gence. 

Le troisième groupe fera les pansements compliqués 
pour immobiliser un membre, une jointure. 

Le premier groupe médical est constitué par un ou 
deux médecins assistés d'un certain nombre d'infir- 
miers. Les blessés sont examinés. Ceux dont le panse- 
ment est jugé suffisant, sont mis de côté pour être 
examinés, les autres sont pansés ou classés dans la 
catégorie des blessés à opérer ou à, immobiliser. 

Ici une antisepsie rigoureuse est de mise. Le chirur- 
gien veillera au lavage des mains, de celles de ses 
aides, qu'il choisira parmi les plus instruits et les plus 



372 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — IiNDICATIONS. 

intelligents. Ce sont eux qui stériliseront les instru- 
ments après chaque examen, en les flambant et en les 
trempant ensuite dans une solution antiseptique forte, 
qui feront le nettoyage de la région blessée, tandis que 
le chirurgien procédera par lui-même à la désinfection 
de la plaie, puis à son pansement. Ce pansement de- 
vra être largement appliqué et sec, de façon à pouvoir 
être rare et rester en place à moins de l'explosion d'ac- 
cidents locaux ou généraux. 

Au second groupe incombera la tâche de rapprocher 
les lambeaux d'une plaie par arme blanche, d'arrêter 
les hémorrhagies par la ligature directe ou la forci- 
pressure, ou encore le tamponnement antiseptique 
quand la région s'y prête. Consolider les appareils à 
fracture suffisants, remplacer ceux qui ne le sont pas, 
relever les blessés choqués ou anémiques, telles seront 
les pratiques les plus usuelles auxquelles se livrera le 
troisième groupe. En somme l'initiative opératoire du 
chirurgien d'ambulance devra être forcément très 
limitée, ainsi que nous l'avons déjà indiqué plus 
haut, et cela pour les raisons que nous avons si- 
gnalées. 

C'est ainsi qu'il devra s'abstenir en général de toute 
exploration profonde, de l'ablation des esquilles, de la 
régularisation d'un foyer de fracture, à plus forte rai- 
son, d'une résection, d'une trépanation, d'une laparo- 
tomie; cela d'autant plus que ces opérations ne sont 
généralement pas d'une urgence très grande et qu'il 
vaudra mieux qu'elles soient pratiquées à l'hôpital de 
campagne dont les conditions de fonctionnement ne 
sont plus celles de l'ambulance. Celle-ci voit en effet 
son rôle presque annulé, supprimé dès qu'il y a recul 
des corps auxquels elle est attachée; en cas de succès, 
il faut qu'elle les suive et que par conséquent sa tâche 
soit exécutée avec la plus grande célérité possible. En 
un mot, le rôle de l'ambulance doit être avant tout un 
rôle de protection des blessures, c'est à elle qu'incombe 



DES FORMATIONS SANITAIRES DE L'AVANT. 373 

la prophylaxie antiseptique des graves complicalions 
qui menacent les blessés. 

Nous avons vu le grand avantage que nous retirions 
de la séparation des blessés et opérés en infectés et non- 
infectés; si cette séparation pouvait être faite à l'am- 
bulance comme elle l'est à l'hôpital, ce serait un grand 
bien; mais cela nous parait bien difficile, sinon impos- 
sible. Du moins, pourrait-on trier les blessés à opérer et 
confier à deux escouades différentes ceux atteints de 
'complicationsinfectieuses Iransmissibleset ceux atteints 
de plaies non compliquées; cela constituerait déjà 
une sauvegarde importante au point de vue des infec- 
tions par contact. 

Gomme nous l'avons déjà montré, l'hôpital de cam- 
pagne constitue le troisième échelon du service sani- 
taire de l'avant. 

Les hôpitaux de campagne sont destinés à relever 
les ambulances dans la soirée ou au plus tard dès le 
lendemain du combat ; à continuer les évacuations ; à 
traiter sur place et jusqu'à leur rétablissement, les 
blessés non évacuables et non évacués, à renforcer 
éventuellement l'action des ambulances sur le champ 
de bataille. 

Le personnel médical comprend cinq médecins, deux 
pharmaciens, quatorze infîrmiersde visite et vingt-deux 
infirmiers d'exploitation. 

Le matériel des approvisionnements en pansements 
est analogue à celui de l'ambulance n° 1 et en comprend 
15 000 par corps d'armée pour tous les hôpitaux; les 
pansements compliqués avec immobilisation des mem- 
bres y sont en plus grand nombre qu'aux ambulances. 

L'hôpital de campagne, qui doit contenir 100 bles- 
sés et, tout en étant éloigné du champ de bataille, 
doit pouvoir se relier facilement aux ambulances 
divisionnaires, est installé dans des constructions re- 
connues propres à cet usage et à la rigueur dans des 
baraques, des tentes construites extemporanément. On 



374 ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

y installera une salle d'opéralions dans les conditions 
les meilleures possible. C'est là que le blessé recevra les 
premiers soins méthodiques, qu'il subira les interven- 
tions sérieuses non compatibles avec le fonctionnement 
de l'ambulance. C'est dire que l'antisepsie devra et 
pourra y être appliquée comme dans un hôpital ordi- 
naire, et ici s'imposeront plus encore, car elles seront 
possibles, la séparation des blessés en infectés etnon- 
infectés, la division du personnel et du matériel de pan- 
sements affecté à chacune des catégories. Une salle sera 
réservée aux opérés et pansés désinfectés, réunis ou non ; 
une autre salle à ceux qui présenteront des complica- 
tions graves, suppurations, septicémies, etc., etc. Nous 
ne pouvons ici que donner des indications sommaires, 
laissant aux chirurgiens auxquels seront confiés les 
services, le soin de les réaliser dans la mesure du pos- 
sible. 

Des formations sanitaires de l'arriére. 

Les formations sanitaires de l'arrière doivent débar- 
rasser les armées d'opérations des hommes devenus 
temporairement ou déûnitivement impropres au ser- 
vice, permettre d'éviter l'encombrement des hôpitaux 
de campagne, et l'agglomération des malades et blessés 
au voisinage des armées. 

Elles comprennent deux groupes destinés, l'un à 
l'hospitalisation sur place, l'autre à l'évacuation. 

Le premier est constitué par des hôpitaux de cam- 
pagne temporairement immobilisés pour y soigner les 
blessés, opérés et malades non transportables; par les 
hôpitaux permanents existants des territoires occupés; 
par ceux que créent les sociétés de secours aux blessés, 
les sociétés locales, les particuliers. Le second est 
constitué par les hôpitaux d'évacuation, les infirmeries 
de gare et de gîte d'étapes, les transports d'évacuation 
(train d'évacuation, convois par terre ou par eau). 



DES FORMATlOiNS SANITAIRES DE L'ARRIÈRE. 375 

Rien à dire de bien spécial sur l'antisepsie dans ces 
formations : grâce à l'immobilité dont elles jouissent, 
à la distance où elles sont du lieu de l'action, le service 
peut s'y faire comme en temps de paix et mieux encore 
que dans l'hôpital de campagne proprement dit. 



FIN. 



TABLE DES MATIERES 



Préface v 

Introduction 1 

I. — Des infections chirurgicales 1 

IF. — Définition de L'antisepsie et de L'asepsie 7 

III. — Plan général Il 

PREMIÈRE PARTIE 

ASEPSIE ET ANTISEPSIE EN GÉNÉRAL. 

CHAPITRE PREMIER. — De l'antisepsie et de ses agents. 13 
Acide phénique, 17. — Sublimé, 23. — lodo- 
forme, 30. — ■ Salol, 39. — Acide borique, 42, 

— Chlorure de zinc, 42. — INaphtol, 44. — Per- 
manganate de potasse, 46. — Biiodure de mer- 
cure, 47. — lodol, 48, — Sous-nitrate de bis- 
muth, 49. — Acide salicjdique, 49. — Acide 
thyraique ou thymol, 50, — Hydrate de chlo- 
ral et chloroforme, 50. — Alcool, 51. — Nitrate 
d'argent, 52. — Zinco-cyanure de mercure, 52. 

— Lysol, 54. — Microcidine, 56, — Acétate d'a- 
lumine, 58, — Antiseptiques complexes 58 

CHAPITRE II. — De l'asepsie . Ses agents 60 

CHAPITRE III. — Technique de l'asepsie et de l'antisepsie 

EN GÉNÉRAL 62 

§ 1, — Du matériel instrumental adapté à l'antisepsie. 62 

Des vitrines à instruments 62 

Des boîtes à instruments. , . , 68 

Des trousses 69 

§ 2. — De la stérilisation et de la désinfection des ins- 
truments 73 

Instruments métalliques 73 

Stérilisation par la chaleur sèche 74 

Du flambage, 74. — Étuves sèches 7S 

Stérilisation par l'eau bouillante 81 



TABLE DES MATIÈRES. 377 

Désinfection par la vapeur sous pression 82 

— pardesliquidesàpointd'ébullition élevé. 86 

— de certaines catégories d'instruments 

non complètement métalliques 93 

§ 3, — De la stérilisation et de la désinfection du ma- 
tériel accessoire 103 

Désinfection et stérilisation des cuvettes, vases, bo- 
caux, etc 103 

Désinfection des compresses et tampons 104 

Préparation, stérilisation et désinfection des 
éponges, 109. — Stérilisation de l'eau, 112. — 
Préparation et stérilisation des drains, 118. — 
Du catgut, 122. — Des fils de soie, 131, — Ma- 
tériaux pour sutures osseuses 132 

§ 4, — Désinfection et stérilisation des objets de pan- 
sement 132 

§ 5. — Asepsie et antisepsie pré-opératoires 139 

Asepsie et antisepsie du chirurgien et de ses aides.. 140 

De la désinfection des mains 140 

Asepsie et antisepsie du champ opératoire 147 

Désinfection du champ opératoire, 147. — Asepsie 
et antisepsie cutanée, 148. — Asepsie et anti- 
sepsie oculaires préliminaires, 152. — Asepsie 
et antisepsie auriculaires préliminaires, 153. — 
Antisepsie nasale préliminaire, 154. — Antisepsie 
préliminaire de la région bucco-pharyngée, 155. 

— De l'antisepsie préliminaire du tube diges- 
tif, 156. — De l'antisepsie pré-opératoire dans 
les opérations sur l'estomac, 157. — Antisepsie 
préliminaire intestinale, 158. — Antisepsie ano- 
reclale préliminaire, 159. — Asepsie urinaire 
préliminaire, 161. — Asepsie préliminaire génito- 
urinaire chez la femme 162 

DEUXIÈME PARTIE 
ASEPSIE ET ANTISEPSIE OPÉRATOIRE. 

De l'anesthésie à la cocaïne au point de vue de l'a- 
sepsie et de l'antisepsie 168 

Des anesthésies locales par l'éther, le chloréthyle ou 
les réfrigérants, dans leurs rapports avec l'asepsie 

et l'antisepsie 169 

Du drainage 170 

Technique du drainage, 172. — Tamponnement 
aseptique des plaies, 173. 



378 TABLE DES MATIÈRES. 

De l'hémostase au point de vue aseptique et anti- 
septique des ligatures. Torsion. Compression et 
tamponnement. Thermo-cautère 175 

De la réunion au point de vue aseptique et antisep- 
tique. Aiguilles et procédés de sutures 181 

De l'exploration des plaies accidentelles 185 

De l'asepsie et de r antisepsie pendaJit les opérations . . 186 
Opérations sur les tissus et organes non infectés, 
186. — De la pratique de l'opération en général. 187 

Chirurgie générale 189 

Ponctions, lavages, injections dans les articulations 
et les séreuses, 189. — Ablation d'une tumeur 
du sein non ulcérée, 191. — Amputation de 
cuisse, 192. — I\ésection du genou pour une 
ankylose angulaire non tuberculeuse, 194. — 
Arthrotomie pour fracture de la rotule et su- 
ture, 196. — Cure radicale d'une hernie ingui- 
nale, 197. — Kélotoiiiie ou opération de la 
hernie étranglée, 198. — Chirurgie crânienne et 
cérébrale, 198. — Trépanation du crâne, 199. 

— Chirurgie du rachis et de la moelle, 202. — 
Chirurgie oculaire, 202. — Chirurgie de la 
bouche, du pharynx et des fosses nasales, 203. 

— Chirurgie du cou et du thorax, 207. — Chi- 
rurgie abdominale. Laparotomies, 208. — Liga- 
tures du pédicule, 215. — Toilette du péri- 
toine, 216. — Lavage du péritoine, 210. — Su- 
tures de la paroi, 219. — Tamponnement anti- 
septique du péritoine, 219. — De l'hémostase 
profonde de l'abdomen et du bassin, 222. — Du 
drainage du péritoine, 223. — Des précautions à 
prendre quand on opère sur l'intestin ou un 
organe contenant des matières septiques, 225. 

— De la rentrée des viscères quand on a été 
obligé de faire l'éviscération. Précautions à 
prendre, 226. — De la marche de l'opération au 
point de vue antiseptique quand un kyste ou 
une poche est impossible à enlever^ 228. — Chi- 
rurgie du rectum et de l'anus, 230. — Cure ra- 
dicale d'une fistule anale simple, 230. — De la 
résection du rectum 232 

Chirurgie urinaire chez l'homme 235 

Du cathétérisme de l'urèthre, 235. — Uréthroto- 
mie externe avec ou sans résection de l'urè- 
thre, 237. — Cystotomie sus-pubienne 238 

Chirurgie gynécologique 241 



TABLE DES MATIÈRES. 379 

Des pessaires, leur application. Soins à donner, 
246. — De l'irrigation continue, 248. — Du cu- 
rettage de l'utérus, 240. — Hystérectomie va- 
ginale, 251. — Colpopérinéorraphie 254 

Opérations que l'on pratique sur des tissus infectés.. 255 
Extirpation de ganglions suppures sans fistules, 
2oB. — Incision antiseptique des abcès chauds. 260 
Opérations sur des tissus suppurants ou ulcérés 263 

TROISIÈME PARTIE 
PANSEMENTS. 

CHAPITRE PREMIER. — Des pansements chez les opérés 

ASEPTIQUES 269 

Du pansement aseptique sec 271 

— antiseptique sec 275 

CHAPITRE II. — Du pansement sec antisept[QUe chez les 

BLESSÉS et opérés SUSPECTS OU INFECTÉS 283 

CHAPITRE III. — Du pansement humide 286 

Des pulvérisations antiseptiques 289 

Des bains antiseptiques 295 

Des lavages antiseptiques 297 

Des pansements d'urgence 301 

Des pansements aseptiques et antiseptiques dans les 

principales régions 303 

QUATRIÈME PARTIE 

ASEPSIE ET ANTISEPSIE. — INDICATIONS. 

CHAPITRE PREMIER. — L'asepsie et l'antisepsie suivant 

les milieux (hôpital, ville, campagne) 3J1 

De l'asepsie et de l'antisepsie à l'hôpital 311 

De la disposition actuelle d'un service de chirurgie . 312 

Des opérations, 319. — Des salles d'opération 320 

Description du nouveau service de l'hôpital Gochin 310 

Asepsie et antisepsie dans la pratique de la ville 342 

Du choix et de l'installation d'une chambre d'opéra- 
tion 343 

Asepsie et antisepsie dans la pratique de la cam- 
pagne. 346 

CHAPITRE II. — Asepsie et antisepsie suivant l'état du 

blessé ou de l'opéré 347 

CHAPITRE m. — Asepsie et antisepsie suivant les régions. 353 

CHAPITRE IV. —L'asepsie ET l'antisepsie suivant les âges. 356 



380 TABLE DES MATIERES. 

CHAPITRE V. — Asepsie et antisepsie en chirurgie de guerre. 358 

Des formations sanitaires de l'avant 353 

Du paquet de pansement du soldat 362 

Du matériel de pansement dans les postes de se- 
cours, les ambulances et les hôpitaux de cam- 
pagne 364 

De l'aniisepsic au poste de secours, à l'ambulance, 

à l'hôpital de campagne 369 

Des formations sanitaires de l'arrière 374 



FIN DE LA TABLE DES MATIERES. 



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APPAREIL CIRCULATOIRE 

Maladies du cœur et tuberculose, par le D"" P. Teissier. 1894, 

I vol. gr. in-8 de 326 pages 7 fr. 

Traité des embolies capillaires, par le D' Feltz, 2^ édition. 

1870, I vol. in-8, 460 p., 1 1 pi 12 fr. 

Troubles fonctionnels du cœur, par le D^ Renaud. 1893, gr. in-8, 

180 pages 4 fr. 

Des anévrysmes di£fus consécutifs de l'aorte, par le Dr Pe- 

TROviTCH, 1 890, gr. in-8, 1 8 1 pages 4 fr. 

Recherches sur le bruit de moulin, par le D»" P. Reynier, 1880, 

in-8, 75 pag-es 2 fr. 

Le lavage du sang, par le Dr Mourette. 1896, in-8, 75 p. 2 fr. 50 

MALADIES DES PAYS CHAUDS 

Traité des maladies des pays chauds, par les D" Kelsch et 

KiENER, 1889, I vol. gr. in-8, 908 p., 6 pi. col 24 fr. 

Thérapeutique du paludisme, par les D" Burot et Legrand, 

médecins principaux de la marine, 1897, i vol. in- 16 de 186 p., 

cartonné 3 fr. 50 

Sémiotique et étiologie des maladies exotiques, par le 

D»" Mahé. i vol. in- 18 de 428 pages 7 fr.. 

Hygiène des pays chauds, par le D^ Pellarin. 1872, in-8. 6 fr. 
Madagascar. L'expédition au point de vue médical et hygiénique. 

L'acclimatement et la colonisation, par le D^ Lémure. 1896, gr. 

in-8, 1 18 p., avec i carte , 3 fr. 

Lesmaladiesdu Sénégal, parle D^BoRius. 1882, 1 vol. in-8. 7 fr. 
Le pèlerin de la Mecque, son hygiène, ses maladies, par le 

Dr Delarue. 1892, gr. in-8, 123 pages 3 rr. 50 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



PATHOLOGIE GÉNÉRALE. DIAGNOSTIC 



PATHOLOGIE GÉNÉRALE 

Traité élémentaire de pathologie générale, comprenant la 
pathologie et la physiologie pathologique, par H. Hallopeau, 
professeur agrège à la Faculté de médecine de Paris. 5« édition. 
1898, I vol. in-8 de 800 p.. avec 180 figures 13 fr. 

Éléments de pathologie, par le prof. Rindfleisch. Traduit par 
j. ScHMiTT, professeur à la Faculté de médecine de Nancy. 1886, 
I vol. in-8 de Sgô pages 6 fr. 

Nouveaux éléments de pathologie générale, parle D^ Bouchut. 
4« édition, 1882, i vol. gr. in-8 de 900 p., avec 25o fig . . 16 fr. 

La vie et ses attributs, dans leurs rapports avec la philosophie et 
la médecine, par le D' Bouchut. i 876, i v. in- 1 6 de 460 p. 3 fr. 50 

La vie. Études et problèmes de biologie générale, par le professeur 
Chauffard. 1878,1 vol. in-8 de 525 pages 7 fr. 50 

Le sommeil et l'insomnie, étude physiologique, clinique et thé- 
rapeutique, parle D^ Marvaud. 1881, in-8, 137 pages.. 3 fr. 50 

Des brûlures, causes des troubles fonctionnels et accidents géné- 
raux qu'elles déterminent, par les D" Boyer et Guinard. 1895, in-8, 
1 80 pages , 4 fr. 

DIAGNOSTIC 

Traité de diagnostic médical et de sémiologie, par le D^Mayet, 
professeur à la Faculté de médecine de Lyon. 1897, 2 vol. gr. in-8 
de 1 5oo pages, avec figures : 24 fr. 

Traité de diagnostic et de sémiologie, par le D' Bouchut. i883, 
I vol. gr. in-8 de 920 pages, avec i5o fig 12 fr. 

Arsenal du diagnostic médical, instruments d'exploration em- 
ployés en sémiologie et en thérapeutique, par le D' M. Jeannel. 
1877, I vol. in-8, 440 pages, avec 262 figures 7 fr. 

Précis d'auscultation, par le D>* Coiffier. 4» édition. 1897, i vol. 
in- 18 de. 189 pages, avec 93 fig. col., cart 5 fr. 

Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaisse- 
ments de la température, l'algidité centrale et la thermométrie 
locale, par le D"* P. Redard. i8o5, i vol. in-8 de 700 pages. 12 fr. 

La température du corps humain et ses variations dans les 
maladies, par les prof. P. Lorain et P. Brouardel. 1878, 2 vol. 
in-8 avec fig 30 fr. 

Marche de la température dans les fièvres intermittentes, par le 
Dr GuÉGEN. 1878, in-8. 5 fr. 

Considérations sur la fièvre, par leD^^GiRSAL. i878,in-8. 2fr. 50 

Le pouls et ses variations dans les maladies, par le prof. 
LoRAiN. 1870, I vol. gr. in-8 de 372 pages, avec 488 fig,. 10 fr. 

La circulation et le pouls, par le D^" Ozanam. 1886, i vol. gr. in-8, 
1 ,060 pages, avec 493 figures 20 fr. 

Applications de la radiographie à, la médecine, par le D^ Man- 
DRAs. 1896, gr. in-8, 54 p., 4 pi 2 fr. 50 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE. HISTOLOGIE 7 

Traité élémentaire d'anatomie pathologique, par Goyne, 
professeur à la Faculté de médecine de Bordeaux. iSgS, i vol. 
in-8 de 1040 pages, avec 223 fissures noires et coloriées.. 14 fr. 

Éléments d'anatomie pathologique, par Laboulbène, pro- 
fesseur à la Faculté de médecine de Paris. 1879, i vol. gr. in-8, 
980 p. avec 297 figures 20 fr. 

Traité d'histologie pathologique, par E. Rindfleisch. Traduit 
et annoté par F. Gross et Schmitt, professeurs à la Faculté de 
médecine de Nancy. 20 édition, 1888, 1 vol. gr. in-8 de 880 pages, 
avec 356 figures 15 fr. 

Traité d'anatomie pathologique, par le prof. Ziegler. 1898- 
1897, tomes î et II, i" partie, in-8, avec fig 28 fr. 

Anatomie pathologique du corps humain, par Gruveilhier. 

1842, 2 vol. in-folio, avec 23o planches coloriées 450 fr. 

Traité d^anatomie pathologique générale et spéciale, par 

Lebert. i855-i86i, 2 volumes in-folio de texte et 2 vol. in-folio 
comprenant 200 planches, coloriées , 600 fr. 

La pathologie cellulaire, parViRCHow. 4» édition, par I. Str-a.us, 
professeur à la Faculté de médecine de Paris. 1874, i vol. in-8 de 

417 pages avec i dj figures 9 fr. 

Leçons sur les humeurs normales et morbides du corps de 
l'homme, par le prof. Ch. Robin. 2^ édition, 1874, 1 vol. in-8 de 
1008 pages, avec 35 figures 18 fr . 

Prog^ramme du cours d'histologie, par le prof. Gh. Robin. 
2® édition, 1870, i vol. in-8 6 fr. 

Anatomie et physiologie cellulaires, par le prof. Ch. Robin. 
1873, i vol. in-8 16 fr. 

Traité élémentaire d'histologie humaine, normale et patholo- 
gique, par Morel et Villemin. 3^ édition, 1880, i vol. in-8 de 

418 pages, avec atlas de 36 planches 16 fr. 

La cellule animale, sa structure et sa vie, par le prof. J. Gha- 
TiN. 1892, I vol. in-i6 de 804 pages, avec 149 figures. 3 fr. 50 

Recherches histologiques sur le tissu connectif de la cornée, 

par Eloui. 1881, i vol. gr. in-8, avec 6 planches 6 tr. 

Étude du processus histologique des néphrites, par Hortoles. 

1881, gr. in-8, 182 pages, avec fig. et 2 planches coloriées. 6 fr. 
Traité du microscope et des injections, leurs applications àl'ana- 

tomie, à la physiologie, à la pathologie, par le prof. Gh. Robin. 

2^ édition, iSyj,! vol. in-8 de 1104 pages avec 356 fig 20 fr. 

Précis de microscopie, par le Dr Gouvreur. 1888, i vol. in-i6 de 
3 5o p., avec figures, cart 4 fr. 

La technique microscopique et histologique, par le professeur 

Mathias DuvAL. 1878, i vol. in-i6 de 3i3 p., avec 4.3 fig. 3 fr. 50 

Précis de tératologie, par Guinard, Préface par G. Dareste. 

1892, I vol. in- 18 de 5i2 p., avec 272 fig., cart 8 fr. 

Les anomalies chez l'homme et les mammifères, par L. Blanc. 

1893, I vol. in-i6 de 328 pages, avec 127 figures 3 fr. 50 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



irr 



8 BACTERIOLOGIE 



Traité pratique de bactériologie, par E. Macé, professeur à la 

Faculté de médecine de Nancy, 3° édition, 1897, i vol. in-8 de 
1200 p., avec 3oo figures 16 fr. 

Atlas de microbiologie, par le professeur E. Macé. 1897, i vol. 
gr. in-8, avec 60 planches coloriées 30 fr. 

Les microbes pathogènes, par Ch. Bouchard (de l'Institut), pro- 
fesseur à la Faculté de médecine. 1892, i volume in-i6 de 
304 pages 3 fr. 50 

Miicrobes et maladies, par J. Schmitt, professeur à la Faculté 
de médecine de Nancy. 1886, i volume in-i6 de 3oo pages, 
2 5 figures 3 fr. 50 

Les Microzymas, par A. Béchamp, 1888, i vol. in-8 de 992 
pages , 14 fr. 

Les toxines microbiennes, par le D^ Artaud. 1896, gr. in-8, 
142 pages 3 fr. 50 

De la nécessité de Texamen bactériologique pour le dia- 
gnostic des angines diphtériques, par le Dr Bonnier. 1894, 
gr. in-8, 92 pages, avec 3 pi 2 fr. 50 

Pouvoir bactéricide du sérum antidiphtérique, par le Docteur 

J. Nicolas. 1895, gr. in-8, 78 pages 2 fr. 50 

Étude du pouvoir antiseptique de la bile, par le D"" Vieillard- 
Baron. 1 895, gr. in-8, 5o pages 2 fr. 

Bactériologie de la grippe, par le D^ Bérier. 1892, in-8, 
1 04 pages 2 fr. 50 

Recherches bactériologiques sur Tinfection urinaire, par 

le D^Krogius. 1892, gr. in-8, 109 p. avec 3 planches 4 fr. 

De la variabilité dans les microbes, au point de vue morpho- 
logique et physiologique (application à la pathologie générale et 
à l'hygiène), par le D^" A. Rodet, agrégé à la Faculté de médecine 
de Lyon. 1894, gr. in-8, 224 pages 6 fr. 

Précis d'analyse microbiologique des eaux, suivi de la des- 
cription et de la diagnose des espèces bactériennes des eaux, par 
le D' G. Roux, directeur du bureau d'hygiène de la ville de Lyon, 
chef des travaux de clinique médicale à la Faculté de médecine. 
1892, I vol. in-i8 de 404 p., avec 73 fig. cart 5 fr. 

Études expérimentales sur les microbes des eaux, par le 

D* Despeignes, i 890, gr. in-8, 1 26 pages 3 fr . 

Examen bactériologique des eaux naturelles, par Malpert- 
Neuville. 1887, in-8, avec 32 figures 2 fr. 

Les microbes des eaux minérales de Vichy, asepsie des 
eaux minérales, par leD' Poncet. 1895, i vol. in-8, avec 26 pi. 7 fr. 

Les microbes des eaux minérales du bassin de Vichy, par 
Roman et Colin. 1893, gr. in-8, 96 pages 3 fr. 

Le lait. Études chimiques et microbiologiques, par Duglaux, 
de l'Institut. 2« édition, 1894, i vol. in- 16 de 36o p 3 fr. 50 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



THÉRAPEUTIQUE 



Traité élémentaire de thérapeutique, de matière médicale et 
de pharmacologie, par le D«" A. Manquât, prof, agrégé à l'Ecole 
du Val-de-Grâce. 3« édition, 1897, 2 vol. in-8 22 fr. 

Nouveaux éléments de matière médicale et de thérapeuti- 
que, par les professeurs Nothnagel et Rossbach. Introduction par 
Gh. Bouchard, professeur à la Faculté de médecine de Paris. 
2^ édition, ï 88g, i vol. gr. in-8 de 920 pages • 16 fr. 

Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, 

par les D" Gubler et Labbée. Histoire de l'action physiologique 
et des efîets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la phar- 
macopée. 5® édition. 1896, i vol. gr. in-8 de 1061 pages.... 18 fr. 

Cours de thérapeutique, par Gubler, 1880, i vol. in-8... 9 fr. 

Principes de thérapeutique générale, par le prof. Fonssagrives. 
26 édition. 1884, i vol. in-8 de bgo pages 9 fr. 

Études de thérapeutique générale et spéciale (Injections hypo- 
dermiques), avec application aux maladies les plus usuelles, par 
le prof. LuTON. 1882, i vol. in-8 de 472 pages 6 fr. 

Travaux de thérapeutique expérimentale, par Henrijean, 
Van Aubel et Gorin. 1884, gr. in-8, 843 p., avec 04 fig.... 5 fr. 

Médecine et thérapeutique rationnelles, par le D"" Goiffier. 
I vol. in- 18 , 6 fr. 

Delà prudence en thérapeutique, par le D^ Guermonprez. 1893, 
in-8, 69 pages 1 fr. 50 

Formulaire officinal et magistral international, comprenant 
environ 4000 formules tirées des Pharmacopées légales de la 
France et de l'étranger ou empruntées à la pratique des thérapeu- 
tistes et des pharmacologistes, suivi d'un mémorial thérapeutique. 
4* édition, en concordance avec la dernière édition du Codex me- 
dicamentarius et du Formulaire des hôpitaux militaires, par le 
prof. J.Jeannel. 1887, i vol. in- 18 de 1044 pages, cart 6 fr. 

Formulaire de l'Union médicale. Douze cents formules favo- 
rites des médecins français et étrangers, par le D'' Gallois. 4e édi- 
tion, 1888, I vol. in-32 de 662 pages, cart 3 fr. 

Formulaire des spécialités pharmaceutiques, composition, 
indications thérapeutiques, mode d'emploi et dosage, par les 
D" Gautier et Renault. i8q5, i vol. in-i8 de 3oo p., cart.- 3 fr. 

Formulaire raisonné des médicaments nouveaux, par Ré- 
veil. i865, i vol. in- 18 de 608 pages, avec figures 6 fr. 

Étude sur la révulsion, par le D' Besson. 1892, i vol. gr. in-8 

de 177 pages 4 f r 

La transfusion du sang, par le D"* Gré. 1870, i vol. in-8 de 

704 pages 12 fr. 

Le chloral et la médication intra-veineuse , par le D^ Gré. 

1 877, i vol. gr. in-8 de 383 pages 9 fr. 

Les médications arsenicales et antimoniales, par le 

D"- Papillaud. 1867, in-8 2 fr. 50 

Les médicaments oubliés. La Thériaque, par J. Bernhard. 1893, 

i vol. in-i6 de i5o pages 2 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



10 



THÉRAPEUTIQUE 



MÉDICATIONS NOUVELLES — SÉROTHÉRAPIE 

Formulaire des médications nouvelles, par le D"" Henri Gil- 

LET, ancien interne des hôpitaux, médecin de la Policlinique de 

Paris. 1895, I vol. in- 18 de 3oo pages, cart 3 fr. 

Formulaire des médicaments nouveaux, par H. Bocquillon- 

LiMoujsiN. Préface parle D^ Huchard.9« édition, 1897, i vol. in-i8 

de 5oo pages, cartonné 3 fr. 

Formulaire des alcaloïdes, par H. Bocquillon-Limousïn. Préface 

par le prof. Hayem. 1894, i vol. in- 18 de 3 12 p. cart 3 fr. 

La pratique de la sérothérapie, par le D' Gillet. 1895, i vol. 

in-i8 de 35o p. avec fig. cart 4 fr. 

Le sérum antidiphtérique (sérum Roux), par le Dr R. Petit. 

1897, gr. in-8, 86 p 2 fr. 50 

La sérothérapie, par le D^ Patet. 1895, gr. in-8, 104 p. 3 fr. 50 
La méthode de BroTvn-Séquard et les médications par extraits 

d'organes, par le Dr Gh. Eloy. 1893, i v. in-i6 de 3oo p. 3 fr. 50 
Des injections sous-cutanées massives de solutions salines, par 

le Dr Fourmeaux. 1897, gr. in-8, 167 p....... ^ 3 fr. 50 

Lé remède de Koch, par le D^ MiddexNdorp. 1891, gr. in-8. 2 fr. 
Les médicaments nouveauXj parle D"" E. Labbée. 1896, gr. in-8, 

80 pages 2 fr. 

Les nouveaux hypnotiques, par le Dr Houdaille. 1893, gr. in-8, 

240 pages • 5 fr. 

Le Hoang-Nan, remède tonkinois contre la rage, la lèpre et autres 

maladies, par E. Lesserteur. 1896, i vol. in-i8 de 3oo p. 3 fr. 50 

ÉLECTROTHÉRAPIE — MASSAGE 

Précis d'électrothérapie, d'électrophysiologie et d'électro- 

diagnostic, par le D^" Bordier. Préface par le professeur 

d'Arsonval. 1896, 1 vol. in- 18 de 600 pages avec i5o fig. cart. 8 fr. 

Principes d électrothérapie, par le D' Gyon. 1873 4 fr. 

Manuel d'électrothérapie, par le D"^ Tripier. 1861, i vol. in-i8 

de b24 pages, avec 89 fig 6 fr. 

Galvanothérapie. Application du courant galvanique constant au 

traitement des maladies nerveuses ou musculaires, par le D' Re- 

MAK. 1860, I vol. in-8 de 467 pages 7 fr. 

Électricité statique et son emploi en thérapeutique, par le 

Dr ViGOUROux. 1882, in-8, io3 pages avec pi 3 fr. 50 

De la valeur thérapeutique des courants continus, par le 

Dr J. Teissier. 1878, in-8, 170 pages, avec figures 3 tr. 50 

L'Électricité appliquée à la thérapeutique chirurgicale, 

par le D"" Abeille. 1 870, gr. in-8, 1 1 o pages 3 fr. 

De la sensibilité électrique de la peau, par le D' Bordier. 

1896, gr. in-8, 180 p., avec 20 fig 5 fr. 

Formulaire du massage, par le D' Norstrom. 1896, i voL 

in- 18 de 3oo pages, cart • -^ 3 fr. 

Traité du massage, par le D^ Norstrom. 1891, i vol. in-8 de 

672 pages 10 fr, 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



THÉRAPEUTIQUE H 



HYDROTHERAPIE 

Formulaire des eaux minérales, de balnéothérapie et d'hy- 
drothérapie, par le D'^ E. de La Harpe, 2^ édition, 1896, i vol. 
in-i8, cart 3 fr. 

La pratique de l'hydrothérapie, par le Dr E. Duval. Préface 
par le prof. M. Peter. 1891, i v. in- 16 de 36o pages, cart.. 5 fr. 

Traité d'hydrothérapie, par le D"" E. Duval. 1888, i vol. in-8. 
Prix 10 fr. 

Delabalnéothérapie, par le D'Lallour. 1876,111-8,48 p. 1 fr. 50 

CLIMATOTHÉRAPIE 

Formulaire des stations d'hiver et de climat o thérapie, par 

le D' de La Harpe. iSgS, i vol. in-i8 de 3oo pages, cart... 3 fr. 

Traité de climatologie médicale, comprenant la météorologie 
médicale et l'étude des influences du climat sur la santé, par le 
D' Lombard. 1877-1879, 4 vol. in-8 40 fr. 

Atlas de la distribution géographique des principales 
maladies dans ses rapports avec les climats, par le D^" Lombard. 
1880, I vol. in-4 de 25 cartes en couleurs, cartonné 12 fr. 

Traité de géographie et de statistique médicales, par le 

Df Boudin. 1857, 2 vol. gr. in~8 20 fr. 

Le climat de l'Italie et des stations du midi de P Europe, 

par le D' Carrière. 2" édition^ 1876, i vol. in-8 de 640 p. 9 fr. 

ANTISEPSIE 

Formulaire de l'antisepsie et de la désinfection, par H. Boc- 

quillon-Limousin. 2« édition, 1896, i vol. in- 16 de 3oo pages avec 
figures, cartonné 3 fr. 

La pratique de l'asepsie et de l'antisepsie en chirurgie, par 

le Dr Ed. Schwartz, professeur agrégé à la Faculté de médecine de 
Paris. 1893, I vol.in-i8 jésus de 38o p., avec 5i fig. cart 6 fr. 

La pratique journalière de la chirurgie antiseptique, par 

E. NicAisE, prof, agrégé à la Faculté de médecine de Paris, 1896, 
I vol, in- 16 de 3oo p. avec fig., cart 4 fr. 

La pratique de l'antisepsie dans les maladies contagieuses 
et en particulier dans la tuberculose, par le Dr Gh. Burlu- 
REAux, professeur agrégé à l'Ecole du Val-de-Grâce. 1892, i vol. 
in- 1 6 de 3oo pages, cartonné 5 fr. 

Manuel d'asepsie. Stérilisation et désinfection par la chaleur. Ap- 
plications à la médecine, à la chirurgie, à l'obstétrique et à l'hy- 
giène, parle Di'ViNAY, prof. agr. à la Faculté de médecine de Lyon. 
1890, I vol. in-i8 de 532 p., avec 74 fig., cart 8 fr. 

Le pansement antiseptique, ses principes, ses méthodes, par le 
D' J. DE NussBAUM. 1888, i vol. in- 1 8 dc 36o pages 5 fr. 

Des pansements et de l'antisepsie dans la chirurgie lyonnaise, 
par le D^" Thévenet. 1893, gr. in-8, 220 pages 5 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



12 CHIRURGIE 



PATHOLOGIE EXTERNE 

Nouveaux éléments de pathologie et de clinique chirurgi- 
cales générales, par F, Gross, J, Rohmer et A. Vautrin, pro- 
fesseurs à la Faculté de médecine de Nancy, 1897, 2 vol. in-8 de 
800 pages , 14 fr. 

Nouveaux éléments de pathologie et de clinique chirurgi- 
cales spéciales, par Fr. Gross, professeur de clinique chirurgi- 
cale, J. Rohmer et A. Vautrin, professeurs agrégés à la Faculté de 
médecine de Nancy. 1892, 3 vol. in-8 de chacun 1,000 pages. 36 fr. 

Encyclopédie internationale de chirurgie, par Duplay, Gos- 
SELiN, Verneuil, profcsscurs à la Faculté de médecine de Paris; 
BouiLLY, P. Second, Nicaise, Ed. Schwartz, G. Marchant, Picqué, 
chirurgiens des hôpitaux de Paris; Ollier, Poncet, professeurs à 
la Faculté de médecine de Lyon; Pousson (de Bordeaux), Maurice 
Jeannel (de Toulouse), etc. 1888, 7 vol. gr. in-8, comprenant en- 
semble 6680 p., à 2 colonnes, avec 2758 figures 100 fr. 

Tome I. Pathologie chirurgicale générale, maladies infectieuses et 
virulentes. — Tome II. Chirurgie générale, maladies communes à 
tous les tissus. — Tome III. Chirurgie des muscles, des nerfs et des 
vaisseaux lymphatiques et sanguins. — Tome IV. Chirurgie des os 
et des articulations, résections et tumeurs. — Tome V. Chirurgie de 
la tête, du cou et du rachis. — Tome VI. Chirurgie du larynx, du 
sein, de l'abdomen et de l'anus. — Tome Vil. Chirurgie des or- 
ganes génito-urinaires de l'homme et de la femme. 

Chaque volume se vend séparément 17 fr. 50 

Traité de pathologie externe et de médecine opératoire, par 
le Dj" Vidal. 5^ édition, 1861, 6 vol. in-8, avec 761 figures. 40 fr. 

CLINIQUE CHIRURGICALE 

La chirurgie journalière, leçons de clinique chirurgicale, par 
le D"" A. Desprès, chirurgien de l'hôpital de la Charité. 4» édition^ 

1894, i vol. gr. in-8 de 900 p., avec figures 12 fr. 

Clinique chirurgicale, par U. Trélat, professeur à la Faculté de 

médecine de Paris. 1891, 2 vol. gr. in-8 de chacun 800 pages, avec 
figures , 30 fr. 

Gliniçiue chirurgicale, par A. Richet (de l'Institut). 1893, i vol. 
gr. in-8 de 700 pages 12 fr. 

Clinique chirurgicale de l'Hôtel-Dieu de Lyon, par le Di" Va- 
lette. 1875, I vol. in-8 de 620 pages, avec figures 12 fr. 

Chirurgie journalière des hôpitaux de Paris, par le D"^ Gil- 
lette. 1877, I vol. in-8 de 772 p., avec 662 fig., cart 12 fr. 

Éléments de chirurgie clinique, comprenant le diagnostic chi- 
rurgical, les opérations, le traitement des blessés et des opérés, par 
Félix GuYON, professeur à la Faculté de médecine de Paris. 1873, 
I vol. in-8 de 662 pages, avec 63 figures 12 fr. 

Chirurgie orthopédique. Thérapeutique des difformités congéni- 
tales ou acquises, parle D*" de Saint-Germain. 1873, i vol. in-8 de 
65 1 pages, avec 129 fig 9 fr. 

Leçons cliniques de chirurgie orthopédique, par le D^ Phogas. 

1895, I vol. in-8 de 524 pages 8 fr. 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 




CHIRURGIE 13 



THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE 

Précis de thérapeutique chirurgicale et de petite chirur- 
gie, asepsie, antisepsie, pansements et bandages, par le D' De- 
CAYE, 2» édition, iSgS, i vol. in-i8 de 636 p. cart 8 fr. 

Précis de petite chirurgie et de chirurgie d'urgence, par le 

D*" A. Bergeron- 1882, I V. in-i8 jésus de 486 p., avec 374%. 5 fr. 

La pratique de la chirurgie d'urgence, par le Dr Gorre. 1872, 
I vol. in- 18 de 216 pages , . 2 fr. 

Chirurgie du système nerveux, par le D'Glantenay, prosecteur 
à la Faculté de médecine de Paris. 1897, i vol. in-i6 de 400 pages 
avec figures, cart 5 fr. 

Les pansements modernes, le pansement ouaté et ses applica- 
tions à la thérapeutique chirurgicale, par A. Guérin, membre de 
l'Académie de médecine. 1889, i v. in- 10 de 392 p. avec fig. 3 fr. 50 

Précis iconographique des bandages, pansements et appa- 
reils, par le D"^ Goffres. 1887, i vol. m-i8 jésus avec 81 planches. 

— Figures noires, cartonné 18 fr. 

— Figures coloriées, cartonné 36 fr. 

Arsenal de la chirurgie contemporaine, par les D" Gaujot et 
Spillmann. 1872, 2 vol. in-8, avec 1,437 figures 32 fr. 

MÉDECINE OPÉRATOIRE 

Précis d'opérations de chirurgie, par J. Ghauvel, professeur 
à l'Ecole du Val-de-Grâce. 3^ édition^ augmentée de notions sur 
l'antisepsie chirurgicale. 1891, i vol. in-i8 de lxxv-8i8 pages, 
avec 35ofig., cart 9 fr. 

Précis de médecine opératoire. Aide-mémoire de l'élève et du 
praticien, par le D"" Ed. Lebec, prosecteur de l'amphithéâtre des 
hôpitaux de Paris. i885, i vol. in-i8 de 468 p., avec 410 fig. 6 fr. 

Nouveaux éléments de médecine opératoire, par le profes- 
seur H. Ghrétien. 1881, I vol. in- 18 de 528 p. avec 184 fig. 6 fr. 

La pratique des opérations nouvelles en chirurgie, par le 

Df Guillemain, prosecteur à la Faculté de médecine de Paris. 1895, 
I vol. in- 18 jésus de 35o pages, cart 5 fr. 

Précis d'anatomie topographique, par N. Rudinger, professeur 
d^anatomie à l'Université de Munich. Edition française avec notes 
et additions, par P. Delbet, prosecteur à la Faculté de médecine 
de Paris. Introduction par le D' Le Dentu, professeur de clinique 
chirurgicale à la Faculté de médecine de Paris. 1893, i vol. gr. 
in-8, 232 pages et 68 figures noires et coloriées, cart 8 fr. 

Nouveaux éléments d'anatomie chirurgicale, par B. Anger, 
chirurgien des hôpitaux de Paris. 18Ô9, i vol. gr. in-8 de i,o36 p., 
avec 1,069 ^S- ^^ ^'^ atlas in-4 de 12 pi. col 40 fr. 

— Séparément ; Texte, i vol. in-8. 20 fr. — Atlas, i vol. in-4. 25 fr. 

Précis iconographique de médecine opératoire et d'anato- 
mie chirurgicale, par Glaude Bernard et Huette. 1882, i vol. 
in-i8 jésus, avec 1 13 pi., fig. noires, cart 24 fr. 

— Figures coloriées, cart 48 fr. 

FNVny FRANCO OONTRT;' TTN NfANHAT STIR T.A POSTE 



14 CHIRURGIE 



CHIRURGIE GENERALE 

Contributions à la chirurgie, par le prof. Sédillot. 1860, 2 vol. 

in-8 24 fr. 

De la réunion en chirurgie, par le D' JoBERT(deLamballe). 1864, 

I vol. in-8 de 720 p., avec 7 pi. col 12 fr. 

De la régénération des organes et des tissus, par le Dr Dem^^r- 

QUAY. 1873, I vol. gr. in-8 16 fr. 

L'infection purulente, par le D^ M. Jeannel. 1880, in-8. 7 fr. 
De la pyohémie, par le D^^ Braidwood. 1870, in-8, 12 pi. 8 fr. 
Traité des hydropisies et des kystes, par le D^ Abeille. i852, 

I vol. in-8 7 fr. 50 

Des lésions traumatîques portant sur des tissus malades, par le 

D^^ BouiLLY. 1877, gr. in-8, i53 pages 3 fr. 

Comparaison des arthropathies rhumatismales, scrofuleuses 
et syphilitiques, par le Dr BouiLLY. 1878, in-8, 108 pages. 3 fr. 50 

Traité de chirurgie d'armée, par le T)^ Legouest, inspecteur 
général du service de santé de 1 armée. 2^ édition, 1872, i vol. 
in-8 de 800 pages.... 14 fr. 

Traité de chirurgie navale, par Saurel et Rochard. 1861, i vol. 
in-8 de 1 06 pages avec 600 figures 8 fr . 

FRACTURES —OS— ARTICULATIONS 

Précis iconographique des fractures et des luxations, par 

les D" Helferich et Delbet. 1896, i vol. in-i6 de 824 pages 
avec 64 planches coloriées, cart 14 fr. 

Traité pratique des fractures et des luxations, par le prof. 
Hamilton. Traduit par G. Poinsot, agrégé à la Faculté de méde- 
cine de Bordeaux. i883, i vol. grand in-8, 1292 pages, avec 
514 figures 24 fr. 

Chirurgie des os et des articulations, par les prof. Ollier, 
PoNCET, etc. 1890, I vol. grand in-8 de 889 pages à 2 col. avec 
figures 17 fr. 50 

Pathologie des ostéites, par le D"^ Gondamin. 1892, i vol. gr. in-8 
de 167 pages 4 fr. 

Anatomie pathologique des ostéites, par le D»" Dubar. i883, 
in-8 4 fr. 

De l'évidement sous-périosté des os, par le prof. Sédillot. 1867, 
I vol. in-8 13 fr. 

De Tostéoclasie, par le D' Pousson. 1886, gr. in-8, 262 p.. 5 fr. 

Du redressement des membres par Tostéotomie, par le 

D"" Campenon. i883, gr. in-8, 3i i p., avec figures 4 fr. 

Traité de thérapeutique des maladies articulaires, par le 
D' A. Bonnet. i853, i vol. in-8 de 684 p., avec 97 figures.. 9 fr. 

Nouvelles méthodes de traitement des maladies articu- 
laires, par le D^ A. Bonnet. 2^ édition, 1860, i vol. in-8 de 
3 66 p. , avec 17 fig = 4 fr. 50 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



CHIRURGIE 15 



MEMBRES 

Ostéosarcomes des membres, par le D' Ed. Sghwartz. 1890, 

gr. in-8, 267 pages 4 fr. 

Des amputations simultanées, dans la continuité des deux 

raembres inférieurs, par le D^ Delon. 1894, gr. in-8, 112 p. 3 fr. 
Traité du pied bot, par le D' Duval. Préface du D' Péan. 1891, 

r vol. in-8 6 fr. 

Les tuberculoses du pied, par le Dr Audry. 1890, gr. in-8, 

234 pages 5 fr- 

Traitement non sanglant de la coxalgie, par le D' Berthet. 

1892, gr, in-8, 90 pages, avec figures 2 fr. 

De l'hygroma tro chanter ien, par le D^ J.-B. Petit. 1891, i vol. 

gr. in-8 de lôSp 4 fr. 

Des difformités des doigts, par le Dr Beauregard. 1875, in-8, 

1 ro p., avec 6 pi 4 fr. 

CRANE — NERFS 

Chirurgie de la tête, du cou, du rachis, parles D'* Gérard Mar- 
chant, Masselon, Jeannel, etc. 1890, i vol. gr. in-8, 844 p. à 

2 col., avec figures 17 fr. 50 

Des traumatismes crâniens et du mode d'action de la crâniec- 

tomie, par le D' L. Masson. 1894, gr. in-8, 282 pages 6 fr. 

Les tumeurs cérébrales, par le D' Auvray, prosecteur à la 

Faculté de médecine de Paris. 1896, i vol. gr. in-8 de 466 p., 

avec figures 8 f r. 

Traité des sections nerveuses, par le D' Letiévant. 1873, 

I vol. in-8 de 548 pages, avec figures 8 fr. 

Néoplasmes primitifs des nerfs des membres, par le Docteur 

Peret-Gilbert. 1891, I vol. gr. in-8 de 191 pages 4 fr. 

Luxations du nerf cubital, par le D^ Drouard. 1896, gr. in-8, 

i3o pages 3 fr. 50 

ABDOMEN — ANUS 

Chirurgie du larynx, du sein, de l'abdomen et de Tanus, par 

PiCQUÉ, Barette, Le Bec, chirurgiens des hôpitaux. 1890, i vol. 

gr. in-8, avec 382 fig 17 fr. 50 

Traité de l'empyème, par le D^ Bouveret. 1888, i vol. in-8 de 

890 pages 12 fr. 

Cure des hernies étranglées, par Marin, i 89 i , in-8, 87 p. 2 fr. 50 
Cure radicale de la hernie inguinale, par le D^ Agier. 1895, 

in-8, ^04 pages 4 fr. 

Traitement de Tanus contre nature et des fistules stercorales, 

par le Dr PoLLossoN. 1888, in-8, 216 pages 4 fr. 

Traitement des hémorroïdes, par Fontan. i 877, gr. in-8, 84 p. 3 fr. 
De l'hématome du scrotum, par le D' Baseil. I890, gr. in-8, 

3oo pages 6 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



16 OPHTALMOLOGIE 

Traité des maladies des yeux, par le D^ Galezowski. 3^ édttion. 
1888, I vol. in-8 de 1020 pages, avec 488 figures 20 fr. 

Échelles optométriques et chromatiques accompagnées de ta- 
bles pour le choix des lunettes, par le D^ Galezowski. i883, in-8, 
34 pi. noires et coloriées, cartonné 7 fr. 50 

Traité iconographique d'oi>htalmioscopie, par le D»" Gale- 
zowski. 2« édition. 1885, i vol. in-4 de 281 pages, avec 28 planches 
chromo-lithographiées, cart 35 fr. 

Échelles portatives des caractères et des couleurs, pour 
mesurer l'acuité visuelle, par le D^" Galezowski, 2^ édition. i8qo, 
in-i8, 38 pi., cart 2 fr. 50 

Diagnostic des maladies des yeux, par la chromatoscopie 
rétinienne, par le D' Galezowski. 1868, in-8, 207 p. 3i pi.. 7 fr. 

Diagnostic et traitement des affections oculaires, par les 
BJ'S Galezowski et Daguenet. 1886, i volume gr. in-8 18 fr. 

Hygiène de la vue, par les D"^ Galezowski et Kopff. 1888, i vol. 
m-i6 de 328 p., avec 44 fig 3 fr. 50 

Hygiène de la vue, par le D»" Magne, i vol. in-i6 2 fr. 

Précis d'ophtalmologie chirurgicale, par le D^ Masselon, chef 
de clinique de M. de Wecker. 1886, i volume in- 18 jésus avec 
1 18 figures 6 fr. 

Leçons d'ophtalmologie, par le D^ Badal, professeur à la Faculté 
de médecine de Bordeaux. 1881, i vol. in-8 5 fr. 

Clinique ophtalmologique, par le D^ Badal. 1879, ^ ^^^' ^^"^ ^^ 

208 pages 4 fr. 

Clinique ophtalmologique, par les D" Graefe et Meyer. i 866, 

i vol. in-8 de 272 pages avec figures 8 fr. 

Iconographie ophtalmologique, par le D' Sichel. 1862-1859, in-4, 

840 pages, avec 80 pi. col 120 fr. 

Cristallin, anatomie et développement, usages et régénération, par 

le D»" Gadiat. 1876, in-8, 80 pages, avec 2 pi 2 fr. 50 

Anatomie pathologique de la coc^onctivite granuleuse, par 

le Dr ViLLARD. 1890, gr. in-8, 143 p., avec figures 3 fr. 50 

Maladies des yeux et des dents. Relations pathologiques entre 

les yeux et les dents, par le D»" Gourtaix. 1891, grand in-8, 

144 pages 3 fr. 50 

Les kystes hydatiques de l'orbite, par le D' Mandour. 1895, in-8, 

1 17 pages 3 fr. 

Des irido-choroïdites, par Calderon. 1875, in-8, i5i p.. 3 fr. 
Ophtalmie scrofuleuse, par D. de Fortunet. 1889, gr. in-8. 2 fr. 50 
Enophtalmie et exophthalmie alternantes, par le D"" Terson. 

1897, gr. in-8, 64 p 1 fr. 50 

Ophtalmie sympathique, par Vigneaux. 1877, in-8, 2o3 pages. 

Prix 4 fr . 

Les troubles visuels dans leurs rapports avec les tumeurs du 

du chiasma, par le D"" Jacqueau. 1890, gr. in-8, 100 pages. 3 fr. 

LIBRAIRIE J -B. BAILLIÈRE ET FILS 



OPHTALMOSGOPIE. OTOLOGIE. LARYNGOLOGIE n 

OPHTÂLMOSCOPIE 

Précis iconographique d'ophtalmoscopie, par les D" Haab, 

Terson et GuÉNOT, 1896, i vol. in-i6 de 25o pages avec 64 plan- 
ches coloriées, cart 13 fr. 

Atlas d'ophtalmoscopie médicale, par le D^Bouchut. 1876, i vol. 
in-4, avec 14 pi. en chromo, comprenant iSy fig., cart.... 35 fr 

Li^examen de la vision devant les conseils de revision et de ré- 
forme, dans la marine et dans l'armée, par le D' Barthélémy. 
1889, I vol. in-i6, 336 p. avec fig. et pi. col.. 3 fr. 50 

Examen de la vision chez les employés de chemin de fer, 

par le D^ Redard. 1880, in-8, avec 4 planches coloriées.... 4 fr. 

De l'acuité visuelle, par le D»" Bordier. 1893, gr. in-8 5 fr. 

Les anomalies de la vision, par le D^ A. Imbert. 1889, i vol. 

in-i6 de 365 pages, avec figures 3 fr. 50 

La vision et ses anomalies, par le D»" Giraud-Teulon. 1881, 

I vol. gr. in-8 de 936 p., avec 117 figures 20 fr. 

Des troubles fonctionnels et organiques de l'amétropie et 

de la myopie, par le D"^ Miard. 1873, i vol. in-8 7 fr. 

OTOLOGIE 

Précis des maladies de l'oreille, par le Dr Gellé. i885, i vol. 
in-i8 de 708 pages, avec 167 figures 9 fr. 

Traité des maladies de l'oreille, parle D^Bonnafont, 2' édition^ 
1873, I vol. in-8 de 700 pages 10 fr. 

Diagnostic des affections de l'oreille, par le D*" Labit. 1892, 
gr. in-8, ii5 pages 3 fr. 

L'oreille. Anatomie pathologique, par le D^ Rattel. 1896, i vol. 
in- 18 de 190 p., avec 19 figures 3 fr. 

L'oreille, maladies chirurgicales, parles D" Schwartze et Rattel. 
1896, 2 vol. in-i8, 778 p 20 fr. 

Des tumeurs cartilagineuses des fosses nasales, par le Docteur 
J. SicARD. 1897, gr. in-8, 91 pages 2 fr. 50 

LARYNGOLOGIE 

Traité des maladies du larynx, du pharynx et des fosses na- 
sales, par le D' Lennox-Brow^ne. Préface par le D^ Gouguenheim, 
189 1, I vol. in-8 de 65o pages avec 242 figures et 2 pi. color. 12 fr 

Des tumeurs du larynx, par le Dr Ed. Schwartz. 1886, gr. 
in-8, 294 pages 6 tr. 

Llntubation laryngée dans le croup, par le D^" Hugues. 1895, 
gr. in-8 de 1 5o pages 3 fr. 50 

L'intubation du larynx chez l'enfant et chez l'adulte, par le 
Dr Ferroud. 1894, gr. in-8, i5o pages 3 fr. 50 

Hygiène de la voix parlée ou chantée, par le D^ Mandl. i8gi, 
I vol. in- 18 de 3 20 p. avec figures 3 fr. 50 

Tumeurs bénignes de l'amygdale, par le D»" Ardenne. 1897, 
gr. in-8, 93 p 2 fr. 50 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 

1. 



18 ART DENTAIRE 



Manuel du dentiste, rédigé conformément au programme de 
i8q3 pour les examens de chirurgien-dentiste, par Ch. Godon, 
chirurgien-dentiste, de la Faculté de médecine de Paris, pro- 
fesseur de l'Ecole dentaire de Paris, avec la collaboration de 
MM. les D" L. Frey, M. Roy, E. Sauvez et de M. P. Martinieh. 
1896. 5 vol. in-i8 de 3oo p. avec fi g. Chaque volume cart. 3 fr. 

I. Anatomie et physiologie. — II. Pathologie. — ill. Thérapeutique. Anesthésie. 
— IV. Dentisterie opératoire et clinique dentaire. — V. Prothèse. 

Formulaire de médecine et de chirurgie dentaires, par le 

D' N. Thomson, chirurgien-dentiste de la Faculté de médecine de 
Paris. 1895, I vol. in- 18 de 280 p. cart 3 fr. 

Chirurgie des dents et de leurs annexes, par E. Brasseur, direc- 
teur de l'Ecole dentaire. 1889, i vol. gr. in-8, avec 127 fig. 5 fr. 

Pathologie des dents et de la bouche, par le D' Léon Fret. 
1896, I vol. in- 18 de 279 p., avec fig. cart 3 fr. 

Clinique dentaire et dentisterie opératoire, par Ch. Godon, 
directeur de l'Ecole dentaire de Paris. 1897, i vol. in-i8de 288 p. 
avec 62 fig. cart 3 fr. 

Thérapeutique de la bouche et des dents, hygiène buccale et 
anesthésie dentaire, par le D^ M. Roy, professeur à l'Ecole den- 
taire de Paris. 1897, i vol. in-i8 de 286 p. cart 3 fr. 

Examens des chirurgiens-dentistes. Anatomie, physiologie, 
pathologie et thérapeutique dentaires. Programmes et 
questionnaires, par le D^ Hamonaide. 1895, in- 18, 82 pages. 1 fr. 

Les dents de nos enfants, par le Dr Bramsen. 1889, i vol. in- 16 
de 144 pages, avec 5o figures 3 fr. 

Lésions et maladies des mâchoires, par le D' Heath. 1888, 
I vol. in-8 de 462 pages avec 200 figures 10 fr. 

Chirurgie dentaire, par le D^ David. 1885-1890. Réunion de 
35 mémoires en i vol. in-8 25 fr. 

Des pansements en chirurgie dentaire, par le D^ DAvm. 
1888, in- 18, 45 pages 1 fr. 

Hygiène de la bouche dans les collèges, par le D^ David. 

i885, in-8 50 c. 

L'anesthésie et les dentistes, par le D^ David. 1886, in-8, 

1 2 pages 50 c. 

Mémoire sur les tumeurs du périoste dentaire et sur l'ostéo- 

périostite alvéolo-dentaire, par le Dr Magitot. 1874, in-8. 3 fr. 
Traitement des déviations dentaires, parle D' Dunogier. 1895, 

gr. in-8 2 50 

Anatomie de la bouche et des dents, par le Dr Sauvez. 1896, 
I vol. in-i8 de 3oo p. avec fig. cart 3 fr. 

Anatomie comparée du système dentaire, par le D' Rousseau. 
i vol. grand in-8, avec 3o planches 10 fr. 

L'articulation alvéolo-dentaire, par le Df Beltrami. 1895, 
in-8, 120 pages 3 fr. 

Gode du dentiste, par Roger et Godon. 1893, i vol. in-i6. 5 fr. 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



VOIES URINAIRES 19 



Leçons cliniques sur les maladies des voies urinaires, profes- 
sées à l'hôpital Necker, par le D^ Félix Guyon. 3^ édition, 189S-1897, 
3 vol. gr. in-8, 1785 p. avec 44 figures et i5 planches. 37 fr. 50 

Séparément: tome III, Cathétérisme, antisepsie, anesthésie, 1897, 
I vol. gr. in-8 de 65o p. avec fig. et pi 12 fr. 50 

Leçons cliniques sur les afiCections chirurgicales de la 
vessie et de la prostate, par le professeur Félix Guyon. 1888, 
I vol. gr. in-8 de 11 00 pages 16 fr. 

Chirurgie des organes génito-urinaires de l'homme et de la 
femme, par S. Duplay, professeur à la Faculté de médecine, 
G. BouiLLY, L. PiCQuÉ, A. PoussoN, Ed. SciïWARTZ et P. Second. 
1888, I vol. gr. in-8 de 844 p., avec 32 1 fig 17 fr. 50 

La pratique de la chirurgie des voies urinaires, par le 

D' Delefosse. 2» édition, 1887, i vol. in-i8 jésus de 585 p. 7 fr. 

La pratique de l'antisepsie dans les maladies des voies uri- 
naires, par le D*" Delefosse. 1893, i vol. in-i8 de 234 p.. 4 fr. 

Traité pratique des maladies des voies urinaires, par le pro- 
fesseur Henry Thompson. 2« édition, 1881, i vol. in-8 de io5i p., 
avec 280 figures 20 fr. 

Leçons cliniques sur les maladies des voies urinaires, 

par le professeur H. Thompson. Traduite par le D^ Jamin. 1889, 
I vol. in-8 de 876 pages, avec 148 figures 12 fr. 

Leçons sur les tumeurs de la vessie, par le prof. Henry 
Thompson. Traduit par le D'" R. Jamin. i885, i vol. in-8, 4 fr. 50 

Traité des maladies des voies urinaires de l'homme et de 
femme, par le D^ H. Picard. 1893, i vol. in-i8 de 36o pages et 
figures, cartonné 5 fr. 

Maladies de l'urètre, par H. Picard. 1877, i vol. in-8 8 fr. 

Maladies de la vessie, par H. Picard. 1879, ^ ^^^' in-8. 8 fr. 

Traité pratique sur les maladies des organes génito-uri- 
naires, parle prof. Civiale. 3« édition, 1860, 3 vol. in-8 25 fr. 

Anatomie et chirurgie de la vessie chez l'enfant^ par le 

D' Mayet. 1897, gr. in-8, 222 pages , . 5 fr. 

Des résultats éloignés delà cystotomie sus-pubienne, par le 

D»" Lagoutte. 1894, gr. in-8, 164 pages 3 fr. 50 

La taille hypogastrique, par le D^ Bouley. i883, gr. in-8. 5 fr. 
L'exstrophie vésicale et l'épispadias, par le Dr Durand. 1894, 

gr. in-8, 1 1 5 pages 3 fr. 50 

L'appareil urinairs chez l'adulte et chez le vieillard, par le D^Mic- 

QUET. 1 89 1 , gr. in-8, 1 66 p 3 fr. 50 

Anatomie chirurgicale de la vessie, par le D»" Paul Delbet. 

1895, I vol.gr. in-8 de 322 pages avec figures 7 fr. 50 

De Turetérectomie dans les lésions des uretères avec ou sans 

altérations des reins, par le Di'Liaudet. 1894, gr. in-8, 172 p. 4 fr. 

Chirurgie de l'uretère, parle D"" Glantenay. 1895, grand in-8, 
293 pages 6 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



20 GÉNÉRATION 



Histoire de la génération chez rhomme et chez la femme, par 
le Dr Richard. 2« édition, 1889, i vol. in-8 de 35o pages, avec 
8 pi. coloriées ,' 10 fr. 

Des rapports conjugaux. Histoire de la génération chez l'homme 
et chez la femme, par le D"^ Richard. 4e édition, 1894, i vol. in- 18 
de 323 pages avec fig 3 fr. 50 

Iconographie pathologique de l'œuf humain fécondé dans 
ses rapports avec l'étioiogie de l'avortement, par le D^" Martin 
Saint-Ange. 1884, in-4, 188 p. 19 pi. chromo, cart 35 fr. 

Des fraudes dans l'accomplissement des fonctions génératrices, 
par le D' Bergeret. Quator:{ième édition, 1893, i vol. in- 16 de 
228 pages. * 3 fr. 

A propos des fraudes dans raccomplissement des fonctions 
génératrices, par le D»" Hermel. 1869, gr. in-8, 24 p.... 1 fr. 

Lies organes génitaux, de l'homme et delà femme, par Cuver 
et KuHFF. Gr. in-8, 65p., avec 66 fig. et 2 pi. col 7 fr. 50 

L'évolution sexuelle dans l'espèce humaine, par le prof. Sicard. 
1892, I vol. in-16 de 320 p., avec fig. 3 fr. 50 

Les vices de conformation des organes génitaux et urinai- 
res de la femme, par Gh. Debierre, profësseur à la Faculté de 
médecine de Lille. 1892, i v. in-16 de 35i p., avec 86 fig. 3 fr. 50 

L'hermaphrodisme, par le prof. Debierre. 1891, i vol. in-16 de 
i5o p. avec 5o fig 2 fr. 

Les sujets de sexe douteux, par le D"" Dailliez. 1893, gr. in-8» 
112 pages 3 fr. 50 

Une erreur de sexe, par le D^^ Guermonprez. 1893, in-8.. 2 fr. 

Traité de l'impuissance et de la stérilité chez l'homme et la 

femme, par le D^" Roubaud. 3« édition, 1876, i v. in-8, 804 p. 8 fr. 
Conseils aux personnes affaiblies, par le D^ Mercier. i883, 

in-i8, 108 pages ."« 1 fr. 

La fécondation artificielle et son emploi contre la stérilité chez 

la femme, par le D' Gautier. 1890, i vol. in-16 de 342 p. 2 fr. 
De l'onanisme, causes, dangers et inconvénients, par le D^ Four- 

nier. 5e édition, 1893, i vol. in-16 de 216 pages 2 fr. 

PROSTITUTION 

La prostitution en France et à, l'étranger, par le Dr Reuss. 

1889, I vol. in-8 de 690 pages 7 fr. 50 

De la prostitution dans les grandes villes, au XIX^ siècle, 

par J. Jeannel. 2^ édition, 1874, i vol. in-i8, 658 p 5 fr. 

La prostitution en France, par le D"- Desprès. 1882, i vol. 

gr. in-8 de 208 p. avec 2 pi 6 fr. 

La prostitution à Paris, par H. Richard, ancien président du 

Conseil municipal. 1890, i vol. in-i8 de 32o p 3 fr. 50 

La prostitution à Paris, par le D^ Gorlieu. 1887, i vol. in-16 

de 1 28 pages , 2 fr. 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



OBSTÉTRIQUE. 2i 



Traité pratique des accouchements, par le D' A. Charpentier, 
professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, membre de 
l'Académie de médecine. 2^ édition, 1889, 2 vol. gr. in-8de iioop., 
avec 752 fig. et i pi 30 fr. 

Traité pratique de Tart des accouchements, par Naegelé et 
Grenser. 2» édition, 1880, i v. in-8 de 800 p. avec 207 fig. 12 fr. 

Coursd'accouçhements, parle Di'N. Charles. 1897, 2v.in-8. 15 fr. 

Guide pratique de Taccoucheur et de la sage-femme, par 

les D's PÉNARD et Abelin. 8e édition, 1896, i vol. in-i8 de 712 p., 
avec 207 fig. cart 6 fr. 

Manuel complet des sages-femmes, par le D"" C. Fournier, pro- 
fesseur à l'Ecole de médecine d'Amiens. Préface par M. Maygrier, 
professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris. 4 vol. in-i8, 
avec fig., cart 12 fr. 

I. — Anatomie, physiologie et pathologie, i vol 3 fr. 

II. — Accouchement normal, i vol 3 fr. 

III. -- Accouchement pathologique, i vol 3 fr. 

IV. — Nouvelles accouchées et nouveau-nés. i vol.... 3 fr. 

Manuel de la sage-femme et de l'élève sage-femme, par le 
Dr E. Gallois, 1886, i vol. in-i8 de 640 p. avec fig 6 fr. 

Guide pratique pour les sages-femmes, par le D' A. Arte- 
MiEFF. 1896, I vol. in-i8 de 2i3 p., cart 3 fr. 

Précis de médecine opératoire obstétricale, par le D' Remy, 
professeur agrégé à la Faculté de médecine de Nancy. 1898, i v. 
in-i6 de 460 pages, avec i85 fig. cart 6 fr. 

L'art des accouchements, par Siebold. i v. in-i6 de 268 p. 2 fr. 

L'art d'apaiser les douleurs de l'enfantement, par le D»" Fa- 

get. 1880, in-8 2 fr. 

La pratique des accouchements chez les peuples primitifs, 

par le D*" Engelmann. Préface par le T>^ A. Charpentier. 1886, 
I vol. in-8 avec 83 fig 7 fr. 

Technique de l'accouchement provoqué, par le D^ Grinda. i 89 i , 

gr. in-8, 1 80 pages 4 fr. 

De la rétention du placenta et des membranes dans l'avorte- 

ment, par le D" Gerbaud. 1886, gr. in-8, 224 pages 4 fr. 

Mécanisme de la parturition : fiexion et rotation de la tête dans 

les présentations du sommet, par le D»" Parisot. 1893, i vol. gr. 

in-8, 226 pages 5 fr. 

Contribution à l'étude du bassin vicié par obstruction, par 

le Dr Vaille. 1891, 1 vol. gr. in-8 de 104 pages ; 3 fr. 

L'accouchemeat dans les rétrécissements du bassin, par le 

par le D^ Litzmann. 1889, i vol. gr. in-8 de 104 pages 3 fr. 

Fonctions du forceps, par le D^ Ghassagny. 1891, i v. in-8. 8 fr. 
Des diverses espèces de forceps, par le D' Poullet. i883, 

i vol . i n-8 , 6 fr. 

La version bi-polaire, par le D^ Laskine. i 89 i , in-8, 109 p. 3 fr. 50 
Placenta praevia et tamponnements, par le D^ Vivien. 1892, 

gr. in-8 3 fr. 50 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



22 GYNECOLOGIE 



Traité pratique de gynécologie, par les D" S. Bonnet, ancien 
interne des hôpitaux de Paris et P. Petit. Introduction par le 
prof. Charpentier. 1894, i vol. in-8 de 804 pages avec 297 ngures 
dont 90 coloriées 15 fr. 

La pratique des maladies des femmes, par T. Emmet. Ouvrage 
traduit et annoté par A. Olivier. Préface par le prof. Trélat. 1887, 
I vol. gr. in-8 de 860 p. avec 220 fig 15 fr. 

Traité pratique des maladies des femmes, hors l'état de gros- 
sesse, pendant la grossesse et après l'accouchement, par Churchill 
et Le Blond. 3" édition, 1881, i vol.gr. in-8 de 1,1 58 pages, avec 
365 fig 18 fr. 

Manuel pratique des maladies des femmes, par le D^^ G. Eus- 
tache. 1881, I vol. in- 18 de 748 pages 8 fr. 

Leçons cliniques sur la menstruation et ses troubles, par le 
D' Gallard. 1884, i vol. in-8 de 325 p., avec 37 fig 6 fr. 

Leçons cliniques sur les maladies des ovaires, par le D»" Gal- 
lard. 1 886, I vol. in-8 de 463 pages avec 47 fig 8 fr. 

Anatomie pathologique de l'utérus et de ses annexes, par 

BoiviN et DuGÈs. 1866, atlas in-folio de 41 pi., col., cart. 45 fr. 

Traité clinique de l'inversion utérine, par le prof. Denucé. 
i883, I vol. in-8 de 645 p., avec io3 fig 15 fr. 

Traitement des maladies chroniques de l'utérus, par le 

D»" Abeille. 2» édition, 1877, i vol. in-8 de 526 p 10 tr. 

La chirurgie ignée dans les maladies de l'utérus, par le 
D"" Abeille. 1886, i vol. in-8 de 452 p. avec 2 pi. et 44 fig. 12 fr. 

Traitement chirurgical des myomes utérins, par le Dr Vau- 
trin. 1886, gr. in-8, 36o pages. 6 fr. 

Documents sur l'hystérectomie abdominale totale pour fibro- 
myomes utérins, par le D"" Guermonprez. 1896, in-8, 216 pages, 
avec 19 fig 5 fr. 

Du cancer primitif du corps de l'utérus. Diagnostic et traite- 
ment par le D"" Bisch. 1892, gr. in-8, 148 pages 4 fr. 

Parallèle de l'hystérie et des maladies du col de l'utérus, par le 
D^ Dechaux. 187 -f, I vol. in-8 de 444 pages 5 fr. 

La vérité sur les maladies de l'utérus et la physiologie mé- 
dicale de la femme, par le D^ Dechaux. 1877, ' "^^1. in- 12 de 
1 78 pages , 3 fr. 50 

Mémoire sur les allongements hypertrophiques du col de 

rutérus,par le D"" Huguier. 1860, in-4, 23 1 p., avec i3pl. 15 fr. 

De rhystérométrie et du cathétérisme utérin, parle D»" Huguier. 
I vol. in-8, 4 pi 6 fr. 

Des maladies des ovaires et de l'ovariotomie, par le D' Koeberlé. 
1878, in-8, i35 pages 4 tr. 50 

De rhémostâse définitive par compression excessive, par le 
D"" Koeberlé. 1877-1893, 3 mémoires in-8 6 fr. 50 

La colite muoo-membraneuse chez les utérines, par le D^ Let- 
cheff. 1895, in-8, 118 pages 3 fr. 50 



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GYNÉCOLOGIE 23 



Kinésithérapie gynécologique (méthode de Brandt). Effets dy- 
namogéniques cardio-vasculaires du massage abdominal, par le 
Dr RoMANo. i885, gr. in -8, 33o pages 5 fr. 

Massage dans les afiTections du voisinage de l'utérus et de 

ses annexes, par le D^ Norstrom, 1892, in-8, 140 pages.... 5 fr. 

Massage de l'utérus, par le Dr Norstrom, in-8, 214 pages. 5 fr. 

Les injections intra-utérines et les accidents provoqués par 

leur emploi, par le D' SiLVESTRE. 1892, gr. in-8, de 140 p. 3 fr. 50 

Du bain froid dans le traitement de Finfection puerpérale, 

par le D*" Desternes. 1895, gr. in-8, 1 1 1 pages 2 fr. 50 

L'électricité. Moyen de diagnostic en gynécologie, par le D^ Hou- 
DART. 1 894, gr. in-8, 1 36 pages 3 fr. 50 

Des tubercules de la mamelle, par le Dr Dubar. 1881, grand 
in-8 3 fr. 50 

Anatomie normale et tumeurs du sein chez la femme, par 

le Dr Cadiat. 1876, in-8, 60 p., avec 3 pi 3 fr. 30 

Parasites des organes sexuels femelles, par Hausmann. 1875, 
in-8 5 fr. 

Traité des maladies de la grossesse et des suites de couches, 
par le D"" Vinay, professeur agrégé à la Faculté de médecine, mé- 
decin des hôpitaux de Lyon. 1894, i vol. gr. in-8 de 800 pages, 
avec figures 16 fr. 

Hygiène de la grossesse, par le D' Ad. Olivier, ancien interne 
de l'hôpital de la Maternité de Paris. 1891, i vol. in-i8 de 
3oo pages 3 fr. 50 

De la grossesse tubaire, par le D' Jouon. 1892, gr. in-8, 
1 20 pages 3 fr. 50 

La rougeole et la scarlatine dans la grossesse et les suites 
de couches, par le D"^ Tornery. 1891, i v. gr. in-8 de 370 p. 8 fr. 

Clinique obstétricale et gynécologique, par Simpson et Ghan- 
treuil. 1874, I vol. gr. in-8 de 820 p., avec fig 12 fr. 

Conseils aux mères sur la manière d'élever les enfants nouveau- 
nés, par le D"^ Donné. 8^ édition. 1894, i vol. in-i6, 378 pages, 
cartonné 4 fr. 

Hygiène de la jeune mère et du nouveau-né, par le D^ Binet. 
1894, i vol. in-i6 de 144 pages 2 fr. 

Hygiène de la jeune fille, par le D^ Coriveaud. 1882, i vol. in- 16 
de 244 pages 3 fr. 50 

La femme et la génération, par M™» Gensse, sage-femme de 
ire classe. 1893, I vol. in-i6 de 120 p., avec 3o fig 2 fr. 

La femme stérile, par le Dr Deghaux. 2« édition. 1888, i vol. in- 16 

de 214 pages 2 fr. 

L'âge de retour, par le D^ Mayer.i888, i vol.in-i6 de 256 p. 2 fr. 

Histoire philosophique et médicale de la femme, par Menville. 
i858, 3 vol. in-8 10 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



24 MALADIES DES ENFANTS 

Manuel pratique des maladies de Tenfance, par les D^s Des- 
piNB et Picot, professeurs à la Faculté de médecine de Genève. 
5« édition, 1894, i vol. in-i8 de 916 p. cart 10 fr. 

Traité pratique des maladies des nouveau-nés, des enfants à 
la mamelle et de la seconde enfance, par le D'' Bouchut. 8® édi- 
tion. 1884, I vol. in-8 de 11 28 pages, avec 179 figures... 18 fr. 

Clinique de l'hôpital des Enfants-Malades, par le D^ Bouchut. 
i885, I vol. in-8 de 780 pages 8 fr. 

Hygiène de la première enfance, par le D' Bouchut. 8^ édi- 
tion. i885, I vol. in-i6 de 460 p., avec 53 fig 3 fr. 50 

La santé des enfants, par le Dr Coriveaud. 1890, i vol. in- 16 de 
35o pages 3 fr. 50 

Les maladies de la première enfance, par le D»" E. Jacquemet. 
1892, I vol. in-i6 de ij5 pages 2 fr. 

Les maladies de l'enfance, traitement homœopathique, par le 
Dr M. JoussET. 1888, I vol. in-i6 de 448 pages 3 fr. 50 

Formulaire d'hygiène infantile, par le D*" H. Gillet, ancien in- 
terne des hôpitaux de Paris. 1897, i vol. in-i8 de 3oo p. cart. 3 fr. 

Précis d'hygiène de la première enfance, par le D»" Rouvier, 

Préface du D' Budin, professeur agrégé à la Faculté de médecine 

de Paris. i883, i vol. in-i8 de 5oo pages avec figures, cart. 6 tr. 
Le lait, par le D^ Rouvier, préface du D' Budin. 1893, i vol. in- 

18 de 3do pages et figures 3 fr. 50 

Conseils aux mères sur la manière de nourrir leurs enfants et 

de se nourrir elles-mêmes, par le D^ Bachelet. i vol. in-i8 de 

278 pages, cart 4 fr. 

La première enfance, par leD'PÉRiER. io« édition, 1897, i vol. 

in-i6, 212 p., avec 43 fig 2 fr. 

La seconde enfance, par le D^ Périer. 1888, i vol. in- 16.. 2 fr. 
La médecine maternelle, soins à donner aux enfants malades et 

pharmacie de famille, par le D^ Bénet. 1897, i vol. in-i6 de 

140 pages 2 fr. 

Hygiène de l'adolescence, par le D^ Périer, 1890, i vol. in-i6 

de 172 pages 2 fr. 

L'art de soigner les enfants malades, par le D^ Périer. 1891, 

I vol. in- 16 2 fr. 

Les enfants aux bains de mer, par le D^" Monteuuis. 1889, 

I vol. in- 18 de i5o pages, avec figures i vol. in- 16 2 fr. 

Thérapeutique des maladies chirurgicales des enfants, par 

le Dr Holmes. 1870, i vol. in-8 de 917 pages, avec 33o fig. 16 fr. 
L'athétose double et les chorées chroniques de l'enfance, 

par le D^" Audry. 1892, i vol. in-8 de 441 p., avec 3 pi... 10 fr. 
Oxygénation des nouveau-nés, par le Dr Landais. 1892, gr. 

in-8, 1 39 p 3 fr. 50 

Examendulaitdes nourrices, par leDi^GERsoN. 1892, in-8. 3 fr. 
De la protection des enfants du premier âge, par le Dr Cour- 

TAULT. 1894, gr. in-8, 140 pages 3 fr. 50 

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DERMATOLOGIE. SYPHILIGRAPHIE 25 



DERMATOLOGIE 

Traité pratique et descriptif des maladies de la peau, par 

Alfred Hardy, professeur à la Faculté de médecine de Paris. 
1886, I vol. in-8 de 1228 pages, avec figures 18 fr. 

Iconographie photographique des maladies de la peau, par 

G.-H. Fox, professeur de dermatologie à Nev^^-York. 1882, i vol. 

in-4 avec 48 pi. photographiées coloriées, cart 100 fr. 

Les maladies de la peau chez les enfants, par le D^ Gaillaut. 

I vol. in- 1 8 de 400 pages 3 fr. 50 

Traité des dermatoses, par le D' Duchesne-Duparc. 1862, i vol. 

in-i6 5 fr. 

De la dermatite herpétiforme de Dûhring chez l'enfant, par le 

Dr Thilliez. 1895, gr. in-8, 94 p., avec i pi. col 3 fr. 50 

Bpithéliome et Lupus, par le Dï- Desbonnets. 1894, gr. in-8, 
i3o p., avec 3 pi 3 fr. 50 

L'herpétisme, par le D"" Gigot-Suard. 1870, i vol. grand in-8 de 
468 pages 8 fr. 

SYPHILIGRAPHIE 

Traité pratique des maladies vénériennes, par le D"^ L. Jul- 
LiEN, chirurgien de Saint-Lazare. 1^ édition. 1886, i vol. gr. in-8 
de 1 260 p., avec 246 figures 30 fr. 

Leçons sur les maladies vénériennes, professées à l'hôpital du 
Midi, par le Dr Mauriac. Syphilis primitive et syphilis secondaire. 
i883, I volume in-8 de 1072 pages 18 fr. 

Nouvelles leçons sur les maladies vénériennes, professées à 
l'hôpital du Midi, par le D^ Mauriac. Syphilis tertiaire et syphilis 
héréditaire. 1890, i vol. in-8 de 11 68 pages 20 fr. 

Leçons sur la syphilis, faites à l'hôpital de Lourcine, par le pro- 
fe'sseur CoRNiL. 1876, i vol. in-8 de 482 p. avec 9 pi 10 fr. 

Lettres sur la syphilis, par le D^ Ricord. 3^ édition, i883, i vol. 
in- 18 Jésus de 558 pages 3 fr. 50 

La syphilis, par le D' Tartenson. i vol. in- 18 de 238 pages. 3 fr. 

Des maladies vénériennes et leur traitement homœopathi- 
que, par le D^ Simon. 1860, i vol. in- 18 jésus de 744 p 6 fr. 

Traitement hypodermique de la syphilis par les sels mercu- 
riels, par le D^ Eudlitz. 1893, i vol. gr. in-8 de 175 pages. 4 fr. 

La syphilis du système nerveux, par le D^^ Gajkiewicz. 1892, 
I vol. in-8 de 200 pages 5 fr. 

Syphilis universelle, origine de toutes nos maladies, par le 
Df GoNAN. 1894, I vol. in-8 de 378 pages 5 fr. 

Syphilis et santé publique, par T. Barthélémy, médecin de Saint- 
Lazare. 1890, I vol. in-i6 de 352 pages avec 5 pi 3 fr. 50 

Fréquence des maladies vénériennes et moyens de les faire 
diminuer, par le D»" Laurent. 1892, gr. in-8, io3 p... 3 fr. 50 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



26 NEUROLOGIE. 



Traité des maladies du système nerveux, par les D" Ham- 

MOND et Labadie-Lagrave. i8go, i vol. gr. in-8 de i3oo p., avec 

ii6 figures 20 fr. 

Traité clinique des maladies de la moelle épinière, par le 

professeur Leyden. 1879, ^ '^^1. gr. in-8 de 85o pages 14 fr. 

Atlas du système nerveux, par G. Jakob. Edition française par les 
D" RÉMOND et Clavelier. 1897, I vol. in-i6 avec 78 pi. color., 
cart 12 fr. 

Le système nerveux central. Coupes histologiques, par le 
Dr Dagonet. 1897, gr. in-8 avec 12 pi. cart 3 fr. 50 

Nervosisme et névroses. Hygiène des énervés et des névropa- 
thes, par le D' Gullerre. 2« édition. 1892, i vol, in-i6 de 
352 pages 3 fr .50 

Du nervosisme aigu et chronique et des maladies nerveu- 
ses, parle D^ Bouchut. 1887, i vol in-8 de 408 pages.... 6 fr. 

La neurasthénie (épuisement nerveux), par le D' Bouveret. 
2^ édition. 1891, i vol. in-8 de 600 pages 6 fr. 

Les hystériques, actes insolites, délictueux et criminels, par le 
D' Legranb du Saulle. 3« édition, 1891, i vol. in-8, 625 p. 8 fr. 

Études sur l'hystérie, par le D^ Ghairou. 1870, in-8, 143 p. 3 fr. 

L'hystéro-tabes, par le D' Vires. 1896, gr. in-8, 189 p. 3 fr. 50 

Du réveil des affections anciennes du système nerveux, par 
le D"" Pauly. 1895, gr. in-8, 147 p., 2 pi 3 fr. 50 

Les diplé^ies cérébrales de l'enfance, par le D' Rosenthal. 
1893, gr. in-8, 160 pages 4 fr. 

Étude de psycho-physiologie, échomatisme, zoandrie, écho- 
kinése, écholalie, par le D"" Sigaud. 1890, gr. in-8. . 2 fr. 50 

Méningites microbiennes, par Adenot. 1890, gr. in-8. 3 fr. 50 

Méningites suppurées, par Vaudremer. 1893, gr. in-8 4 fr. 

De l'élimination des phosphates dans les maladies du sys- 
tème nerveux, par le D' Voulgre. 1892, gr. in-8, 100 p. , 2 fr. 

Propriétés et fonctions de la moelle épinière, par le pro- 
fesseur Brown-Séquard. i856, in-8. , 1 fr. 

La méthode de Bro-wn-Séquard, par Ch. Eloy. 1893, i vol. in-i6, 
3oo pages 3 fr. 50 

Les maladies de l'esprit, par P.-Max Simon, médecin en chef de 
l'Asile d'aliénés de Lyon. 1892, i vol. in-i6 de 35o p... 3 fr. 50 

Le monde des rêves. Le rêve, l'hallucination, le somnambulisme 
et l'hypnotisme, l'illusion, les paradis artificiels, etc., par le 
D' P. Max Simon. 2« édition. 1888, i vol. in-i6 de 32 5 p. 3 fr. 50 

Rapports de ralcoolisme et de la folie, par le D' Darin. 1896, 
gr. in-8, 1 20 p , 3 fr. 

L'alcoolisme, dangers et inconvénients pour l'individu, la famille 
et la société, par le D' Bergeret. 1889, i vol. in-i6. 3 fr. 50 

Le tabac et l'absinthe, influence sur la santé, par le D' Jolly. 
1887, I vol. in-i6 de 228 pages 2 fr. 

Le tabès dorsalis, par le D' Philippe, 1897, gr. in-8, 200 pages, 
avec figures. 5 fr. 

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PSYCHIATRIE 27 



Traité des maladies mentales, par le D' Dagonet, médecin 
de l'Asile Sainte-Anne à Paris. 1894, i vol. gr. in-8 de 85o pages, 
avec 42 photogravures en couleur 20 fr. 

Traité pratique des maladies mentales, par le D"* A. Cul- 
LERRE, médecin de l'Asile des aliénés de la Roche-sur- Yen. 1889, 
I vol. in-i8 Jésus de 608 pages 6 fr. 

Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les 
maladies nerveuses, professées à la Salpêtrière, par lé D^" Aug. 
Voisin. i883, i vol. gr. in-8 avec fig 15 fr. 

Traité de la paralysie générale des aliénés, par le D^ Au- 
guste Voisin, médecin de l'hospice de la Salpêtrière. 1879, ' '^o^* 
gr. in-8 de 540 p. avec i5 planches 20 fr. 

La folie et Paris, par P. Garnier, médecin en chef de l'infirmerie 
du Dépôt de la préfecture de police. 1890, i volume in-i6, 
41 5 pages 3 fr. 50 

Les frontières de la folie, par le D^Gullerre. 1888, i vol. in-i6 
de 36o pages 3 fr. 50 

Fous et bouffons, étude physiologique, psychologique et histori- 
que, par le D. P. Moreau (de Tours). i885, i vol. in-i6 de 
3oo pages 3 fr. 50 

La folie chez les enfants, par le D^" P. Moreau (de Tours). 1888, 
I vol. in-i6 de 44 pages. 3 fr. 50 

Études cliniques sur les maladies mentales et nerveuses, 

par J. Falret, médecin de la Salpêtrière. 1889, i vol. in-8 de 
624 pages 8 fr. 

Les aliénés et les asiles d'aliénés, assistance, législation et mé- 
decine légale, par le D^ Falret. 1890, i volume in-8 de 
564 pages , 8 fr. 

Des maladies mentales et des asiles d'aliénés, par le D' Fal- 
ret. 1864, I vol. in-8 de 800 pages 11 fr. 

Des aliénés. Étude pratique sur la législation et l'assistance qui 
leur sont applicables, par le D' Foville. i 870, in-8, 208p... 3 fr. 

La législation relative aux aliénés en Angleterre et en 

Ecosse, par le D^ Foville. i885, gr. in-8, 208 pages 5 fr. 

L^éducation des facultés mentales, par le D^ Nogier. 1892, 
I vol. in- 16 de 175 pages 2 fr. 

La grippe et l'aliénation mentale, parle D^ Leledy. 1891, gr. 
in-8, 200 pages 4 fr. 

Recherches sur le traitement de l'aliénation mentale, par 
le Df Hermel. i856, in-8, i5o pages 2 fr. 50 

Distinction entre l'aliénation mentale et la folie, par le 
Dr Hermel. i 856, in-8 1 fr. 

La folie erotique, par B. Ball, professeur à la Faculté de méde- 
cine de Paris. 2* édition^ 1893, i vol. in-i6 de 160 pages... 2 fr. 

Les Fétichistes, pervertis et invertis sexuels, par le D^ Garnier, 
1895, I vol. in- 10 de 192 pages 2 fr. 

Les morphinomanes, par le D'f Guimbail. 1891, i vol. in-i6 de 
320 pages 3 fr. 50 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



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28 NEUROLOGIE. PSYCHIATRIE 



L'encéphale, description iconographique du cerveau, du cervelet 
et du bulbe, par le D' Gavoy. 1886, i vol. in-4 de 200 pages, et 
I atlas de 59 pi. en glyptographie. Ensemble, 2 v. cart. 100 fr. 

Iconographie photographique des centres nerveux, par le 
D^ J. LuYs. 1890, I vol. gr. in-4 avec atlas de 70 photographies et 
65 schémas lithogr. cart. en 2 vol 100 fr. 

Petit atlas photographique du système nerveux. Le cer- 
^ veau, par le D^" Luys. 1888, i vol. in-i8, avec 24 pi. cart. 12 fr. 

Études de physiologie et de pathologie cérébrales. Des ac- 
tions réflexes du cerveau, par le D^ Luys. 1874, i vol. gr. in-8, 
288 pages, 2 planches 5 fr. 

Le cerveau et l'activité cérébrale, par A. Herzen, professeur 
à l'Académie de Lausanne. 1887, i vol. in-i6 de 3i2 p. 3 fr. 50 

Maladies cérébrales et mentales, par le D'^Gotard. 180 r, i vol. 
in-8 . 8 fr. 

Les troubles de la parole, par le professeur Kussmaul. Introduc- 
tion par le prof. Benjamin Ball. 1884, i vol. in-8 de 3j5 p. 7 fr. 

Les maladies de la mémoire, par le D' A. Guillon. 1897, i vol. 

^ gr. in-8 de 255 p 5 fr. 

Études sur les troubles intellectuels, liés aux lésions du cer- 
veau, par le Dr Lwolf. 1874, grand in-8, 176 pages 4 fr. 

Le génie, la raison et la folie, le démon de Socrate, applica- 
tion de la science psychologique à l'histoire, par L.-F. Lélut, mem- 
bre de l'Institut, i vol. in- 16 de 348 pages 3 fr. 50 

HYPNOTISME ' 

Magnétisme et hypnotisme, au point de vue clinique, physiolo- 
gique et médico-légal, par le D^Gullerre. 3^ édition. i8g5, i vol. 
in-i6 de 3oo p., avec 36 figures 3 fr. 50 

La thérapeutique suggestive et ses applications aux maladies 
nerveuses et mentales, à la chirurgie, à l'obstétrique et à la péda- 
gogie, par le Dr Gullerre. 1893, i vol. in- 16 de 3 18 p. 3 fr. 50 

La suggestion mentale et les variations de la personna- 
lité, par les D's Bourru et Burot, professeurs à l'école de Roche- 
fort. 1895, I vol. in-i6 de 352 p. avec i5 pi 3 fr. 50 

Le somnambulisme provoqué, par le D' Beaunis. 2» édition. 
1887, I vol. in-i6 de 292 pages 3 fr. 50 

Hypnotisme et altérations de la personnalité, par leD' Azam, 
professeur à la Faculté de Bordeaux. Préface par le prof. Gharcot, 
1887, I vol. in- 16 de 284 p 3 fr. 50 

Hypnotisme et double conscience, par le Dr Azam. 1893, i vol. 
grand in-8 de 375 pages 9 fr. 

Hypnotisme expérimental. Les émotions dans l'état d'hypno- 
tisme et l'action à distance des substances médicamenteuses ou 
toxiques, par le D' Luys. 1880, i vol. in-i6, 28 pi... 3 fr. 50 

Les somnambules extra-lucides, leur influence au point de vue 
du développement des maladies nerveuses et mentales, par le 
D' Laurent de Perry. 1896, gr. in-8, 225 pages 5 fr. 

Emploi de la suggestion hypnotique dans l'aliénation mentale, 
par le D' A. Voisin, i 897, gr. in-8, 63 p 2 fr. 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



MÉDECINE DOMESTIQUE 29 



Dictionnaire de médecine domestique, comprenant la médecine 
usuelle, l'hygiène journalière, la pharmacie domestique, par le 
D"" Paul Bonami, médecin en chef de l'hospice delà Bienfaisance. 
1896, I vol. gr. in-8 degôo pages à deux colonnes avec 702 figures. 
Broché 16 fr. — Cartonné. - 18 fr. 

Nouvelle médecine des familles, à la ville et à la campagne, 
par le D"" Al. de Saint-Vincent. Remèdes sous la main, premiers 
soins avant l'arrivée du médecin et du chirurgien, art de soigner 
les malades et les convalescents, 12^ édition, 1896, i vol. in-i8 
de 456 p., avec 142 fig., cart 4 fr. 

Premiers secours en cas d'accidents et d'indispositions 
subites, par Ferrand et Delpech. 4® édition, 1890, i vol. in- 16 
de 342 p. avec 86 fig. cart 4 fr. 

Premiers secours aux malades et aux blessés, par Osborn. 

1894, I vol. in-i6 de 160 pages 2 fr. 

Premiers secours aux blessés, par le D'' Bernard. 1870, i vol. 

in- 16 de 154 pages, avec 79 figures 2 fr. 

Guide de la garde-malade, par le D"" Monteuuis. 1891, i vol. 
in-i6 de 160 pages avec figures 2 fr. 

Hygiène des gens du monde, par le D^ A. Donné. 2^ édition, 

I vol. in- 16 de 448 pages 3 fr. 50 

Physiologie et hygiène des écoles et des familles, par le 

Dr Dalton. 1888, I vol. in-i6 de 354 P- ^vec 68 fig., cart. 4 fr. 
Hygiène des familles, par le D^ Goriveaud. 1890, i vol. in- 16 de 

320 pages 3 fr. 50 

Le lendemain du mariage. Étude d'hygiène, par le D^" Goriveaud. 

3^ édition, i8q8, i vol. in- 16 de 268 pages 3 fr. 50 

Histoire des parfums et hygiène de la toilette, par S. Piesse, 

1889, i vol. in-i6 de 372 p., avec 70 fig., cart 4 fr. 

Hygiène de la toilette, par le D' Degoix. 1891, i vol. in- 16 de 

160 pages 2 fr. 

Hygiène de la table, par le D' Degoix. 1892, i vol. in- 16 de 
160 pages 2 fr. 

Maladies et médicaments à la mode, par le D' Degoix. 1890, 
I vol. in- 16 de 214 pages 2 fr. 

Manuel du pédicure, par Galopeau. 1878, i vol. in-32 de i32 p. 
avec 28 figures 2 fr . 

Les préjugés en médecine et en hygiène, par le D^" Bremond. 
1892, I vol. in- 16 de 160 pages 2 fr. 

Les passions et la santé, par le D^" Bremond. 1892, i vol. in-i6 
de 160 pages 2 fr. 

Les passions, par le D^" Frédault. i vol. in-i6 de 436 p. 3 fr. 50 

L'art de prolonger la vie, par le D^ Hufeland. 1895, i vol. in- 18, 
35o pages 3 fr. 50 

Entretiens d'un vieux médecin sur l'hygiène, par le D^ Yvaren. 
1882, I vol. in-i8 Jésus de 671 pages 5 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



30 HOMŒOPATHIE 



Médecine homœopathique domestique, par Hering et Léon 
Simon. 7« édition^ 1891, i vol in-i8, 700 pages et 119 fig.. 8 fr. 

Formulaire homœopathique, pour traiter soi-même les maladies, 
par Prost-Lacuzon. 7® édition, 1897, i vol. in- 18 de 383 p. 6 fr. 

La pratique de l'homœopathie simplifiée, par Espanet. 4.^ édi- 
tion, 1894, I vol. in-i6 de 440 p. cart 4 fr. 

Premières notions d'homœopathie, à l'usage des familles, par 
le D"" Claude. 3^ édition, 1894, i vol. in- 18 de 200 2 fr. 

L'homœopathie des gens du monde, par le D^ Hoffmann. 1890, 

1 vol. in-i6 de 142 pages 3 fr. 

L'homœopathie mise à la portée de tout le monde, par Oriard. 

3* édition, 1 vol. in- 18 de 370 pages 3 fr. 50 

Éléments de médecine pratique contenant le traitement homœo- 
pathique de chaque maladie, par P. Jousset. 1877, 2 vol. in-8 15 fr. 

Traité élémentaire de matière médicale et de thérapeutique 
positive, par le D^ P. Jousset. 1884, 2 volumes in-8 18 fr. 

Clinique médicale, par Jousset. 1877- 1886, 2v.gr. in-8. 16 fr. 50 

Guide du médecin homœopathe au lit du malade, par Hm- 

scHELet V. LÉON Simon. 1874, i vol. in- 18 de 540 pages... 5 fr. 

Systématisation pratique de la matière médicale homœo- 
pathique, par le D"" Teste. i853, i vol. in-8 de 610 pages. 8 fr. 

Gomment on devient homœopathe, par le D»" Teste. 3« édition, 
1873, I vol. in-i8 Jésus de 322 pages 3 fr. 50 

Exposition de la doctrine médicale homœopathique, par le 

D^Harnemann. 6e édition, i8j3, i vol. in-8 de 640 pages.. 8 fr. 

Traité de matière médicale homœopathique, par Hahne- 
MANN. Traduit par LÉON Simon. 1891, 4 vol. in-8 32 fr. 

Études de médecine homœopathique, par Hahnemann. i865, 

2 vol. in-8 14 fr. 

Manuel de thérapeutique, selon la méthode de Hahnemann, par 

Hughes, Guérin-Méneville, 1881, i vol. in- 18 de 668 pages.. 6 fr. 

La médecine homœopathique. Thérapeutique et pharmaco- 

dynamique, par Griesselich. i vol. in- 18 3 fr. 50 

Conférences sur Fhomœopathie, parGRANiER. i vol. in-8. 5 fr. 
Cours d^homœopathie, par La Pommerais, i vol. in-8.... 4 fr. 
Observations pratiques de Hahnemann, par Parseval. 1860, 

I vol. in-8 de 400 pages '. 6 fr. 

Principes et règles qui doivent guider dans la pratique de 

l'homœopathie, par Jahr. 1867, 1 vol. in-8, 628 pages... 7 fr. 
Traitement homœopathique des maladies des organes 

de la digestion, par Jahr. 1859, i vol. in-i8 jésus de 620 p. 6 fr. 

Traitement homœopathique des organes de la respiration, 

par le D' Chargé. 1878, i vol. in- 18 de 460 pages 6 fr. 

Lagoutte,traitementhomoeopathique, parleD^WEBER. In-i6. 2 fr. 

Traité théorique et pratique de l'électro-homœopathie, par 

Genty de Bonqueval. 2® édition. 1891, i vol. in-8 de 352 p. 5 fr. 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



HYGIÈNE 31 



Nouveaux éléments d^hygiène, par Jules Arnould, professeur 
d'hygiène à la Faculté de médecine de Lille. 3« édition, iSgS, 
I vol. gr. in-8 de 1224 pages, avec 260 figures, cart 20 fr. 

Traité élémentaire d'hygiène, par le D' A. Besson, médecin 
militaire et Gh. Robinet, professeur au lycée de Chartres. 1896, 
I vol. in-8 de 248 pages, avec 76 figures 3 fr. 50 

Précis d'hygiène publique, par le D' Bedoin, médecin-major de 
l'armée. Introduction par le professeur P. Brouardel. 1891, i vol. 
in- 18 de 32 1 p. avec 70 fig. cart 5 fr. 

Traité d'hygiène publique et privée, par le D^" Michel Lévy. 

6' édition. 1879, 2 vol. gr. in-8, ensemble 1909 p. avec fig. 20 fr. 
Cours élémentaire d'hygiène, par le D^Perrussel. 1873, i vol. 

in-18 de i52 pages, cartonné 1 fr. 25 

Annales d'hygiène publique et de médecine légale, par Ber- 

tin-Sans, Charrin, L. Colin, Du Mesnil, Garnier (de Nancy), 

P. Garnier, Ch. Girard, Hudelo, Jaumes, Lacassagne, G. Lagneau, 

L'HOTE, MaCÉ, MORACHE, MoTET, POUCHET, RiANT, ThOINOT, ToURDES, 

Ch. ViBERT. Directeur de la rédaction, le professeur Paul Brouar- 
del (de l'Institut), président du Comitéconsultatif d'hygiène, doyen 
de la Faculté de médecine de Paris. 

Première série. Années 1829-1853, 5o volumes in-8 500 fr. 

Seconde série. Années 1854-1878, 5o volumes in-8 500 fr. 

Troisième série. Années 1879 ^ 1896, 36 volumes in-8... 396 fr. 

Paraît tous les mois par fascicules de 96 pages, in-8. 
Prix de l'abonnement annuel 

Paris.. 22 fr. — Départements. 24 fr. — Union postale. 25 fr. 

Comité consultatif d'hygiène publique de France (Recueil 
des travaux). 1872-1893. 25 volumes in-8 230 fr. 

Le congrès international d'hygiène de Paris, par Brouardel et 
Reuss. 1889, I vol. in-8 3 fr. 

MÉDECINE MILITAIRE ET NAVALE 

Manuel du médecin militaire, par le D"" A. Coustan, médecin- 
major de I" classe des hôpitaux militaires, lauréat de l'Institut et 
du Ministère de la guerre. 1897, 3 vol. in-18, de 3oo p. cart. 9 fr. 

I. Aide-mémoire de médecine militaire. Maladies et épidémies 
des armées 3 fr. 

II. Aide-mémoire de chirurgie militaire. Maladies externes et 
traumatismes professionnels, i vol. in-18 cart 3 fr. 

III. Aide-mémoire de chirurgie de guerre, i vol. in-18 cart. 3 fr. 

Traité d'hygiène militaire, par le D' Morache, médecin inspec- 
teur de l'armée. 2» édition, 1886, i vol. in-8 de 936 p., avec 173 
figures 15 fr. 

La vie du soldat au point de vue de l'hygiène, par le D»" Ra- 
VENEZ. 1889, I vol. in-i6 de 376 pages avec figures 3 fr. 50 

Traité d'hygiène navale, par le prof. Fonssagrives. 2* édition, 
1877, i vol. in-8 de 920 pages, avec 146 figures 15 fr. 

Hygiène navale, par le D^Mahé. i vol. in-18 de 461 p. 3 fr. 50 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



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32 HYGIENE PUBLIQUE ET INDUSTRIELLE 



Hygiène et assainissement des villes, par le D^" Fonssa- 
GRivES. 1 874, I vol. in-8 8 fr. 

Le génie sanitaire^ par L. Barré. 1897, 2 vol in- 16 de 35o pages 
cartonnés (I. La maison salubre. — IL La ville saliibre).. . . 8 fr. 

Les maisons d'habitation, leur construction et leur aménage- 
ment selon les règles de l'hygiène, par Corfield. 1889, i vol. in-i6 
de 160 pages, avec 04 fig.. 2 fr. 

L'hygiène à Paris, l'habitation du pauvre, par le D^" Du Mesnil. 
1890, I vol. in-i6 de 25o p 3 fr. 50 

Le chaufifage et les applications de la chaleur dans l'industrie 
et l'économie domestique, par J. Lefèvre. iSgS, i volume in- 16 < 
de 355 pages avec 188 fig., cartonné 4 fr. 

Les poisons de l'air, l'acide carbonique et l'oxyde de carbone, 
asphyxie et empoisonnements, par N. Gréhant. 1890, i vol. in- 16 
de 320 p. avec fig 3 fr. 50 

Les nouvelles institutions de bienfaisance, les dispensaires 
pour enfants malades, l'hospice rural, par le D^ Foville. 1888, 
I vol. in-i6 de 3oo p., avec 10 pi 3 fr. 50 

Les hôpitaux, construction et organisation, par le D' Cowles. 
1887, in-8, 60 pages, avec i5 figures. ...... ,'. 2 fr. 

De l'assistance publique et des hôpitaux jusqu'au xixo siècle, 
par Tollet. 1890, I vol. in-4, avec figures et 32 planches.... 30 fr. 

Les édifices hospitaliers, depuis leur origine jusqu'à nos 
jours, par Tollet. Préface par le professeur P. Brouardel. 1892, 
I vol. in-folio de 320 pages, avec 3oo figures 80 fr. 

Les hôpitaux modernes au XIX® siècle, par Tollet. 1894, 

I vol. in-4 ^s 334 p., avec 228 fig. et plans 50 fr. 

Les cimetières, au point de vue de l'hygiène et de l'administration, 

par Bertoglio. 1889, i vol. in- 16 de 280 pages 3 fr. 50 

Secours aux noyés, asphyxiés et blessés. Organisation du 

service à Paris, par Damico. 1895, gr. in-8, 186 pages.. 3 fr. 50 
Précis d'hygiène industrielle, parle D^" F. Bremond. 1893, i vol. 

in- 18 de 284 pages, avec 1 2 2 figures 5 fr. 

Hygiène des professions et des industries, par le D^" Layet. 
1875, I volume in-i2 de 56o pages 5 fr. 

Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative, 

par le D"^ Vernois. 1860, 2 vol. in-8 de chacun 700 pages. 16 fr. 
Étude sur le phosphore et le phosphorisme industriel, par le 

D^" F. Arnaud. 189-7, i vol.. gr. in-8 de 382 pages 5 fr. 

De la tuberculose chez les ouvriers en soie, par le D^" Givre. 1890, 

gr. in-8, 1 86 pages 3 fr. 50 

Traité d'hygiène thérapeutique, par le D^ Ribes. 1860, i vol. 

in-8, 828 pages 10 fr. 

Traité d'hygiène générale, par le D»" Motard. 1868, 2 vol. 

in-8, 1900 pages 16 fr. 

Hygiène religieuse et scientifique, par le D^ Alliot. 1891, 
I vol. in- 16 de 1 84 pages 2 fr . 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



HYGIÈNE 33 



HYGIENE SCOLAIRE — GYMNASTIQUE 

L'hygiène à l'école, par le D^ Gollineau. 1889, i vol. in- 16 de 
3i4 pages, avec 5o figures 3 fr. 50 

Hygiène des lycées, par le D^ Trouillet. 1892, gr. in-8, 
i32 pages 3 fr. 50 

Le surmenage intellectuel et les exercices physiques, par le 
Dr Riant, i 889, i vol. in- 1 6 de 3 1 2 pages 3 fr. 50 

Hygiène du cabinet de travail, par le D»^ Riant. i883, i vo- 
lume in- 16 , 2 fr. 50 

Hygiène des orateurs, par le Dr Riant. 1888, i vol. in- 16 de 
3oo pages 3 fr. 50 

Hygiène de l'esprit, physiologie et hygiène des hommes livrés 
aux travaux intellectuels, par Réveillé-Parise et Carrière. 1881, 
I vol. in- 16 de 435 pages 3 fr. 50 

Les exercices du corps, le développement de la force et de l'a- 
dresse, par Couvreur. 1889, i vol. in- 16 de 35 1 p. 3 fr. 50 

La gymnastique et les exercices physiques, parle D^" Leblond. 
1888, I vol. in-i8 Jésus de 492 p. avec 80 fig. cart 4 fr. 

La gymnastique à la maison, à la chambre et au jardin, par 
Angerstein et Ecklér. 1892, i vol. in-i6 de 160 pages, avec 
55 figures 2 fr. 

La gymnastique des Demoiselles, par Angerstein et 
Eckler. 1892, i vol. in-i6 de 160 pages, avec 5o figures.. 2 fr. 

La gymnastique, par le Dr Collineau. 1884, i vol. in-8 de 
824 pages 10 fr. 

HYGIÈNE ALIMENTAIRE 

^Formulaire des régimes alimentaires, par le Dr H. Gillet, 
ancien interne des hôpitaux de Paris. 1897, i vol. in-i8 de 3 16 p. 
cart 3 tr. 

Hygiène alimentaire des malades, des convalescents et des 

valétudinaires, par le D' Fonssagrives. 3« édition, 1881, i vol. 

in-8 de 670 pages 9 fr. 

Traité de l'alimentation, par le D^ Cyr. 1881, i vol. in-8. 8 fr. 
Le végétarisme et le régime végétarien rationnel, par le D»" Bon- 

nejoy. Introduction par le D»" Dujardin-Beaumetz. 1891, i vol. 

in- 1 6 de 342 pages 3 fr. 50 

Le régime de Pythagore. De la sobriété, par Cornaro. Con- 
seils pour vivre longtemps. 1889, i vol. in-i8 jésus. 3 fr. 50 

Le cuivre et le plomb, dans l'alimentation et l'industrie, au 

point de vue de l'hygiène, par le prof. A. Gautier. 1890, i vol. 

in- 1 6 de 3 1 o pages 3 fr. 50 

Les aliments d'épargne, alcool, boissons aromatiques, café, thé, 

coca, cacao, maté, par le D^ Marvaud. 1874, i volume in-8. 6 fr. 
Le lait et le régime lacté, par le D"" Malapert du Peux. 1890, 

I vol. in-i6 de 160 pages 2 fr. 

Les boissons hygiéniques, par Zaborowski. 1889, i vol. in- 16 

de 1 60 pages, avec 24 figures 2 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



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34 MÉDECINE LÉGALE. 



Précis de médecine légale, par le D^ Ch, Vibert, médecin- 
expert près les tribunaux de la Seine, introduction par le professeur 
Brouardel. 4» édition, 1896, i vol. in-8 de 912 p., avec 87 fig. et 
5 pi. en chromo 10 fr. 

Manuel complet de médecine légale, par Briand et Chaude, 
contenant un Traité élémentaire de chimie légale, par J. Bouis. 
io« édition, 1879, 2 vol. gr. in-8 24 fr. 

Cours de médecine légale de la Faculté de médecine de 
Paris, parle professeur P. Brouardel. 5 vol. in-8 45 fr. 

— La mort et la mort subite. 1895, i vol. in-8 de 5oo p. 9 fr. 

— Les asphjrxies par les gaz, les vapeurs et les anesthé- 
siques. 1896, i vol. in-8 de 416 p. avec fig. et 8 planches. 9 fr. 

— La pendaison, la strangulation, la suffocation et la sub- 
mersion. 1896, I vol. in-8 de 5oo p. avec figures et planches. 12 fr, 

— L'infanticide. 1897, 3 vol. in-8, 402 p. avec 2 pi. color. et fig. 9 fr. 

— Les explosifs et les explosions au point de vue médico-légal. 
1897, I vol. in-8, avec fig. et pi 6 fr. 

Le secret médical. Honoraires, mariage, assurances sur la vie, 
déclaration de naissance, expertise, témoignage, etc.. par P. 
Brouardel, 2* édition. 1893, i vol. in- 16 de 3oo pages. 3 fr. 50 

Des causes d'erreur dans les expertises d'attentats à la 
pudeur, par le prof. Brouardel. 1884, I vol. in-8, 60 p.. . 1 fr. 50 

Médecine légale: attentats aux mœurs, avortement, blessures, em- 
poisonnement, folie, identité, infanticide, maladies accidentelles, 
pendaison, par le prof. A. Tardieu. 9 volumes in-8 55 fr. 

— Étude médico-légale sur les attentats aux mœurs. 

7e édition, 1878, I vol. in-8 de 240 p., avec 5 planches... 5 fr. 

— Étude médico-légale sur l'avortement et les grossesses 
fausses et simulées. :^ édition, 1898, i vol. in-8 de vii-3oo p. «5 fr. 

— Étude médico-légale sur les blessures. 1879, i vol. in-8 de 
480 pages 6 fr. 

— Étude médico-légale et clinique sur l'empoisonnement. 

1^ édition, 1875, i vol. in-8 de 1,072 p. avec 2 pi. et 52 fig. 14 fr. 

— Étude médico-légale sur la folie. 2^ édition, 1880, i vol. in-8 
de 610 pages, avec i5 tac-similés d'écriture d'aliénés 7 fr. 

— Étude médico-légale sur l'infanticide. 2^ édition, 1888, 
I vol. in-8 de 372 p., avec 3 planches coloriées 6 fr. 

— Étude médico-légale sur les maladies accidentellement 
ou involontairement produites, par imprudence, négligence 
ou transmission contagieuse. 1878, i vol. in-8 de 3oo pages. 4 fr. 

— Étude médico-légale sur la pendaison, la strangulation 
et la suffocation. 2^ édition, 1879, i vol. in-8 de 365 p.. 4 fr. 

— Étude médico-légale de l'identité, dans ses rapports avec les 
vices de conformation des organes sexuels. 2* édition, 1874, i vol. 
in-i8 de 176 pages 3 fr. 

Conférences pratiques de médecine légale, par le D»" Clément. 
1 880, gr. in-8 4 fr. 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



MÉDECINE LÉGALE. TOXICOLOGIE 35 



L'anthropologie criminelle, par X. Francotte, professeur à 
l'Université de Liège. 1891, i volume in-i6 de 32o pages avec 
5o figures 3 fr. 50 

L'anthropologie criminelle et la responsabilité médico-légale, 
parle D"" Dortel. 1891, i vol. in-8 de 181 pages 4 fr. 

De la criminalité en France et en Italie, par le Dr Bournet. 1884, 
gr. in-8, 1 5 3 pages 4 fr 

Des aliénés criminels, par le Dr Allaman. 1892, grand in-8, 
181 pages 4 fr. 

De la criminalité chez les Arabes, par le D^ Kocher. 1884, 
I vol. grand in-8 de 244 pages 5 fr. 

Alcoolisme et criminalité. Traitement médical de l'ivro- 
gnerie et de l'ivresse, par le D^ Gallavardin. 1889, ^ "^^l. 
in-8 de 226 pages ; 3 fr. 

Les irresponsables devant la justice, par le D^ Riant. 1888, 
I vol. in- 16 de 3o5 pages 3 fr. 50 

Les tatouages, par le D^ Lacassagne. 1881, in-8, avec 36 plan- 
ches 5 fr. 

La névrose traumatique. Étude médico-légale sur les bles- 
sures produites par les accidents de chemins de fer et de 
voitures, par le D^ Vibert. 1893, i vol. in-8 de 171 p.... 5 fr. 

Considérations médico-légales sur les troubles fonctionnels 
consécutifs aux traumatismes simulés ou exagérés, par le 
Dr Legrain. 1 894, in-8, 44 pages 1 fr. 50 

De l'avortement au point de vue médico-légal, par le D"" Gal- 
LARD. 1878, in-8, i35 pages 3 fr. 

Les signes de la mort et les moyens de prévenir les inhumations 
prématurées, par le D^ Bouchut. 3" édition, i883, i -volume 
in-8 3 fr. 50 

Études sur la Morgue, parle D»" Gavinzel. 1882, in-8. 1 fr. 50 

Statistique de la Morgue, par le D^ Foley. 1880, in-8. .. 2 fr. 

Traité de jurisprudence médicale et pharmaceutique, par 

le D^" DuBRAC. 2« édition, comprenant le commentaire de la loi du 

3o novembre 1892 sur l'exercice de la médecine. 1893, i vol. in-8 

de 800 pages 12 fr. 

Jurisprudence vétérinaire, traité des vices rédhibitoires dans 

les ventes et échanges d'animaux domestiques, par Gallier. 

3e édition. 1886, i vol. in-8 de 791 pages 8 fr. 

Médecine légale vétérinaire, par Gallier, 1895, i vol. in-i8, 

cart 5 fr. 

Précis de toxicologie, par le D^ Chapuis. 3» édition, 1897, i vol. 

in-8 de 792 p. avec 64 figures 9 fr. 

\ Le laboratoire de toxicologie, méthodes d'expertises toxicolo- 
L giques, travaux du laboratoire, par P. Brouardel et Ogier. 1891, 

"i vol. gr. in-8 de 248 pages avec 3o figures 8 fr. 

I Des asphyxies toxiques, par le D*" Artigalas. i883, in-8, 
[ 211 pages .* 3 fr. 50 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



36 HISTOIRE DE LA MÉDECINE 

Histoire des sciences médicales, comprenant l'anatomie, la 
physiologie, la médecine, la chirurgie et les doctrines de patho- 
logie générale, par Ch. Daremberg. 1870, i vol. in-8.,.. 20 fr. 

Précis de l'histoire de la médecine, par le D"" Bouillet. Intro- 
duction par le prof. Laboulbène. 1888, i vol. in-i8 de 366 p. 6 fr. 

Histoire de la médecine, par Frédault. 2 vol. in-8 10 fr. 

Le Centenaire de la Faculté de Médecine de Paris, Histoire 
et Biographie médicales, par le D>* A. Gorlieu. 1896, i vol. 
in-4 illustré de 1 3o portraits 100 fr. 

Histoire de la chirurgie française au XïX^ siècle, par le 
Di" J. Rochard. 1875, I volume in-8 de 809 pages 13 fr. 

La médecine à travers les siècles. Histoire et philosophie, par 
GuARDiA. i865, I vol. in-8 de 800 pages 10 fr. 

Médecine vieille et médecine nouvelle, par le professeur Sem- 
MOLA. 1881, in-8, 109 pages 2 fr, 50 

Études sur les maladies nouvelles et les maladies éteintes, 

par Anglada. 1869,1 vol. in-8 de 700 pages 8 fr. 

Œuvres complètes d'Hippocrate, traduction, par E. Littré, 
avec le texte en regard. 1839-1841, 10 voL in-8 100 fr. 

Œuvres d'Oribase, texte grec, traduit en français, et annoté par 
Daremberg. 1876, 6 volumes in-8 72 fr. 

Œuvres de Rufus d'Éphèse. Traduites en français, par Ch. Da- 
remberg et Emile Ruelle. 1880, i vol. gr. m -8 de 678 p.. 12 fr. 

Œuvres anatomiques, physiologiques et médicales de Ga- 
lien, traduites par Gh. Daremberg. 2 vol. gr. in-8 20 fr. 

La médecine grecque depuis Asclépiade jusqu'à Galien, pai 
TsiNTSiROPOULOS. 1892, gr. in-8 4 fr. 

Les médecins grecs depuis la mort de Galien jusqu'à la chute 
de l'Empire d'Occident, parle D^" Gorlieu. i885, in-8... 5 fr 

Médecine et mœurs de Pancienne Rome, d'après les poètes 
latins, par le D»" Dupouy. 1891, i vol. in- 16 3 fr. 5C 

L'École de Salerne. Traduction en vers français, par Ch. Meauî 
Saint-Marc, avec le texte latin, introduction par le D"^ Daremberg 
1888, I vol. in-i 8 Jésus de 600 pages avec figures 7 f r 

L'obstétrique en Occident pendant le Moyen Age et la Renais- 
sance, par le D^ Audureau. 1892, i vol. gr. in-8.. 7 fr. 5C 

L'obstétrique au XVIPetau XVIIIe siècle, par le D^ Placet 
1892, in-8, 190 pages avec 8 planches 6 fr 

Lettres philosophiques et historiques sur la médecine ai 
XIX* siècle, par Renouard. 1861, i vol. in-8 de 540 p. 3 fr. 5( 

Principes de philosophie positive , par Auguste Comte 
Littré (de l'Institut). 1890, i vol. in-16 de 268 pages.. 3 fr. 5( 

Scènes de la vie médicale, par le D^ Gyr. 1888, i vol. in-16 d 
3oo pages 3 fr. 5( 

Les quatre points cardinaux de la médecine, par le D^* De 

chaux. 1881, I vol. in-16 de 460 pages 5 fr 



ÎÎBTJATïîTF. T.-B. BAIlf. LTERE ET FILS 



ANATOMIE 37 



Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryo- 
logie, par H. Beaunis et A. Bouchard. 5^ édition, 1894, i vol. gr. 
in-8 de 1072 pages avec ôSy figures, la plupart coloriées {Tirage en 
8 couleurs), cartonné 25 fr. 

Précis d'anatumie et de dissection, par Beaunis et Bouchard. 
1877, ï vol. in-i8 de 460 pages 4 fr. 50 

Atlas manuel d'anatomie, par E. Guyer, prosecteur de M. le 
professeur Mathias Duval. 1895, i atlas gr. in-8 de 27 planches 
coloriées, découpées et superposées, cartonné 40 fr. 

Le corps humain. Structure et fonctions, démontrées à l'aide de 
planches coloriées, découpées et superposées, par Guyer et Kuhff. 
I vol. gr. in-8 de 879 pages de texte et i atlas de 27 planches 
coloriées. Ensemble 2 volumes cartonnés 75 fr, 

Atlas manuel d'anatomie descriptive du corps humain, par 
le D"" Prodhome. 1890, i vol. in-i8 avec i35 planches 10 fr. 

Anatomie et physiologie animales, suivies des tableaux de 
classification du règne animal, par Mathias Duval et P. Gonstan- 
TiN. 2<* édition, 1894, I vol. in-8, 58o pages, avec 472 figures. 6 fr. 

Anatomie artistique du corps humain, Planches par le D^- Fau, 
texte avec figures par E. Guyer. 2« édition, 1896, in-8, 208 p. avec 
16 pi. — Fig. noires, 6 fr. — Fig. coloriées 12 fr. 

Le corps humain, structure et fonctions, par E. Couvreur. 1892, 
I vol. in-i6 de 368 pages avec 1 20 figures 3 fr. 50 

Programmes, épreuves pratiques et questionnaires d'ana- 
tomie et d'histologie, questions posées au 2^ examen du docto- 
rat en médecine, par Hamonaide. 1895, in-i8, 106 pages 1 fr. 50 

Leçons d'anatomie générale, faites au Gollège de France, par 
L. Ranvier : Appareils nerveux terminaux des muscles de la vie 
organique. 1880, i vol. in-8 de 536 pages 10 fr. 

— Terminaisons nerveuses sensitives. 1881, i vol.in-8 de447p.. 10 fr. 

Anatomie comparée du système nerveux, dans ses rapports 
avec l'intelligence, par Leuret et Gratiolet. 1857, 2 vol. in-8 et 
atlas de 32 pi. in-fol. Fig. noires. 48 fr. — Fig. color... 96 fr. 

Anatomie des centres nerveux, par le prof. Edinger. 1889, 
I vol. in-8 de 258 pages, avec 143 figures 8 fr. 

L'évolution du système nerveux, par le prof. Beaunis. 1890, 
I vol. in- 16 de 3 20 pages avec 237 figures 3 fr. 50 

Des nerfs du cœur, par le D"" Reynier. 1880, in-8, 171p.. 4 fr. 

Développement de la portion sus - diaphragmatique du 

tube digestif, par le D"" Reynier. i883,in-8, 112 pages. 2 fr. 50 
Développement de la colonne vertébrale, par leD^" Planteau. 

i883, in-8, 116 pages et i planche 2 fr. 50 

Traité d'embryologie, par F. Balfour. i885, 2 vol. in-8 de 

1 35 1 pages avec 740 figures 30 fr. 

Aide-mémoire d'embryologie, par le prof. Girard. 1895, i vol. 

in-i8 de 3oo p., avec fig. cart - 3 fr. 

Principes d'embryogénie, de zoogénie, de tératogénie, par le 

D*" Serres. 1895, i vol. in-4, 942 pages avec 26 planches.. 15 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTÉ 



38 PHYSIOLOGIE. 



Cours de physiologie, par Mathias Duval, professeur à la 
Faculté de médecine de Paris. 8® édition du cours de Kuss et Duval. 
1897, I vol. in-8 de ySo p. avec 222 fig 9 fr. 

Nouveaux éléments de physiologie humaine, comprenant 
les principes de la physiologie comparée et de la physiologie 
générale par H. Beaunis, professeur à la Faculté de méaecine de 
Nancy. 3^ édition, 1888, 2 vol. gr. in-8 de 1484 p., avec 5 13 fig., 
cartonné 25 fr. 

Manipulations de physiologie, guide pour les travaux prati- 
ques, par L. Fredericq. 1892, i vol. gr. in-8 de 3oo pages avec 
3oo figures, cartonné 10 fr. 

Cours de physiologie. Programme sommaire, par le professeur 
Gh. RicHET. 1890, I vol. in-i8 de 35o pages 3 fr. 50 

Traité de physiologie comparée, par le prof. G. Colin, membre 
de l'Académie de médecine, 3° édition. 1888, 2 vol. gr. in-8, avec 
figures 28 fr. 

Physiologie, par Claude Bernard, de l'Institut, professeur au Mu- 
séum et au Collège de France. i5 volumes in-8, avec Êg. 108 fr. 

Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine. l855. 2 vol. in-8. 14 fr. 
Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses. iSSj, I vol. in-8. 7 fr. 
Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux. l858, 2 vol. in-8. 14 fr. 
Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations pathologiques des liquides de 

l'organisme. l859, 2 vol. in-8 14 Ir. 

Leçons de pathologie expérimentale. I S80, i vol. in-8 7 fr- 

Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxie. 1875, l vol. in-8 7 fr- 

Leçons sur le diabète. 1877, I vol. in-8 7 fr. 

Leçons sur les propriétés des tissus vivants. l866, i vol. in-8 8 fr. 

Leçons de physiologie opératoire. 1879, l vol. in-8 8 fr. 

Leçons sur les phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux. 1878, 

2 vol. in-8 1 5 fr. 

L'Œuvre de Claude Bernard. Introduction par Mathias Duval, notices par E. Renan, 

Paul Bert et Armand Moreau, table alphabétique, bibliographie. 1881, l vol. 

in-S 7 fr. 

La science expérimentale, par Claude Bernard. 3^ édition. 1890, 
I vol. in- 16 de 448 p., avec 18 fig 3 fr. 50 

Leçons sur la physiologie comparée de la respiration, par 

Paul Bert. 1870, i vol. in-8 de 5oo p. avec i5o figures... 10 fr. 

Les organes des sens dans la série animale. Anatomie et physio- 
logie comparées, par J. Chatin. 1880, i vol. in-8 de 726 p., avec 
i36 figures 12 fr. 

Mécanisme de la physionomie humaine ou analyse électro- 
physiologique de l'expression des passions, par Duchenne 
(de Boulogne), i vol. gr. in-8, 264 p. avec 144 fig. ...... . 20 fr. 

La physionomie chez l'homme et chez les animaux dans ses 
rapports avec l'expression des émotions et des sentiments, par 
Shack. 1886, I vol in-8 de 460 p., avec i54 figures 7 fr. 

Le corps et Fesprit, action du moral et de l'imagination sur le 
physique, par Tuke. 1886, i vol. in-8 de 4o3 pages 6 fr. 

Spermatogenèse et fécondation, par Planteau. 1880, in-8, 
96 pages 3 fr. 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE.ET FILS 



CHIMIE 39 



Traité élémentaire de chimie, par R. Engel. 1895, i vol. in-8 de 
600 p., avec 3oo figures 8 fr. 

Ouvrage rédigé conformément au programme du 3 1 décembre 
i8g3, pour le certificat d'études physiques, chimiques et naturelles. 

Manipulations de chimie, guide pour les travaux pratiques de 
chimie, par E. Jungfleisch, professeur au Conservatoire des Arts 
et Métiers et à l'Ecole supérieure de pharmacie. Membre de l'Aca- 
démie de médecine. 2« édition. 1893, i vol. gr. in-8 de 11 80 p., 
avec 374 fig.jcart 25 fr. 

Manipulations de chimie, préparations et analyses, parL. Etaix. 
Préfacepar M. JoANNis. 1897, i vol. in-8 de 248p. avec ii3fig. 5 fr. 

Précis de chimie atomique. Tableaux schématiques coloriés, 
par Debionne. 1896, 1 vol. in-i6 avec 43 pi. color 4 fr. 

Dictionnaire de chimie, comprenant les applications aux sciences, 
aux arts, à l'agriculture, à l'industrie, à l'usage des médecins, des 
pharmaciens, des laboratoires municipaux, des industriels, des 
agriculteurs, etc., par E. Bouant, agrégé des sciences physiques. 
Préface par M. Troost (de l'Institut). 1888, i vol. gr. in-8 de 
I 120 p. a 2 col. avec 65o fig 25 fr. 

Les théories et les notations de la chimie moderne, par A. de 

Saporta. Introduction par G. Friedel, membre de l'Institut. 1888, 
I vol. in- 16 de 336 pages 3 fr. 50 

Les nouveautés chimiques. Nouveaux appareils de laboratoires, 
méthodes nouvelles de recherches appliquées à la science et à 
l'industrie, par Poulenc. 1897, ^ v^^- ^""^ aiwtc 160 fig — 5 fr. 

La pratique des essais commerciaux et industriels, par 
G. Halphen. Matières minérales, 1892, i vol. in-i6 de 342 pages, 
avec 28 figures, cartonné 4 fr. 

— Matières organiques, 1892, i vol. in-i6 de 35o pages avec 5o fig. 
cartonné 4 fr. 

Traité d^analyse chimique par la méthode des volumes, par 
PoGGiALE. i856, I vol. in-8 de 606 pages 9 fr. 

Ferments et fermentations, étude biologique des ferments, rôle 
des fermentations, par Léon Garnier, professeur à la Faculté de 
médecine de Nancy. 1888, i volume in- 16 de 3 18 pages avec 
65 figures 3 fr. 50 

Rôle chimique des ferments figurés, par A. Chapuis. 1880, 
in-8, 172 pages 3 fr. 50 

Genèse des ferments figurés, par J. Duval. 1878, in-8... 3 fr. 

Synthèse des corps azotés, par Lacôte. 1880, in-8, 181 p. 2 fr. 50 

De la dissociation, par Imbert. 1894, gr. in-8 3 fr 50 

Des cyamines, par Imbert. 1894, gr. in-8 2 fr. 

Propriétés physiques des acides de la série grasse, par 

GuiLLOT. 1893, in-8, 73 pages 2 fr. 

Les produits chimiques employés en médecine, par Trillat. 
1894, I vol. in- 16 de 400 p. cart 5 fr. 

ENV07 FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



40 CHIMIE MÉDICALE 



Traité élémentaire de chimie biologique, par R. Engel, pro- 
fesseur de Faculté de médecine, membre correspondant de l'Aca- 
démie de médecine. 1897, i vol. in-8 de 6i5 p., avec 102 figures 
et 2 pi. color 10 fr. 

Manipulations de chimie médicale, par J. Ville, professeur de 
chimie médicale à la Faculté de médecine de Montpellier. iSgS, 
I vol. in-i8 Jésus de 184 p., avec fig. cart 4 fr. 

Programmes et questionnaires de physique, de chimie et 
d'histoire naturelle, comprenant les questions posées au pre- 
mier examen du doctorat en médecine par Hamonaide. 1896, 
I vol. in-i8 de 160 pages ■. 1 fr. 

Résumé du cours de chimie organique, par le prof. Cazeneuve. 
1892, in-8 7 fr. 50 

Nouveau système de chimie organique, par Raspail. r838, 
3 vol. in-8 avec atlas in-4 de 20 planches 30 fr. 

Classification des substances organiques, par E. Bourggin. 
1 876, in-8, 1 00 pages 3 fr. 50 

Traité de chimie anatomique et physiologique, normale et 
pathologique, par Robin et Verdeil. 3 vol. in-8, avec atlas de 
45 pi. col 36 fr. 

De la densité du sang, sa détermination clinique, ses variations, 
par Lyonnet. 1893, gr. in-8, 160 pages 4 fr. 

Le sucre du sang, son dosage, sa destruction, par le D*" Barral. 
1890, gr. m-8, 93 pages ;.. . . 2 fr. 50 

ANALYSE DES URINES 

Guide pratique pour l'analyse des urines, procédés de dosage 
des éléments de l'urine, tables d'analyse, recherches des médica- 
ments éliminés par l'urine, par Mercier. 1898, i vol. in-i8 jésus de 
192 p., avec 36 fig. et 4 pi. en couleurs, cart 4 fr. 

La pratique de l'analyse des urines et de la bactériologie uri- 
naire, par le D' Delefosse, 6e édition, 1893. i vol. in-i8 jésus, 
273 p., avec 27 pi. comprenant io3 fig., cart 4 fr. 

Urines, dépôts, sédiments, calculs. Applications de l'analyseuro- 
logique à la sémiologie médicale, par Gautrelet. 1889, i vol. 
in- 18 avec 80 figures 6 fr. 

De Turine, des dépôts urinaires et des calculs, composition 
chimique, caractères physiologiques et pathologiques et indica- 
tions thérapeutiques, par Beale. i865, i volume in-18, avec 
1 36 figures 7 fr, 

Les éléments figurés de l'urine dans les néphrites, par 

Tahîer. 1895, gr. in-8 avec 5 pi _ 5 fr. 

Influence du travail intellectuel sur la variation des éléments 
de l'urine, par Thorion. 1893, gr. in-8, 120 p. avec 7 pi. 3 fr. 50 

La médecine basée sur l'examen des urines, par Brunner. 
i853, I vol. in-8 de 32o pages 5 fr. 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



CHIMIE ALIMENTAIRE 4i 



Les substances alimentaires étudiées au microscope, sur- 
tout au point de vue de leurs altérations et de leurs falsifications, 
par le D^" Macé, professeur d'hygiène à la Faculté de médecine de 
Paris. 1891, I vol. in-8 de boo p., avec 400 fig. et 24 pi. col.. 14 fr. 

Précis d'analyse microscopique des denrées alimentaires, 
par V. Bonnet. Préface par L. Guignard, professeur à l'Ecole supé- 
rieure de pharmacie. 1890. 1 vol. in- 18 de 200 pages, avec 168 rig. 
et 20 pi. en chromo, cartonné 6 fr. 

Nouveau dictionnaire des falsifications et des altérations des 
aliments, des médicaments et des produits employés dans les arts, 
l'industrie et l'économie domestique, par L. Soubeiran. 1874, 
I vol. gr. in-8 de 648 pages, avec figures 14 fr. 

Le pain et la panification, par L. Boutroux, doyen de la Faculté des 
sciencesde Besançon. 1897, I vol. in-i6 de35op. avec fig. cart. 5 fr. 

Le pain et la viande, par J. de Brévans, chimiste au Labora- 
toire municipal. 1893, i vol. in- 16 de 368 pages, cartonné. 4 fr. 

Les légumes et les fruits, par J. de Brévans. 1893, i vol. in- 16 
de 324 pages, avec i32 figures, cartonné 4 fr. 

Les conserves alimentaires, par J. de Brévans. 1896, i vol. 
in-i6 de 396 pages, avec 72 figures, cartonné 4 fr. 

Procédés pratiques pour l'essai des farines, parCAuvET. 1888, 
I vol. in-16 de 100 p., avec 74 fig 2 fr. 

Le thé, culture, falsifications, richesse en caféine des différentes 
espèces, par Biétrix. 1892, i vol. in-16 de ï6o pages 2 fr. 

Analyses des beurres, par ZuNE.1892, 2 vol. gr. in-8... 25 fr. 

La margarine et le beurre artificiel, par Girard et de Bré- 
vans. 1889, I vol. in-16, 172 pages 2 fr. 

Les matières grasses, caractères, falsifications et essai des huiles, 
beurres, graisses, suifs et cires, par Beauvisage. 1891, i vol. in-16 
de 324 p., avec 90 fig. cart 4 fr. 

Traité de chimie hydrologique, comprenant l'analyse chimique 
des eaux douces et minérales, par J. Lefort. 2" édition, 1S75, 
I vol. in-8, 798 pages avec 5o figures et une planche 12 fr. 

Les eaux d'alimentation, épuration, filtration, stérilisation, par 
GuiNOCHET. 1894, I vol. in-16 de 370 p., avec 52 fig 5 fr. 

L'eau potable, par Coreil, directeur du Laboratoire municipal 
de Toulon. 1896,1 vol. in-16 de 359 p. avec 1 36 fig 5 fr. 

Les eaux potables, par Prothiere. 1891, in-8, iio p 3 fr. 

Sophistication et analyse des vins, par A. Gautier, professeur 
de la Faculté de médecine de Paris. 4» édition, 1891, i vol. in- 18 
Jésus de 356 p., avec 4 pi. col., cart 6 fr. 

Les vins sophistiqués, par Bastide. 1889, i vol. in-16... 2 fr. 

La coloration des vins par les couleurs de la houille, par 
P. Cazeneuve. 1886, I vol. in-16 de 3 16 pages 3 fr. 50 

La coloration artificielle des vins, par Monavon. 1890, i vol. 
in- 1 6 de 1 60 pages , 2 f r. 

La chimie des vins, par A. de Saporta. 1889, in-16. .. 2 fr. 

L'alcoométrie et les alcoomètres, par H. Gros. 1896, gr. in-8, 
1 20 pages 3 fr . 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



42 PHARMACIE 



Nouveaux éléments de pharmacie, par Andouard, professeur 
à l'Ecole de médecine de Nantes. 5e édition. 1897, i voL gr. in-8 
deio5opages, avec 200 figures, cart 30 fr. 

Aide-mémoire de pharmacie, vade-mecum du pharmacien à 
l'officine et au laboratoire, par Ferrand. 5« édition^ comprenant 
les formules du Codex, les médicaments nouveaux, les formules 
nouvelles et un formulaire vétérinaire. 1891, i vol. in-i8 jésus de 
852 pages, 168 figures, cartonné 8 fr. 

Manuel de l'étudiant en pharmacie, par Ludovic Jammes, phar- 
macien de if^ classe. 10 volumes in- 18 de 3oo pages illustrées de 
figures, cartonnés 30 fr. 

Aide-mémoire d'analyse chimique et de toxicologie. I vol. ia-l8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de botanique, l vol. in-l8, cart _ 3 fr . 

Aide-mémoire de micrographie et de loologie. I vol. in- 18, cart 3 fr. 

Aide-mémoire d'hydrologie et de minéralogie. I vol. in- 18, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de physique. I vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide^mémoire de chimie. I vol. in-i8, cart 3 fr . 

Aide-mémoire de matière médicale, i vol. io-lS, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de pharmacie chimique. 1 vol. in- 18, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de pharmacie galénique. l vol. in- 1 8, cart 3 fr . 

Aide-métnoire d'essais et de dosages, l vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de l'examen de validation de stage, par 

Léon Feltz. 1896, i vol. in-i8 de 3oo p., cartonné 3 fr. 

l.a nouvelle législation pharmaceutique, par Dupuy. 1895, 

gr. in-8, 128 p 3 fr. 

Hygiène du pharmacien, par A. Pannetier. 1896, in-8. 3 fr. 50 
Pharmacopée homœopathique, par Ecalle, Delpech et Peu- 

VRIER. 1897, I vol. in-8 de 35o pages, cartonné 6 fr. 

PHYSIQUE MÉDICALE 

Traité élémentaire de physique biologique, par A. Imbert, 
professeur de physique médicale à la Faculté de Montpellier. 1895, 

1 vol. in-8 de 1084 p., avec 400 figures 16 fr. 

Traité élémentaire de physique, rédigé conformément au pro- 
gramme du 3i décembre 1893 pour le certificat d'études physi- 
ques, chimiques et naturelles, par Imbert et Bertin-Sans. 1896, 

2 vol. in-8 de 5oo p. avec 400 figures 16 fr. 

Manipulations de physique, par Buignet. 1877, i vol. in-8 de 

800 p., 265 fig. et I pi. col., cart 16 fr. 

Manipulations de physique, par Leduc, maître de conférences 
à la Faculté des sciences de Paris. 1895, i vol. in-8 de 400 pages 
avec figures 6 fr. 

Dictionnaire d'électricité, comprenant les applications scienti- 
fiques et industrielles, par J. Lefèvre. Introduction par E. Bouty, 
professeur à la Faculté des sciences de Paris. 2» édition, mise au 
courant des nouveautés électriques. 1895, i vol. gr. in-8 de i i5o p. 
avec 1200 fig 30 fr. 

La photographie appliquée aux recherches microgra- 
phiques, par Moitessier. 1866, i vol. in-i8 jésus, avec 41 fig. 7 fr. 

La lumière et les couleurs, au point de vue physiologique, par 
A. Charpentier. 1888, i vol. in-i6 de 352 pages 3 fr. 50 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



BOTANIQUE MÉDICALE 43 

Histoire naturelle des drogues simples, par Guibourt et Plan- 
CHON, j'' édition. 1876,4 vol. in-8, avec 1077 figures 36 fr. 

Éléments de botanique médicale, description des végétaux 
utiles à la médecine et des espèces nuisibles vénéneuses ou para- 
sites, par Moquin-Tandon, 4* édition. 1894, i volume in-i8 avec 
128 figures, cart 4 fr. 

Nouveau dictionnaire des plantes médicinales, description, 
habitat et culture, récolte, conservation, partie usitée, composi- 
tion chimique, formes pharm.aceutiques et doses, action physiolo- 
gique, usages dans le traitement des maladies, par Héraud, 3^ édi- 
tion. 1895, I vol. in-i8 de 65o p., avec 3oo fig., cartonné. 7 fr. 

Édition in-8, avec figures coloriées 20 fr. 

Manuel de l'herboriste, par Reclu. 1889, ' vol. in- 16 de 160 p., 
avec 52 fig 3 fr. 

Manipulations de botanique médicale et pharmaceutique. 

Iconographie histologique des plantes médicinales, par Hébail et 
Bonnet, Préface par le professeur G. Planchon. 1891, i vol. gr. 
in-8, 320 pages avec 223 figures et 36 pi. col., cart 20 fr. 

Manipulations de botanique, par Girod, 2® édition. 1896, i vol. 
gr. in-8, avec 35 pi., cart 12 fr. 

Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale, par Cau- 
VET, 3« édition. i885, 2 vol. in-6 de 600 p. avec figures. 12 fr. 

Nouveaux éléments de matière médicale, par Cauvet. 1886- 
1887, 2 vol. in-i8 Jésus, ensemble 1750 p., avec 701 fig.. 15 fr. 

Cours élémentaire de botanique, par Cauvet. i885, i vol. in-r8 
de 8i5 pages, avec 734 fig., cartonné 10 fr. 

Éléments de botanique, par P. Duchartre, de l'Institut, 3« édition. 
i885, I vol. in-8 de 1272 pages avec 571 figures, cart.. 20 fr. 

Traité élémentaire de botanique, à l'usage des candidats au 
certificat d'études physiques, chimiques et naturelles, par L. Cour- 
CHET, professeur a l'Ecole de pharmacie de Montpellier. 1897, 
2 vol. in-8 de i3oo pages avec figures 18 fr. 

Aide-mémoire de botanique cryptogamique, par le prot. H. 
Girard, 1897, i vol. in-i8 de 284 p. avec 107 fig., cart.... 3 fr. 

Anatomie et physiologie végétales, par L. Gérardin. 1895, 
I vol. in-8 de 478 pages avec 535 figures 6 fr. 

Flore de France, par Agloque. Préface de M. Ed. Bureau, pro- 
fesseur au Muséum. 1894, i vol. in-i6 de 840 pages, illustré de 
2i65fig 12 fr. 50 

Étude des ipécacuanhas, par le D"" Jacquemet. 1890, i vol. in-8 

avec 19 planches 12 fr. 

Les lichens, par Agloque. 1893, i vol. in-i6 3 fr. 50 

Les champignons, par Agloque. 1892, i vol. in- 16.. 3 fr. 50 
Les champignons comestibles et vénéneux de la France, par 

BoYER. 189 1, I vol.gr. in-8, avec 5o pi. col. cartonné 28 fr. 

Les champignons, considérés dans leurs rapports avec la méde- 
cine, l'hygiène publique et privée, par Gautier, i vol. gr. in-8 
de 5o8 pages avec 16 planches en chromo, 195 figures... 18 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



44 HISTOIRE NATURELLE MÉDICALE 



Traité élémentaire de parasitologie animale et végétale, appli- 
quée à la médecine, par Moniez. 1896, i vol. in-8 de 600 p., avec 
2bo figures 10 fr. 

Traité des Entozoaires et des maladies vermineuses chez 
l'homme et chez les animaux domestiques,, par Davaine. 2« édi- 
tion, 1871. I vol. in-8 de ioo3 pages avec iio figures 14 fr. 

L'Œuvre de Davaine. 1889, i vol. in-8 de 863 p. avec p. 14 fr. 

Eléments de zoologie, par H. Sicard, doyen de la Faculté de Lyon. 
i883, I vol, in-8 de 842 pages, avec 758 fig. cart 20 fr. 

Traité élémentaire de zoologie, par L. Gerardin. 1893, i vol. 
in-8 de 472 pages, avec 5oo figures 6 fr. 

Aide-mémoire de zoologie, par Girard. 1896, i vol. in- 18 de 
3oo p., avec 100 figures, cart •.. 3 fr. 

Manipulations de zoologie. Guide pour les travaux pratiques 
de dissection, par Girod. Animaux invertébrés. 1889, i vol. grand 
in-8 avec 2 5 pi. ennoir et en couleurs, cart 10 fr. 

Animaux vertébrés. 1892, i volume gr. in-8, avec 32 pi. cart. 10 fr. 

Manuel de vivisections, par Ch. Livon, professeur à l'École de 
médecine de Marseille. 1882, i vol. in-8 9 fr. 

Éléments d'anatomie comparée, par R. Perrier. 1893, i vol. 
in-8 de 1008 pages, avec 65o fig. et 8 pi. en couleurs, cart.. 22 fr. 

Aide-mémoire d'anatomie comparée, par le professeur Girard. 
1895, I vol. in-i8 de 3oo p., avec 100 fig. cart 3 fr. 

Faune de France, contenant la description de toutes les espèces 
indigènes disposées en tableaux analytiques, illustrée de nom- 
breuses figures, par Acloque. 1896, 4 vol. in- 16 -. 

I. Coléoptères, i vol. in-i6 de 466 p. avec io52 fig 8 fr. 

II. Orthoptères, Névroptères, Hyménoptères. Lépidoptères, 
Hémiptères, Diptères, etc. 1897, i vol. in- 16 de 5 16 p. avec 
1235 fig. ..^ 10 fr. 

Les merveilles de la nature, par Brehm. 14 vol. gr. in-8, avec 
6000 figures et 200 planches 168 fr. 

— Les races humaines, i vol. — Les Mammifères, 2 vol. — 
Les Oiseaux, 2 vol. — Les Reptiles, i vol. — Les Poissons et les 
Crustacés, i vol. — Les Insectes, 2 vol. — Les Vers, Mollusques, 
Zoophytes, i vol. — La Terre, i vol. — La Terre avant l'appari- 
tion de Vhomme, i vol. — Le monde des plantes, 2 vol. 
Chaque volume broché, 12 fr. — Relié 17 fr. 

Les sciences naturelles et Péducation, par Th. Huxley. 1891, 
I vol. in-i6 de 36o p 3 fr. 50 

La place de l'homme dans la nature, par Th. Huxley. 1892, 
I vol. in-i6 de 36o pages, avec 84 figures 3 fr. 50 

Les problèmes de la biologie, par Th. Huxley. 1892, i vol. 
in-iô de 3 16 pages 3 fr. 50 

L'évolution et Torigine des espèces, par Th. Huxley. 1892, 
I vol. in-i6 de 344 pages, avec 20 fig 3 fr, 50 

Science et religion, par Th. Huxley. 1893, i volume in-16 de 
394 pages 3 fr. 50 



LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 



LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS, IQ, RUE HAUTEFEUILLE, PARI 

Dictionnaire de médecine, de chirurgie, de pharmacie, de 
l'art vétérinaire et des sciences qui s'y rapportent, par 

Emile Littré, membre de l'Académie française et de l'Académie 
de médecine. Ouvrage contenant la synonymie grecque, latine, 
allemande, anglaise, italienne et espagnole. j8« édition mise au 
courant des progrès des sciences médicales et biologiques et de 
la pratique journalière. 1898, i vol. gr. in-8 de 1904 pages à 2 co- 
lonnes avec 600 figures, cartonné 20 fr. 

Relié en demi-maroquin, plats toile 25 fr. 

Mise au courant des progrès de la science et de la pratique, la dix-septième édition 
du Dictionnaire de médecine de Littré contient beaucoup d'articles nouveaux, qui 
n'existaient pas dans les éditions antérieures. 

Cet ouvrage comprend la Physique et la Chimie, l'Histoire naturelle, l'Anatomie 
comparée, l'Anatomie humaine normale et morbide, la Physiologie et la Pathologie 
générale surtout au point de vue de leurs relations avec la médecine. 

La Médecine et la Chirurgie proprement dites, tant sous le rapport théorique 
que pratique, les Médicaments nouveaux, les Opérations nouvelles, les Microbes 
nouvellement déterminés, l^s Maladies récemment décrites ont été l'objet d'articles 
importants. 

L'hygiène publique et la salubrité, la prophylaxie des maladies contagieuses, les 
procèdes de désinfection, de stérilisation, d'antisepsie, qui attirent de plus en plus 
l'attention, n'ont pas été omis. Les sciences médicales et vétérinaires s'éclairant et se 
complétant mutuellement, l'Anatomie, la Physiologie, la Pathologie, la Thérapeu- 
tique, l'Hygiène vétérinaire, sont l'objet d'articles spéciaux. 

Tel qu'il est aujourd'hui, le Dictionnaire de médecine de Littré n'est pas seule- 
ment une liste de mots accompagnés d'explications succinctes, un vocabulaire dont les 
définitions sont d'ailleurs irréprochables, le nom de Littré étant au point de vue 
philologique une garantie absolue; il est descriptif non moins qu'explicatif, il donne 
le moyen de comprendre toutes les locutions usuelles dans les sciences médicales ; 
il permet, par la multiplicité de ses articles, d'éviter des recherches dont l'érudition 
la plus vaste ne saurait aujourd'hui se dispenser ; il forme en même temps une 
encyclopédie complète, présentant un tableau exact de nos connaissances, mis 
au courant des progrès de la science et des besoins usuels de la pratique journalière. 

Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie prati- 
ques, publié sous la direction de M. le D^" S. Jaccoud, professeur 
à la Faculté de médecine de Paris, 40 volumes in-8, comprenant 
ensemble 33ooo pages, avec 366o figures 400 fr. 

Le dictionnaire de Jaccoud, terminé il y a cinq ans, n'a pas vieilli, parce que c'est 
surtout un livre de pratique, où les théories, seules sujettes à changement, ont été à 
dessein laissées de côté. 

La pathologie et la clinique n'ont pas changé, et les praticiens qui ont donné leurs 
concours à cette œuvre considérable sont toujours les maîtres les plus renommés de 
nos hôpitaux et de nos facultés. Il nous suffira de citer, parmi les collaborateurs de 
cette encyclopédie, les noms de MM. Brouardel, Bouilly, Brissaud, Chauffard, 
DiEULAFOY, Doléris, M. DuvAL, A. Fournikr, Ballet, Hallopeau, Hardy, 
Jaccoud, Labadie-Lagrave, Lannelongue, Le Dentu, Letulle, Lepine, Panas, 
Proust, J. Rochard, Richet, Germain Sée, Schwartz, Jules Simon, Straus, 
Tarniër, etc. 

Si la thérapeutique s'est enrichie pendant ces dernières années de médicaments 
nouveaux et de médications nouvelles, et si la chirurgie a modifié quelques-unes de 
ses méthodes opératoires, toutes ces nouveautés se trouvent consignées dans le supplé- 
ment qui forme le Tome XL et dernier de l'ouvrage. 

Aide-mémoire de miédecine, de chirurgie et d'accouche- 
ments, vade-mecum du praticien, par le D"" Gorlieu, 5« édition, 
mise au courant des progrès de la thérapeutique journalière. iSgS, 
I vol. in-i8 Jésus de 760 pages avec 45 o fig. cart 7 fr. 

Le Carnet du miédecin, tableaux du pouls, de la respiration et 
de la température, comptabilité, i cahier oblong cartonné.. 1 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



LIBRAIRIE J.-B.BAILLièRE ET FILS, IQ, RUE HAUTEFEUILLE, PARIS. 

Traité de Médecine 

ET DE THÉRAPEUTIQUE 



PAR 



P. BROUARDEL 

Membre de l'Insiitut, 
Doyen de la Faculté de médecine 



de Paris 



A. GILBERT 

Professeur agrégé à la Faculté 

de médecine de Paris, 

Médecin de l'hôpital Broussais-, 



Avec la collaboration de MM. 



AUCHE, BALZER, BARBE, BOINET, BOULLOCHE, CHAUFFARD, COURMONT 

DE GENNES, DESCHAMPS, DUPRÉ, GALLIARD, GAUCHER, GIRODE, GOMBAULT, GRANCHER, L. GUINON 

HALLOPEAU, HANOT, HAYEM, HUDELO, HUTINEL, JACQUET 

LABOULBÈNE, LANCEREAUX, LANDOUZY, LAVERAN, LEGROUX, LETULLE, LION, MARFAN 

MENETRIER, MERKLEN, MOSNY, NETTER, PARMENTIER, RICHARDIÈRE, ROGER, ROQUE, SIREDEY 

STRAUS, SURMONT, TEISSIER, THOINOT, VAILLARD, WIDAL, WURTZ 



lO vol» iwt'S de 800 pages chacun illtistrés de figures 

Prix de chaque volume : 12 francs 

EN VENTE : 
Tomes I et II. — Maladies microbiennes et parasitaires. 

I. Maladies microbiennes en général ; Variole; Vaccine; Varicelle; 
Scarlatine; Rougeole ; Rubéole ; Suette miliaire ; Grippe; Dengue ; 
Coqueluche ; Diphtérie; Oreillons; Erysipèle et Streptococcie ; Pneu- 
mococcie; Staphylococcie; Coli-bacillose ; Fièvre typhoïde. 

II. Typhus exanthematique ; Peste ; Fièvre jaune ; Choléra ; 
Dysenterie; Rhumatisme; i uberculose ; Lèpre; Syphilis; Chancre; 
Blennorragie; Morve, Ciiarbon, Rage ; Tétanos; Béribéri^ Lathy- 
risme; Actinomycose ; Maladies produites par les- animaux ; Filariose; 
Trichinose ; Ladrerie; Paludisme. 

Tome III. — Intoxications. — Affections constitutionnelles. 

— Affections de la peau. 

Considérations générales sur les intoxications, saturnisme, hydrar- 
gyrisme, Alcoolisme ; Empoisonnements par l'arsenic, le phosphore, 
Vopium, la cocaïne, le tabac^ l'oxyde de carbone, les champignons. 
— Obésité. Goutte, Diabète; Cancer; Rhumatismes chroniques; 
Rachitis. Ostéomalacie, Scrojule; Maladies d'Addison, Acromégalie, 
Pellagre, Myxœdème ; Scorbut; Hémophilie. — Affections de la peau. 
Tome IV. — Affections du tube digestif et du péritoine. 

SOUS PRESSE : 

Tome V. — Affections du foie, de la rate, du pancréas, des 

reins, de la vessie et des organes génitaux. 
Tome VI. — Affections de l'appareil circulatoire. 
Tomes VII et VIII. — Affections de l'appareil respiratoire. 
Tomes IX et X. — Affections du système nerveux. 

On peut souscrire au Traité de Médecine de MM. Bhouardel et Gilbert dont les 
10 volumes seront expédiés franco au fur et à mesure de la publication: 

10 Moyennant la somme de 120 francs, payables à raison de 12 francs par volume, 
dans le mois qui suivra sa publication, môine dans le cas où le prix des volumes 
serait ultérieurement augmenté ; 

2» Moyennant la somme de 100 francs, à forfait, versée d'avance. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS, IQ, RUE HAUTEFEUILLE, PARIS. 

Traité de Chirurgie 

CLINIQUE ET OPÉRATOIRE 



PAR 



A. LE DENTU 



Prof, à la Faculté de médecine de Paris 

Chirurgien de l'hôpital Necker, 

Membre de l'Académie de médecine. 



PIERRE DELBET 



Professeur agrégé à la Faculté de médecine 

de Paris, 

Chirurgien des hôpitaux. 



Avec la collaboration de MM. : 

ALBARRAN, ARROU, BINAUD, BRODIER, CAHIER, CASTEX, CHIPAULT, 

FAURE, GANGOLPHE, GUINARD, JABOULAY, 

LEGUEU, LUBET-BARBON, LYOT, MAUCLAIRE, MORESTIN, 

NIMIER, PICHEVIN, RICARD, RIEFFEL, ROLLET, SCHWARTZ, SEBILEAU, 

SOULIGOUX, TERSON, VILLAR. 



lO vot» inmS de 800 pages chacun illustrés de figures 

Prix de chaque volume: 12 francs. 

EN VENTE : 

Tome I. — Pathologie générale chirurgicale. Néoplasmes. Appa- 
reil tégumentaire. — Tome II. — Maladies du squelette, fractures, 
maladies inflammatoires, tumeurs des os. — Tome III. — Maladies 
des articulations et de l'appareil musculaire. — Tome IV. — Mala- 
dies des nerjs, des artères, des veines, des lymphatiques, du crâne et 
du rocher. — Tome V. — Maladies des yeux, des oreilles, des fosses 
nasales et des mâchoires. 

SOUS PRESSE : 

Tome VI. — Maladies de la face, de la bouche, de l'œsophage, du 
lar\ nx, du cou, de la poitrine. — Tome VII. — Maladies des ma- 
melles et de Vabdomen. Hernies. — Tome VIII. — Maladies du mé- 
sentère, du pancréas, de la rate, du foie, du rectum et de l'anus, des 
reins et des uretères. — Tome ÏX. — Maladies de la vessie, de l'u- 
rètre, de la prostate et des organes génitaux de l'homme. — 
Tome X. — Maladies de la vulve, du vagin, de l'utérus et des 
ayinexes. Maladies des membres. 



On peut souscrire au Traité de Chirurgie de MM. Lu Dentu et Delbkt dont les 
10 volumes seront expédiés franco au iur et à mesure de la publication : 

1° Moyennant la somme de 120 francs, payable à raison de 12 francs par volume, 
dans le nois qui suivra sa publication, même dans le cas où le prix des volumes 
serrait ultérieurement augmenté ; 
^,2" Moyennant la somme de 100 francs, à forfait, versée d'avance. 



ENYOÏ FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE 



LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRB ET FILS," IQ, RUE HAUTEFEUILLE, PARIS 



MANUEL DU DOCTORAT EN MEDECINE 

Par le professeur Paul L.EFERT 
Collection nouvelle en 24 vol. ih-18 à 3 fr.le vol. cartonne 

Aide-mémoire de phyiique médicale, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de chimie médicale, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire d'histoire naturelle médicale, i vol. in-i8, cart. 3 fr. 

Aide-mémoire d'anatomie. I vol. in- 1 8, cart 6 fr. 

Aide-mémoire d'histologie, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de physiologie, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de pathologie générale, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de pathologie interne, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de pathologie externe, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de chirurgie des régions. 2 vol. in-i8, cart 6 fr. 

Aide-mémoire de médecine opératoire, i vol. in- 18, cart 3 fr. 

Aide-mémoire d'anatomie topographique, i vol. in-i8, cart... 3 fr. 

Aide-mémoire de thérapeutique, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoir;? de pharmacologie et de matière médicale, i vol. 3 fr 

Aide-mémoirt d'hygiène et de médecine légale. 2 v, in- 18, cart. 6 fr. 

Aide-mémoire de clinique médicale et de diagnostic, i v. in- 18. 3 fr. 

Aide-mémoire de clinique chirurgicale, i vol. in-i8, cart 3 fr 

Aide-mémoire d'anatomie et d'histologie pathologiques, i vol. 3 fi 

Aide-mémoire d'accouchements, i vol. in-i:8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire de médecine hospitalière, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

Aide-mémoire du médecin auxiliaire, i vol. in-i8, cart 3 fr. 

MANUEL DU MÉDECIN PRATICIEN 

Par le professeur Paul L.EFERT 

Collection nouvelle en 14 vol. in-î8 à 3 fr. le vol. cartonné 

La pratic^ue journalière de la médecine dans les hôpitaux de Pans 

(Maladies microbiennes et parasitaires.) — i v.in-i8,cart.. . . 3 fr. 
La pratique journalière de la chirurgie dans les hôpitaux de Paris. 

i vol. in-i8, 324 pages, cartonné 3 fr. 

La pratique gynécologique et obstétricale dans les hôpitaux de Paris. 

2 vol. in-i8, cartonné, chaque 3 fr. 

La pratique dermatologique et syphiligraphique dans les hôpitaux. 

Paris. I vol. in-i8, 288 pages, cartonné 3 fr. 

La pratique des maladies des enfants dans les hôpitaux de Paris. 

I vol. in- 18, 285 pages, cartonné 3 f r. 

La pratiqua des maladies du système nerveux dans les hôpitaux de 

Paris. I vol. in- 1 8, 288 pages, cartonné 3 fr. 

La pratique des maladies de l'estomac et de l'appareil digestif dans 

les hôpitaux de Paris, i vol. in-i 8, 288 pages, cartonné 3 fr. 

La pratique des maladies des poumons et de l'appareil respiratoire 

dans les hôpitaux de Paris, i vol. in- 18, 288 pages, cartonné. 3 fr. 
La pratique des maladies du cœur et de l'appareil circulatoire dans 

les hôpitaux de Paris, i vol. in- 18, 288 pages, cartonné 3 fr. 

La pratique des maladies des voies urinaires dans les hôpitaux de 

Paris, i vol. in-i8, 288 pages, cartonné 3 fr. 

La pratique des maladies des yeux dans les hôpitaux de Paris, i vol. 

in- 18, 288 pages, cartonné 3 fr. 

La pratique des maladies du larynx, du nez et des oreilles dans les 

hôpitaux de Paris, i vol. in-ï8, 288 pages, cartonné 3 fr. 

La pratique des madadies de la bouche et des dents dans les hôpitaux 

de Paris, i vol. in-i8, 288 pages, cart. 3 fr. 

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE. 

9088-97. 



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Troisième examen. 

II. Pathologie générale, Parasitologie, Microbiologie, 
Pathologie interne, Anatomie pathologique. 

Traité élémentaire de pathologie générale, par H. Hallopead, 
professeur agrégé de la Faculté de niédecioe de Paris, 4* édition. 
i893, 1 vol. in-8 de 800 p. avec 180 fig 13 fr. 

Nouveaux éléments de pathologie générale, par le D^ Bouchut, 
4« édition, 1882, 1 vol. gr. in-8 de 900 p., avec 230 fig 16 fr.^ 

Traité élémentaire de parasitologie, appliquée à la médecine, par 
MoNiEz. 1896, 1 vol. ia-8 de 600 p., avec 250 fig 10 fr. 

Traité pratique de bactériologie, par E. Macb, professeur à la 
Faculté de médecine de INancv, 3^ édition. 1897, 1 vol. in-8 de 
700 p., avec 200 fig ". 12 fr. 

Les microbes pathogènes, par Ch. Bouchahd (de l'Institut). 1892, 
1 vol. in-i6 de 304 pages 3 fr. 50 

Nouveaux éléments de pathologie médicale, par A. Livehan» 

professeur de l'Ecole du Val-de-Grâce-, et J. Teissier, professeur à 1* 
Faculté de médecine de Lyon, 4^ édition. 1894, 2 vol. in-8 de 1866 p., 
avec 123 fig. et tracés 22 fr. 

Manuel pratique des maladies de l'enfance, par les D"'' Despise et 
Picot, 5« édition. 1894, 1 vol. in-18 de 916 p. cart 10 fr. 

Traité des maladies des nouveau-nés, des enfants à la mamelle 
et de la seconde enfance, par le D'' Bouchot. 8^ édition. 1884, 1 vol. 
in-8 de 1 128 p., avec 179 fig 18 fr. 

Traité des maladies de l'estomac, par le D'' Booveret, professeur 
agrégé à la Faculté de Lyon. 1893, 1 vol. in-8 de 793 p 14 Ir. 

Traité des maladies de la peau, par A. Hahdy, professeur à la Fa- 
culté de médecine de Paris. 1886, 1 vol. in-8 de 1228 p 18 fr. 

Traité des maladies vénériennes, par le D"' L. Jdllien, 2« édi- 
tion. 1886, 1 vol. gr. in-8 de 1260 p., avec 246 figures 20 fr. 

Traité des maladies mentales, par le D'' Dagonet, médecin de 
l'.\sile Sainte-Anne. 1894. 1 vol. gr. in-8 de 830 p 20 fr. 

Traité pratique des maladies mentales, par le D"" A. Cullerrbd. 
1889, 1 vol. in-18 jés. de 608 p ;... 6 fr. 

Traité des maladies du système nerveux, par les D" Hammond 
et Labadie-Lagrave. 1890, 1 vol. gr. in-8 de 1300 p. avec 116 fig. 20 fr. 

Traité élémentaire d'anatomie pathologique, par Coyne, pro- 
fesseur à la Faculté de médecine de Bordeaux. 1893, 1 vol. in-8 de 
1040 p., avec 223 fig 14 fr. 

Éléments d'anatomie pathologique, par Labodlbène, professeur à 
la Faculté de médecine. 1879, 1 vol. gr. in-8, 930 p. avec 297 fig. 20 fr. 

Traité d'histologie pathologique, par E. Rindflbisch. Traduit et 
annoté par F. Gross et Sghmitt, professeurs à la Faculté de médecine de 
Nancy, 2» édition. 1888, 1 vol. gr. in-8 de 880 p. avec 336 fig.. 13 fr. 

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